Dans une tribune transmise à EnDroit.ca, Me Vivan Nguyen raconte faire face, seule, à trois avocates mandatées pour représenter la DPJ. Une situation qui rappelle le déséquilibre observé dans le dossier Julien, où trois avocats et une stagiaire se trouvaient devant un appelant non représenté.
Catégorie : Chroniques et opinions
Le Barreau du Québec, un autre Blockbuster?
Blockbuster n’a pas découvert Netflix le jour où ses magasins ont commencé à fermer. Kodak n’a pas découvert la photographie numérique lorsque les consommateurs ont cessé d’acheter des pellicules. Ces entreprises avaient vu le changement arriver. Elles avaient surtout quelque chose de beaucoup plus difficile à abandonner : un monde organisé autour d’elles. Le Barreau du Québec est-il en train de vivre, à sa manière, le même phénomène? Formation obligatoire sur l’IA, bac à sable réglementaire, sommet, déclaration, forums citoyens : l’institution semble vouloir être partout. La question est de savoir pourquoi maintenant.
Barreau et protection du public : une idée bien vendue
En 1929, Edward Bernays a transformé la cigarette en symbole de liberté pour les femmes, sans jamais nommer son client. Le produit avait disparu derrière une cause légitime. Dans le monde juridique, la même construction ne s’est pas produite en un seul défilé : elle s’est installée par la loi, le prestige institutionnel et la répétition. En 1973, l’article 23 du Code des professions consacre la formule — chaque ordre a pour principale fonction d’assurer la protection du public. Près d’un siècle après Bernays, une question demeure : lorsque nous associons spontanément le Barreau à la protection du public et l’avocat à l’accès à la justice, défendons-nous une conclusion fondée sur les résultats, ou une image construite et répétée depuis des décennies?
« Maître » n’est pas un gage de vérité
Neil deGrasse Tyson possède un doctorat en astrophysique. Pourtant, lorsqu’on lui demande s’il faut l’appeler « docteur », il répond simplement : « Appelez-moi Neil. » Il refuse que son titre serve de raccourci intellectuel — il veut donner à son interlocuteur les moyens de comprendre, de vérifier et de juger. Son raisonnement mérite d’être transposé au monde juridique. Un titre établit un statut professionnel. Il n’établit ni la vérité, ni l’infaillibilité, ni le droit d’être cru sans démonstration. Cela vaut pour « Docteur ». Cela vaut aussi pour « Maître », et pour l’expression « protection du public ».
Quand la voix des organismes porte plus loin que celle des accidentés
Les organismes publics disposent de directions des communications, de porte-parole, d’agences et de budgets de placement média. Les personnes accidentées, elles, ont leur dossier, leurs rapports médicaux et leur voix. Les divulgations publiques de la SAAQ font état d’un contrat de 121 118 $ identifié « Partenariat média – Radio-Canada »; celles de la CNESST, de campagnes de 331 999 $ et de 123 844 $ dont les plans médias comprennent plusieurs groupes. Cela ne démontre aucune influence sur le contenu journalistique, et aucune preuve d’une telle influence n’est avancée. Mais deux voix peuvent avoir le même droit de parler sans avoir les mêmes moyens d’être entendues.
Quand la procédure devient plus importante que la personne
Trouver le bon organisme, comprendre les règles, remplir les formulaires, fournir les documents, recommencer. Pour une personne en pleine forme, ces démarches peuvent déjà sembler complexes. Mais lorsqu’une personne est malade, épuisée, en situation de handicap ou simplement bouleversée par ce qu’elle vient de vivre, le parcours devient un véritable défi. Notre collaboratrice Peggy Roy, étudiante chercheuse à la maîtrise à l’Université Laval, se penche sur ce que la recherche appelle le fardeau administratif. Parfois, l’obstacle n’est pas l’absence d’un droit : c’est tout ce qu’il faut traverser pour pouvoir l’exercer.
Sommet sur l’état de droit : une réussite institutionnelle restée en marge de la campagne
Il faut reconnaître ce que le Sommet québécois pour l’état de droit a réussi. Une programmation substantielle, des intervenants crédibles, le juge en chef du Canada à l’ouverture, un débat entre les porte-parole des partis à 26 jours du scrutin. Mais le moment choisi n’était pas accidentel : le Barreau voulait faire parler de justice pendant que les partis parlent de santé, d’éducation et d’économie. À ce test précis, le rendez-vous est manqué. Le Sommet a créé un dialogue entre institutions. Il n’a pas réussi à transformer ce dialogue en conversation populaire.
Cité-des-Prairies : la vérité qu’on ne veut pas crier
Derrière les murs du centre de réadaptation Cité-des-Prairies, on ne parle pas fort. Deux ans après les révélations d’abus sexuels visant des éducatrices, aucune accusation criminelle n’a été déposée et la dernière confirmation publique du SPVM remonte à décembre 2024. Le rapport d’enquête administrative documente une véritable loi du silence : aucune formation continue depuis 2020, des démissions négociées plutôt que des congédiements, 27 employés visés par un suivi, 65 recommandations. Pendant ce temps, la directrice de la DPJ responsable de l’établissement au moment des faits a été nommée vice-protectrice du citoyen, au poste chargé de recevoir les plaintes visant ce même réseau. Chronique de Caroline Bourgie.
Élections 2026 : les angles morts de l’autonomie des personnes handicapées
À quelques semaines du scrutin du 5 octobre, les partis multiplient les engagements en matière d’économie, d’habitation, de santé et de services publics. Pourtant, deux enjeux qui touchent directement l’autonomie des personnes en situation de handicap demeurent peu présents dans le débat : le transport adapté et le soutien à domicile. Le droit québécois reconnaît déjà des protections importantes, mais entre les droits reconnus et leur exercice au quotidien, ce sont les budgets, les programmes et l’organisation des services qui décident. Le transport adapté n’est pas seulement une façon d’aller d’un point A à un point B. C’est un moyen d’accéder à sa propre vie.
Vous avez des questions, nous avons les réponses
Comment porter plainte contre la DPJ? Où trouver des outils lorsqu’on doit avancer sans avocat? Comment trouver un observateur pour une audience? Où chercher un avocat recommandé? À qui raconter une expérience difficile avec le système judiciaire? Nous avons posé six de ces questions, telles quelles, à des moteurs de recherche et à des assistants d’intelligence artificielle. Voici ce qui est revenu, et surtout où se trouvent les réponses. Parce qu’aucune de ces questions ne demande ce que dit la loi : elles demandent où aller.










