Les plafonds de l’arrêt Jordan ne s’appliquent pas entre le verdict et l’imposition de la peine. Mais cette période n’échappe pas à la Charte. Dans R. c. R.B.-C., 2026 CSC 30, rendu à l’unanimité le 11 septembre 2026, la Cour suprême rejette le plafond présumé de cinq mois créé en Ontario dans R. v. Charley, tout en confirmant que le droit garanti par l’article 11b) continue de protéger l’accusé jusqu’à sa peine. Le test devient celui-ci : la détermination de la peine a-t-elle pris nettement plus de temps qu’elle n’aurait raisonnablement dû en prendre? Et le remède approprié sera généralement une réduction de peine, non un arrêt des procédures.
Prix de la justice du Québec : EnDroit invite sa communauté à proposer une candidature
Le ministère de la Justice reçoit actuellement les candidatures pour le Prix de la justice du Québec, la plus haute distinction honorifique remise dans le domaine juridique. Créé en 1990, il souligne la carrière ou une réalisation importante d’une personne ayant contribué de façon exceptionnelle à promouvoir une justice accessible, intègre, impartiale, efficace et égale pour tous. Le prix est réservé aux individus, et la personne proposée peut provenir de n’importe quel milieu. Les citoyens et les organismes ont jusqu’au 30 septembre 2026 pour proposer quelqu’un dont l’engagement mérite, selon eux, d’être reconnu. La personne se trouve peut-être déjà dans votre entourage.
Droits des enfants : le nouveau Commissaire ouvre ses services et lance trois enquêtes
Le Commissaire au bien-être et aux droits des enfants ouvre officiellement ses services au public partout au Québec. Les enfants de 0 à 18 ans, les jeunes adultes vulnérables de 18 à 25 ans, mais aussi les parents, les enseignants et les intervenants peuvent désormais joindre l’institution par téléphone, texto ou courriel. Trois enquêtes systémiques sont lancées : sur le matériel médical adapté aux enfants dans les hôpitaux et les ambulances, sur l’hébergement des jeunes autistes ou ayant une déficience intellectuelle, et sur le risque qu’une tragédie semblable à celle de Granby se reproduise. Le Commissaire ne remplace toutefois ni la DPJ ni les services d’urgence, et ne peut annuler aucune décision.
Campement Van Horne : Montréal n’obtient pas la permission d’en appeler
La Ville de Montréal n’obtient pas la permission de porter en appel l’ordonnance qui lui interdit de démanteler le campement situé sous le viaduc Van Horne. Le juge Christian Immer, de la Cour d’appel du Québec, conclut que l’appel projeté ne présente pas de chances raisonnables de succès. L’ordonnance de sauvegarde du 8 juin demeure donc en vigueur jusqu’au jugement sur le fond. Le juge se dit préoccupé du fait que, pendant trois mois, les efforts de la Ville aient été consacrés à obtenir une permission d’appeler plutôt qu’à préparer le dossier sur le fond. La décision ne reconnaît aucun droit permanent d’occuper les lieux.
Pascal Paradis veut placer la justice au cœur de la campagne
À la sortie du Sommet québécois pour l’État de droit, Pascal Paradis a présenté les principales priorités du Parti québécois en matière de justice : augmenter le nombre de procureurs pour accélérer les dossiers des victimes d’actes criminels, renforcer la protection des consommateurs contre la fraude et le hameçonnage, réussir le virage numérique de tribunaux qui reposent encore sur le papier, et encadrer l’utilisation de l’intelligence artificielle. « Il faut s’assurer qu’à la fin, ce soient des êtres humains qui rendent les décisions », a déclaré le député de Jean-Talon. Les modalités, les échéanciers et les investissements restent à préciser.
Sommet sur l’État de droit : 55 minutes de politique, aucun chef de parti
Présenté comme un rendez-vous historique, le premier Sommet québécois pour l’État de droit avait été placé au cœur de la campagne électorale, à 26 jours du scrutin. Le dernier bloc de la programmation s’intitulait « À l’approche des élections : le débat des partis ». Aucun chef ne s’est présenté. Quatre porte-parole en matière de justice ont débattu — Pascal Paradis, André A. Morin, Guillaume Cliche-Rivard et Simon Jolin-Barrette — avec deux minutes par réponse, dans une plage horaire de 55 minutes au maximum. Le Parti conservateur du Québec, invité, n’a envoyé personne.
Quand la voix des organismes porte plus loin que celle des accidentés
Les organismes publics disposent de directions des communications, de porte-parole, d’agences et de budgets de placement média. Les personnes accidentées, elles, ont leur dossier, leurs rapports médicaux et leur voix. Les divulgations publiques de la SAAQ font état d’un contrat de 121 118 $ identifié « Partenariat média – Radio-Canada »; celles de la CNESST, de campagnes de 331 999 $ et de 123 844 $ dont les plans médias comprennent plusieurs groupes. Cela ne démontre aucune influence sur le contenu journalistique, et aucune preuve d’une telle influence n’est avancée. Mais deux voix peuvent avoir le même droit de parler sans avoir les mêmes moyens d’être entendues.
Quand la procédure devient plus importante que la personne
Trouver le bon organisme, comprendre les règles, remplir les formulaires, fournir les documents, recommencer. Pour une personne en pleine forme, ces démarches peuvent déjà sembler complexes. Mais lorsqu’une personne est malade, épuisée, en situation de handicap ou simplement bouleversée par ce qu’elle vient de vivre, le parcours devient un véritable défi. Notre collaboratrice Peggy Roy, étudiante chercheuse à la maîtrise à l’Université Laval, se penche sur ce que la recherche appelle le fardeau administratif. Parfois, l’obstacle n’est pas l’absence d’un droit : c’est tout ce qu’il faut traverser pour pouvoir l’exercer.
EnDroit.ca accueille Audrey Lessard, coach exécutive et voix des parcours atypiques
Un citoyen gagne sa cause pour congédiement injustifié. Une plainte pour harcèlement est retenue. Et puis? Le dossier se ferme, et la personne se retrouve seule devant un curriculum troué et une confiance professionnelle à reconstruire. Le droit peut réparer une injustice; il ne reconstruit pas une trajectoire. C’est pour cette raison que nous sommes fiers d’accueillir Audrey Lessard sur notre Page de confiance et références. Coach exécutive et fondatrice d’ADN Évolution professionnelle, elle accompagne les professionnels neurodivergents — TDAH, autisme, douance, profils atypiques — et collaborera ponctuellement à nos contenus sur l’emploi et la reconstruction de carrière.
Un intervenant social accusé d’infractions sexuelles : le SPAL cherche d’autres victimes potentielles
Le Service de police de l’agglomération de Longueuil lance un appel au public après l’arrestation de Tristan Duchesne, un intervenant social de 35 ans qui aurait commis des infractions de nature sexuelle envers un mineur. Il fait face à des accusations d’agression sexuelle, d’exploitation sexuelle, de leurre et d’avoir rendu accessible du matériel sexuellement explicite. L’accusé a occupé des fonctions auprès de jeunes dans des organismes de la région montréalaise, et les enquêteurs croient que d’autres personnes pourraient détenir de l’information. Les accusations n’ont pas été prouvées et Tristan Duchesne est présumé innocent.










