Dossiers citoyens et témoignages
Des histoires réelles, documentées. Des visages derrière les dossiers. Des systèmes qui ont failli — et des citoyens qui ont refusé de se taire.
Depuis l’ouverture de cette section, des centaines de témoignages nous sont parvenus de partout au Québec. Derrière chaque message, une même réalité : des citoyens ordinaires, souvent vulnérables, qui ont frappé le même mur institutionnel et n’ont jamais obtenu de réponse. Ainsi, nous documentons ces histoires une à une, aussi longtemps qu’il le faudra.
Les dossiers publiés ci-dessous sont basés sur des pièces vérifiées — documents judiciaires, lettres institutionnelles, confirmations officielles. De plus, toutes les personnes identifiables sont anonymisées à leur demande.
Vous avez vécu une situation injuste ? Partagez votre témoignage
Votre récit peut aider d’autres personnes et contribuer à documenter les failles du système. Chaque témoignage est lu attentivement et n’est publié qu’après vérification, anonymisé au besoin.
Témoigner →Des profils différents — un même mur
Des portes d’entrée différentes, des institutions différentes, des histoires différentes. Cependant, dans chaque dossier publié ici, la même architecture : des institutions qui se renvoient la responsabilité, des enfants qui attendent, et des citoyens qui n’ont jamais été entendus sur le fond.
Dossier Julien
Un père autiste séparé de ses jumeaux — un avocat fantôme, des institutions silencieuses
Julien est un père autiste atteint du syndrome de Gilles de la Tourette. C’est son ex-conjointe qui a intenté les procédures familiales. Ainsi, il n’a fait que se défendre pendant quatre ans — malgré des rapports psychosociaux commandés par la cour elle-même qui lui étaient favorables pour une garde partagée. L’avocat adverse, Me David Chun, a démissionné du Barreau en pleine enquête du syndic. De plus, sa localisation fait l’objet de deux versions contradictoires sous serment — Chine ou Walmart de Kirkland. Me Anne-France Goldwater a elle-même rapporté au Barreau des allégations de fraude criminelle grave. Le Bureau du syndic a blanchi tout le monde. Par conséquent, Julien est toujours séparé de ses enfants. Une demande d’autorisation à la Cour suprême du Canada est envisagée.
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Dossier Sophie
Un médicament prescrit, une hospitalisation — et un an de séparation que rien ne justifiait
Sophie est une mère de quatre enfants. Un médicament prescrit par un neurologue provoque un épisode psychiatrique aigu — une réaction iatrogène, non une fragilité préexistante. Ainsi, la DPJ intervient. Sophie est stable dès juillet 2025, moins de quatre mois après l’hospitalisation. Pourtant, les visites supervisées sont prolongées deux fois, sans justification clinique écrite, sans incident documenté. En cherchant à comprendre pourquoi, Sophie découvre que l’intervenante responsable de son dossier n’est membre d’aucun ordre professionnel habilité — confirmé par deux ordres distincts, qui transmettent tous deux le signalement à leurs instances compétentes. De plus, en février 2026, elle doit encore écrire à la DPJ pour obtenir la permission d’envoyer une carte de Saint-Valentin à sa fille.
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Dossier Mme J.
« J’ai fait tout ce qu’on m’avait dit de faire » — et le système s’est retourné contre elle
Marie — 43 ans, nord du Québec — a dénoncé la violence conjugale, documenté chaque étape dans un cartable de 200 pages, et coopéré avec toutes les institutions. Ainsi, le DPCP a retenu des accusations. La DPJ a reconnu la violence. L’IVAC l’a reconnue victime. Puis, les plaintes croisées de son ex-conjoint ont tout effacé, une institution à la fois. Au tribunal, son cartable de 200 pages a été interprété comme un signe de détresse psychologique — et la garde lui a été retirée, malgré une lettre de sa médecin traitante de 15 ans qui contredisait directement cette interprétation. Par conséquent, en mars 2026, le DPCP a fermé définitivement son dossier.
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Dossier Monsieur G.
Un avocat radié pour vol — une victime invalide prise en étau entre trois institutions
Monsieur G. vit avec une invalidité psychiatrique reconnue et de sévères limitations physiques. Entre décembre 2024 et janvier 2025, il verse 6 312 $ à Me Arsen Arutyunyan, du cabinet Hathaway Avocats, pour être représenté au Tribunal administratif du logement et aux petites créances. Ainsi, l’avocat disparaît en mars 2025. Le Barreau le radie d’urgence pour vol et entrave à une enquête du syndic — 27 infractions disciplinaires, accusations criminelles dès son premier mois de pratique, audiences plaidées depuis Playa del Carmen. Un an plus tard, Monsieur G. n’a pas été remboursé : le Fonds d’assurance dit qu’il n’y a pas de faute, le Fonds d’indemnisation attend la fin de l’enquête du syndic, et le syndic enquête toujours au ralenti sur un avocat radié vivant au Mexique.
Lire le dossier complet →Ils ont écrit. Nous avons lu.
Depuis la publication des premiers dossiers, des dizaines de témoignages nous sont parvenus. Voici les voix citoyennes que nous avons recueillies — dans le respect de leur anonymat lorsque demandé.
Fausse rumeur
Bonjour,
Mon histoire s’est déroulée comme suit.
J’habitais un logement dans un immeuble [lieu retiré pour protéger l’identité] qui était principalement habité par des drogués. C’était un des seuls endroits qui permettaient les gros chiens. Je suis arrivée en novembre 2015. C’était le bordel là-dedans, ce que je n’ai pas vu durant ma visite. Il y avait toujours du monde assis dans les corridors et ça se battait régulièrement. Il y avait un bully qui faisait la loi dans l’immeuble, tout le monde avait peur de lui. Le concierge en avait peur. Le gestionnaire a donc changé de concierge, mais il a choisi une jolie demoiselle de 19 ans [Passage retiré : atteinte à la réputation.] Elle disait n’avoir peur de rien et qu’elle remettrait à sa place ce bully. Mais ce n’est pas ce qui est arrivé. [Passage retiré : atteinte à la réputation.]
Un jour, j’ai croisé un monsieur qui était en panique parce qu’il lui manquait des médicaments pour finir son mois et que la pharmacie refusait de renouveler sa prescription avant le temps, en pensant qu’il en avait trop pris. Il n’y avait aucune preuve d’entrée par effraction, il ne pouvait donc pas appeler la police. En sortant mon chien, j’aperçois le bully sortant d’un logement qui n’était pas à lui, et il me fait signe : chut ! J’ai vite compris et j’en ai fait part au propriétaire.
Le bully a été expulsé de l’immeuble, mais la concierge [nom retiré pour protéger l’identité] a toujours nié lui avoir remis les clés.
Je suis sur l’aide sociale et j’allais à l’aide alimentaire de mon quartier [nom de l’organisme retiré pour protéger l’identité]. Quelques semaines après le départ du bully, j’arrive à l’aide alimentaire et tout le monde me regarde croche. Au début, je croyais qu’ils étaient fâchés parce qu’ils avaient perdu leur vendeur de drogue. Je trouve ça désagréable, mais je continue d’y aller parce que j’en ai besoin. J’ai fait une plainte au député, celui qui a été maire de la ville en 2020, son nom m’échappe. Il n’a pas pris ma plainte au sérieux, il m’a conseillé de m’apporter un livre et de ne pas m’occuper des autres. Personne ne voulait me dire ce que j’avais fait. Ça devenait insupportable, donc j’ai décidé de trouver une autre manière d’avoir un peu plus de nourriture. J’ai arrêté de fréquenter cet endroit et l’histoire s’est tassée, je n’ai plus eu de problème jusqu’en 2019.
J’ai su 6 ans plus tard que la concierge, qui n’a pas d’enfant, a emprunté le bébé de son amie, dont elle est marraine, et elle a été dire que je l’aurais abusé sexuellement. J’aurais été accusée, mais acquittée parce que j’aurais dit au juge : « Je ne connais pas cette personne, je ne l’ai jamais vue avant. » Nous habitions le même immeuble, au même étage, mais personne n’a vérifié. Et elle a aussi dit que j’aurais fait une demande de pardon et que c’est pour cette raison que ça n’apparaîtrait pas dans mes dossiers… On ne peut pas faire de demande de pardon lorsqu’on est acquitté, et on ne peut pas faire effacer des crimes sexuels sur des enfants. C’est la seule chose qu’ils n’effacent jamais.
Mais le monde ne s’informe pas, ils ne connaissent pas les lois, mais adorent ce genre d’histoire parce qu’ils peuvent projeter leur haine sur quelqu’un.
Je continue mon histoire. J’ai eu le contrat de faire l’entretien de la cour et des corridors, ce qui me rapportait 100 $ de plus par mois. Ma chienne est décédée et j’aurais dû quitter cet immeuble-là, mais je suis restée.
Pendant ce temps, l’intervenante qui a reçu l’histoire de la concierge continuait de répandre cette rumeur dans les services communautaires et à d’autres endroits, à mon insu. Elle aurait dit au policier qu’elle avait accompagné la concierge au procès. Procès qui n’a jamais eu lieu. Je ne sais pas pourquoi le policier [nom et matricule retirés pour protéger l’identité] a cru cette histoire. Mais il l’a rapportée au procureur [nom retiré pour protéger l’identité] [Passage retiré : atteinte à la réputation.]
En 2019, l’immeuble a passé au feu et j’ai donc dû déménager [lieu retiré pour protéger l’identité] dans un logement que le propriétaire m’a prêté. En décembre 2020, j’ai déménagé à Trois-Rivières, puisque le propriétaire a vendu l’immeuble et n’avait plus besoin de moi. Ah, j’ai oublié de dire qu’il avait congédié la concierge et m’avait nommée concierge de l’immeuble.
Des histoires de « lui, c’est un pédophile », j’en ai entendu plusieurs. J’imagine que les gens n’ont jamais cru qu’une personne pouvait inventer une histoire pareille.
Depuis que je suis à Trois-Rivières, c’est l’enfer, parce que ça vient d’un procureur. [Passage retiré : atteinte à la réputation.] Après m’être débattue à dire que je n’avais jamais été arrêtée de ma vie, la procureure en chef a fait des recherches et a constaté qu’il n’y avait aucun dossier dans le système à mon nom.
J’ai téléphoné à un avocat [nom retiré pour protéger l’identité] qui m’a répondu tout de suite que j’étais une hypocrite, que j’avais fait effacer les dossiers. Il ne m’a même pas écoutée.
Il y a eu 3 corrections faites ici, mais le procureur revient toujours à la charge. Un avocat [nom retiré pour protéger l’identité] a fait une correction partielle qui me permettait de vivre une vie quasi normale. [Passage retiré : atteinte à la réputation.]
J’ai réussi à envoyer un courriel au ministre de la Justice en me servant de l’internet de mon voisin, puisque mon internet est sous écoute. Mon téléphone aussi. J’ai déposé une plainte au Barreau et, en une semaine, on m’a répondu que le procureur niait avoir répandu une fausse rumeur d’enlèvement de 2020 à 2026 et qu’ils fermaient le dossier.
Mais moi, je n’ai jamais parlé d’enlèvement, je ne savais pas que cette histoire parlait d’enlèvement, et je parlais de 2022 à 2026. Je me suis rendu compte en allant à l’urgence que quelque chose n’allait pas. Les infirmières m’ont traitée comme un déchet humain, et c’est là que je me suis rendu compte que c’était écrit dans mon dossier médical.
C’est très long à raconter et j’oublie certainement certains détails. Je ne crois pas être la seule.
Je vais me battre jusqu’au bout. J’ai perdu tous mes amis, mes collègues de travail et ma famille dans cette histoire-là.
Je pense que de faire justice dans la rue de cette manière est dangereux, et ça pourrait mal finir pour certaines personnes.
[Passage retiré : message adressé directement à EnDroit.ca.]
Il y a beaucoup de gens qui n’ont pas respecté leur code d’éthique : infirmières, médecins, pharmaciens, intervenantes, avocats, policiers, et j’en passe…
[Nom et coordonnées retirés pour protéger l’identité.]
P.-S. : [Passage retiré : atteinte à la réputation.] Je suis non vaccinée, donc perçue comme complotiste.
Témoignage d’une mère dans un dossier DPJ
Je suis la mère d’une adolescente qui a vécu une crise importante de santé mentale impliquant des idées suicidaires, des troubles alimentaires, de l’anxiété sévère et plusieurs interventions médicales spécialisées.
Pendant des années, j’ai accumulé des dossiers médicaux, des évaluations professionnelles, des courriels, des enregistrements et des preuves concernant les besoins de ma fille. Malgré cela, j’ai eu l’impression que les préoccupations liées à sa santé et à sa sécurité ont progressivement été reléguées au second plan au profit d’une analyse centrée sur le conflit parental.
J’ai notamment signalé à plusieurs reprises des problèmes concernant l’administration de médicaments prescrits à ma fille, malgré des ordonnances judiciaires. J’ai fourni des preuves, des admissions et des enregistrements démontrant que ces préoccupations étaient connues. Pourtant, j’ai eu le sentiment que les mesures prises étaient insuffisantes.
Le moment le plus troublant a été lorsque j’ai reçu par erreur une chaîne complète de courriels internes entre des intervenants, des gestionnaires, un avocat du DPJ et un psychologue mandaté par le tribunal. En lisant ces échanges, j’ai découvert un résumé du dossier qui, selon moi, omettait plusieurs éléments majeurs concernant la santé mentale et physique de ma fille tout en mettant davantage l’accent sur mes inquiétudes comme mère.
Aujourd’hui, mon combat n’est pas contre un parent ou contre un intervenant en particulier. Mon combat est de comprendre comment des enjeux aussi graves que les idées suicidaires d’un enfant, les troubles alimentaires, les recommandations médicales et les problèmes de médication peuvent sembler perdre de l’importance dans l’analyse d’un dossier censé protéger cet enfant.
Je témoigne anonymement parce que je crois que plusieurs familles vivent des situations similaires et parce que je souhaite que les questions soulevées soient examinées dans l’intérêt des enfants concernés.
Procédures viciées — Le meilleur intérêt des enfants ignoré, les droits du père bafoués
endroit.ca — Témoignage anonyme
Procédures viciées — Le meilleur intérêt des enfants ignoré — Les droits du père bafoués
Témoignage anonyme d’un père ayant traversé plusieurs années de procédures familiales au Québec.
1. Un père ordinaire face à un système extraordinairement complexe
Je suis un père. Pas un juriste. Pas un militant. Un père qui a cru, naïvement peut-être, que la justice familiale existait pour protéger ses enfants.
Ce témoignage n’est pas écrit dans la colère — bien que la colère ait été présente. Il est écrit dans la lucidité, celle qui vient après des années de procédures, d’audiences, de documents, de nuits sans sommeil et de batailles livrées pour le bien-être de mes enfants.
Je le partage anonymement, non par honte, mais pour protéger mes enfants qui sont au cœur de cette histoire. Et parce que ce que j’ai vécu dépasse ma situation personnelle : c’est un portrait d’un système qui peut, dans certaines circonstances, échouer ceux qu’il est censé protéger.
2. Un dossier qui déraille — quand les signaux d’alarme sont ignorés
La séparation remonte à plusieurs années. Dès le départ, un régime de garde partagée avait été prononcé par jugement — un arrangement reconnu par le tribunal comme étant dans le meilleur intérêt des enfants. Ce jugement avait plus de cinq ans lorsque les problèmes ont commencé à s’accumuler.
Ce contexte est important : ce ne sont pas de nouveaux droits que je réclame. Je me bats pour faire respecter des droits déjà reconnus, déjà ordonnés, déjà en vigueur. Et c’est précisément là que le système a failli.
Dès le début des procédures, des signaux préoccupants sont apparus. Des comportements documentés, des déclarations d’enfants, des incidents graves — tout cela a été systématiquement minimisé ou ignoré.
J’avais demandé, à répétition, qu’une expertise psychosociale soit ordonnée. Cette demande, pourtant fondée sur des faits documentés, a été refusée ou simplement ignorée par les avocats que j’avais mandatés pour me représenter. Le tribunal lui-même n’a pas jugé utile de l’ordonner d’office.
Pendant ce temps, des preuves s’accumulaient que mes enfants étaient exposés à des discussions inappropriées sur les procédures judiciaires — une violation flagrante de leur droit à être protégés de ce conflit. Les juges, informés, n’ont pas agi.
Mon fils, lui, avait exprimé à maintes reprises vouloir la garde partagée. Sa position était claire, répétée, authentique. Mais sous pression parentale, il a cédé — et finalement exprimé la volonté de l’autre partie. Ce revirement, survenu dans un contexte de pression évidente, est l’illustration même du conflit de loyauté que vivent trop d’enfants pris dans ces guerres judiciaires. L’enfant ne choisit plus selon son propre désir — il choisit selon ce qu’il croit devoir dire pour survivre au conflit qui l’entoure.
Ce qui rend ce revirement particulièrement documentable, c’est la séquence des faits. Dans sa première déclaration sous serment, la partie adverse reconnaît elle-même qu’elle doit forcer notre fils à se rendre chez moi. Ce même fils — évalué par une psychoéducatrice — aime ses deux parents et souhaite une garde une semaine sur deux. Ce constat professionnel, neutre, rédigé après observation directe de l’enfant, reflète ce que le fils exprimait authentiquement.
Puis vient le revirement : la partie adverse affirme désormais que le fils ne veut plus la garde partagée. Entre la déclaration initiale sous serment, l’évaluation professionnelle et la nouvelle position, il n’y a pas eu de changement dans les besoins de l’enfant. Il y a eu de la pression.
Ce silence ne venait pas que de la partie adverse. Le procureur des enfants — l’avocat mandaté par le tribunal pour représenter les intérêts des enfants — a reconnu par courriel, directement avec moi, la présence d’un conflit de loyauté évident. Ses propres mots. Par écrit.
Ce même procureur n’en a jamais fait mention dans aucun de ses rapports. Il n’en a jamais parlé lors des multiples audiences qui se sont échelonnées sur plus d’un an. Le conflit de loyauté, reconnu en privé, a été tu en public — par celui-là même dont le mandat était de défendre la voix des enfants devant le tribunal.
Cette pression a pris des formes concrètes et documentées. La partie adverse est allée jusqu’à invoquer devant les enfants les frais élevés d’avocats qu’elle devait assumer — une forme de menace affective et financière adressée directement aux enfants, leur faisant porter la responsabilité des coûts d’un conflit qu’ils n’ont pas choisi. Instrumentaliser les enfants de cette façon est une violence qui ne laisse pas de marques visibles, mais qui en laisse de profondes.
Ce qui m’a le plus frappé dans les rapports de la DPJ, c’est la mention que mon adolescente devait témoigner contre moi. Or, il n’existe dans tout ce dossier aucune accusation de violence conjugale portée contre moi. Aucune. Pas de signalement, pas de dénonciation, pas de procédure pénale. ZÉRO antécédent dans ce sens.
La réalité documentée est l’inverse exacte : selon les faits rapportés au dossier, c’est moi qui ai vécu de la violence conjugale post-séparation et de l’aliénation parentale — de la part de l’autre partie. Je dénonçais des comportements documentés, et je me retrouvais malgré tout perçu comme la source du conflit, faute d’un système capable de reconnaître ces dynamiques lorsqu’elles ciblent un homme.
3. L’ombre sur l’impartialité — communications ex parte
L’un des éléments les plus troublants de mon dossier concerne des communications ex parte : des échanges entre l’avocate de la partie adverse et le juge qui devait présider une audience de sauvegarde, en dehors de toute procédure contradictoire régulière.
Une communication ex parte, c’est une communication avec un juge sans que l’autre partie soit présente ou informée. Dans notre système de justice, c’est une violation fondamentale du principe d’impartialité et du droit à une défense pleine et entière.
Ces communications ont eu lieu. Elles ont influencé le cours des procédures. Et lorsque je les ai soulevées, j’ai été regardé avec scepticisme — comme si dénoncer une irrégularité grave vous rendait suspect.
4. Quand le drame éclate — et que le système regarde ailleurs
Ce que j’ignorais — et que j’ai découvert lors de la première tentative de suicide de ma fille — c’est qu’il y avait un historique d’automutilation qui s’étendait sur de nombreuses années. Des années de détresse silencieuse, dissimulée, dont je n’avais jamais été informé. C’est par les archives médicales que j’ai pu obtenir, et par les confidences de ma fille elle-même, que l’ampleur de sa souffrance m’est apparue.
Après cette première tentative, les procédures judiciaires se sont poursuivies. Et pendant ces procédures, il y a eu quatre autres tentatives. Cinq au total. Cinq fois où ma fille a frôlé l’irréparable — pendant que le système continuait de fonctionner comme si rien ne justifiait une intervention urgente.
Lorsque j’ai confronté l’autre parent à ces faits, les aveux ont été clairs : oui, il y avait un historique. Lorsque j’ai demandé pourquoi je n’avais jamais été informé, la réponse a été de minimiser — comme si l’ampleur de cette souffrance ne méritait pas d’être partagée avec moi.
Au tribunal, ces mêmes faits ont été niés. Complètement. L’historique d’automutilation que l’autre parent m’avait confirmé en privé a disparu des représentations faites sous serment. C’est, dans toute son acception juridique, du parjure — et il a été commis à outrance, sur des faits touchant directement la sécurité d’un enfant.
C’est de cette contradiction — aveu privé, parjure public — que le qualificatif de « sévère conflit parental » est né. Non pas parce que j’inventais des faits. Non pas parce que j’étais dans la déraison. Mais parce que lorsqu’un parent soulève des faits documentés que l’autre nie sous serment, le système cherche souvent le compromis entre les deux versions — et l’appelle : conflit.
Le tribunal avait été informé. Les signaux étaient documentés. Et pourtant, aucune expertise psychosociale n’a été ordonnée. Aucune mesure de protection immédiate n’a été prise par le tribunal de la cour supérieure.
Les fausses déclarations ne se sont pas limitées à l’historique de santé des enfants. La partie adverse a également fait de fausses représentations sur ses revenus et son horaire de travail — des éléments directement utilisés par le tribunal pour fixer la pension alimentaire. Des déclarations inexactes, produites sous serment, ayant eu un impact financier concret et documentable. Encore une fois : du parjure au service d’un avantage matériel, dans un dossier où la bonne foi aurait dû être la norme minimale.
Quelques jours avant le procès en Cour supérieure, après une autre tentative de suicide de ma fille, la DPJ est intervenue en urgence. Le procès a quand même eu lieu. Puis, à peine une semaine après le jugement, la Cour du Québec — saisie par la DPJ — déclarait la sécurité de mon adolescente compromise et prenait le dossier en main pour une période de 12 mois.
Je me suis alors posé une question que je me pose encore : pourquoi le procès sur la garde a-t-il eu lieu avant l’audience DPJ? Les dates avaient été orchestrées de façon à ce que le tribunal de droit commun tranche avant que la DPJ ne puisse présenter ses conclusions. Un mois après le procès en Cour supérieure, la Cour du Québec confirmait ce que j’avais crié pendant des années.
5. Les avocats — entre le strict minimum et l’impuissance
J’ai eu recours à trois types de représentation juridique au fil des procédures.
D’abord, l’aide juridique. L’avocat assigné m’a lui-même confié que le mandat ne le payait pas suffisamment pour mobiliser toutes les ressources et recours disponibles. Il a fait le strict minimum — et avec une condescendance qui rendait toute collaboration difficile. Mes demandes d’expertise psychosociale ont été ignorées.
Ensuite, une avocate engagée à honoraires complets, parachutée en urgence à la veille du procès. Avec tout son bon vouloir, son entrée tardive dans le dossier n’a pas permis de renverser une dynamique déjà installée. Les dés étaient pipés d’avance.
Enfin, j’ai été accompagné officieusement par un avocat d’expérience qui a pris le temps d’analyser l’ensemble du dossier. Son constat a été sans équivoque : les vices de procédure étaient nombreux, les comportements de certains avocats impliqués étaient problématiques, et les droits fondamentaux avaient été bafoués à plusieurs reprises.
Ce que je retiens : on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Pas parce que les avocats sont inutiles — mais parce que vous êtes le seul à porter votre dossier avec toute la passion, la rigueur et l’urgence qu’il mérite. Se représenter seul demande du temps, de l’énergie, des ressources et une volonté de fer. Mais ça oblige aussi à comprendre le système de l’intérieur.
Des plaintes déontologiques ont été déposées au Bureau du syndic du Barreau du Québec contre certains des avocats impliqués dans ce dossier. Plusieurs mois après la fin du procès et le prononcé du jugement final, ces plaintes sont toujours sous enquête. Le droit disciplinaire suit son cours — lentement, mais il suit son cours.
6. Se représenter seul — un choix difficile, une nécessité parfois
Pendant une large partie des procédures, je me suis représenté seul. Ce n’était pas mon premier choix. C’était parfois le seul choix viable — financièrement, mais aussi parce que j’avais perdu confiance dans la capacité d’un représentant extérieur à défendre mes enfants avec autant d’acharnement et de rigueur que moi.
Se représenter seul, c’est apprendre sur le tas. C’est passer des nuits à lire des jugements, des articles de doctrine, des règles de procédure. C’est comprendre que la forme importe autant que le fond. C’est aussi s’exposer à être traité différemment par un système qui n’est pas toujours accueillant envers les parties non représentées.
Mais c’est aussi reprendre le contrôle. Chaque argument que je présentais, je le comprenais. Chaque pièce que je déposais, je savais pourquoi. Et quand un juge ou un avocat adverse tentait de minimiser mes prétentions, je pouvais répondre avec précision — parce que j’avais fait le travail.
7. L’intelligence artificielle comme outil de préparation
Je n’aurais jamais cru, en commençant ces procédures, que l’intelligence artificielle deviendrait l’un de mes alliés les plus précieux.
L’IA m’a aidé à rédiger des procédures structurées, à préparer mes argumentaires, à anticiper les positions adverses et à me préparer aux audiences. Elle ne remplace pas un avocat, et encore moins un jugement humain — mais elle peut aider un citoyen ordinaire à naviguer dans un système complexe avec une rigueur qu’il n’aurait peut-être pas pu atteindre seul.
Je mentionne cet outil parce que je crois qu’il est sous-utilisé par les personnes qui se représentent seules. L’accès à la justice passe aussi par l’accès aux outils qui permettent de se défendre dignement. L’IA en fait partie.
8. S’entourer, consulter — ne pas souffrir en silence
Je veux être direct sur ce point, parce que c’est l’une des choses les plus importantes que j’ai apprises.
Ces procédures m’ont brisé, à plusieurs reprises. Il y a eu des moments où le poids était insupportable — la peur de perdre mes enfants, la rage face à l’injustice, l’épuisement de tout mener de front.
J’ai été accompagné professionnellement, psychosocialement et personnellement par mes proches. Sans cet appui, sans ces personnes qui ont cru en moi quand je ne croyais plus en moi-même, je ne sais pas comment j’aurais traversé tout cela.
Si vous êtes dans une situation similaire : cherchez de l’aide. Un thérapeute, un groupe de soutien, un ami de confiance, un avocat bienveillant qui prend le temps d’écouter. Ne restez pas seul avec ce poids. Ce n’est pas une faiblesse que de demander de l’aide — c’est une condition de survie.
La santé mentale des parents dans ces procédures est un angle mort du système. Personne ne vous dira que vous avez droit à de la détresse, que votre souffrance est légitime, que vous pouvez vous effondrer et vous relever. Je vous le dis, moi : vous avez ce droit. Et vous pouvez vous relever.
9. Un appel — et une promesse
En date d’aujourd’hui, le jugement en Cour supérieure est porté en appel. Les procédures se poursuivent. Le combat n’est pas terminé. Une audience est prévue devant la Cour d’appel au début de 2027.
À titre d’exemple concret de ce que la rigueur peut accomplir : récemment, j’ai présenté une demande formelle de transfert d’instruction devant un juge en chef associé. La demande a été refusée. Mais le juge a tout de même reconnu la problématique soulevée — et a assigné un juge provenant d’un autre district pour entendre la demande en outrage au tribunal, laquelle porte sur le non-respect des ordonnances judiciaires censées protéger mes enfants.
Ce n’est pas la victoire totale. Mais c’est la preuve que des arguments fondés sur des faits documentés ont un poids. Que se battre avec rigueur, même seul, peut forcer le système à s’ajuster — même partiellement.
Pour le volet outrage, la bataille continue. Et chaque avancée, même partielle, est une victoire pour mes enfants.
Je ne sais pas comment tout cela se terminera. Ce que je sais, c’est que je ne cesserai jamais de me battre pour mes enfants. Jamais.
Si vous lisez ces lignes et que vous traversez quelque chose de similaire : ne lâchez pas. Documentez tout. Cherchez des alliés. Utilisez tous les outils à votre disposition. Prenez soin de vous. Et rappelez-vous que vous vous battez pour ce qui compte le plus.
Ne cessez jamais de vous battre pour les droits et pour le meilleur intérêt de vos enfants.
— Témoignage anonyme publié sur endroit.ca
22 ans plus tard : Victimes d’un système judiciaire abusif et d’un cabinet d’avocats sans scrupules
On a envoyé ceci au Barreau, notre histoire.
Madame, Monsieur,
Par la présente, nous souhaitons déposer une plainte concernant la conduite professionnelle de notre procureure, [nom de l’avocate et de son cabinet retirés pour protéger l’identité], et demander parallèlement la conciliation des honoraires qui nous sont réclamés.
Nous sommes actuellement impliqués dans un dossier [numéro de dossier retiré pour protéger l’identité] devant la Cour supérieure, district de Terrebonne.
Nous avons déjà versé environ 2 000 $ en honoraires, et une nouvelle facture d’environ 6 000 $ nous est maintenant réclamée. Compte tenu de notre situation financière actuelle, nous contestons formellement ces honoraires et demandons qu’ils soient examinés.
- Éléments importants concernant notre responsabilité dans le dossier
Nous sommes impliqués dans ce litige relativement à une propriété que nous avons vendue il y a environ 22 ans.
Depuis le début du dossier, nous avons transmis à notre procureure des informations et documents concernant notamment l’état de l’immeuble au moment de notre vente, les inspections effectuées à l’époque ainsi que les modifications qui auraient été apportées au terrain et au drainage par les propriétaires subséquents.
Un élément particulièrement important apparaît dans les procédures au dossier concernant les derniers acheteurs [noms retirés pour protéger l’identité].
Selon les documents au dossier, notamment le rapport d’inspection préachat, les derniers acheteurs avaient été informés avant leur acquisition de travaux de drainage recommandés à l’avant de la propriété, notamment devant la porte-patio.
Il ressort également des procédures au dossier qu’ils avaient demandé aux vendeurs de l’époque [noms retirés pour protéger l’identité] d’effectuer ces travaux avant la vente, que ceux-ci avaient refusé de les effectuer et que les acheteurs avaient néanmoins choisi de procéder à l’acquisition de l’immeuble.
Nous considérons cet élément comme particulièrement important puisqu’il démontre que cette situation était connue des derniers acheteurs avant leur acquisition.
De plus, les propriétaires qui avaient acheté l’immeuble de nous ont, selon les éléments que nous avons communiqués à notre procureure, apporté par la suite des modifications au terrain, au drainage et à l’écoulement naturel des eaux.
Nous avons également fourni les informations concernant les inspections effectuées lors de notre construction et de notre occupation de l’immeuble, ainsi que les autres éléments pertinents concernant son état au moment de notre vente.
Nous ne demandons pas au Bureau du syndic de trancher la responsabilité civile des différentes parties. Nous demandons que soit examiné le travail effectué par notre procureure relativement à ces éléments, et notamment les démarches entreprises afin d’évaluer la possibilité de nous faire mettre hors cause.
- Directive écrite concernant les dépenses juridiques
Le 15 janvier 2026, nous avons transmis à notre procureure une directive écrite indiquant clairement :
« Nous n’autorisons aucune démarche ou travail additionnel sans notre approbation préalable. »
Notre procureure a accusé réception de cette directive le 27 janvier 2026.
Malgré cette directive, des démarches et du travail juridique ont continué à être effectués et facturés.
Nous demandons donc que soient examinés les travaux effectués après cette directive, leur nature, leur nécessité ainsi que leur conformité avec les instructions que nous avions données concernant les dépenses supplémentaires.
- Notre défense était indiquée comme « Complété », mais l’interrogatoire demeure prévu
Nous avons pris connaissance du protocole de l’instance modifié no 4, signé le 20 août 2026.
Ce protocole indique que « La défense en garantie sera produite par exposé sommaire — Complété ». Il prévoit néanmoins toujours un interrogatoire de chacun de nous deux d’une durée de deux heures, en visioconférence, le 22 septembre 2026. [Noms retirés pour protéger l’identité.]
Nous avions déjà fourni à notre procureure de nombreuses informations concernant le dossier et répondu aux questions qui nous avaient été transmises.
Nous avions également demandé que l’interrogatoire soit reporté dans l’attente des éléments d’expertise pertinents, puisque nous considérions que ces informations pouvaient être déterminantes pour évaluer la nécessité de poursuivre les démarches à notre égard.
Nous souhaitons donc que soit examiné si le travail effectué et les frais engagés dans cette partie du dossier étaient nécessaires et conformes aux instructions que nous avions données.
- Notre situation financière
Notre situation financière est maintenant extrêmement difficile.
Nous vivons à l’étranger et nous ne possédons plus de maison au Québec ni les moyens financiers nous permettant de continuer à assumer des milliers de dollars de frais juridiques supplémentaires.
Nous avons informé notre procureure de nos difficultés financières et nous lui avons expressément demandé de ne pas engager de nouvelles dépenses sans notre approbation préalable.
Nous sommes actuellement en situation d’insolvabilité et nous devons protéger les sommes dont nous disposons pour assurer nos besoins essentiels.
- Fin du mandat
Compte tenu de notre situation financière et personnelle, nous avons décidé de mettre fin au mandat de notre procureure.
Nous lui avons transmis une révocation formelle de son mandat et lui avons demandé de prendre les mesures procédurales nécessaires afin de formaliser sa cessation de représentation auprès de la Cour et d’en aviser les autres procureurs.
Nous souhaitons également être informés des démarches que nous devons effectuer relativement à l’interrogatoire prévu le 22 septembre 2026.
Nos demandes
Nous demandons au Bureau du syndic :
d’examiner les faits entourant la conduite professionnelle de notre procureure ; d’examiner particulièrement la question de notre directive écrite du 15 janvier 2026 concernant l’autorisation préalable des démarches et dépenses supplémentaires ; d’examiner les travaux effectués et facturés après cette directive ; de traiter notre demande de conciliation concernant le compte d’honoraires d’environ 6 000 $ ; de nous informer des recours disponibles relativement aux sommes déjà versées, puisque nous contestons également une partie des honoraires déjà payés ; de nous indiquer les démarches à suivre relativement à la fin de notre mandat dans le dossier judiciaire.
Cordialement,
[Noms retirés pour protéger l’identité.]
Lunaire.
On m’a arraché mes enfants pour les remettre à l’agresseur.
Normalement, on parle d’un conjoint violent, d’un ex ou d’un coup d’un soir.
Ici, ce n’est pas un conjoint violent, non.
Moi et le papa des enfants sommes toujours ensemble.
On parle ici de ma mère. Ma propre mère, la grand-mère maternelle.
À l’origine des signalements « anonymes »,
le premier contact avec la DPJ se résume à : je ne sais pas pourquoi vous êtes là, mais j’interdis de contacter, d’impliquer [ma mère] à tous les niveaux. Aucun contact, aucune divulgation, rien.
On est le 14 juillet 2023.
Puis la DPJ sait que la relation est malsaine. Elle l’a écrit. Elle l’a nommé au tribunal, elle a validé la coupure définitive, puis l’a introduite, l’a subie, puis a demandé qu’on lui donne la garde. 1 fois… 2 fois… 18 fois. 18 audiences. Reconnaît l’acharnement, le harcèlement, la toxicité. Puis a appuyé sa demande devant la Cour supérieure : demande de sauvegarde et droit d’accès, qui constitue un parjure sous serment en 50 nuances de bullshit par [ma mère]. Mais ça, tout le monde s’en fout.
Après 18 refus et une demande en Cour supérieure rejetée, là, une semaine du fond, en l’absence du juge habituel et dans les délais pour annuler le fond et imposer [ma mère] : mesure d’urgence suite à la réception « surprise » d’un audio qui justifiait la mesure. Le juge, qui n’avait aucune connaissance du dossier, ordonne le placement. Deux de mes enfants ont été placés chez [ma mère], [mon autre fils] chez les parents de mon conjoint, le 29 octobre 2025, comme demandé par [ma mère] le 18 septembre 2025 en Cour supérieure. Ici, plusieurs problèmes : la mère de mon conjoint confirme avoir été contactée une semaine avant la mesure d’urgence « non planifiée ». Entre 8 h et midi, elles affirment avoir reçu, enquêté, fait les appels pour demander aux grands-parents s’ils seraient prêts à recevoir les enfants [lieux retirés pour protéger l’identité], interrogatoire de mon fils de 5 ans, arrivée à notre domicile pour nous annoncer la décision. Nous demandons un milieu neutre : refusé catégoriquement. Ils font entrer [mon fils] pour qu’il puisse manger avec [ma fille] et [mon autre fils] le temps de faire les bagages. Avec l’intervenante qui m’aide, je remets les outils et tout ce dont ils ont besoin. Mon conjoint contacte nos avocats. Il n’est pas 13 h, les enfants sont partis. Le tout dans un calme indécent, pendant qu’on implosait.
Pendant ce temps, [ma mère], fière d’avoir obtenu « justice », pousse le récit qui doit me faire disparaître comme mère. Comme personne. Et ce, dans toutes les sphères. Le 20 novembre, sa meilleure amie, notre propriétaire, m’envoie pour mon anniversaire, par huissier, la résiliation du bail. Elle a rasé les cheveux longs de mes enfants, interdiction de dessins provenant de la maison, interdiction de ramener quoi que ce soit, et bien sûr, à chaque retour… les enfants sont désorganisés, les parents en sont la cause, ils doivent plus aller à la DPJ : visites supervisées en milieu neutre.
Un berlingot de lait au chocolat.
C’est la raison qui justifie la décision.
Elle me présentait à la DPJ et aux institutions, ainsi que dans son entourage, comme instable, incapable, dangereuse, inadéquate. Toutes les accusations inimaginables, rien n’a été épargné.
Faire entrer cette image dans les institutions, dans les procédures, dans l’entourage. Elle sollicitait des gens. Elle demandait de construire des preuves. Elle avançait judiciairement en sauveuse, créait le chaos, les mensonges, les catastrophes qu’elle rapportait ensuite en récit dramatique, pour enfin être la pauvre victime de sa fille, pendant qu’elle se présentait publiquement comme la grand-mère qui allait sauver les enfants d’une mort certaine et qu’elle était la personne en guerre pour les sauver.
Puis elle a obtenu ce qu’elle cherchait.
Mes enfants.
Pas tous de la même façon. [Mon fils] et [ma fille] chez elle. [Mon autre fils] ailleurs. La fratrie brisée. Deux enfants qu’elle a choisis pour lui permettre de former l’image de famille idéale. [Mon autre fils], écarté. Redistribué comme prix de participation à la famille de mon conjoint, qui a elle aussi été victime de la manipulation de [ma mère].
C’est violent.
[Ma fille] a trois ans. Elle pleure, on l’envoie dans sa chambre. Elle souffre, on lui demande de se taire. Elle résiste, on lui impose l’obéissance. Elle dit non, on veut lui apprendre à dire oui. On lui impose son apparence, son silence. Elle a trois ans.
Trois ans.
[Mon fils] est placé dans une logique de favoritisme totale.
[Ma fille] est à l’inverse et subit.
[Mon autre fils] est séparé. Exclu, mais en sécurité.
Ces mots sont d’une violence inimaginable.
Le système qui prétend protéger mes enfants a choisi de donner du pouvoir à la personne qui ne tolère pas mon existence.
Qui a revendiqué mes enfants avant même leur naissance, justifiant que mes ovules, c’est elle qui les a conçus lorsqu’elle était enceinte de moi, et que c’est son sang, son bébé, son dû. Dans sa perception, je suis un utérus de transition sur lequel elle a des droits.
Une femme mène pendant des années une guerre contre sa propre fille, construit un récit, sollicite des tiers, utilise les institutions, avance dans les tribunaux, se présente comme solution, puis finit, par saturation, par obtenir les enfants de sa fille. Mais ce n’est pas suffisant : elle continue de s’attaquer. Et de dénigrer, pour assurer la survie du récit qui lui offre un statut et une identité.
Et les institutions valident, supportent, acceptent, ferment les yeux et exécutent.
Elles ont transformé la destruction en mesure de protection.
Elles ont transformé la violence en procédure.
La volonté de la grand-mère en contrôle institutionnel, en jugement, en obligation et en objectif de normalisation.
Elles ont transformé l’effacement d’une mère en stabilité justifiée.
Elles ont transformé la prise de possession d’enfants en intérêt de l’enfant.
Et pendant qu’on continue de parler de dossiers, de collaboration et de mesures, trois enfants vivent les conséquences réelles.
La violence, je l’ai dénoncée, subie.
Depuis toute petite, c’est sous les coups de poing, les manipulations, le dénigrement, le chantage au suicide et la trahison.
J’ai fermé la porte.
La DPJ a forcé cette porte afin d’inviter l’agresseur à prendre place. Ma place.
Le système a documenté, reconnu, et elle-même a été victime des violences de [ma mère].
Donc,
on lui a remis mes enfants.
Mes deux garçons ont un diagnostic de TSA niveau deux.
La neurodivergence fait partie de notre famille, de notre réalité, de nos adaptations.
Aujourd’hui, notre combat continue, mais nous sommes seules malgré toutes les portes par lesquelles on tente d’avoir de l’aide.
Aliénation parental
On a laissé la garde intégrale à mon bourreau sans approfondir le sujet et la situation ; résultat, je ne vois plus mes enfants depuis le 5 octobre, il y a 7 ans. Mon jugement contient un quart de page et mentionne que maman peut voir les enfants quand elle le veut, mais rien n’a été scruté à propos de la violence conjugale, de l’enfer que le père nous a fait vivre. Je ne suis pas intervenue, car je ne voulais pas que ça se transforme en dossier Guy Turcotte 2.0 ; on a instrumentalisé mes enfants, et maintenant mes enfants me détestent sans fondement. Les enfants se sont basés sur la vengeance du père, non sur le résultat de mon jugement 🫤 Ma vie est un enfer depuis.
Filtrage de bénévoles du gros n’importe quoi
En 2016, je me suis engagé à devenir bénévolement entraîneur de l’équipe sportive de mon 2e fils, puisqu’il y avait un manque d’entraîneurs. J’avais déjà été entraîneur certifié pour l’équipe de mon fils aîné dans la même organisation. Après avoir signé le document de filtrage des bénévoles… Je n’avais jamais eu affaire à la police ni à la justice par le passé, aucun casier judiciaire, rien pantoute. Quelle fut ma surprise quand la personne responsable du filtrage de l’organisation m’a contacté pour m’annoncer que j’avais un dossier criminel. Je pensais que c’était une mauvaise blague. Elle m’a alors dit d’appeler le Service de police de la Ville de Lévis pour obtenir plus d’informations.
J’ai téléphoné en me rendant au poste de police, j’ai parlé à l’employée qui avait divulgué cette information, et en deux minutes j’étais déjà rendu au poste. Le policier de garde m’a dit que cette employée n’était pas là. J’ai insisté en montrant l’historique de mon appel pour la rencontrer. Elle s’est finalement pointée devant moi avec une petite pile de documents. C’est à ce moment que j’ai appris qu’une plainte avait été déposée par mon ex-conjointe contre moi en 2011 et qu’elle avait tout de suite été retirée. Je suis séparé et divorcé d’elle depuis 2008.
J’ai noté le numéro de la plainte et je me suis rendu compte par la suite que la date coïncidait avec la date d’une lettre de son avocate pour une demande de révision de pension alimentaire pour notre fils. J’ai par la suite fait une demande à la Commission d’accès à l’information pour avoir accès à la plainte, dans le but de rassembler des preuves. J’ai obtenu un document qui était presque entièrement caviardé.
Le SPVL a refusé de me donner les preuves nécessaires pour que j’engage une poursuite au civil. Ils ont même nié m’avoir donné le nom de mon ex-conjointe. Le but était supposément de protéger la victime, alors que dans le fond, c’était moi la victime. Ce qui a été dévoilé par le SPVL, c’est une dénonciation calomnieuse dont je n’avais jamais été informé. Leur incompétence a vraiment foutu le bordel dans ma vie personnelle et professionnelle. La capitaine du SPVL m’a même promis de se servir de cette fausse plainte contre moi dans une future procédure. Ils ne voulaient pas me donner de preuves pour les poursuivre en diffamation.
J’ai par la suite découvert que mon avocat était en conflit d’intérêts, après 8 000 $ en frais d’avocat facturés. J’ai fini par devoir abandonner le coaching et les procédures.
Lettre au ministre de la justice
Date : 8 avril 2026
L’honorable Simon Jolin-Barrette
Ministre de la Justice du Québec
Cabinet du ministre de la Justice
1200, route de l’Église
Québec (Québec) G1V 4M1
Objet : Préoccupations concernant certains enjeux systémiques en matière de justice familiale
Monsieur le Ministre,
Je me permets respectueusement de vous écrire afin de porter à votre attention certaines préoccupations sérieuses que j’estime relever d’enjeux systémiques au sein du système de justice familiale au Québec.
En 2023, un jugement rendu par la Cour supérieure du Québec, Chambre de la famille, a accordé la garde exclusive de mes enfants à leur mère et limité mes contacts à des accès supervisés. Cette décision est survenue dans un contexte où des allégations graves ont été formulées à mon endroit, allégations que je considère fausses et qui, selon ma perception, ont influencé de manière significative l’issue du dossier.
Au-delà de ma situation personnelle, je souhaite attirer votre attention sur ce que je perçois comme des problématiques plus larges, notamment les effets potentiels de fausses allégations dans les litiges familiaux. Lorsque de telles allégations sont formulées sans conséquences apparentes en cas d’absence de preuve, elles peuvent engendrer des déséquilibres importants dans l’évaluation des faits et entraîner des décisions ayant des impacts durables sur les relations parent-enfant.
Je m’inquiète également de ce que certains justiciables peuvent percevoir comme une instrumentalisation des mécanismes judiciaires dans des conflits parentaux. Dans de tels contextes, la confiance envers l’impartialité du système judiciaire peut être fragilisée, particulièrement lorsque l’une des parties a le sentiment que ses droits ou sa crédibilité n’ont pas été évalués de manière équitable.
De façon plus générale, je souhaite exprimer mes préoccupations quant à la perception, chez plusieurs pères, d’un manque d’équilibre dans certains dossiers familiaux. Sans prétendre généraliser, ces perceptions mériteraient, à mon avis, d’être examinées dans une perspective d’amélioration continue du système de justice, dans l’intérêt supérieur des enfants et du maintien de liens parentaux significatifs.
Dans ce contexte, je vous serais reconnaissant de considérer ces préoccupations dans vos réflexions relatives à l’évolution du système de justice familiale au Québec, notamment en ce qui concerne :
• Les impacts des allégations non fondées dans les litiges familiaux;
• Les mécanismes visant à prévenir l’utilisation abusive des procédures judiciaires;
• Les moyens d’assurer une perception d’impartialité et d’équilibre dans le traitement des dossiers parentaux;
• La protection du lien parent-enfant dans les situations de conflit.
Je vous remercie sincèrement de l’attention que vous porterez à cette lettre et aux préoccupations qu’elle exprime. Mon intention est de contribuer, dans la mesure de mes moyens, à une réflexion constructive visant à renforcer la confiance des citoyens envers notre système judiciaire.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma considération distinguée.
Corruption d avocat
Suite à mon divorce, les deux avocats m’ont ajouté des intérêts sur le patrimoine familial et m’ont volé 93 000 $, que j’ai dû payer suite à la vente de ma terre. Je réclame 93 000 $.
J’ai fait une plainte au Barreau du Québec.
[Noms retirés pour protéger l’identité.]
Fausse juge
Pendant la pandémie, j’ai eu plusieurs tickets COVID et j’ai donc dû me présenter plusieurs fois à la cour. Très difficile de se faire entendre. Il a fallu que je dise au juge que je parle la même langue que lui et que je n’ai pas à utiliser des mots à 1 000 $ pour qu’il comprenne ce que je dis. Par la suite, son attitude a changé et il a même remis les avocats de la défense à l’ordre en leur rappelant qu’il était toujours le juge de cette cour et que, s’il souhaitait m’entendre sur le fond, c’est lui qui le décide. Ils ne voulaient pas du tout que j’utilise la Constitution.
Par la suite, à une audience, un policier n’était pas présent et son partenaire a dit qu’il n’avait pas de garderie ce jour-là pour son enfant et qu’il avait donc dû rester à la maison. Pour nous, ça ne passe pas, ces choses-là. Alors, je suis retournée chez moi et ils m’ont donné une autre date, parce que je tenais absolument à ce que l’autre soit présent. Pour cette contravention, les policiers ont fait affaire avec leur équipe qui surveille nos Facebook. C’est tout simplement illégal, ce qu’ils ont fait, et j’ai d’autres histoires.
À la date de mon autre rendez-vous à la cour de Joliette, j’étais extrêmement malade, alors j’ai demandé un report d’audience, ce qu’ils ont accepté, mais par la suite ils m’ont attribué une autre juge qui ne m’écoutait aucunement, qui me coupait la parole constamment, et tout ce qu’elle me disait, c’est que je pouvais prendre un avocat. Je lui ai répondu que je m’étais déjà battue contre la Banque Royale, représentée par un cabinet d’avocats réputé. [Nom de l’avocat et du cabinet retirés pour protéger l’identité.] J’ai gagné en prenant conseil auprès de la chaire de droit de l’Université de Montréal, qui sont les seuls à m’avoir dit que le dossier que j’avais monté, seule, était parfait et que j’avais une cause. Donc, que je ne voulais pas d’avocat et que nous parlions français toutes les deux, mais elle ne voulait rien savoir de m’écouter : j’étais déjà condamnée. Et oui, je suis restée très polie.
En fouillant, j’ai décidé de faire ma petite enquête auprès du Barreau du Québec, aussi sur ce que ça prend pour être juge au Québec… À ma grande surprise, cette juge n’était pas inscrite au Barreau du Québec, et j’ai la lettre du Barreau qui le confirme. Pourtant, c’est une obligation pour être juge au Québec.
Et là, plus de nouvelles du Barreau, silence radio depuis des années. Pendant ce temps, je paie toujours les contraventions jugées par une juge qui n’est pas légale.
Pour mon combat avec la banque, je me suis défendue seule et je suis même passée à La Facture. Je me suis battue avec l’OACIQ, et deux agents immobiliers ont perdu leur licence, trois employés de la banque ont été congédiés… Alors, je suis assez avertie comme citoyenne, mais là, je ne sais plus quoi faire pour ces contraventions et ce jugement non justifié.
[Passage retiré : message adressé directement à EnDroit.ca.]
ARC-suspension prestation sans raison
J’étais nouvellement arrivé au Québec en 2012. L’ARC m’a versé les prestations pour ma fille pendant 2 mois. Subitement les prestations ont été suspendus prétextant que moi la maman n’était plus la principale responsable des soins de ma fille.
Plusieurs demande et appels ont été effectuées pour corriger l’erreur. L’ARC a maintenu sa décision. Après instance, l ‘ARC m’a demandé de produire les documents qui démontrait que j’habitais au Quebec avec mes deux enfants. Chose faite avec preuve à l’appui.
L’ARC a tout de même refuser de verser 3 années de prestations. Ce qui selon moi est une mesure discriminatoire.
Jusqu’à la dernière goutte.
Mon témoignage
Avant même l’âge de cinq ans, je vivais déjà du rejet dans ma famille. Je me sentais comme le mouton noir. Je vivais de l’humiliation et de la violence psychologique. Avec le recul, je crois qu’il est possible que j’aie eu un TDAH ou que je sois autiste depuis mon enfance, mais personne ne s’est préoccupé de vérifier médicalement pourquoi j’étais différente ou pourquoi j’avais autant de difficultés.
Mes parents se sont séparés lorsque j’avais cinq ans. Ma mère a ensuite eu un conjoint qui était psychologiquement violent et contrôlant. Il nous a également fait subir de la violence physique lorsque nous étions enfants.
De mes huit ans jusqu’à mes treize ans, j’ai vécu de l’intimidation et de la violence à l’école. Des élèves se rassemblaient autour de moi dans la cour et deux filles me frappaient, parfois devant des adultes et des enseignants. Malgré cela, je n’ai pas reçu l’aide dont j’avais besoin. J’ai changé d’école presque chaque année.
À treize ans, alors que je vivais chez mon père, j’ai vécu une situation extrêmement grave à l’école : on a tenté de me pousser en bas d’un ravin. Je n’étais pas une personne dérangeante. J’étais une enfant très douce, qui avait peur des autres et qui avait beaucoup de difficulté à se défendre.
À quatorze ans, mon père a rencontré une nouvelle conjointe qui avait un fils de quatre ans. Après cette rencontre, mon père a changé d’attitude envers nous. Sa conjointe le manipulait pour nous éloigner de lui. Ils ont également signé un contrat de mariage prévoyant qu’en cas de séparation, elle partirait avec ses biens. Aujourd’hui, elle est effectivement partie avec son héritage.
À partir de quinze ans, j’ai vécu des agressions sexuelles et des attouchements, puis du voyeurisme pendant les années suivantes.
Concernant un possible viol à dix-sept ans, je veux être très précise : je ne peux pas affirmer avec certitude que cela s’est produit. Je soupçonne avoir pu être droguée. La personne concernée m’a elle-même dit à un moment donné qu’elle l’avait fait, puis elle a par la suite affirmé que ce n’était pas vrai. Je présente donc cet événement comme un possible viol, et non comme un fait dont je peux être certaine.
Tous ces événements ont eu des conséquences importantes sur ma vie. J’ai vécu de l’humiliation, du rejet, de la trahison et beaucoup de difficultés à faire confiance aux autres et à créer des liens. J’étais très naïve et je cherchais simplement des personnes qui m’aimaient, ce qui m’a malheureusement amenée à être souvent manipulée, trahie et trompée.
En 2014, j’ai subi une importante entorse cervicale lors d’un accident de travail. Un client m’a fait une jambette accidentellement et je suis tombée. J’ai fait environ deux mois et demi de physiothérapie avec la CNESST. Environ six mois plus tard, j’ai commencé à développer des névralgies du nerf d’Arnold. J’en ai parlé à la CNESST, mais on m’a répondu que trop de temps s’était écoulé depuis l’accident et que ce n’était pas considéré comme étant relié.
En 2020, j’ai subi un autre accident de travail. Alors que j’étais accroupie, un poteau de bois de deux par dix, d’environ dix pieds de long, m’est tombé sur la tête. J’ai subi un traumatisme crânien et une nouvelle entorse cervicale. Par la suite, mes problèmes au cou, aux épaules, aux omoplates et au haut du dos se sont aggravés.
Depuis, je souffre de névralgies du nerf d’Arnold de façon récurrente, environ une fois tous les deux mois en moyenne, et elles peuvent durer environ deux semaines. Durant ces épisodes, j’ai énormément de difficulté à dormir.
Aujourd’hui, mes limitations physiques sont importantes. Je ne peux plus travailler normalement avec mes épaules, forcer, passer la mop, soulever des choses lourdes ou faire des tâches répétitives sans risquer de me blesser. Je ne suis plus capable de travailler à temps plein. Mon niveau d’énergie est très bas et j’ai parfois de la difficulté simplement à prendre soin de moi.
Depuis plusieurs années, j’essaie de trouver de l’aide.
J’ai eu une médecin de famille [lieu retiré : atteinte à la réputation] pendant environ dix ans. Au début, elle était gentille et collaborative. Lorsque j’ai commencé à lui parler de mes traumatismes et à chercher de l’aide, notamment parce que je croyais avoir possiblement un TDAH ou être autiste, son attitude envers moi a progressivement changé. Je la trouvais de plus en plus froide et condescendante et j’avais l’impression qu’elle ne voulait plus m’aider.
Elle m’a tout de même aidée à faire des démarches auprès de l’IVAC, notamment après mon traumatisme crânien. J’ai également tenté de faire reconnaître mes séquelles auprès de la CNESST et de trouver une représentation juridique, mais les démarches ont été très difficiles et j’ai eu le sentiment d’être mal représentée.
J’avais aussi un nodule à la glande thyroïde qui nécessitait un suivi. J’ai passé des examens, mais j’avais de la difficulté à obtenir des réponses et un suivi adéquat concernant ma situation.
À un moment donné, j’ai dit à ma médecin que j’avais l’impression de ne pas être suffisamment suivie et que j’étais tellement désespérée que j’avais pensé faire une plainte. Elle s’est alors mise à me crier que j’avais toujours des problèmes. Elle a ensuite ri lorsque je lui ai dit que j’avais pensé porter plainte et m’a dit : « Je vais dire que tu es agressive. »
Je ne suis pas une personne agressive. J’ai vécu cette réaction comme une intimidation, alors que je cherchais simplement de l’aide.
Je dis que ça prend des microphones dans les consultations médicales pour la sécurité des patients et des médecins.
Elle m’a ensuite retirée de sa clientèle et je me suis retrouvée sans médecin.
Aujourd’hui, en 2026, je vis toujours avec mes névralgies et mes limitations. J’ai 53 ans et j’ai l’impression que le système veut me siphonner jusqu’à ma dernière goutte.
J’ai été acceptée à l’IVAC pour la tentative de meurtre, mais je dois encore clarifier certains éléments concernant mon dossier lié aux agressions sexuelles. D’autres événements pourraient également devoir être ajoutés à mon dossier.
L’IVAC rembourse environ 94,50 $ pour une séance de psychothérapie alors qu’une séance coûte environ 130 à 140 $. Dans ma situation financière actuelle, je n’ai pas les moyens de payer la différence. Je me retrouve donc sans la thérapie dont j’aurais besoin.
Je dois également continuer à payer mon véhicule. J’avais acheté ce véhicule et signé un financement de sept ans juste avant mon traumatisme crânien. Il me reste encore environ deux ans de paiements. Depuis toutes ces années, je dois donc continuer à assumer ces obligations financières alors que ma capacité de travailler a considérablement diminué et que mes accidents n’ont pas été reconnus comme je le croyais justifié.
À tout cela s’ajoute une autre situation familiale. Pendant les dix-sept dernières années, j’ai pris soin de mes grands-parents. Ils sont maintenant décédés. Pourtant, nous devons envisager d’engager un avocat simplement pour avoir accès aux états de comptes, aux informations concernant la succession et aux testaments. La succession refuse de nous donner accès à la tenue des comptes et refuse également de nous dire où les cendres de mes grands-parents ont été placées.
Après avoir consacré dix-sept années à prendre soin d’eux, cette situation est extrêmement difficile à vivre.
Tout au long de ma vie, j’ai essayé de travailler, de fonctionner comme tout le monde, de demander de l’aide et de trouver des solutions. Mais les violences et les traumatismes de mon enfance, les agressions, les accidents de travail, mes problèmes de santé, les difficultés avec le système médical, la CNESST, l’IVAC, les démarches juridiques et maintenant les problèmes liés à la succession se sont accumulés.
Aujourd’hui, je demande simplement que mon histoire soit entendue, que les lacunes que j’ai vécues soient reconnues et que mes droits soient respectés.
J’ai oublié d’ajouter que l’aide juridique aide juste les gens qui refusent un héritage. Ils n’aident pas les gens qui rencontrent des irrégularités dans une succession… Résumé : si tu ne fais pas d’argent, on t’aide, mais si tu n’as pas d’argent pour te défendre contre un possible vol d’héritage… t’as des chances d’être moins pauvre… Débrouille-toi !
2021 à 2023 : Situation
2021 à 2023 : Situation de violence dans un contexte conjugale pendant laquelle j’ai effectuée plusieurs prêts d’argent dans un contexte menaçant et due déménager à 3 reprises par craintes lors de tentatives de séparations, dont voici un bref résumé :
Février – mars 2021 : Rencontre officiellement M. P. en dehors du travail. M. P. était quelqu’un que je croisais régulièrement pendant plusieurs années dans le cadre du travail jusqu’en 2019-2020 car il travaillait à l’époque pour un bureau d’huissiers. Je le croisais alors que moi je travaillais dans le milieu juridique de la Rive-Sud. Nous n’étions pas proche mais il connaissait plusieurs de mes collègues de travail et nous discutions à l’occasion. Au printemps 2021, je n’avais pas revu M. P. depuis un certain temps et ce dernier est entré en contact avec moi via messenger. Nous avions eu de brèves discussions mais elles étaient cordiales. J’ai appris qu’il s’était séparé récemment mais je ne croyais pas qu’il s’intéressait a moi. J’ai simplement cru qu’il avait besoin de quelqu’un à qui se confier sans plus. M. P. ne m’attirait pas physiquement, je le trouvais sympathique sans plus. Au fil des conversations, il m’a invité à souper le vendredi . J’ai accepté pensant que l’invitation était amicale.
Initialement nous devions aller au restaurant mais il avait été chercher du Benny pour emporter et m’a invité chez lui. Nous discutions de choses et d’autres notamment de sa récente séparation avec son ex-conjointe. Il a fini par me dire qu’il ne travaillait plus à ce bureau car il avait été congédié puisqu’il avait dû aller chercher son fils, mineur à l’époque, au poste de police. Selon ses dires, il travaillait maintenant en esthétisme automobile dans un atelier de la Rive-Sud comme gérant.
Un peu plus tard dans la soirée, il commence a me parler de son dossier criminel comportant 12 chefs d’accusations pour trafics possession de stupéfiants et d’armes dont l’enquête était menée par le SPVM dont j’ignorais a ce moment totalement l’existence. J’étais stupéfaite. Je ne savais pas comment réagir alors j’ai tout fait pour garder mon calme malgré le profond malaise ressenti.
Il a sorti ce que j’ai cru être la divulgation de la preuve. Un dossier assez volumineux portant un numéro qui commençait par 500-01 qui contenait un rapport du SPVM. Il m’a présenté les documents très rapidement mais j’y ai vu un rapport de police avec sa photo en plus de photo d’une arme, du logo des Hells Angels et d’une liste de substances avec des quantités indiquées a la main. À ce moment je sentais la peur m’envahir et je ne savais pas trop comment je devais réagir. Un peu plus tard dans la même soirée il m’a parlé du fait qu’il était sous mandat d’arrêt. Même si a l’intérieur je paniquais, j’ai garder mon calme. Je lui ai suggéré de trouver un avocat, de valider parce qu’il avait peut être droit à l’aide juridique mais de se rendre à la police si c’est ce que son avocat lui suggère de faire.
Il m’a mentionné craindre pour sa sécurité s’il se retrouvait en prison car il mentionnait avoir été forcé d’effectuer le trafic de stupéfiant par un homme qui l’avait menacé et dont il ne savait pas de quoi il était capable. J’ai garder mon sang froid et je lui ai dit qu’il existait plusieurs moyens de défense et qu’il devait absolument en discuter avec un avocat. Il à mentionner qu’il contacterait un avocat [nom retiré] car cétait le seul en qui il avait confiance, un autre avocat [nom retiré] l’ayant selon ses dires abandonné lors d’une comparution à la cour. Il s’est confié à moi longuement et je lui ai porté une oreille attentive sans toutefois lui proposer d’aide.
Ne sachant pas s’il disait la vérité ou mentais ou même si il y avait des armes dans la maison, javais le sentiment que je devais faire preuve de prudence dans mes propos car j’avais l’impression d’être dans une bien mauvaise position.
J’ai tout de même saisie la première occasion pour tenter de quitter poliment la pièce. J’ai allégué que j’étais fatigué et qu’il se faisait tard et je me suis levée. Il m’a embrassé et j’ai mentionné que l’on ne devrait pas faire cela, que c’était trop tôt. Il a rétorqué que l’on se connaissait depuis plusieurs années. À ce moment, pour moi la pression était suffisante pour que j’accepte d’avoir une relation sexuelle avec lui. Je restait calme, je ne savais pas de quoi il était capable, l’homme que j’ai vu ce soir là me semblait tellement différent de l’homme que je côtoyais dans mon milieu professionnel. Je n’ai pas offert de résistance, je me sentais piégée. J’ai fini par me dire que ce n’était qu’un dur moment a passer et que c’était plus sécuritaire de ne pas résister.
J’ai finalement quitté le lendemain matin en espérant ne plus le revoir.
Je pensais le goster mais il m’a rapidement contactée..
Je me sentais mal, je savais qu’il était en difficultés, que je le côtoyais depuis des années, qu’il n’y avait pas de jugement dans ce dossier à ce moment et qu’il y avait une probabilité qu’il soit innocent mais également qu’il pouvait être coupable. Je savais qu’au fond de moi je n’avais aucune envie de l’aider et de le revoir. Lorsqu’il m’a contacté, j’étais envahie par la peur, je voulais mettre un terme à tout cela, mon intention était de lui dire que l’on ne se verrait plus. Je me sentais cheap de lui dire par téléphone ou par texto considérant que je le côtoyais depuis des années et que nous avions des connaissances communes alors j’ai à nouveau accepté son invitation à me rendre chez lui. Les circonstances ont fait en sorte que je n’ai pas pu placer un mot car il parlait sans cesse. Il a proposé de se rendre à l’extérieur pour promener son chien, un labrador brun.
Une fois a l’extérieur, je souhaitais discuter de quelque chose, soit les événements de notre dernière rencontre mais en évoquant le faite que je désirais discuter d’un truc il a pris la parole et a commencé a parler de ses craintes face a sa situation et au fait que quelqu’un puisse s’en prendre à lui considérant son arrestation. Il a mentionné avoir dresser son chien pour le protéger. Il m’a mentionné que le chien suivait deux commandements soit ‘’watch’’ qui le mettait dans un état d’hypervigilence et un autre mot qu’il ne pouvait prononcer puisque le chien attaquait sur demande. J’avais un doute sur cet aspect considérant que le labrador est généralement un chien sociable, mais je craignais tout de même. Je n’ai donc pas mis fin à cette situation estimant qu’il était plus sécuritaire d’attendre le bon moment et de réfléchir à une solution.
Je ressentais de la honte, je ne voulais pas discuter de cette situation avec personne, je voulais régler cela seule afin d’éviter de devoir parler des faits. J’avais le sentiment qu’un piège se refermait tranquillement sur moi, je voulais m’en sortir mais je voulais avant tout être en sécurité et je préférais une sécurité temporaire pour désamorcer la situation. Je voulais à tout prix éviter qu’il ne m’en veuille, je croyais qu’il était plus prudent, compte tenu des accusations qui pendaient contre lui à l’époque de me taire et de chercher une solution permanente plus tard.
Printemps 2021 : Jugement tribunal administratif du logement – premier prêt à M. P. de 4 500$ afin de lui permettre de continuer à occuper son logement à Longueuil et acquitter ses retards de paiements. Je craignais M. P. à cette époque mais je tentais à cette époque de déménager à Trois-Rivières. Mon intention initiale, suite à la vente de mon condo était de me relocaliser sur la rive sud de Montréal, mais comme je n’arrivais pas à mettre fin à la relation qui semblait s’installer avec M. P., J’ai entrepris de déménager à Trois-Rivières. Je croyais que le fait de mettre de la distance entre nous ferait le travail et qu’il s’intéresserait à quelqu’un d’autre mais malheureusement ce ne fut pas le cas.M. P. était informé qu’il s’agissait d’un prêt, il avait fait un enregistrement vidéo qu’il avait transféré par message texte sur mon cellulaire de l’époque de l’époque [numéro retiré]. Il refusait systématiquement de me signer une reconnaissance de dette à cette effet mais je n’osais pas insister davantage.
Août 2021 : Achat et déménagement d’un condo à Trois-Rivières. À cette époque, j’avais déjà identifié cette relation comme étant problématique. Je venais de vendre mon condo de Saint-Hubert, je devais me reloger.
Avril 2021 à décembre 2021 : Divers prêts d’argent à M. P. (épicerie, Déplacements, vêtements, Déménagements etc…) J’ai consenti aux prêts compte tenu des événements passés afin de ne pas attiser sa colère ignorant de quoi il était capable. Je voyais chaque prêt comme une solution temporaire à un problème qui semblait vouloir devenir permanent.
Décembre 2021 : M. P. se fait expulser de son logement à Longueuil. J’accepte de l’héberger temporairement (2-3 jours) afin de lui permettre de trouver une solution pour se reloger. Mais il ne faisait aucun effort pour se reloger, n’assumait aucune charge et ne travaillait pas. Il se mettait en colère lorsque je lui parlais des charges ou d’un remboursement ou de trouver un travail honnête.
Décembre 2021 à mars 2022 : Plusieurs disputes éclatent, plusieurs prêts d’argent sont consentis dans un contexte menaçant. Exemple : M. P. prend mon véhicule pendant mon sommeil sans mon consentement et me réclame des sommes pour le récupérer. Dans les jours ayant suivi cet événement, M. P. me lance fréquemment des insultes, me traitant de folle, mentionnant que je ne me souviens jamais de ce que je fais, que je lui avais prêter mon véhicule mais que je ne m’en souviens pas, que ma médication prescrite par mon psychiatre pour un trouble bi polaire est mal dosée et que je représente un danger tant pour moi-même que pour autrui etc…Il tente de me désorienter. Il laisse le robinet de la cuisine couler alors que j’étais dans la chambre toute l’avant-midi et il cri pour me mentionner qu’une chance qu’il est la pour me surveiller car je ne sais plus ce que je fais et qu’il s’inquiète car je suis incapable d’être seule.
Printemps 2022 : Je vends le condo de Trois-Rivières pour plusieurs raisons. Les raisons principales étant : Mettre fin à la relation avec M. P. sans être retrouvée par ce dernier, résoudre mes problèmes financiers occasionnés par les ‘’prêts d’argent’’ consentie de manière plus ou moins éclairée ou libre et volontaire, occuper un emploi mieux rémunéré sur la rive-sud de Montréal. Également, à cette époque j’ai eu un problème de vice-caché dans ce condo. Il y avait une quantité d’eau importante qui entrait dans le garage lors de la fonte des neiges et compte tenu de la situation avec M. P. je ne disposais pas des sommes nécessaires afin d’assumer une cotisation spéciale. J’ai donc dû dédommager mon acheteur chez le notaire car bien que le vice avait été déclaré, les travaux n’avaient pas été effectués par le syndicat. Également, ne désirant pas que M. P. ne rencontre aucun des membres de ma famille, je n’ai demandé l’aide d’aucun d’entre-eux, j’ai dépensé environ 2 600$ afin de payer les services de déménageurs professionnels
Avril 2022 : Obtention d’un emploi de technicienne juridique dans un organisme [nom retiré].
fin mai – Juin 2022 : M. P. n’ayant d’autre choix que de quitter le condo de Trois-Rivières et d’aller vivre chez sa mère puisque je l’avais vendu. Il avait rempli son véhicule de ses effets personnels mais les avait mélangés avec les miennes. Il s’agissait du dernier aller-retour entre Trois-Rivières et la rive-sud de Montréal. Je reçois un appel de ce dernier, peu de temps après que les déménageurs aient quitter mon nouveau domicile à Longueuil, car il aurait un ennui mécanique, qu’il n’a pas d’argent pour payer le remorqueur qu’il n’y a pas de garage dans les environs et qu’il ne sait pas quoi faire. J’accepte de contacter un remorqueur, d’acquitter les frais afin qu’il soit remorqué au garage le plus près. M. P. devait ensuite contacter ses parents pour avoir de l’aide financière afin de faire réparer son véhicule. Le remorqueur est arrivé plus tard que prévu et le garage le plus près était le Canadian Tire de Drummondville. Il y a donc été remorqué cependant le garage y était fermé. Tard en soirée, le même jour, après avoir tenté de trouver une chambre d’hôtel afin que M. P. passe la nuit en compagnie de son chien, je me rends à l’évidence que je n’en trouverai pas. Ayant pitié de lui, je me rends donc à Drummondville pour aller le chercher. Mon intention était de le loger au Grand Hotel St-Hubert pour la nuit puisque cet hôtel acceptait les chiens et que M. P. refusait de s’en séparer. Sur le chemin entre Drummondville et Longueuil, M. P. me convainc que je n’aurai pas de problèmes si je l’hébergeait dans mon nouvel appartement pour la nuit et qu’il serait plus facile à partir de là de contacter sa mère le lendemain matin afin qu’elle lui vienne en aide. Après diverses protestations, notamment en raison que je n’avais pas le droit aux animaux dans mon nouvel appartement, j’ai fini par céder, épuisée. Le lendemain, sa mère vient le chercher à ma nouvelle adresse et il part habiter chez elle quelques jours.
Les réparations sur son véhicule prennent quelques jours avant de pouvoir être effectuées. Durant les jours qui ont suivis. M. P. était gentil, il montrait certains regrets quant aux événements et aux disputes survenues au cours de la dernière année. Il se disait également très malheureux chez sa mère, les disputes avec son beau-père étant fréquentes. Il fini également par me mentionner que le garagiste à effectuer plusieurs réparations sans son consentement, la facture étant de près de 1900$. Il cède au désespoir. ne sait plus comment reprendre le contrôle de sa vie, car il ne peut se trouver un emploi sans son véhicule, sa mère demeurant en zone rurale, [lieu retiré]. Je consens malheureusement à lui prêter la somme des réparations et je me rends au garage de Drummondville avec lui.
Sur place, pendant que M. P. attend à l’extérieur avec son chien, je discute avec le commis afin d’éclaircir les circonstances des réparations et acquitter le paiement. Le commis me mentionne avoir discuté avec M. P. et que ce dernier l’a expressément mandaté afin d’effectuer les réparations. Je suis furieuse contre M. P., je demeure courtoise avec le commis malgré tout et acquitte la facture.
Une fois sortie du garage, je discute avec M. P., je lui mentionne qu’il s’agit d’un prêt comme mentionné à plusieurs reprises sur messenger, que maintenant qu’il à tous les outils en mains, il doit se trouver un travail, se trouver un avocat pour régler ses problèmes avec la justice et me rembourser les sommes dues promptement car j’en ai besoin. Ce à quoi il acquiesce. Mon désir d’entretenir la relation que pour des fins de faciliter le remboursement lui est également mentionné. Je lui mentionne également que je désire que nos chemins se séparent et lui souhaite de rencontrer quelqu’un d’autre et de reprendre le contrôle sur sa vie. Ensuite, nous reprenons chacun notre chemin dans nos véhicules respectifs et il part, d’après les informations que j’en ai habité chez sa mère.
22 au 24 juillet 2022 : M. P. vient sonner à mon nouveau domicile vers 3h du matin sans s’annoncer. J’ouvre la porte, il mentionne qu’il doit entrer, que je suis la seule personne à pouvoir l’aider et que c’est somme toute une question de vie ou de mort. Je n’ai même pas le temps de prononcer un seul mot ou de me positionner sur sa demande qu’il est déjà entré. Il est agité, limite agressif, présente quelques blessures dont certaines saignent encore. Je lui demande de se calmer, je ferme les rideaux et lui demande de m’expliquer calmement ce qui se passe. Il mentionne s’être rendu à une station-service située près de mon domicile et y avoir été intercepté par les policiers qui auraient selon lui vérifié sa plaque d’immatriculation. Il mentionne être sous mandat d’arrêt depuis un certain temps car il craint d’être jugé et violenté voir même tué en prison s’il est reconnu coupable des accusations pendantes contre lui. Il mentionne avoir besoin de se caché un certain temps. Je tente de le raisonner, lui explique que sa meilleure option est sans aucun doute de contacter un avocat via le service de référence du Barreau du Québec pour les urgences, de discuter avec cet avocat et de trouver pour lui la meilleure solution. Je tente de lui donner espoir en lui expliquant que bien accompagné par un professionnel du droit, il pourrait somme toute mieux s’en sortir qu’il ne le pense. Il est cependant impossible de le raisonner et plus les discussions avancent, plus il devient agressif et plus je crains pour ma propre sécurité. Je fini par me dire que l’important est de le faire quitter volontairement mon domicile. Je lui dit de nettoyer ses blessures et lui indique ou se trouve les pansements. Il prend une douche rapidement et continue de discuter avec moi pendant ce temps. Il réquisitionne mon téléphone cellulaire et mon véhicule, ce à quoi j’émets diverses protestations. Je parviens à le raisonner partiellement. Il réquisitionne toujours mon véhicule mais convient que s’il veut me rejoindre je dois conserver mon téléphone cellulaire. Il me demande de faire tout en mon pouvoir afin de récupérer son chien qui est demeuré dans son véhicule lorsqu’il a fuit les policiers. Une fois sortie de la douche, il s’empare des clés de mon véhicule qui étaient sur la table à ce moment et prend la fuite. Je suis paniquée, je ne sais pas s’il s’agit encore une fois de l’une de ses stratégies pour me soutirer de l’argent ou si la situation est bien réelle.
J’entreprend de vérifier le tout par moi-même. Bien que je ne pense pas être en mesure de récupérer son chien, je me rend à pied à la station service près de chez moi car j’ai de toute façon besoin de sortir, ne me sentant plus en sécurité dans mon propre domicile. Je ressens le besoin de comprendre ce qui m’arrive et de prendre le temps de me calmer avant d’aller voir les policiers.
Arrivée à la station service, j’aperçois au loin deux policiers fouillant le véhicule de M. P.. Je comprends que sa version des faits bien qu’elle puisse être inexacte, peut être en partie crédible. Et à ce moment je panique, je rebrousse chemin, je me dis que je ne dérangerai pas les policiers qui procèdent à la fouille du véhicule de M. P., je désire continuer à marcher encore un peu pour me calmer car je ne sais pas comment expliquer la situation aux policiers. Je marche en direction du poste de police situé sur la rue Curé-Poirier à Longueuil. Je me rends près du poste mais je panique à nouveau.
Je marche jusqu’à m’en épuiser. Je fini par me dire que ma meilleure option serait de contacter les policiers de chez moi, que je m’y sentirais probablement plus à l’aise afin de leurs expliquer ce qui venait de m’arriver et solliciter leur aide.
Je me rend chez moi et effectue un premier contact avec les policiers, en appelant au poste de police de la rue Curé-Poirier. J’explique très peu la situation car je ne sais pas par ou commencer. Je demande s’ils ont retrouvé un chien brun dans le véhicule de M. P. ce soir et ce qu’il est advenu du chien. Le policier me répond par l’affirmative, il me dit que M. P. est recherché, que s’il veut récupérer son chien, il devra leur parler et que si je lui parle je dois lui dire de les contacter. À ce moment, je panique, j’acquiesce et mets fin à l’appel.
Après avoir raccroché, je pleure et suis incapable de m’’arrêter. Je suis incapable de verbaliser quoi que ce soit.
Ensuite je reçois, un appel d’un numéro inconnu, il s’agit de M. P.. Il m’annonce qu’il me rapportera mon véhicule d’ici 30-40 minutes mais qu’il restera chez moi le temps de trouver une solution. Et il tient parole, il revient vers 5h30 du matin. À 8h30, je vois une porte de sortie en allant tout de même travailler. M. P. demeure à mon domicile mais je sors seule pour me rendre au travail. Je cherche diverses solutions pour y parvenir car M. P. est réticent à cette idée au départ. Pour y parvenir, j’ai dû lui mentionner que j’avais une réunion très importante au travail, que mon employeur comptait beaucoup sur moi et que si je m’absente je risquais de perdre mon emploi et de ne plus être en mesure de subvenir aux besoins de la vie courante. Il voulait conserver l’usage de mon cellulaire mais je lui ai mentionné que je devais le conserver pour travailler puisque ma connexion aux bases de données chez mon employeur faisait l’objet d’une authentification à double-facteur. Je parviens à conserver l’usage de mon cellulaire mais il demande à ce que je lui cède l’accès à mon compte facebook (messenger) et à mon courriel personnel afin qu’il puisse joindre ses proches en mon absence. Ce que je fais, dans l’espoir de pouvoir quitter mon domicile et chercher de l’aide.
Je me rends ensuite au travail. En chemin, je pense à plusieurs solutions, mais je demeure très craintive. Je sais que je dois demander l’aide des policiers mais je n’arrive pas à verbaliser les événements. Avant de commencer le travail, je trouve un site visant à faire une dénonciation anonyme aux services de polices. Je fais une demande via ce site avec mon adresse courriel professionnelle et mentionne que M. P. est à mon domicile de Longueuil, que je ne veux pas être identifiée par crainte de représailles, que je crains pour ma sécurité et que j’aimerais qu’une suite favorable soit accordée à ma demande. Je tente cette première approche car j’ignore de quoi M. P. est capable s’il se rend compte que je l’ai trahis mais surtout parce que j’ignore de quoi il est accusé cette fois-ci et qui sont les gens impliqués.
Je me rend au poste de police le matin du 24 juillet 2022 et aide les policiers à procéder à son arrestation en leurs donnant l’autorisation de pénétrer dans mon domicile à mon absence et l’arrêter. Ils le détiennent environ 4 heures et le relâche.
Une fois sorti du poste de police, il me contact. Je lui demande de m’appeler via Messenger. Mon intention était de lui demander de ne plus jamais entrer en contact avec moi mais je n’ai pas eu le temps de placer un seul mot qu’il me menace : je ne veux plus jamais te revoir la face et si jamais je te revois je te la pete ! ( ce sont les mots exacts qu’il m’a hurlé).
Craignant encore d’avantage pour ma sécurité je suis retourné au poste de police pour rapporter la situation. Mon intention était de parler de l’histoire depuis le début cependant la policière a l’accueil a refusée de prendre ma déposition me disant que j’en avait bien assez fait pour aujourd’hui.J’étais dans un grand désespoir et je ne pouvait m’arrêter de pleurer. La policière a alors demander à deux de ses collègues de me raccompagner chez moi et de vérifier si M. P. ne s’y trouvait pas.
Les deux policiers sont venus et m’on raccompagner en fouillant les garde robes de mon appartement, puis ils ont quittés.
Une semaine et demi passe sans que M. P. ne me recontacte. Il fini par m’écrire une lettre me mentionnant qu’il m’avais pardonné et que somme toute mes actions l’avaient aidé car il etait maintenant en contact avec un avocat de l’aide juridique.
Je sens que peu importe ce que je puisse faire je n’aurai pas l’aide des policiers alors la relation reprend pour ne pas le mettre en colère.
En août 2022, M. P. convainc le surintendant de mon immeuble d’accepter son chien et s’installe chez moi sans que je ne le veuille vraiment. Je n’avais accepté que pour quelques jours le temps de lui trouver son propre appartement et je faisais des démarches actives en ce sens.
Septembre 2022 : Proposition de consommateur que je n’ai pas été en mesure de respecter en lien avec les imprévus que m ‘occasionnaient M. P. et des déménagements nécessaires afin de fuir cette situation.
Décembre 2022 : M. P. est arrêté et détenu plusieurs jours pour son enquête pour remise en liberté. Il est détenu au pénitencier de Sorel. J’apprend la nouvelle en début de soirée par un avocat de l’aide juridique qui me mentionne que M. P. est arrêté au poste de Police de Longueuil (Curé-Poirier) et qu’il comparaîtra le lendemain. Il me dit que M. P. lui a mentionné qu’il avait mes clés de voiture et que je pouvais aller les chercher au poste de Police pour aller récupérer ma voiture qui se trouvait au Canadian Tire du 10-30 et me mentionne qu’il ne m’a jamais dit cela.
Je trouve toute cette histoire très étrange et effrayante. Je désire m’assurer que M. P. sera représentée par avocat parce que tout le monde y a droit mais je désire ensuite prendre mes distances. Je ne suis malgré tout pas rassurée par son incarcération. Je crains malgré tout une remise en liberté. Je suis hésitante, je ne sais pas si j’ai le temps de déménager à nouveau et à cette époque je ne dispose que de très peu de moyens financiers pour le faire. Je suis l’affaire de près, je me rend aux palais de justice de Montréal et Longueuil afin de savoir si mais surtout quand il sortira. Je constate qu’il n’est pas représenté par avocat, qu’il comparaît seul. Comme il s’agit d’une enquête sur remise en liberté, je crains qu’il ne parvienne à sortir de prison. J’entreprend de lui trouver un avocat car j’ai peur que dans le cas contraire, à sa sortie de prison, il ne s’en prenne à moi. Je me dis qu’en collaborant, je minimise ce risque. À cette époque dans mon esprit, le risque zéro pour me sortir de cette situation n’existe pas. Même lorsqu’il est en prison, je le craint.
Il fini par m’appeler de la prison, il me dit qu’une intervenante est très gentille avec lui, qu’il chemine et qu’il m’aime. Je suis alors désemparée, je ne sais comment réagir. Je ressens du dégoût et de la peur mais derrière ces mots je sens surtout que je n’ai pas le choix d’optempérer. Je lui dis que je l’aime aussi, je l’encourage à tenir le coup et à continuer de se confier à son intervenante que ça ne peut que l’aider.
Je fini par le sortir de prison sans vraiment croire qu’il y avait le moindre amour entre nous. J’ai peur mais je me maîtrise. Sa mère décide de me transférer l’argent pour payer sa caution. Je vais le chercher au pénitencier de Sorel. Mon intention était de rompre dans les jours ou semaines qui suivraient mais en vain. J’espérais encore une espèce de rupture à l’amiable sans savoir pourquoi. Je croyais qu’il finirait par partir de lui même un jour s’il ne me percevait pas comme une menace. J’y croyais peu mais c’était à l’époque la seule solution que je voyais. J’étais incapable de raconter les faits, je ne voyais pas d’autre solution car je ne disposais pas des moyens financiers pour consulter un avocat malgré mes revenus qui étaient sur papier suffisants.
Janvier 2023 : Rupture avec M. P. à sa demande mais il refuse de quitter mon domicile suivant mes demandes à cet effet.
Février 2023 : Rencontre de mon conjoint actuel
Avril ou mai 2023: Je laisse M. P. conduire mon véhicule à sa demande. Je ne dispose pas des sommes nécessaires pour payer le loyer. Je demande un remboursement partiel à M. P. des sommes dues qui a ce moment avoisine les 10 000$, ce qu’il refuse. Il est contrarié et sa conduite devient dangereuse à mon sens. Il circule à plus de 85 Km/h dans une zone de 50km/h et omets ses arrêts obligatoires. Je lui fait remarquer mais il ne s’en soucis pas. Il fini par devoir s’arrêter car il est intercepté par un policier seul. Juste avant que le policier ne se présente devant sa fenêtre il me dit: tu me laisse parler si non tu vas le regretter. Ce que je fais. Il se présente sous une fausse identité [nom retiré] et mentionne ne pas avoir son porte feuille. Un billet d’infraction est émis à ce faux nom et le policier le laisse repartir.
Juillet 2023 à octobre 2023 : Première période d’invalidité accordée par ma psychiatre afin de déménager pour assurer ma sécurité en lien avec cette situation. De plus les problèmes d’indemnisations (assurance emploi maladie – service canada) m’ont crés divers retards de paiments (loyer, paiement automibile proposition de consommateur etc…) donc un nouvel endettement rendant impossible le fait de demander au tribunal de continuer ma proposition de consommateur.
Je finis par réussir à quitter mon logement et à mettre fin à mon bail avec un accord entre moi et les propriétaires. Durant cette période, je reçois plusieurs menaces provenant de M. P. et il menace egalement de s’en prendre physiquement à mon nouveau conjoint. Il menace egalement de cacher de la drogue dans mes affaires. C’est une période très difficile pendant laquelle je n’ai pas eu accès à mon logement n’ayant sur moi que des sandales et une robe d’été. Je déménage pour une troisième fois à Brossard dans un immeuble que j’estime être plus sécuritaire. Je n’ai plus de contact avec M. P. depuis cette période après avoir changé de courriel et de numéro de téléphone à deux reprises.
Octobre 2023 : Retour au travail en tant que technicienne juridique au même organisme jusqu’en octobre 2024, mon gestionnaire est vraiment très gentil et respectueux envers moi. Il est très compréhensif face à ma situation. De nombreuses mesures sont mises en place afin d’assurer ma sécurité au travail. Malgré la bienveillance de mon gestionnaire, certaines de mes collègues le sont beaucoup moins à mon égard. En l’absence du gestionnaire, certaines font des commentaires déplacés à mon égard devant tous lors de réunions en sous-équipe et certaines me critiquent assez sévèrement quant à mes périodes d’invalidités. Je rencontre à nouveau le médecin quant à cette situation et un arrêt de travail m’est accordé.
octobre 2024 à décembre 2024 : Période d’invalidité suite à un diagnostic de trouble d’adaptation
Décembre 2024 : Difficultés financières impossible à surmonter – Début des démarches afin de faire une faillite personnelle
Décembre 2024 : Problème d’indemnisation avec assurance salaire maladie (Service canada)
Fin décembre 2024 : Aménagement au domicile de mon conjoint actuel suivant le fait que le statut de notre relation s’officialise et qu’il souhaite m’aider à surmonter mes difficultés financières et que nous envisageons un avenir ensemble.
17 Janvier 2025 : Faillite personnelle – situation de revenu excédentaires mais célibataire puisque moins d’un an de vie commune.
janvier 2025 à mars 2025 : Nouvel emploi, adjointe juridique dans un cabinet [nom retiré]. Je vis à nouveau des problèmes d’adaptations, beaucoup de stress en lien avec la charge de travail et je décide de quitter cet emploi.
Février 2025 : Arrêt volontaire de la prise de ma médication sans en parler à mon psychiatre suivant la publication d’une recours collectifs contre un médicament que je prenais [numéro de dossier retiré]
mars 2025 : Début d’un nouvel emploi technicienne juridique dans une association [nom retiré] (création de poste) Difficultés rencontrées en lien avec les communications au sein de l’équipe, de l’élaboration des procédés opérationnels, de la charge de travail etc… La situation est rapportée auprès de mon directeur et des ressources humaines, un plan est mis en place afin de corriger les éléments problématiques et dans l’ensemble une belle collaboration entre l’employeur et moi est instaurée. Bien que je vive souvent des situations qui me remémorent la mienne lorsque j’interviens auprès de certains membres en traitant leurs demandes, l’appréciation globale de ma performance au travail est positive mais je m’épuise rapidement au travail.
17 octobre 2025 : Préavis d’opposition du syndic
7 novembre 2025 : Fin de l’ordonnance 810 contre M. P.
Décembre 2026: début de la thérapie avec une éducatrice spécialisée d’une clinique, financée par l’IVAC
Avril 2026: reprise de ma médication (2e version)
Dénonciation auprès du Service de police de Roussillon de l’ensemble de la situation
6 juillet 2026 : Entrevue filmée avec une sergente-détective [nom retiré] du SPAL ( le dossier leur ayant été transféré). La rencontre se déroule bien mais je sens que l’on tente de contenir mon témoignage notamment en ne parlant que des agressions sexuelles sans y ajouter le contexte des prêts d’argents sous la crainte et de la bipolarité. Certains propos me semblent être d’une injustice incroyable notamment le fait qu’il y a des difficultés techniques au niveau de la preuve et il m’est proposé de publier mon histoire sur les réseaux sociaux afin de mettre en garde les autres femmes contre M. P., ce qui à mon sens mets en péril ma sécurité et pourrait être considéré comme étant diffamatoire.
7 juillet 2026: demande auprès de l’enquêteure du spal de transmettre mon dossier au procureur pour analyse. Sans nouvelle depuis.
Août 2026: refus de l’IVAC de mes pièces justificatives pour les indemnités liées au déménagement.Je devais également être acheminer au service de réorientation de carrière ayant des difficultés à demeurer dans des emplois dans le domaine juridique. L’IVAC reconnais la difficulté à œuvrer dans ce domaine pour moi mais demande un nouveau billet du médecin et ne m’indemnisera que si j’ai un nouvel arrêt de travail afin de permettre une réorientation de carrière.
QUAND L’EMPRISE DEVIENT SI TOTALE QUE LA VICTIME NE VOIT PLUS D’ISSUE
QUAND L’EMPRISE DEVIENT SI TOTALE
QUE LA VICTIME NE VOIT PLUS D’ISSUE
10 septembre 2026 — Journée mondiale de la prévention du suicide
Violence conjugale, contrôle coercitif et détresse suicidaire : ouvrir une conversation encore trop peu documentée.
À l’occasion de la Journée mondiale de la prévention du suicide, une question difficile mérite d’être posée : que se passe-t-il lorsqu’un agresseur exerce pendant des années une emprise telle sur une victime qu’elle finit par perdre ses repères, son autonomie et jusqu’à la perception qu’une autre vie est encore possible?
La violence conjugale ne se résume pas aux coups. Elle peut s’installer progressivement par le contrôle, l’isolement, l’humiliation, les menaces, la peur et différentes formes de violence psychologique, sexuelle, physique ou financière. À force de vivre dans cet environnement, certaines victimes décrivent ne plus se reconnaître, ne plus savoir qui elles sont et ne plus percevoir de véritable porte de sortie.
C’est dans ce contexte que nous souhaitons nous intéresser, avec prudence et rigueur, à la notion de « suicide forcé ». Il ne s’agit pas de présumer qu’un suicide ou une tentative possède automatiquement cette qualification. La question que nous voulons documenter est plutôt celle-ci : une personne peut-elle être poussée vers une détresse suicidaire extrême par un processus prolongé de violence, d’emprise et de contrôle coercitif, au point où sa perception des choix possibles se trouve profondément altérée?
Des chiffres qui obligent à regarder plus loin
En France, cette réalité commence à être comptabilisée explicitement. Pour 2024, les données officielles recensent 906 femmes victimes de suicide ou de tentative de suicide à la suite du harcèlement d’un conjoint ou d’un ex-conjoint. Ces situations sont intégrées aux statistiques françaises sur les féminicides directs ou indirects. Au total, 1 283 femmes ont été recensées comme victimes de féminicides ou de tentatives de féminicide, directs ou indirects, au sein du couple en 2024.
Au Québec, l’ampleur de la violence conjugale est elle aussi considérable. En 2024, 28 560 personnes ont été victimes d’infractions contre la personne en contexte conjugal, dont 21 679 femmes. Les femmes représentaient ainsi 76 % des victimes enregistrées.
Et les données policières ne montrent qu’une partie de la réalité. Selon l’Institut de la statistique du Québec, environ 40 % des Québécoises ayant déjà vécu une relation intime ou amoureuse ont subi au moins un acte de violence entre partenaires intimes au cours de leur vie, soit environ 1,33 million de femmes. Parmi les femmes qui subissent des actes de nature criminelle ou à fort potentiel criminel de la part d’un partenaire ou ex-partenaire, environ 74 % ne signalent pas ces gestes à la police.
Ces chiffres soulèvent une question essentielle : au Québec et au Canada, sommes-nous capables de savoir combien de personnes décédées par suicide avaient auparavant été soumises à de la violence conjugale, à du contrôle coercitif ou à une emprise prolongée?
Témoignage anonyme d’une victime
Le témoignage qui suit est présenté de façon anonyme afin de préserver l’identité et la vie privée de la personne qui a accepté de partager son expérience.
« Je ne me suis pas réveillée un matin avec le désir de mourir.
Pendant des années, mon univers s’était progressivement rétréci. La peur, la violence, l’isolement, l’épuisement et l’inquiétude constante pour mes enfants avaient pris de plus en plus de place. À force de vivre en mode survie, je ne savais plus vraiment qui j’étais. Surtout, je ne voyais plus de porte de sortie.
La violence s’était installée progressivement dans notre famille. Les liens avec des proches se sont fragilisés et, avec le temps, la violence s’est également interposée entre moi et mes enfants. Je les voyais s’éloigner les uns après les autres dans un contexte où chacun essayait, à sa manière, de survivre.
Puis quelque chose s’est brisé. Une logique profondément altérée par ce que je vivais s’est installée dans mon esprit : j’en étais arrivée à croire que mes enfants souffraient parce que j’étais le lien qui les rattachait à cette situation et que, si je disparaissais, ils pourraient enfin être libres.
Aujourd’hui, je sais que cette pensée était fausse. Mais c’est précisément ce que je veux que nous cherchions à comprendre : comment une personne qui ne souhaitait pas mourir peut-elle en arriver à ne plus percevoir d’autre solution pour faire cesser la peur et la souffrance?
À un moment de lucidité, j’ai appelé ma fille aînée. Elle a compris que quelque chose n’allait pas et a demandé de l’aide. Son intervention a permis que je sois transportée à l’hôpital.
Le lendemain, je me suis réveillée en psychiatrie en répétant que je ne comprenais pas ce qui s’était passé et que je n’avais pas voulu mourir.
Avec le recul, une autre question demeure pour moi : pourquoi une femme qui n’avait jamais présenté de tels comportements auparavant s’était-elle retrouvée dans un état de détresse aussi extrême? J’aurais voulu que l’on regarde derrière l’événement : les années de violence, la peur, l’isolement, le contrôle, ce que vivaient mes enfants et l’épuisement.
Dans mon vécu, cet épisode n’était pas la cause de la violence. Il en était une conséquence.
Aujourd’hui, je peux mettre des mots sur ce qui m’est arrivé. Et je suis encore ici. C’est aussi pour cela que je veux parler. »
Nous voulons maintenant documenter cette réalité
Nous lançons un appel à témoignages auprès des personnes qui ont vécu de la violence conjugale, du contrôle ou de l’emprise et qui ont connu une période de détresse suicidaire ou un geste suicidaire pendant la relation ou après celle-ci.
Nous souhaitons également entendre les proches d’une personne décédée par suicide lorsqu’un contexte de violence conjugale, de contrôle ou d’emprise était présent ou soupçonné.
Le questionnaire est organisé en deux parcours : un volet pour les personnes survivantes et un volet pour l’entourage d’une personne décédée. Il cherche à documenter la trajectoire : violence vécue, contrôle et emprise, perte d’autonomie et de liens, impacts, détresse, demandes d’aide et éléments qui auraient pu modifier le parcours.
Cette collecte préliminaire ne vise pas, à elle seule, à conclure qu’une situation constitue un « suicide forcé » ni à établir scientifiquement qu’une violence particulière a causé un suicide. Elle vise à faire émerger des expériences et des questions qui pourront soutenir un projet de recherche encadré scientifiquement.
Les personnes qui souhaitent participer à cette collecte peuvent s’adresser directement à l’AFEVV. EnDroit.ca ne recueille pas ces témoignages et n’a pas accès aux réponses.
La participation est volontaire. Une personne peut passer une question ou cesser de répondre à tout moment. Certaines questions peuvent faire remonter des souvenirs difficiles.
Besoin d’aide maintenant?
Si ce texte ou le questionnaire fait remonter une détresse importante ou des idées suicidaires, au Canada, vous pouvez appeler ou texter le 9-8-8, 24 heures sur 24. En cas de danger immédiat, composez le 911.
Karine Bleau
Fondatrice de l’Association des femmes et enfants victimes de violence (AFEVV)
Sources statistiques
• Ministère français chargé de l’Égalité — Arrêtons les violences : « Les chiffres de référence sur les violences faites aux femmes », données 2024 (SSMSI et Délégation aux victimes, ministère de l’Intérieur).
• Institut de la statistique du Québec — Vitrine statistique sur l’égalité entre les femmes et les hommes : « Violence en contexte conjugal », données 2024, mise à jour le 12 janvier 2026.
• Institut de la statistique du Québec — « La grande majorité des personnes qui vivent des situations de violence entre partenaires intimes ne les signalent pas à la police », 11 décembre 2025.
DPJ
KIDNAP LÉGAL…
À l’âge de 5 ans, j’ai perdu ma mère dans un accident de voiture. Mon père nous avait déjà abandonnés.
Peu de temps après, ma vie a complètement basculé.
Alors que je jouais à l’arrière avec mes amis, un de mes oncle m’a appelée. J’ai cru qu’on voulait simplement me parler, alors je suis montée les escaliers. Arrivée en haut, il m’a prise par-dessus son épaule, la tête vers le bas, sans aucune explication…
Je ne comprenais absolument pas ce qui se passait. J’étais TERRORISÉE.
Il m’a ensuite déposée à l’arrière d’une voiture de police. Je me souviens encore avoir demandé :
« Est-ce que je vais en prison? »
On m’a répondu que non.
Peu après, j’ai été placée dans une voiture avec ma nouvelle famille, en direction d’une autre ville, loin de ma sœur, de ma famille et de tous ceux que j’aimais.
C’est ainsi que j’ai vécu ce que je considère encore aujourd’hui comme un véritable kidnapping sous la responsabilité de la DPJ.
Ce qui a suivi a été un cauchemar.
Je n’ai pas reçu l’amour, l’affection ou la sécurité dont un enfant de cinq ans avait besoin. J’étais constamment punie et j’ai vécu des abus physiques et psychologiques.
Tout cela s’est fait sans que la majorité de ma famille ou amis proches, soient même mis au courant, de ce qui se passait.
Encore aujourd’hui, le processus demeure pour moi profondément inexplicable. Comment une poignée de personnes a-t-elle pu prendre des décisions qui allaient bouleverser toute ma vie, sans réellement consulter ma famille, ni les personnes proches qui m’entouraient ?
Et surtout, pourquoi m’avoir placée dans une famille où le père présentait déjà des problèmes psychologiques connus, créant un environnement TOXIQUE et profondément traumatisant ?
Aujourd’hui, des décennies plus tard, je cherche encore à comprendre exactement ce qui s’est passé. Mais obtenir des réponses et accéder à mon dossier demeure extrêmement difficile, notamment en raison de mes incapacités.
Je vis encore avec les conséquences de ces traumatismes.
Je n’ai jamais reçu l’aide psychologique dont j’avais profondément besoin, alors que mes besoins étaient connus de la DPJ.
Aujourd’hui, je me retrouve seule face à des blessures qui continuent d’affecter ma vie : insomnie, terreurs nocturnes, symptômes traumatiques, attaques de panique et crises somatiques intenses.
Je ne raconte pas mon histoire pour obtenir de la pitié.
Je la raconte parce qu’un enfant qui perd sa mère a besoin d’être protégé, écouté et aimé — pas de subir de nouveaux traumatismes.
Et parce qu’aujourd’hui, je veux comprendre ce qui m’est arrivé, retrouver les réponses qui m’ont été refusées et faire en sorte que d’autres enfants et familles n’aient jamais à vivre la même chose.
Ils m’ont arrachés mes enfants sans motifs valables
Je suis une maman de 2 jeunes enfants, qui avaient 2 et 4 ans au moment des faits. Un soir où j’ai vécu une violente crise de jalousie de mon ex devant les enfants, j’ai appelé la police pour me protéger, moi et mes enfants. J’ai porté plainte ce même soir et j’ai quitté la maison pour me réfugier en maison d’hébergement, en sécurité. Ce même soir, il avait un interdit de contact avec moi. La police a signalé à la DPJ, puisqu’ils doivent le faire automatiquement si des enfants sont impliqués. Dans mon cas, il avait hurlé après moi et frappé dans les murs alors que les enfants étaient présents. Pour moi, c’était inacceptable, même si c’était la première fois que ça arrivait : c’était la fin de notre relation.
Lorsque je suis arrivée en maison d’hébergement, c’était la fin de semaine et, malheureusement, la gastro nous a contaminés le lundi d’après. Je n’avais pas encore rencontré mon intervenante, mais j’ai quitté la maison d’hébergement le temps que les symptômes de la gastro nous lâchent, 48 h après les derniers symptômes, afin de respecter le protocole de confinement de la maison d’hébergement. Alors que nous étions logés temporairement chez un ami qui m’avait généreusement prêté sa maison pendant notre rétablissement, mon ex a repris contact avec moi et je l’ai dit à la DPJ par téléphone. J’ai également appelé la procureure pour me renseigner sur ce qui arriverait si je décidais de dénoncer son bris de condition ; la procureure m’a convaincue que c’était une bonne chose à faire pour le « forcer » à se prendre en main.
Lorsque je suis revenue à la maison d’hébergement, 7 jours plus tard, la DPJ m’a fait signer une entente provisoire de 30 jours et m’a demandé de ne plus répondre à mon ex. Elle m’a donné une semaine pour leur montrer que j’étais « capable » de ne pas lui répondre. Immédiatement après cela, mon ex a continué à essayer de me rejoindre et, comme je ne répondais plus, il m’a appelée avec un numéro privé, auquel j’ai répondu, car je ne savais pas que c’était lui. Ça m’arrivait de recevoir des appels privés. Entre-temps, la DPJ a passé un test pour vérifier le risque d’homicide post-séparation, et la TS de la DPJ m’a dit que le résultat était sorti non inquiétant et que son mandat était terminé, et que c’était une autre TS qui allait prendre le relais pour l’application des mesures.
Ensuite, j’ai eu mon premier rendez-vous avec la procureure, dans lequel elle m’a annoncé qu’après avoir pris connaissance du dossier, il y avait matière à porter des accusations au criminel, suite à la plainte que j’avais déposée contre mon ex. J’ai donc, à ce moment-là, décidé que j’allais dénoncer le bris de condition. En sortant de mon rendez-vous avec la procureure, la DPJ m’a convoquée d’urgence à leur bureau, et leur approche avec moi était complètement différente. La TS qui m’avait dit que le risque d’homicide était non inquiétant et qui m’avait dit avoir terminé son mandat était là et m’a interrogée pendant 2 heures de temps, en insinuant que j’étais malhonnête et que je découchais de la maison d’hébergement. Ce qui était complètement faux et m’a insultée. J’ai tout de même coopéré et donné les coordonnées de mes 2 amis que j’avais visités.
Après la longue période d’interrogation désagréable, la DPJ m’a demandé pourquoi je ne dénonçais pas immédiatement le bris de condition. Je leur ai répondu que je m’étais entendue avec la procureure et que j’attendais un appel d’un policier pour le faire prochainement, mais la DPJ insistait pour que je le fasse immédiatement. Moi, je ne voyais pas d’urgence de le faire et je devais retourner à mon travail, alors j’ai dit que j’allais appeler la police le lendemain, après le travail. La DPJ n’était pas satisfaite et m’a balancé l’information que le résultat du test d’homicide était très inquiétant et que c’était pour cela qu’elles insistaient comme ça. Moi, j’étais abasourdie, car ces paroles sont sorties comme ça, en dernier recours, après 2 heures d’interrogation, et étaient contraires à l’information que cette même TS m’avait donnée quelques jours auparavant. Je lui ai demandé pourquoi elle me disait le contraire de ce qu’elle m’avait dit quelques jours plus tôt, et là, elle me dit, devant l’autre TS, qu’elle parlait du risque suicidaire quelques jours plus tôt, et non du risque d’homicide. Ce qui était complètement faux. Elle m’a menti en face, devant l’autre TS. Le lien de confiance s’est brisé à ce moment. Quelques jours plus tard, alors que j’avais finalement dénoncé le bris de condition de mon ex, l’autre TS, qui était présente, m’a bel et bien confirmé qu’il y avait eu un changement dans le résultat suite à de nouvelles informations.
Suite à ma dénonciation du bris de condition, mon ex s’est retrouvé en prison. La police a appelé une intervenante de la maison des femmes dans la soirée, alors que j’étais en train de coucher mes enfants, pour me dire que je devais m’occuper de mon chien, qui était seul à la maison alors que mon ex était en prison. Le lendemain matin, j’ai trouvé une solution pour mon chien, et la maison des femmes a proposé de garder mes enfants pendant que j’allais porter mon chien dans un refuge temporaire. Quand je suis arrivée à la maison, j’ai aperçu un couteau dans la boîte à lunch de mon ex et j’ai eu peur de la raison de sa présence. J’ai donc caché le couteau pour éviter que mon ex ait de mauvaises idées en revenant de prison. J’ai fait ça par souci de sécurité. C’était le dimanche. J’ai parlé de mes inquiétudes sur ce couteau à la maison d’hébergement, à ma mère, à un ami. Je n’ai absolument pas tenté de cacher cette information, car j’étais réellement inquiète.
Le lundi, lendemain, la DPJ s’est invitée sans préavis à mon rendez-vous matinal avec mon intervenante de la maison d’hébergement et m’a annoncé qu’elles allaient retirer mes enfants en mesure d’urgence. Leur raison : mon ex allait sortir de prison le jour même, et elles ont décidé de ne pas me faire confiance sur ma capacité de protéger mes enfants. Elles n’ont rien proposé du tout pour prioriser que mes enfants restent avec moi. Nous étions pourtant en sécurité à la maison d’hébergement, et je coopérais depuis le début. À ce moment, la DPJ m’a reproché plein d’affaires complètement fausses, dont j’avais des preuves du contraire, et elles n’ont rien voulu entendre, en me disant que leur décision était prise avant même qu’elles débarquent sans préavis à mon rendez-vous. Que c’était décidé avec leur comité et que si je ne les laissais pas m’enlever mes enfants immédiatement, c’était la police qui allait débarquer et ça allait être pire pour moi. Elles ont même tenté de m’empêcher de leur dire au revoir avant de me les enlever, sous prétexte que j’étais émotive.
Leur argument, complètement faux, sur lequel elles se sont basées pour se justifier de m’arracher mes enfants, est que j’aurais caché un bris de condition de mon ex, en faisant référence au couteau, pour le « protéger ». Alors que je n’étais même pas au courant qu’il avait une telle condition et que mes intentions étaient purement de la prévention sécuritaire. Elles m’ont également reproché d’avoir caché où j’avais hébergé avec mes enfants pendant notre confinement gastro, alors que pendant les 7 jours là-bas, j’étais en communication avec la DPJ et que je leur disais tout. Je leur avais même dit que mon ami m’avait demandé de ne pas dire à personne où j’étais, par peur de représailles de mon ex. Mais la DPJ ne m’avait pas demandé d’information supplémentaire à ce moment-là. Elle m’avait demandé, cependant, ses coordonnées le jour de l’interrogatoire désagréable, et j’avais collaboré et donné ses coordonnées pour leur permettre de faire leurs vérifications. Vérifications qu’elles n’ont pourtant jamais faites.
Elles m’ont reproché que je voulais retourner vivre à ma maison, alors que j’étais pourtant en démarches actives pour me trouver un appartement de transition temporaire validé par la DPJ, selon l’entente que j’avais signée avec eux, qui stipulait que je m’engageais à rester à la maison d’hébergement ou à un lieu approuvé par la DPJ. Elles ont seulement pris hors contexte une question qu’elle m’avait posée lors d’une rencontre, où elle m’avait dit simplement : « Tu dois avoir hâte de retourner chez toi, n’est-ce pas ? » À laquelle j’avais répondu que, bien sûr, j’avais hâte. Elles se sont servi de cette réponse-là pour décider que ça voulait dire que je n’avais pas l’intention de respecter l’entente signée. Elles ont dit également que je n’étais pas capable de mettre mes limites avec mon ex parce que j’ai répondu à un appel masqué et que je n’ai pas eu le réflexe de lui raccrocher au nez. J’ai simplement répondu qu’on n’avait pas le droit de se parler et qu’il ne me rappelle pas, puis j’ai raccroché. Ceci n’a pas satisfait la DPJ, qui aurait voulu que j’aie le réflexe de raccrocher immédiatement à son nez.
Suite à l’annonce de la DPJ de me retirer mes enfants, j’avais seulement 48 heures pour trouver un avocat pour me défendre, car je n’étais pas d’accord avec cette décision abominable de m’arracher mes enfants. J’ai eu beaucoup de misère, car personne n’était disponible, de Sherbrooke, Québec, Lévis, Thetford, Sainte-Marie ! Je n’ai pas eu d’autre choix que de prendre un arrêt de travail maladie, alors que mes finances étaient déjà précaires dû à la séparation. J’ai finalement eu une chance de dernière minute à cause d’une annulation.
Lorsque j’ai vu leur rapport et leurs raisons de m’avoir retiré mes enfants, elles avaient inscrit que j’étais peu présente et que je m’impliquais peu à la maison d’hébergement. Ce qui était complètement faux. Elles avaient simplement été chercher leurs informations au moment où j’étais en confinement gastro, alors évidemment que je ne faisais pas de repas ni de ménage à la maison des femmes et que je n’étais pas présente aux rencontres de groupe hebdomadaires. Rencontres auxquelles je n’avais pas encore été conviée pendant cette semaine de confinement, car je n’avais pas encore rencontré mon intervenante. J’ai habité là 3 mois et j’ai toujours été présente aux rendez-vous, sauf exceptions rares et explicables à cause de mes horaires de travail, et j’ai toujours fait mes tâches et repas, à l’exception de cette seule semaine où j’ai dû quitter pour le confinement gastro.
Dans leur rapport, la DPJ mentionnait que mes enfants avaient régressé sur tous les plans (sommeil, alimentation, propreté). Ce qui était complètement faux. J’avais simplement mentionné que le jour de la séparation, on avait dormi tous les 3 dans un divan-lit chez mon amie de fille et que ce n’était pas l’idéal. Cette fameuse nuit, on s’était couchés tard à cause de l’événement qui avait mené à la plainte. À part ça, j’avais partagé l’information que les nuits étaient difficiles durant la gastro, car mes enfants avaient des diarrhées et des vomissements plusieurs fois dans la nuit. À part ça, mon plus jeune dormait dans le même lit que moi et il bougeait beaucoup, mais il avait attrapé un vilain rhume qui le faisait tousser davantage pendant la nuit. La DPJ a décidé de prendre ça hors contexte pour se donner comme argument que mes enfants avaient régressé au niveau du sommeil à cause des effets de la violence conjugale. Violence à laquelle j’avais mis un terme avec ma séparation et la plainte avec interdit de contact.
Pour l’alimentation, ce n’était pas pire qu’à l’habitude, à l’exception que, parfois, mes enfants étaient plus difficiles sur certains plats cuisinés par d’autres femmes originaires d’autres pays, qui cuisinaient des plats traditionnels de leur pays. Parfois, c’était très épicé et mes enfants n’aimaient pas ça, alors je m’organisais pour leur cuisiner autre chose en fouillant dans le frigo. Il ne faut pas oublier non plus qu’on n’habitait plus dans notre maison et que, lors des repas, mes enfants étaient entourés d’un paquet d’autres femmes et d’enfants inconnus, et qu’ils n’étaient pas habitués à ça. Moi, en toute transparence, je parlais librement de tout aux intervenantes de la maison d’hébergement, et la DPJ a pris les informations hors contexte pour affirmer que mes enfants avaient régressé sur le plan de l’alimentation à cause de la violence subie. Violence que j’avais quittée.
La DPJ m’a mentionné sa peur que je retourne avec mon ex, en disant que j’étais ambivalente, simplement parce qu’à un moment où j’étais dans un moment vulnérable, après avoir été malade de la gastro, mon ex m’a demandé si on pouvait se séparer à l’amiable tout en restant sous le même toit temporairement, le temps qu’il se trouve un appartement, et moi, encore malade et confuse, dans un souci de transparence, j’ai partagé ça à la DPJ et je leur ai demandé si c’était possible. À ce moment-là, je n’étais pas dans mon état normal, affaiblie par la maladie, et j’avais juste besoin que la DPJ me dise que ça ne fonctionnerait pas et que ce n’était pas une bonne idée, et j’aurais été d’accord sans rouspéter. Mais elles ont décidé de prendre ce moment hors contexte comme représentatif que j’étais ambivalente dans ma décision de cette séparation. Pourtant, lorsque j’étais à la maison des femmes et jusqu’au jour où elles m’ont enlevé mes enfants, j’ai lu toute la documentation disponible fournie par la maison d’hébergement pour être sûre de bien comprendre la violence conjugale sous toutes ses formes, pour me protéger et me renforcer face à lui et à d’autres violences potentielles.
Elles ont envoyé mes enfants à 2 heures de route de moi et je n’ai pas pu leur parler chaque jour, alors que je n’ai pratiquement manqué aucun jour de leur vie depuis leur naissance. J’ai pu les voir 2 fois, supervisée, avec une madame qui fait juste observer et prendre des notes, comme si j’avais quelque chose à me reprocher en tant que mère. Et j’ai réussi à les ravoir 10 jours plus tard, en signant une entente avec la DPJ que je m’engage à dénoncer tout bris de condition et que je m’engage à rester aussi longtemps que nécessaire à la maison d’hébergement ou dans un autre lieu autorisé par la DPJ. Après leur retour, la DPJ m’empêchait de sortir avec mes enfants sans autorisation de leur part.
Après ça, je croisais la DPJ seulement lorsque mes enfants allaient à leur bureau 15 minutes par semaine pour parler en vidéoconférence, et la TS a eu le culot de me dire que leur argument pour vouloir rester dans nos vies une année supplémentaire était que mes enfants avaient empiré, en se basant uniquement sur les dernières visites en vidéoconférence, où mes enfants exprimaient qu’ils ne voulaient pas parler avec papa et qu’ils avaient « mal au ventre ». Ce qui était tout à fait normal, car c’était plate pour eux, âgés seulement de 2 et 4 ans, d’être enfermés dans une petite pièce à regarder un ordinateur. À aucun moment, la DPJ n’a fait de suivi auprès de la garderie, de l’orthophoniste, de visite surprise à la maison, du centre de stimulation ou de l’éducatrice spécialisée pour voir comment évoluaient VRAIMENT mes enfants. Non, elles se sont basées sur quelques 15 minutes par semaine en vidéoconférence avec leur père, des papillons d’excitation dans le ventre et leur façon de communiquer qu’ils n’aimaient pas les visites virtuelles pour se donner l’argument de garder le dossier ouvert et rester présentes dans nos vies 1 an de plus, malgré que mon ex avait déménagé dans le nord, que je n’avais aucunement l’intention de revenir en couple avec lui et que j’avais déjà un autre amoureux.
Moi, j’ai fait des démarches pour avoir une travailleuse sociale du CLSC pour m’aider avec ma routine familiale, et la TS de la DPJ m’en a empêchée. Elle disait qu’elle pouvait jouer ce rôle et que je n’avais pas le droit d’en voir une autre qu’elle, alors que le lien de confiance était complètement détruit. En date d’aujourd’hui, le dossier DPJ est fermé depuis janvier, mais je n’ai toujours pas eu accès à la travailleuse sociale dont j’avais besoin pour m’aider dans ma routine familiale. Je suis encore sur la liste d’attente, parce que le processus a été énormément retardé à cause de la DPJ, qui m’en avait empêchée au moment où j’avais eu ma chance d’en avoir une. Aujourd’hui, j’ai réussi seule à établir ma routine familiale, qui fonctionne.
En résumé, la DPJ m’a traumatisée et a traumatisé mes enfants en me les retirant 10 jours. Par chance que je suis une excellente maman qui a su leur redonner la sécurité et la stabilité dont ils avaient besoin. Et par chance, malgré que j’ai eu peur de perdre mon travail à cause de mon arrêt de travail exigé par la DPJ, et la pension alimentaire qui s’est réglée en justice, mes finances ont repris le dessus, et nous sommes actuellement heureux, mes enfants et moi. Les visites sont restées supervisées pour lui, et ses conditions se poursuivent pour un suivi psychologique en gestion des émotions et violence conjugale.
Merci d’avoir pris le temps de me lire. Courage à ceux et celles qui passent par l’enfer de la DPJ.
D’intervenante à Néante.
En février 2024, j’ai commencé à travailler dans une ressource intermédiaire qui accueillait des enfants de la PROTECTION DE LA JEUNESSE. Durant mes 3 mois là-bas, j’ai été témoin d’abus de la part des propriétaires sur les 10 enfants, qui avaient entre 6 et 11 ans. [Passage retiré : atteinte à la réputation.] Il y avait ma boss (une perverse narcissique ; j’ai écrit c’était quoi dans mes notes le 31 mars, j’ai un exemple pour chacun des énoncés), son mari (qui était là seulement les fins de semaine), leur fils, qui faisait les nuits, et leur fille, qui faisait les jours avec ma boss.
Quand je suis arrivée à la ressource, j’ai créé un lien particulier avec une enfant de 6 ans [surnom retiré pour protéger l’identité], car c’était la seule fille présente dans la maison, pour 10 garçons.
Les premières semaines étaient accompagnées de red flags que je préférais ignorer, tels que…
Durant le souper, les enfants faisaient des allers-retours avec leurs doigts vers leurs parties intimes, car il leur était interdit de parler pendant qu’ils mangeaient. Ils avaient seulement 1 verre commun pour se rincer la bouche après le brossage de dents, et plein d’autres petites choses « sketch » qui seraient beaucoup trop longues à écrire et surtout à DÉCRIRE !
Le 22 février 2024, la petite m’a invitée dans sa chambre et m’a montré une tache dans son lit (oui, j’ai une preuve photo que je ne montrerai pas ici). Je lui ai demandé si c’était à elle, elle m’a dit que non. Je lui ai demandé si c’était à quelqu’un qui travaillait ici (les membres de la famille). Elle m’a répondu : oui, il vient et part. Elle regardait la porte, qui était fermée. Elle était en boule dans son lit et avait peur. Je lui ai dit que quand elle allait être prête à m’en parler, j’allais l’écouter. J’ai quand même laissé une note à ma boss : « Bon matin, j’espère que vous allez bien, j’ai retrouvé une trace suspecte dans le lit de la petite. Il est tard, mais lavez ces draps au besoin. »
Bref, le lendemain, ma patronne m’accueille et elle est très fâchée contre moi et me demande : « Toi, c’est quoi ? Tu veux que les enquêteurs rentrent ici, interrogent les jeunes 1 par 1, les employés 1 par 1, et qu’on aille travailler fort ici pour rien ?? » En mettant full de pression… j’ai craqué… Au lieu de défendre mes craintes, j’ai pleuré et j’ai laissé ça passer (je regrette tellement aujourd’hui, croyez-moi).
Le temps passe… La petite est triste, ne me parle presque plus… Ma boss me passe des commentaires du genre : « De toute manière, tu peux rien faire pour elle, elle s’est fait agresser toute sa vie par sa famille biologique. À chaque fois qu’elle va se regarder dans le miroir, elle va se trouver dégueulasse et aucun garçon ne va l’aimer ! » Elle me disait que les enfants étaient autant turbulents parce qu’ils avaient des démons en eux. Me disait que s’ils étaient insomniaques ou somnambules, c’est parce qu’ils étaient possédés. Son mari, un jour, m’a fait descendre dans le sous-sol pour me montrer que la maison était « hantée ». Il a fermé une lumière et m’a dit : « Tu vas voir, quand on va revenir, elle va être ouverte. » Et comme de fait, elle était ouverte… Bref, tellement de petites choses… étranges… que j’ai remarquées seulement après m’être fait congédier.
J’aurais tellement voulu avoir une machine à remonter dans le temps et avoir des preuves. Je pourrais faire un film d’horreur avec tout ce dont j’ai été témoin.
Mais bref,
Mes patrons me mettent à la porte (car j’étais immature) le 24 avril 2024. Depuis, je n’ai aucune nouvelle des enfants, sauf qu’ils ont déménagé [lieu retiré pour protéger l’identité]. J’aimerais tellement pouvoir parler à quelqu’un. Qui va m’écouter, qui va comprendre la panique, la peur, la méfiance que j’ai maintenant envers le système de la DPJ. Je n’arrive pas à tourner la page. J’ai écrit plusieurs poèmes en lien avec cela. Je n’avais aucun autre moyen d’exprimer ma peine, ma rage, mon incompréhension. Merci d’avoir pris le temps de faire tout ça. Pour toutes les voix comme moi, qui se sont fait étouffer.
« Laisse mon cœur éclairer ton chemin.
Je te tiens la main. Mode silence, je fais confiance à la balance.
Les saisons passent mais mes pensées
restent là, à vos côtés
Même si les ombres vous amènent loin.
Rappelez-vous de ma voix,
J’éclaire encore votre chemin
Dans mes souvenirs,
l’envie de vouloir cueillir vos rires,
Comme les fleurs sous la pluie,
fragiles mais pleines de vie.
Puis l’été,
le soleil dans vos yeux
brûlait nos âmes
des jours dorés.
Vos cœurs en flammes
J’aurais voulu figer le ciel, lire vos jours dans l’arc-en-ciel
L’automne colore vos adieux
les feuilles tombent comme des aveux
Puis l’hiver impose son silence, le givre fige mes espérances
J’hiberne dans votre absence
Revoyant mes croyances
Je vous ai vus partir au loin,
Sans un regard, sans me tenir la main
Mais le temps s’efface,
Je regarde vos traces, sous la neige
elles s’effacent
Chaque pas un souvenir précieux
Tant de chemins laissés derrière
Tant de masques à se défaire
Comme des échos sous mes yeux
Le vent me chuchote vos mots égarés
dans mon cœur,
ils restent. »
Si vous fermez les yeux, vous verrez que je suis toujours là
Juste un peu mieux.
Poème en lien avec mon travaille d’intervenante en ressource intermédiaire.
Je voulais vous partager ce poème, il vient de mon cœur !
C’est pas, c’est pu mon combat,
- mais j’aimerais beaucoup pouvoir leur dire au revoir… car ils & je ne méritent pas ça
- Mais j’aimerais que [prénom retiré : atteinte à la réputation] pense à moi quand elle va avoir 666 ans sur son lit de mort pis qu’elle se rappelle que sa méchanceté a gâché une belle chance à des vagabonds d’apprendre à aimer, à s’écouter, à se créer & de s’accepter. J’espère que tu vas moins rire vicieusement quand tu vas réaliser que tu t’es mal accompagnée. Pourquoi regarder souffrir les gens en riant ? En dévalorisant ? Des gens ? Importants ?
- Est-ce que l’est vraiment ?
- C’est triste de voir que la moquerie & la jalouserie remportent sur le cœur & les amis
- C’est pas normal d’avoir aussi mal quand tout ce qui était important pour moi au final
- Était la paix & que tout le monde soit égal
- J’ai envie de crier les mots que tu m’as fait ravaler, devant toi & devant le monde entier
- Exposer ta malhonnêteté & tes mots déplacés
- Pourquoi toujours vouloir gagner ? Nous contrôler ? Nous gêner ? Nous damner ?
- Je suis tannée, de lutter, de contrer la base d’une société
- Pourquoi le pouvoir doit s’avoir avec des mots illusoires ?
- J’ai tellement essayé de vous aimer, de vous complimenter, de vous supporter,
- Mais tous mes efforts ont été faits à tort car le mal imposé par cette façon de penser m’a rappelé que tu as été mal aimée.
- Comment oser tenter vouloir m’exposer pour du mal que tu as toi-même causé,
- C’est malade de croire qu’aimer aurait un jour du pouvoir,
- Sur un monde forcé à percevoir le mal dans ses facettes les plus doubles
- C’est toi qui possèdes le miroir du mal & je, nous, vous, ils, ne méritent pas de pleurer cachés car tu ne sais pas maîtriser tes idées polluées.
- C’est fou de penser que l’amour partagé avec des enfants importants peut être volé par une personne mal intentionnée
- Qui fait semblant d’adorer quand ses propres démons la font danser.
- Moi j’étais dans mes moments de bonheur, avec ma peine & mon cœur
- J’ai tlm essayé d’évoluer dans ce monde déchaîné mais la peur de vos cœurs m’a effrayée.
- Pardon de me sentir différente aux monstres.
- Mon travail n’amène pas la paix, il amène la guerre à mes pensées,
- Qui a trop aimé
- Qui a trop pleuré
- Pourquoi ma peine est la seule à jamais me quitter ?
- Je m’ennuie tlm de vous, de nous,
- Je, tu, elles, ils, ne méritent pas ça,
- Pourquoi l’amour fait aussi mal,
- Les moments magiques passés avec vous vont rester dans mon cœur pour toujours
- Pour le meilleur & pour le pire
- Je vais vous guider à travers vos belles pensées, essayer de vous appuyer, même si je suis pas avec vous,
- À pleurer, à essayer de comprendre comment nous avons été séparés, malgré l’amour & la joie pure que nous avions préparés pour cet été,
- Je suis tellement déchirée, j’ai tellement espéré pouvoir changer la réalité,
- Que le démon a gagné, que la paix, vaut mieux l’oublier car aimer fait mal quand il est jalousé
- J’ai tout essayé pour vous communiquer que les environnements toxiques sont un bateau vers la violence & la p
- Malgré un changement de destination, de compassion,
- J’espère que ces enfants du pays imaginaire vont avoir la paix & l’amour infini qu’ils méritent car ils font de beaux sourires.
- Le chemin va être différent pour les vieilles sorcières qui étaient fières de se moquer d’aimer
- Le monde entier va crier quand tu vas leur montrer que tu es contente qu’ils/elles aient échoué.
- Derrière tes façades de garde-malade, se cache ta peur de garder tes pensées envenimées.
- Car nous avons mérité notre paradis qui garantit la vraie vie.
- Je suis démolie,
- D’être séparée d’autant de bonté & de bons choix,
- Pourquoi nous enlever ça ?
- Ah oui
- Car l’attention sur toi était, est & restera superficielle & cruelle
- Jusqu’à temps que tu apprennes qu’enlever l’espoir au monde est une pêche juteuse
- Que la compassion est un jeu dangereux car il tient au savoir d’une âme affaiblie par l’envie & la singerie
- J’ai essayé de m’éviter, de me défendre, de me comprendre,
- Mais miroiter sur un paradis perdu,
- L’envie qu’il me reste est de vous aimer & de vous élever & vous prouver que vous n’êtes pas oubliés.
Questionnement
J’ai déjà écrit mon témoignage, mais dans ma tête, ça roule sans cesse. Pas une minute de ma vie où j’ai la paix en dedans. J’aimerais comprendre pourquoi on m’a toujours refusé une enquête, pourquoi ils n’ont jamais appelé aucun de mes témoins, pourquoi, la troisième fois où on m’a envoyée en prison, jusqu’à Leclerc à Laval, je ne connais pas encore les plaintes faites contre moi.
Quand je suis sortie de cette prison, il y a un an et demi, j’étais en choc extrême, j’avais maigri énormément. Quand je suis arrivée chez moi, je suis restée assise pendant plus d’un mois, car je sentais toujours une peur, une panique, des tremblements, et je ne quittais pas mon châssis parce que j’avais peur que la police arrive ici, après tellement de fois. Les seuls moments où je dormais, c’était des cauchemars horribles.
Je rencontre un nouvel avocat jeudi le 17 septembre pour une préparation à la cour, une chose que je n’ai pas eue pendant presque 4 ans. J’ai peur. Ça fait des semaines que je pleure. Là, le moment est arrivé : que va-t-il m’arriver ? Je n’en peux vraiment plus. J’ai de mauvaises idées dans ma tête, parce que je sais que si on me déclare encore coupable de ces fausses plaintes, je ne pourrai plus me relever. C’est horrible, tout ce que j’ai dû vivre, mais je sais que je n’en supporterai pas plus.
Mon stress a été tellement puissant que même mes jambes refusaient d’avancer. Je ne pouvais plus me lever. Je me rappelle très bien que je criais à mon cerveau de faire aller mes jambes. Ça a fini par se replacer, mais je dois vivre avec tout ça. Ça me brise énormément. J’ai perdu tout mon argent, ma santé, ma joie de vivre. Les jours sont très lourds à passer. Je ne vis plus, je survis. Voilà ce que la justice a fait de moi, et mes proches, qui ont souffert eux aussi de tous ces mensonges.
Je sais qu’un jour on meurt tous. Le dossier criminel fait mal, mais je vais au moins partir en sachant que je ne suis coupable de rien, mais que j’ai souffert en maudit.
Désolée, mais j’avais encore besoin d’écrire cet autre chapitre de mon enfer. Ce que je déplore dans tout ça, c’est que mon ex, sa conjointe et la famille de celle-ci profitent de la vie, s’amusent, etc. Petit village où tout se sait. Et pendant ce temps, moi, je me cache, par peur qu’ils me fassent encore autre chose. Tellement d’injustice dans tout.
Merci à vous d’être là.
Le mauvais parent
J’ai fui avec mes 3 enfants, un nouveau-né de quelques semaines, une voiture miteuse et pas d’argent. Mais je nous ai trouvé un toit et j’ai supplié pour les nourrir. J’ai porté plainte, j’ai refait ma vie au milieu des tribunaux, criminel et familial. Déclaré coupable, un 810 en main, qui ne servait à rien vu que nous avions des enfants.
C’est un vendredi soir que j’ai reçu l’appel de l’hôpital. J’étais au restaurant pour fêter les papiers de garde signés le lundi. 1 an s’était écoulé. Depuis ma fuite, personne n’avait pris au sérieux ma peur qu’il fasse du mal aux enfants. Mais c’est pourtant devant un ex-conjoint qui faisait une crise à mes collègues de l’hôpital que je suis arrivée, mon bébé couvert de bosses et de bleus.
Raison du signalement : blessure inexpliquée dans le milieu du père ou de la mère. Une enquête de police. La garderie confirme que le petit n’avait pas de bleus quand je l’ai déposé, mais qu’il était fatigué. Nous avions convenu avec le milieu de garde que j’aille le chercher à son réveil s’il était encore fatigué. Mais à son réveil, c’est le tour de garde du père qui commençait. Je suis transparente avec l’intervenante de la DPJ et lui fais part de mes peurs, car j’ai quitté le père pour violence conjugale. Le petit teste positif à l’Ativan ; ça n’inquiète pas le pédiatre, et c’est plutôt normal, car j’en prenais en allaitant mon fils. La police débarque chez moi et m’accuse d’avoir drogué mon fils. Je leur explique que non. Dans les photos de preuve, on voit que je prends des médicaments pour l’allaitement. Mais personne ne prendra les accessoires de puériculture et les poches de lait congelé en compte.
Mon nouveau conjoint parle de mes difficultés de mémoire. On lit dans les notes du policier que l’intervenante de la DPJ lui explique que c’est une maladie mentale où on invente un monde et où on est déconnecté. Les évaluations psychiatriques et neurologiques, elles, diront qu’il s’agit de lésions neurologiques dues à des TCC multiples causés par la violence conjugale. L’intervenante me pose des questions de religion et de culture et affirme que je suis malade mentale. Après 4 évaluations (expertises) psychiatriques, je peux confirmer que j’ai un trait de personnalité limite et un traumatisme complexe. Nombre de professionnels se sont prononcés sur mon dossier, mais les 35 intervenants n’ont jamais accepté les avis médicaux, car ils étaient tous contradictoires à leur version.
J’ai été mise à la porte de mon domicile : la DPJ a menacé mon conjoint de lui retirer ses enfants s’il ne le faisait pas. Il l’a fait, et j’ai dû me reconstruire encore. J’ai perdu plusieurs emplois dû aux appels diffamatoires des intervenants, et aux horaires de visite qui concordaient toujours avec mes heures de travail (secteur de la santé, c’est plutôt anormal).
Les années passent et ça continue. Changement d’intervenante, ex violent qui reçoit mes adresses par la DPJ et qui vient chez moi. Je refais ma vie avec une connaissance de longue date. 9 mois de grossesse horrible, dans le stress constant des intervenants. Je finis en fauteuil roulant, sous les menaces d’accouchement prématuré dû à la DPJ. Des organismes de défense des droits obligent la DPJ à respecter les recommandations médicales jusque-là ignorées. On me confirme à plusieurs reprises qu’il n’y a pas d’alerte bébé. En plein accouchement, l’infirmière m’annonce l’alerte bébé. Le travail s’arrête, césarienne d’urgence.
L’attente de 4 jours est interminable. Mais ce qui attend les intervenantes de la DPJ, c’est deux avocates. On nous laisse repartir avec notre bébé. Mais on m’obligera à aller voir les plus vieux sans le nouveau-né allaité, pour des périodes de 5 h. Encore une fois, des organismes s’en sont saisis, et mon conjoint a été autorisé à passer 3 heures dans un autre local avec le bébé, à attendre pour que je puisse l’allaiter.
Les choses ont évolué. 2 ans plus tard, les enfants viennent dormir à la maison pendant environ 8 mois. Je n’ai plus de restrictions avec le bébé depuis 1 an. Changement d’intervenante. Du jour au lendemain, elle remet les contacts au minimum prévu, dans des locaux supervisés, et prétexte que, selon la garderie, ma fille âgée de 3 ans a des absences cognitives. Traînée à l’hôpital en urgence pour lui faire faire des tests que l’intervenante refuse de nous dire. Nous finissons par savoir, devant le médecin, que la petite doit faire des tests de dépistage de drogue. L’intervenante prétend nous avoir dit pourquoi nous étions à l’hôpital et se fâche quand je lui tends l’enregistrement de nos conversations. Me dit que je n’ai pas le droit d’enregistrer.
Le test est négatif, mais elle prétend que c’est un faux négatif. Par la suite, elle appelle tout mon entourage pour leur dire que je suis dangereuse et que j’ai été déclarée coupable d’avoir drogué mon fils, ce qui est faux. Elle encourage mon conjoint à me quitter et m’expulse de ma maison.
Au juge, elle dira qu’elle ne présente pas le rapport psychologique, qui est favorable, car selon l’appel qu’elle avait eu avec la psy, les deux étaient tout à fait différents. Aucun document n’a pu être déposé, car il datait de 2023, dans le lot des expertises [nom retiré pour protéger l’identité] qui faisaient état du non-respect des professions de la santé.
Si je vous livre ce témoignage aujourd’hui, c’est qu’après 4 ans de violence conjugale et 6 ans de procédures de la DPJ, j’ai fini par perdre tout ce que j’avais et faire une tentative de suicide. À mon réveil, le psychiatre a écouté et lu mes documents et a conclu que rien ne pouvait être fait pour sortir la DPJ de ma vie. 21 professionnels de la santé, 6 intervenantes, dont le CAVAC et l’IVAC, ont tenté d’intervenir. [Noms retirés pour protéger l’identité] ont tenté en vain. Mon histoire semble invraisemblable, mais elle est pourtant documentée.
Je ne crois plus que les choses peuvent s’arranger. Je crois que ce système est profondément sadique. Aujourd’hui, j’espère de tout cœur que mon abandon permettra à mes enfants de s’en sortir.
Injustice inhumains!
Aujourd’hui, je prends la plume pour dénoncer une situation profondément injuste et un combat que je mène encore chaque jour pour mes enfants. C’est le récit d’une épreuve où j’ai le sentiment d’avoir été brisée par un système, et où je dois aujourd’hui me battre sans relâche simplement pour avoir le droit d’exister en tant que mère.
Par le passé, j’ai eu à faire face à l’intervention de la DPJ concernant mes trois enfants. Malgré ma collaboration et mes efforts constants pour me relever, j’ai l’amère impression d’avoir été jugée de façon inéquitable, sans qu’on ne mesure la profondeur de mon amour maternel. Les décisions prises à cette époque ont eu un impact dévastateur, me privant du rôle central que je devais jouer auprès d’eux.
Aujourd’hui, le cauchemar ne s’arrête pas là, et c’est une autre forme d’injustice que je subis quotidiennement. Malgré le chemin parcouru pour stabiliser ma vie, je me heurte à un mur : les pères refusent de me laisser voir mes enfants. Je dois me battre sans cesse, au prix d’efforts immenses, pour obtenir ne serait-ce qu’un misérable pourcentage de visite, me trouvant sans cesse confrontée à des portes closes et à un refus total de collaboration.
C’est une double peine insoutenable. Non seulement j’ai subi les conséquences de décisions passées qui m’ont arrachée à mes enfants, mais je me retrouve aujourd’hui bloquée par des pères qui utilisent cette vulnérabilité passée pour me couper de mes petits et m’isoler complètement.
Je ne demande pas l’impossible : je demande simplement le droit d’être une mère pour mes enfants. Ils ont besoin de moi, et j’ai besoin d’eux. Cette situation ne peut plus durer, et je continuerai de me battre tant qu’il le faudra pour retrouver une place légitime et significative dans leur vie.
Quand la protection se trompe de cible
Violence post-séparation, trauma, contrôle coercitif et retrait des enfants :
il est temps de revoir notre façon d’évaluer et d’accompagner les familles
Article de réflexion et propositions pour un comité québécois
Au Québec, nous demandons aux victimes de violence conjugale de parler, de dénoncer, de demander de l’aide et de quitter lorsque leur sécurité ou celle de leurs enfants est menacée.
Mais qu’arrive-t-il après?
Dans ma pratique d’accompagnement auprès de victimes et de parents qui interagissent avec la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), une réalité préoccupante revient : la violence peut être reconnue pendant la relation, puis perdre progressivement sa place dans l’analyse après la séparation.
Le couple est séparé. Alors la violence serait terminée.
Les difficultés qui persistent deviennent trop souvent un « conflit sévère de séparation ».
Les communications difficiles deviennent un problème de coparentalité. La peur devient de l’anxiété. L’hypervigilance devient de l’instabilité. La volonté de protéger l’enfant peut être interprétée comme de la rigidité ou, dans certains dossiers, être associée à une dynamique d’aliénation parentale.
Et le traumatisme d’une victime risque alors de devenir une preuve contre elle.
Une séparation ne transforme pas automatiquement une dynamique de violence en conflit entre deux personnes égales.
La violence ne s’arrête pas nécessairement avec la séparation
Le Québec reconnaît aujourd’hui l’exposition d’un enfant à la violence conjugale, y compris en contexte post-séparation, dans le cadre de la protection de la jeunesse. Cette évolution est fondamentale.
La violence conjugale ne se limite pas aux agressions physiques et ne disparaît pas nécessairement lorsque deux personnes cessent d’habiter ensemble. Après la séparation, le contrôle peut changer de forme.
Les communications concernant les enfants, les échanges de garde, les décisions scolaires et médicales, les procédures judiciaires, les enjeux financiers ou la multiplication des démarches peuvent devenir des espaces où une dynamique de contrôle peut se poursuivre.
C’est pourquoi nous devons être extrêmement prudents avant de transformer une situation comportant un historique de violence conjugale en simple « conflit sévère de séparation ».
Dans un conflit, deux personnes peuvent s’opposer. Dans une dynamique de violence et de contrôle coercitif, il peut exister une asymétrie de pouvoir, de la peur, de l’intimidation, de la surveillance ou une stratégie de contrôle.
Cette distinction doit être établie avant, et non après, que des décisions majeures soient prises concernant l’enfant.
Quand le traumatisme de la mère devient une preuve contre elle
Une victime de violence conjugale peut présenter un état de stress post-traumatique. Elle peut être anxieuse, hypervigilante, avoir peur de son ancien conjoint, éprouver des difficultés de sommeil ou de concentration, pleurer devant les intervenants ou devenir très réactive lorsqu’elle croit son enfant en danger.
Ces manifestations doivent évidemment être évaluées lorsqu’elles ont une incidence sur l’enfant. Mais elles ne constituent pas, en elles-mêmes, une incapacité parentale.
Il existe une différence fondamentale entre l’état psychologique d’un parent et sa capacité fonctionnelle à prendre soin de son enfant.
La véritable analyse devrait porter sur la sécurité de l’enfant, la réponse à ses besoins, l’encadrement, les soins, la scolarisation, la capacité du parent à prendre des décisions appropriées, à reconnaître ses limites et à aller chercher de l’aide.
Un diagnostic ou un traumatisme ne devrait jamais remplacer l’analyse concrète des capacités parentales.
L’enfant qui se désorganise chez maman : le lieu du symptôme n’en prouve pas la cause
Prenons un enfant vivant en garde partagée dans un contexte où il existe un historique ou des allégations de violence conjugale. L’enfant fréquente son école ou son CPE, passe du temps chez l’autre parent et peu de comportements particuliers sont rapportés dans ces milieux.
Puis il revient chez sa mère et se désorganise : crises de colère, pleurs, anxiété, opposition, difficultés de sommeil, régression, hypervigilance ou besoin important de proximité.
Une conclusion peut alors être tentante : « Ces comportements surviennent chez la mère; le problème provient donc du milieu maternel. »
Cette conclusion est beaucoup trop rapide. Le lieu où apparaît un symptôme n’établit pas nécessairement l’endroit où sa cause se trouve.
Un enfant peut contenir ses émotions dans certains environnements et les exprimer ailleurs. Il peut réagir aux transitions, présenter des manifestations différées de stress ou se sentir davantage capable d’exprimer certaines émotions auprès d’une personne qu’auprès d’une autre.
Aucune de ces hypothèses ne doit être présumée. Elles doivent être évaluées. Constater que les crises surviennent chez maman ne démontre donc ni que maman provoque les crises, ni automatiquement qu’elle est le parent sécurisant.
Il faut chercher la cause, reconstruire la chronologie et écouter ce que le comportement de l’enfant peut signifier.
Analyser la trajectoire, pas une photographie
Dans ce type de dossier, l’évaluation devrait documenter non seulement où le comportement survient, mais aussi ce qui se passe avant, pendant et après les transitions entre les milieux.
• Comment l’enfant se comporte-t-il avant le changement de garde?
• Comment se déroule l’échange et que se passe-t-il dans les heures suivant son retour?
• Combien de temps dure la désorganisation et quels symptômes apparaissent?
• Y a-t-il des cauchemars, douleurs physiques, régressions, changements alimentaires, peur ou paroles spontanées?
• Le phénomène se répète-t-il selon une séquence identifiable?
• L’école ou le CPE observe-t-il quelque chose avant ou après les transitions?
Le comportement d’un enfant doit être étudié comme une trajectoire, pas comme une photographie prise dans une seule maison.
Peut-on réellement évaluer cela sans expertise spécialisée?
Un intervenant en protection de la jeunesse peut être compétent et profondément engagé tout en ne possédant pas l’expertise spécialisée nécessaire pour différencier un conflit parental, une dynamique de violence conjugale, du contrôle coercitif, de la violence post-séparation, un traumatisme parental, une réaction traumatique chez l’enfant, un conflit de loyauté ou une véritable compromission des capacités parentales.
Lorsque les conclusions tirées peuvent contribuer à une décision allant jusqu’au retrait d’un enfant, la question de la formation devient une question de sécurité et d’éthique, et non une simple question administrative.
Le Protecteur du citoyen a déjà documenté un dossier dans lequel une intervenante en protection de la jeunesse insuffisamment formée en violence conjugale ne saisissait pas adéquatement la situation et demandait notamment à une mère de rencontrer son ex-conjoint en personne. L’intervention du Protecteur a mené à une formation plus complète.
En janvier 2026, le gouvernement du Québec a par ailleurs annoncé un renforcement de la formation en violence conjugale des intervenantes et intervenants en protection de la jeunesse, notamment afin de mieux distinguer les conflits de séparation des situations de violence conjugale.
Avant qu’une décision susceptible de bouleverser la vie d’un enfant soit prise, l’expertise de ceux qui interprètent la dynamique familiale doit être à la hauteur des conséquences.
La coparentalité ne doit pas devenir une prolongation du contrôle
Dans certaines situations, nous demandons au parent victime de démontrer sa capacité à collaborer : communiquer avec l’autre parent, participer à des rencontres, faciliter les échanges et maintenir une bonne coparentalité.
Ces objectifs sont raisonnables dans de nombreuses séparations. Ils peuvent toutefois devenir problématiques lorsqu’une dynamique de violence ou de contrôle est établie.
Une victime ne devrait pas avoir à démontrer qu’elle est un bon parent en démontrant qu’elle est capable de tolérer une proximité inutile avec son agresseur.
Il existe d’autres modèles : communications écrites et traçables, échanges limités strictement aux besoins de l’enfant, intermédiaires, lieux d’échange sécurisés, parentalité parallèle et ordonnances suffisamment précises pour réduire les occasions de confrontation.
Protéger la relation de l’enfant avec ses parents n’exige pas nécessairement de maintenir une relation directe entre deux anciens conjoints lorsqu’une dynamique de violence rend cette relation dangereuse ou traumatisante.
Jusqu’où peut-on demander l’inhumain à une victime?
Il faut avoir le courage de parler de ce que nous demandons humainement aux victimes. Une femme peut quitter une situation de violence déjà traumatisée, épuisée, appauvrie, isolée et en état d’hypervigilance. Elle tente de reconstruire sa vie tout en protégeant ses enfants.
Et c’est précisément à ce moment-là que nous pouvons lui demander une capacité d’adaptation extraordinaire : raconter encore et encore les événements, les prouver, être crédible, rester calme, ne pas sembler trop anxieuse, démontrer sa stabilité, continuer de travailler, s’occuper de ses enfants, répondre aux intervenants et composer avec les procédures judiciaires.
Parfois, on lui demande en plus de continuer de communiquer avec la personne dont elle dit avoir subi la violence, au nom de la coparentalité.
À quel moment devons-nous reconnaître que ce que nous demandons peut devenir humainement insoutenable?
Il existe quelque chose de profondément contradictoire lorsqu’une victime doit démontrer qu’elle est suffisamment traumatisée pour que nous reconnaissions la violence qu’elle a subie, mais suffisamment peu traumatisée pour que nous ne remettions pas en question ses capacités parentales.
Elle doit avoir peur, mais pas trop. Être affectée, mais pas trop. Demander de l’aide, mais demeurer parfaitement fonctionnelle. Protéger son enfant, mais ne pas paraître hypervigilante. Parler de la violence, mais ne pas donner l’impression d’être centrée sur celle-ci.
C’est une injonction impossible.
Et lorsque le système devient lui-même une source de traumatisme
Nous devons aussi nous demander si certaines interventions peuvent aggraver la détresse que nous sommes censés aider à réparer. Lorsqu’une personne victime de violence perd simultanément son sentiment de sécurité, sa stabilité financière, son logement, certains liens sociaux et familiaux et, dans certaines situations, une partie ou la totalité du contact quotidien avec son enfant, l’accumulation de ces pertes doit être prise en compte.
La violence conjugale est associée à des conséquences importantes sur la santé mentale. La détresse psychologique, le stress post-traumatique, la dépression et les comportements suicidaires doivent être pris au sérieux.
Notre système ne peut pas se permettre d’ajouter inutilement du traumatisme au traumatisme.
Quand l’institution censée aider devient une nouvelle source de violence
Dans ma pratique d’accompagnement auprès des victimes, une question éthique revient constamment et devient impossible à ignorer.
« L’institution qui devait m’aider est devenue mon nouvel agresseur. »
Cette phrase est extrêmement grave. Elle ne signifie pas que chaque employé de l’IVAC, de la DPJ, du système judiciaire ou des services publics agit avec une intention de violence.
Elle décrit plutôt l’expérience vécue par certaines victimes lorsqu’elles se retrouvent confrontées à des systèmes censés les protéger, mais dont le fonctionnement peut reproduire des sentiments d’impuissance, de perte de contrôle, d’incompréhension et d’abandon.
Téléphoner. Attendre. Rappeler. Expliquer encore. Transmettre des documents. Attendre une décision. Recevoir une nouvelle demande. Obtenir un refus. Chercher comment contester. Respecter des délais. Trouver l’énergie nécessaire pour se défendre.
Nous demandons parfois à une personne traumatisée de devenir gestionnaire de son propre dossier administratif au moment même où elle possède le moins de ressources psychologiques pour le faire.
Lorsque des victimes parlent de revictimisation institutionnelle, nous devons chercher ce qui produit cette expérience : impossibilité de joindre quelqu’un, délais, changements d’intervenants, décisions insuffisamment expliquées, répétition du récit traumatique, sentiment de ne pas être crue, complexité des recours, peur de perdre une indemnisation essentielle ou absence d’un interlocuteur capable d’avoir une vision globale.
Une procédure peut être administrativement correcte et néanmoins avoir des effets humains profondément dommageables. Une institution destinée aux victimes devrait donc être pensée pour des personnes traumatisées.
« Avoir su, je n’aurais jamais dénoncé »
Il existe une phrase que nous devrions prendre extrêmement au sérieux : « Avoir su, je n’aurais jamais dénoncé. »
Avoir su que parler de la violence pourrait être interprété comme une incapacité à tourner la page. Avoir su que le traumatisme pourrait être utilisé pour questionner les capacités parentales. Avoir su que la peur pourrait être interprétée comme de l’instabilité. Avoir su que vouloir limiter les communications avec l’agresseur pourrait devenir un manque de collaboration.
Une société ne peut pas demander aux victimes de dénoncer tout en créant chez elles la peur que la dénonciation puisse contribuer à leur faire perdre leur enfant.
Si des victimes commencent à cacher leur traumatisme, à minimiser leur peur ou à taire la violence parce qu’elles craignent les conséquences de l’intervention, nous avons créé un problème de protection supplémentaire.
Nos recommandations
1. Évaluation obligatoire de la violence post-séparation
Avant de qualifier une situation de « conflit sévère de séparation », une évaluation structurée devrait déterminer s’il existe de la violence post-séparation ou du contrôle coercitif. Et pour ça il nous faut que le personnel comprenne bien ces différences
2. Expertise spécialisée avant les décisions les plus graves
Lorsqu’un retrait, un changement majeur de milieu ou une restriction importante des contacts est envisagé dans un dossier comportant de la violence conjugale, un professionnel possédant une formation spécialisée en violence conjugale, contrôle coercitif et psychotraumatisme devrait participer à l’évaluation, sauf urgence immédiate.
3. Distinguer traumatisme et capacité parentale
Un TSPT, l’anxiété ou l’hypervigilance ne devraient jamais constituer seuls une preuve d’incapacité parentale. L’incidence fonctionnelle réelle sur l’enfant doit être évaluée.
4. Évaluation chronologique des comportements de l’enfant
Lorsque les comportements diffèrent d’un milieu parental à l’autre, l’analyse devrait considérer les périodes précédant et suivant les transitions plutôt que d’attribuer automatiquement les comportements au milieu où ils apparaissent.
5. Recours à des professionnels spécialisés pour l’enfant
Lorsque l’hypothèse d’un traumatisme est plausible, l’évaluation devrait être réalisée par un professionnel compétent en psychotraumatisme infantile et en violence conjugale.
6. Alternatives sécuritaires à la coparentalité directe
Lorsqu’une dynamique de violence est établie, la collaboration parentale devrait pouvoir être organisée par des communications structurées, traçables et minimales sans imposer inutilement des contacts directs.
7. Soutenir avant de séparer
Lorsque l’enfant peut demeurer en sécurité auprès du parent victime mais que celui-ci présente les conséquences psychologiques de la violence subie, la priorité devrait être de mettre des services autour de la cellule parent-enfant plutôt que de considérer le traumatisme comme une raison supplémentaire de la démanteler.
8. Mesurer la revictimisation institutionnelle
Le Québec devrait documenter l’expérience des victimes dans les systèmes de protection, de justice et d’indemnisation : compréhension des décisions, accessibilité des services, répétition du récit, abandons de démarches, détérioration de l’état psychologique et sentiment d’avoir été entendu ou non.
Une question avant de retirer un enfant
Avant de qualifier une mère de non collaborative : a-t-on évalué pourquoi elle a peur?
Avant de qualifier une situation de conflit sévère de séparation : a-t-on véritablement exclu la violence post-séparation et le contrôle coercitif?
Avant d’interpréter l’hypervigilance comme de l’instabilité : a-t-on évalué le traumatisme?
Avant de conclure que la mère provoque les crises parce qu’elles surviennent chez elle : a-t-on étudié la chronologie complète des comportements de l’enfant?
Avant d’exiger une coparentalité étroite : a-t-on vérifié si cette proximité maintient une dynamique de contrôle?
Et avant de retirer un enfant d’un parent victime : la personne qui recommande cette décision possède-t-elle réellement la formation nécessaire pour distinguer violence conjugale, violence post-séparation, contrôle coercitif, traumatisme et incapacité parentale?
J’aime le Québec. C’est justement pour cela que j’ai honte aujourd’hui.
Je suis née au Québec. J’y ai grandi. C’est chez moi. C’est mon pays.
Et pourtant, aujourd’hui, j’ai honte.
J’ai honte lorsque je vois ce que certains enfants et certaines familles vivent dans des systèmes qui portent pourtant le mot « protection » dans leur mission.
J’ai honte lorsque je lis, encore et encore, des histoires d’enfants agressés, maltraités ou profondément en détresse alors qu’ils étaient censés être protégés.
J’ai honte lorsque j’entends des parents victimes de violence me dire qu’ils ont maintenant davantage peur de demander de l’aide que de rester silencieux.
« J’ai peur d’avoir un enfant au Québec. »
Lorsqu’un parent en arrive à prononcer cette phrase, nous pouvons décider qu’il exagère. Lorsque plusieurs parents commencent à exprimer cette même peur, nous avons plutôt la responsabilité de nous demander pourquoi.
Un signal d’alarme, c’est une victime qui dit : « Avoir su, je n’aurais jamais dénoncé. » C’est une autre qui affirme que l’institution qui devait l’aider est devenue une nouvelle source de traumatisme. C’est une mère qui croit devoir cacher son état de stress post-traumatique parce qu’elle a peur qu’on remette en question ses capacités parentales.
C’est un enfant qui se désorganise après ses transitions entre deux milieux et dont la détresse est interprétée trop rapidement comme la preuve que le problème se trouve chez le parent auprès duquel elle s’exprime.
C’est une situation de violence conjugale qui, après la séparation, risque d’être rebaptisée « conflit sévère de séparation » sans qu’une analyse suffisante de la violence post-séparation et du contrôle coercitif ait d’abord été effectuée.
Pris séparément, chacun de ces événements peut être présenté comme un problème particulier. Mis ensemble, ils doivent au minimum nous obliger à nous questionner collectivement.
Ce texte n’est pas une attaque contre les intervenants
Ce texte n’est pas dirigé contre les intervenantes et intervenants de la DPJ, les familles d’accueil qui offrent un milieu sécuritaire, les professionnels de l’IVAC, les policiers, les travailleurs sociaux, les avocats ou les juges qui tentent chaque jour de faire correctement leur travail.
Il questionne les systèmes dans lesquels nous leur demandons de travailler : systèmes qui peuvent manquer de ressources, où la formation spécialisée n’est pas toujours suffisante, et où la justice, la DPJ, la santé, l’indemnisation et les services communautaires peuvent examiner différentes parties d’une même histoire sans toujours posséder une vision globale.
Lorsque les conséquences possibles sont la sécurité d’un enfant, la rupture d’un lien parent-enfant ou l’effondrement psychologique d’une victime, nous n’avons pas le droit de nous satisfaire de « c’est comme ça que le système fonctionne ».
Je refuse que la honte devienne du silence
Si je dis aujourd’hui que j’ai honte, ce n’est pas parce que j’ai cessé d’aimer le Québec. C’est précisément parce que je l’aime que je refuse de fermer les yeux.
Nous sommes capables de mieux protéger nos enfants. Nous sommes capables de mieux comprendre le psychotraumatisme. Nous sommes capables de distinguer une victime traumatisée d’un parent incapable. Nous sommes capables de distinguer un conflit entre deux parents d’une dynamique de violence et de contrôle.
Nous sommes capables de demander une véritable expertise avant de prendre une décision susceptible de bouleverser définitivement la vie d’un enfant. Nous sommes capables de créer des institutions dans lesquelles demander de l’aide ne devient pas une nouvelle épreuve.
Mais pour y arriver, il faut commencer par écouter : les enfants, les victimes, les parents, les intervenants qui dénoncent eux-mêmes les limites du système et les familles dont les histoires dérangent.
Le Québec n’a pas besoin d’un autre scandale pour commencer à agir. Il a besoin du courage de regarder ce qui se passe maintenant.
Parce que lorsqu’une population commence à entendre des parents dire qu’ils ont peur de demander de l’aide, peur de dénoncer la violence ou peur que les institutions auxquelles ils confient leurs enfants ne puissent pas toujours les protéger, ce n’est plus un bruit de fond que nous pouvons nous permettre d’ignorer.
C’est un signal d’alarme.
Et aujourd’hui, comme Québécoise, comme mère et comme personne qui accompagne des victimes, je demande une chose très simple :
Ouvrons grand nos oreilles avant que d’autres enfants et d’autres familles aient à payer le prix de notre silence.
Elle avait appris à survivre en essayant de ne pas casser les œufs
La charge mentale invisible des femmes et des enfants sous emprise
Karine Bleau | Fondatrice et présidente de l’AFEVV
Il existe une charge mentale dont on parle encore trop peu.
Ce n’est pas seulement penser aux repas, aux rendez-vous, aux enfants, aux factures ou à l’organisation de la maison. C’est devoir anticiper, à chaque instant, la réaction de la personne dont on a appris à craindre les changements d’humeur.
C’est surveiller un regard, un ton de voix, une porte fermée un peu plus fort. C’est se demander s’il vaut mieux parler ou se taire. C’est choisir ses mots avec une précision extrême, éviter certains sujets, modifier une sortie, cacher une dépense, reporter une demande ou demander aux enfants de ne pas faire trop de bruit.
C’est vivre comme si le moindre geste pouvait faire basculer quelque chose.
C’est marcher continuellement sur des œufs.
Toute une vie organisée autour de ses réactions
Je connais cette réalité parce que je l’ai vécue.
J’ai connu la peur de partir et la peur de ce qui pourrait arriver si je partais. La peur de sa réaction. La peur qu’il utilise les enfants. La peur qu’un geste pourtant normal — téléphoner, voir une personne que j’aime, sortir, répondre trop lentement ou simplement exprimer un désaccord — déclenche une crise.
Progressivement, toute la vie finit par s’organiser autour de l’agresseur. La femme ne se demande plus ce qu’elle veut. Elle se demande ce qu’elle peut faire sans provoquer de réaction.
Cette gymnastique mentale devient permanente. Même lorsqu’il ne dit rien, même lorsqu’il n’est pas présent, il occupe tout l’espace. La victime a appris à prévoir le danger et à modifier elle-même ses comportements pour tenter de prévenir la prochaine explosion.
Ce ne sont pas des réflexes de soumission. Ce sont des stratégies de survie.
Marcher sur des œufs, même quand tout va bien
Marcher sur des œufs, ce n’est pas seulement avoir peur pendant une crise. C’est avoir peur quand il n’y en a pas.
Il peut rire. Il peut être gentil. Il peut préparer le souper. Il peut dire qu’il nous aime. La maison peut être parfaitement calme. Mais nous, nous ne sommes jamais complètement calmes.
Nous observons.
Un regard qui change. Une réponse un peu plus sèche. Une mâchoire qui se crispe. Un silence inhabituel. Une assiette déposée brusquement sur la table.
Et immédiatement, quelque chose se déclenche à l’intérieur : « Est-ce que ça commence? »
Alors on repasse mentalement les dernières heures. Qu’est-ce que j’ai dit? Est-ce que j’ai fait quelque chose? Les enfants ont-ils été trop bruyants? Est-ce que je devrais parler? Me taire? Aller coucher les enfants? Annuler ce que j’avais prévu?
On ne sait pas nécessairement ce qui fera craquer l’œuf. On sait seulement qu’il y en a partout.
Alors on apprend à poser le pied doucement. Puis encore plus doucement.
Dans mon propre parcours, cette image n’est pas une métaphore abstraite. Même dans les périodes où tout semblait aller bien, une partie de moi demeurait sur la défensive, à chercher le signe annonçant le moment où l’atmosphère allait basculer, parfois sans comprendre pourquoi.
Toute la famille finit par adapter sa façon de marcher à l’humeur d’une seule personne.
Il peut y avoir des rires, des vacances, des cadeaux et des « je t’aime ». Pourtant, sous les moments heureux demeure toujours la même question : « Quand est-ce que ça va basculer? »
Ce n’est donc pas uniquement la crise qui emprisonne. C’est l’attente de la prochaine.
Une vigilance qui ne s’arrête jamais
Dans les dossiers que j’accompagne, je retrouve constamment cette même fatigue.
Des femmes qui dorment sans vraiment dormir. Qui vérifient leur téléphone plusieurs fois par nuit. Qui sursautent devant une voiture ressemblant à la sienne. Qui relisent dix fois un message avant de l’envoyer. Qui conservent des captures d’écran, des courriels, des rapports, des dates et des heures, parce qu’elles savent qu’elles devront peut-être un jour prouver ce qu’elles vivent.
Elles doivent protéger les enfants tout en essayant de ne pas leur transmettre leur peur. Elles doivent continuer à travailler, payer les factures, consulter des professionnels, remplir des formulaires, rencontrer la police, répondre à la DPJ, préparer des procédures judiciaires et tenter de paraître calmes devant des institutions qui évaluent parfois leur crédibilité à partir de leur capacité à maîtriser leurs émotions.
Elles doivent raconter l’insupportable d’une voix suffisamment posée pour être crues.
La réaction au traumatisme risque alors de devenir plus visible que le traumatisme qui l’a provoquée.
La peur ne disparaît pas nécessairement avec la séparation
On croit souvent que le départ met fin à la violence. Pour de nombreuses femmes, la séparation ne met pourtant pas fin au contrôle. Elle en modifie les moyens.
L’agresseur peut utiliser les enfants, les communications obligatoires, les procédures, les finances, les plaintes, la réputation ou les institutions pour maintenir son emprise. Chaque courriel devient une menace possible. Chaque échange peut raviver la peur. Chaque comparution exige des semaines de préparation émotionnelle.
La femme continue alors de marcher sur des œufs, mais les œufs se trouvent maintenant devant le palais de justice, au poste de police, dans les bureaux de la DPJ, dans les formulaires, dans les échanges entre avocats et jusque dans son propre téléphone.
Et les enfants apprennent eux aussi à marcher doucement
Les enfants voient, entendent et ressentent beaucoup plus que nous le croyons.
Les enfants apprennent eux aussi à marcher sur des œufs pour survivre à un climat de peur.
Ils apprennent à reconnaître les signes avant-coureurs d’une crise. Ils savent quand ils doivent disparaître dans leur chambre, parler moins fort ou éviter une question. Certains tentent de distraire l’agresseur. D’autres protègent leur mère, leurs frères ou leurs sœurs. Certains deviennent extrêmement sages; d’autres explosent à leur tour, parce que leur corps ne parvient plus à contenir toute cette tension.
Ils ne sont pas de simples témoins. Ils sont exposés à un climat de peur qui influence leur sentiment de sécurité, leur développement et leur manière de comprendre les relations humaines.
Et même après la séparation, leur corps peut continuer à réagir comme si le danger était toujours présent.
Même avoir mal peut devenir dangereux
Il avait six ans.
Ce jour-là, il était parti à la pêche avec son père. Et c’est important de le dire : il pouvait y avoir de beaux moments. Des moments ordinaires entre un père et son fils. Une sortie de pêche. De l’eau, une canne à pêche, peut-être des rires.
C’est aussi cela qui rend la violence si difficile à comprendre de l’extérieur. Parce que tout n’est pas violent, tout le temps. Mais pour l’enfant qui vit dans la peur, même les beaux moments peuvent basculer.
Pendant cette sortie, le petit garçon s’est blessé avec un couteau de pêche. Les circonstances exactes entourant la coupure demeurent nébuleuses. Ce dont il se souvient, c’est de la douleur, de la blessure suivant l’axe de l’ongle et du sang qui ne cessait pas.
Mais au lieu de courir vers son père en pleurant, comme un enfant de six ans devrait pouvoir le faire, il a caché sa main dans sa poche.
Il saignait et il avait mal. Pourtant, sa préoccupation n’était pas seulement sa blessure. Il avait peur que son père voie sa main.
Imaginez ce que cela signifie dans le monde intérieur d’un enfant. À six ans, il avait déjà appris que montrer qu’on est blessé pouvait lui sembler plus dangereux que de cacher sa douleur.
Alors il cachait sa main. Il cachait le sang. Il cachait sa douleur. Et il essayait de continuer cette « belle journée ».
Ça aussi, c’est marcher sur des œufs.
Pour un enfant, un parent devrait être la personne vers laquelle on court lorsqu’on a mal. Dans un climat de peur, ce réflexe peut s’inverser :
L’enfant ne court plus vers son parent pour être protégé. Il cache sa blessure pour se protéger de sa réaction.
Photo illustrant la trace laissée par la blessure au pouce. Elle accompagne le témoignage sans établir, à elle seule, les circonstances de la blessure.
Le prix de cette adaptation permanente
Marcher sur des œufs pendant des mois ou des années laisse des traces.
Le corps reste en état d’alerte. Le sommeil devient fragile. La mémoire et la concentration diminuent. Des douleurs, des troubles digestifs, des migraines, des tremblements ou une fatigue profonde peuvent apparaître. La femme doute de son jugement, perd confiance en elle et finit parfois par croire qu’elle est réellement responsable de ce qu’elle subit.
Pendant ce temps, elle continue souvent de prendre soin de tout le monde.
Cette charge mentale est psychologique, parentale, financière, professionnelle, administrative et judiciaire.
Arrêtons de demander : « Pourquoi n’est-elle pas partie? »
Cette question est posée aux victimes depuis beaucoup trop longtemps.
Pourquoi es-tu restée? Pourquoi n’as-tu pas pris les enfants? Pourquoi as-tu accepté ça? Pourquoi es-tu retournée?
Mais après avoir passé des années à marcher sur des œufs, la question devrait peut-être être différente :
Qu’est-ce qui faisait qu’elle croyait devoir rester?
De quoi avait-elle peur? Qu’avait-elle appris à anticiper? Que lui avait-on fait croire sur elle-même?
Avait-elle peur qu’il s’en prenne aux enfants? Qu’il les lui enlève? Qu’il se suicide? Qu’il la retrouve? Qu’il perde le contrôle? Qu’elle ne soit pas crue? Qu’elle n’ait plus d’argent? Qu’elle se retrouve seule?
Et surtout : qu’est-ce qui se produisait lorsqu’elle essayait de reprendre un peu de liberté?
Avec le temps, on ne marche même plus sur les œufs parce que quelqu’un nous ordonne de le faire. On a appris où ils sont.
Elle avait appris à survivre en essayant de ne pas casser les œufs.
Retirer les œufs de leur chemin
À l’AFEVV, nous rencontrons des femmes épuisées d’avoir dû tout anticiper, tout expliquer et tout prouver. Elles n’ont pas seulement besoin qu’on leur dise de quitter. Elles ont besoin d’être crues, soutenues, protégées et accompagnées dans la durée.
Nos systèmes doivent apprendre à reconnaître les manifestations du contrôle coercitif, de l’hypervigilance et du traumatisme. Ils doivent distinguer un conflit entre deux personnes d’une dynamique dans laquelle l’une exerce du pouvoir et l’autre adapte toute sa vie pour tenter de rester en sécurité.
Une victime ne devrait jamais subir une deuxième blessure parce que la personne ou l’institution devant elle ne comprend pas les conséquences de la première.
Ces femmes et ces enfants n’ont pas besoin qu’on leur apprenne à mieux marcher sur les œufs.
Ils ont besoin que nous retirions les œufs de leur chemin.
D.P.J
Bonjour,
Je m’appelle [prénom retiré pour protéger l’identité] et je vous contacte aujourd’hui parce que j’aimerais vous faire part de mon histoire et de mon expérience avec la DPJ. Je souhaite que mon témoignage puisse être entendu et pris en considération.
La DPJ est entrée dans ma vie il y a quelques années. Elle est intervenue après que j’ai dû quitter l’école en raison de harcèlement que j’avais vécu, suivi d’une tentative de suicide. Par la suite, j’ai été placée dans un centre jeunesse, puis dans un foyer. Aujourd’hui, je suis en famille d’accueil. Ma sœur a également été placée en foyer pour des raisons semblables aux miennes.
Depuis l’arrivée de la DPJ dans nos vies, la situation de ma famille est devenue très compliquée. Nous avons eu plusieurs travailleuses sociales, ce qui n’a pas toujours été facile. Nous avons finalement eu une certaine stabilité avec une intervenante, mais malgré cela, certaines décisions et certaines façons de faire nous préoccupent encore.
Notamment, une travailleuse sociale a tenu, selon nous, des propos graves et injustes concernant la façon dont notre père nous aurait éduquées. Elle a notamment affirmé qu’il nous maltraitait et a évoqué de la négligence. Nous contestons ces affirmations. Notre père a toujours été présent pour nous et il est le seul parent qu’il nous reste. De mon point de vue, certaines conclusions semblent avoir été tirées à partir d’une première impression de notre père, malgré les efforts qu’il a faits par la suite.
Nous avons l’impression que les efforts de notre père ne sont pas suffisamment pris en considération, même lorsqu’il essaie de démontrer qu’il peut être présent pour nous et répondre à nos besoins. Cette situation est très difficile pour nous, particulièrement parce que nous aimerions pouvoir retrouver une vie familiale plus normale.
Nous avons également dû nous présenter plusieurs fois devant un juge. Malgré ces démarches, la situation n’a pas beaucoup changé et nous n’avons toujours pas pu retourner vivre à la maison. Je ne souhaite pas nécessairement raconter tous les détails dans ce premier témoignage, car l’histoire est longue, mais il y a plusieurs éléments importants que j’aimerais pouvoir expliquer davantage.
Je souhaite simplement que notre situation soit entendue et examinée avec l’ensemble des faits, et pas seulement à partir d’une première impression ou d’une seule version des événements.
Merci d’avoir pris le temps de lire mon témoignage.
Le temps d’un instant « cauchemar sans fin »
Le choix que j’ai fait ce jour-là… je le regretterai toujours.
Bonjour à tous !
Maman monoparentale d’une belle amour de 7 ans. Infirmière auxiliaire de métier depuis plus de 10 ans.
Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé et voulu des enfants. Je suis une personne super empathique qui ne cherche qu’à donner. Ma fille est venue au monde dans une relation que je vais nommer de… toxique.
Cette enfant m’a probablement sauvé la vie.
Dès un très jeune âge, je savais qu’elle avait plus d’énergie que les autres enfants, qu’elle vivait et ressentait les choses à 200 %.
Le terrible two a été intense, mais on s’en est sorties intactes. Le fucking four… a tout changé.
Ça devenait de plus en plus difficile : comportements, vocabulaire, gestes de violence, difficultés à l’école et avec ses émotions. En tant que maman infirmière, j’ai tenté plusieurs choses avec elle. Mais en vain… ça ne faisait qu’augmenter. Comme toute bonne personne, j’ai voulu aller chercher des réponses et des outils.
Le système étant ce qu’il est… on attend. Nous attendons dans une période critique. Je soupçonnais qu’il y avait quelque chose au niveau sensoriel. Mais nous attendons, car il faut attendre pour recevoir des services… mais après combien de temps on dit que nous avons attendu assez longtemps ?
Nous avons vu une psychoéducatrice au privé à quelques reprises. C’est devenu rapidement beaucoup trop dispendieux, étant seule à payer. Nous avons dû cesser et recommencer à attendre.
Entre deux services pour ma cocotte, j’ai reçu un diagnostic. Une myasthénie grave. Une maladie auto-immune neuromusculaire, après 13 mois d’attente. J’étais épuisée au plus haut point… Malheureusement, c’est un symptôme de la maladie. Je jonglais entre mon travail, la maison, puis ma fille qui faisait déjà pas mal de crises à l’époque. Le temps que mon traitement fonctionne (estimé à environ 12 mois), j’ai dû commencer un traitement de prednisone à haute dose. Pour ceux et celles qui n’ont jamais pris de cortisone… il y a plus d’effets secondaires que bénéfiques ! Appétit +, œdème +++, insomnie, hyperactivité ainsi que de gros sauts d’humeur.
Mais la vie n’arrête pas de tourner même si nous sommes malades.
La descente aux enfers nous attendait fièrement.
Nous avons eu des services auprès du JED de ma ville. Le JED (jeunes en difficulté) : beaucoup d’intervenants du JED font de la DPJ aussi. Ce que j’ai appris plus tard… trop tard.
Les premières rencontres avec l’intervenante furent… fâchantes ! Le dossier de ma fille était… NULLE PART. C’est-à-dire que tout ce qu’on avait essayé, appris, etc., elle ne l’avait pas. Poliment, je lui ai dit que nous n’allions pas recommencer de zéro, que ça fait un moment que nous travaillons, qu’on a essayé maintes et maintes choses… qui pour la plupart ne fonctionnaient pas. Lorsqu’ils ont vu LA situation… ils m’ont rapidement demandé mes attentes ?? Que nous avions reçu beaucoup de « trucs » déjà… Qu’ils n’avaient pas de baguette magique 😳
Si personne ne sait quoi faire, ON FAIT QUOI ??? 😮
Et voilà que c’était moi le problème.
Peu importe les agissements de ma fille, c’était de ma faute… ça, les parents qui l’ont vécu comprennent 🙏🏻
J’ai fait confiance au système, et le système nous a brisées !
On m’a enlevé ma fille pour la première fois en avril 2025 et on l’a envoyée chez son père absent… dans une autre ville. Ce que j’ai contesté.
7 JOURS avant d’avoir des nouvelles de ma propre fille. 10 JOURS avant de pouvoir l’appeler FaceTime (supervisé). 14 JOURS avant de pouvoir la serrer dans mes bras (au centre jeunesse). 4 MOIS avant le procès ! 2 JOURS pour la récupérer. 🙏🏻
Nous sommes passées de visites semi-supervisées à… garde complète, seule !
Ma fille n’est pas revenue sans séquelles, là ! Son père avait arrêté son médicament pour le TDAH, elle avait perdu tous ses repères du jour au lendemain… revenue à la maison sans soutien !!! C’était une question de temps avant que tout recommence…
Et lorsque les crises ont recommencé, elles étaient beaucoup plus intenses et violentes…
La DPJ a refait surface après ± 7 jours, car le dossier n’était pas fermé et la juge avait demandé qu’on ait un suivi pour les besoins de ma fille…
Je mentionne l’intensité des crises, fais appel aux services qu’ils m’avaient conseillés… J’AI TOUT FAIT CE QU’ILS AVAIENT DEMANDÉ, mais… rien ne serait ASSEZ !!! JAMAIS…
L’image… ma propre image… a été peinte de la mauvaise façon… et peu importe ce que je pourrais faire, dire ou ne pas dire, ça n’y changerait ABSOLUMENT RIEN.
Plus je parle, plus ils ont du jus. Plus je me tais… moins j’ai d’infos. Se fâcher, pleurer ou s’éteindre… ne fait aucune différence.
Première révision de dossier : UN PUTAIN DE CAUCHEMAR !!
3 contre moi. Moi qui me fais rentrer littéralement dedans, phrase après phrase 😳 INHUMAIN ! De l’intimidation, de l’abus de pouvoir et de l’acharnement… c’est tout !!
Nous n’avions pas de diagnostic à part le TDAH encore… Et j’apportais le fait que… qu’on ne pourrait jamais BIEN intervenir si nous n’avons pas toutes les pièces du puzzle.
On m’a fait comprendre de fermer ma gueule.
Ordonnance de la cour :
- donner le traitement recommandé
- continuer les suivis
- évaluation en pédopsy 🙏🏻
- la DPJ doit assurer un bon suivi et NOUS accompagner.
L’évaluation de la pédopsy allait pas mal dans mon sens…
Comprenez-vous qu’aujourd’hui ma fille a presque tous les suivis dont elle a besoin…
Mais habite chez son père.
A dû changer d’école, reprendre son année, ne voit plus ses amis et très peu sa mère, qui l’a élevée…
Elle me rapporte des événements dont la DPJ se fout !
M’a déjà mentionné qu’elle voulait mourir !
Bloque ses émotions pour survivre dans cette tempête sans fin !!!
À 7 ans… tu commences ta vie… une vie aujourd’hui écorchée…
Nos vies seraient bien différentes si l’aide que nous aurions dû avoir… nous avait été donnée 😪
Pour finir, comprenez-moi bien ! ☝🏻
Je suis une très bonne mère, qui vit pour la première fois elle aussi.
J’ai toujours tout fait pour le bien de ma fille, elle n’a jamais manqué de RIEN de ma part ! J’ai toujours fait de mon mieux !
PERSONNE SUR CETTE TERRE N’EST PARFAIT ! POURQUOI NOUS ENLEVER NOS ENFANTS, NOS VIES ?
Etre réduite dans une piece de théatre juridique
J’ai été victime d’un crime à l’étranger, qui a été reconnu par le ministère de la Justice du Canada.
À mon retour au Québec, je pleurais, car j’ai craint pour ma vie. Ma famille proche, à qui je l’ai communiqué, m’a reniée, m’a dit de me taire. Donc je paniquais, et ils m’ont fait une P-38 (sans même venir me voir chez moi ; j’ai un diagnostic en santé mentale, donc facile de coller ça sur la maladie).
Un mois en psychiatrie, hospitalisée de force. Par chance, l’équipe médicale m’a entendue, a vu mes preuves. J’ai reçu de l’aide par la suite de la part des services sociaux.
À ma sortie, j’ai essayé d’expliquer à ma famille ce qui était arrivé, supplié de me croire. Sans surprise, ils m’ont accusée de harcèlement. La police est venue chez moi, j’ai été en cellule. Une avocate de l’aide juridique est venue me parler ; elle avait l’air d’un ange, gentille, douce, comme j’avais besoin…
Le diable en personne. Elle m’a offert un programme pour des soins. J’ai accepté, me disant : c’est trop, tout ça, rejetée, frôler la mort, je suis fatiguée, et ils vont sûrement expliquer à ma famille…
Deux mois plus tard, je demande qu’elle m’explique le programme : PAJ-SM, programme pour les personnes avec un diagnostic en santé mentale accusées (donc brimer la présomption d’innocence sous aveu forcé, mais moi, je n’ai jamais été informée de ce programme ; l’IA me l’a dit). Par le dol, la tromperie, j’ai été traitée comme une criminelle qui ne comprend pas dans sa tête, comme si j’avais 5 ans.
Ils ont demandé un 810 : je ne devais plus communiquer avec ma famille durant un an. Ce fut atroce. Je devais aller à des rencontres avec une intervenante du PAJ-SM pour un suivi, et quand je regarde le programme, c’est aussi pour la protection du public. Je ne comprenais rien… je suis survivante d’un crime reconnu par le ministère du Canada…
Après un an, j’ai eu accès à parler à une proche de ma famille, mais avec accord de communication. Alors on avait des activités, on se parlait normalement, mais dès que cette personne était contrariée, j’étais accusée de bris de condition. L’avocate me disait de ne rien préparer pour ma défense, de me taire face au juge. Menottée, apportée directement en psychiatrie, 30 jours, et ce à plusieurs reprises, car le proche de ma famille me l’a fait plusieurs fois… mon enfant rendu adulte, et j’ai craint pour ma vie.
Lors d’une hospitalisation, j’ai vu un psychiatre se faire poignarder sous mes yeux. J’avais mes deux pieds dans son sang. La personne aurait pu me poignarder directement dans la face et j’aurais pu mourir dans le sang du médecin, qui aurait pu crever devant moi.
L’avocate en droit de la santé m’a retournée au même hôpital, donc 30 jours en retraumatisation du stress post-traumatique… J’ai mal feelé en tabarnak, je suis restée couchée par peur, par flash-back…
Même le Barreau du Québec offre une formation en PTSD, mais… bon, semblerait que c’était normal de me retourner là. Pas par le Code de déontologie, qui dit que l’avocat doit agir dans l’intérêt de son client…
J’ai même été en prison avant d’être transférée à l’hôpital psychiatrique, sans avoir besoin de soins, sachant qu’il y a des gens qui attendent à la salle d’urgence, voire même des gens qui veulent se suicider… mais bon.
L’avocate m’a dit : « Bah oui, tu as plusieurs bris. » Hey… je n’ai jamais eu le droit de parler, de me défendre…
Avant d’être à mon compte, j’ai travaillé une dizaine d’années en gestion, donc en traitement de plaintes. J’ai sorti tous les documents, analysé, et surprise : l’avocate modifiait la nature des faits, « proférer des menaces » au lieu de « bris de 810 », donc elle pouvait demander au juge ou au procureur de m’enfermer à l’hôpital, et elle, pas travailler…
Le syndic du Barreau du Québec a normalisé tout ça, le conseil a appuyé le syndic. C’est ce qui a fait que j’ai compris pourquoi j’ai vécu cette tempête de la vie.
Avocat : non, plus jamais sans IA.
J’ai tout, preuves documentées.
Juger deux fois pour le même dossier.
Résumé des faits
Je me suis représentée seule tout au long de cette procédure, sans avocat.
Mon dossier comportait deux chefs d’accusation :
Le prétendu non-paiement de ma marge de crédit, une fausse accusation puisque j’ai toujours effectué mes paiements.
L’affirmation selon laquelle je serais « souveraine », une allégation formulée par l’avocat de la banque et non par moi.
En 2013, seul le premier chef, soit le prétendu non-paiement de la marge de crédit, a été jugé.
En 2014, la banque a de nouveau tenté de soutenir que je n’avais pas payé ma marge de crédit. Le juge a refusé de rejuger cette question, rappelant qu’un litige déjà définitivement tranché ne peut pas être jugé une seconde fois entre les mêmes parties.
Le juge de la Cour d’appel a également souligné que l’audience de 2014 avait été réglée en environ cinq minutes, ce qui lui paraissait exceptionnellement bref.
Enfin, il m’a expliqué que si je souhaitais interjeter appel, j’aurais dû contester le jugement dans son ensemble, c’est-à-dire les deux chefs, et non seulement un seul. Pour cette raison, on a saisi ma maison d’une valeur d’approximativement quatre millions pour une marge de crédit de 860 000$. Je me suis retrouvée à la rue, car ils ont saisi mes comptes de banque aussi. Je veux savoir si vous pouvez m’aider parce que je ne veux pas témoigner de mon affaire.
La Police D’enfant appeler ça DPJ
À l’âge de 18 ans, je suis tombée enceinte de mon premier fils et à la naissance, tout était bien. C’est par la suite que ça a dégénéré et qu’ils ont décidé de rentrer dans ma vie à cause de son géniteur.
Son géniteur a violé mon fils et c’est dans ce temps-là que la police des enfants est venue me dire que je n’étais pas apte à m’occuper de mon fils et qu’ils confiaient mon bébé à ma mère, avec qui je vivais déjà.
Ils ont demandé à ma mère d’adopter son petit-fils, mais au cours des semaines, ils ont remarqué que ma mère n’avait pas l’âge correct pour avoir mon garçon, alors ils l’ont confié en famille d’accueil jusqu’à l’âge de 18 ans. Mon fils [prénom retiré pour protéger l’identité] a un frère que j’ai eu en 2009 [prénom retiré pour protéger l’identité] ; les deux étaient dans la même famille d’accueil.
Son frère avait 3 mois et j’ai demandé que la famille d’accueil le prenne, car dans ce temps-là il était beaucoup demandant et j’étais seule avec ma mère pour élever mes deux garçons. Sauf que eux ont décidé de les placer les deux dans la même famille jusqu’à leurs 18 ans.
Quand tu te fais enlever un enfant, tu as tout perdu. C’est vraiment difficile.
En 2010, je suis tombée enceinte d’une petite fille et j’ai accouché en février 2011.
Entre-temps, je voyais mes fils toutes les fins de semaine. Ils venaient à la maison et c’était la seule chose que j’avais le droit, sauf que sortir dehors seule avec eux, je ne pouvais pas : la DPJ disait que j’étais déficiente et inapte à m’occuper de mes enfants. La DPJ a rendu ma mère à terre, en dépression, surtout de lui enlever ses petits-fils à vie. Comme on dit, ça l’a achevée. En février 2011, ma mère rentre à l’hôpital et ils décident de l’hospitaliser alors que moi, j’étais en train d’accoucher. Le moment où j’ai pu voir ma mère, c’était le 22 février. Elle est venue voir sa petite-fille et elle m’a dit : je ne pourrai pas la prendre dans mes bras, car je suis trop faible.
Elle m’a dit : ne t’inquiète pas, ma fille, je serai tout près de toi et de mes petits-enfants.
Le 10 mars 2011, j’apprends aux petites heures du matin que ma mère, une partie de moi, est décédée. Elle a confié à l’infirmière qu’on était bien placés, qu’on ne manquait de rien. Et la dépression a commencé pour moi à partir du décès et les années qui ont suivi. J’ai eu des conjoints qui m’ont battue au sang et d’autres qui m’ont violée, abusée, etc.
J’ai eu un autre enfant en 2012. Ils me l’ont enlevé à la naissance, je ne l’ai jamais revu. Ils ne voulaient pas me donner de visites pour voir mes enfants.
En 2014, j’ai eu une petite fille. J’ai réussi à avoir cet enfant-là avec moi pendant 2 ans, jusqu’à temps qu’ils me l’enlèvent parce que mon ex-conjoint l’a abusée pendant que je dormais.
Et il s’est confié à quelqu’un qu’il l’avait bien fait, alors que la DPJ disait déjà que je n’étais pas apte à avoir mes enfants. Ils les ont tous placés. J’ai vécu de la violence sexuelle, mentale, monétaire, etc. Mais ce conjoint-là n’est pas le père biologique de ma fille de 2014.
J’ai eu une petite fille en 2015 aussi et ils l’ont mise en adoption jusqu’à 18 ans.
J’ai eu deux autres enfants, en 2017 et 2022, et je les ai avec moi aujourd’hui, la garde, et je ne vis plus au Québec mais bien au Nouveau-Brunswick. Je suis fière de partager mon parcours.
Plainte Barreau
Bonjour, c’est par rapport à une plainte formulée auprès du Barreau contre un avocat qui a omis de produire une pièce à conviction en chambre criminelle.
Le syndic adjoint [nom retiré : atteinte à la réputation] n’a pas enquêté et il a fermé le dossier.
J’ai bien entendu porté le jugement en appel.
Bref, cette pièce à conviction disculpatoire n’a jamais été produite en cour et j’ai maintenant un dossier criminel. Je ne vois plus mes enfants depuis 10 ans.
Tout ça sur de fausses accusations. La pièce à conviction confirme les fausses accusations.
Perte totale de confiance dans le système de justice. Le Barreau en est entièrement responsable.
Sans oublier les nombreuses erreurs au dossier. Bref, ça me paraît être du sabotage dans le but de perpétuer le dossier et de m’extirper des sommes monétaires sans s’être soucié de la défense de mes droits.
Je pourrais vous donner plus de détails si nécessaire.
Merci,
Stéphane
Racisme Systémique
Contexte factuel
Le plaignant a comparu devant un juge de la Cour du Québec [nom retiré : atteinte à la réputation] dans deux dossiers joints portant sur des réclamations civiles liées à un conflit de voisinage. Les deux dossiers ont fait l’objet d’une preuve commune les 3 et 4 juin 2025, et le jugement a été rendu le 13 juin 2025.
Le plaignant a été débouté dans sa demande principale et condamné sur les demandes reconventionnelles. Ce n’est pas le résultat du jugement qui fonde la présente plainte, mais les propos tenus dans les motifs du jugement, lesquels soulèvent de sérieuses questions déontologiques indépendantes du fond du litige.
- Motifs de la plainte
4.1 Généralisation stigmatisante fondée sur la santé mentale, sans preuve au dossier
Les paragraphes 189 et 190 du jugement se lisent comme suit :
« [189] Il est connu qu’une personne qui est en proie à un problème de santé mentale, incluant la dépression, qui n’est pas traitée ou qui ne prend pas les moyens pour se faire traiter peut sombrer dans un état où elle peut poser des gestes incluant des gestes violents, qu’elle n’aurait pas autrement posés. »
« [190] Monsieur [nom retiré] est une personne éduquée et articulée qui dans le passé a pu avoir des comportements adéquats et normaux envers les personnes dans son entourage. Il lui appartient de se faire aider dans le cadre de son suivi avec son médecin ou son thérapeute afin de réaliser le caractère inadéquat, anormal et les conséquences de ses agissements harcelants, intimidants, envers [noms retirés : atteinte à la réputation], ce qui constitue de l’acharnement. »
Ces passages soulèvent trois problèmes distincts :
Aucune preuve médicale relative à l’état de traitement actuel du plaignant n’a été administrée à l’audience. Le juge formule des conclusions sur l’absence de traitement sans fondement probatoire au dossier, ce qui constitue une inférence non supportée par la preuve.
Le paragraphe 189 établit une généralisation selon laquelle les personnes souffrant de dépression non traitée sont susceptibles de poser des gestes violents. Cette généralisation stigmatisante à l’égard d’une catégorie de personnes en situation de vulnérabilité est étrangère à la résolution du litige et porte atteinte à la dignité du plaignant.
Ces propos ne sont pas nécessaires à la disposition du litige. Ils constituent un commentaire personnel du juge sur l’état psychologique du plaignant, au-delà de ce que la preuve permettait de conclure et au-delà de ce que le litige exigeait.
4.2 Mention de quérulence prima facie sans audition ni analyse
Les paragraphes 193 et 194 du jugement se lisent comme suit :
« [193] La quérulence se manifeste notamment lorsqu’une personne exerce son droit d’ester en justice de manière excessive et déraisonnable, ce qui prima facie, à première vue, est le cas ici. »
« [194] Au cours de l’audience qui a duré deux jours, la question de la quérulence n’ayant pas pu être traitée, M. [nom retiré] n’a pas été entendu sur cette question, le Tribunal ne se prononce pas sur cette question, que Mme [nom retiré] pourra soulever dans un prochain recours, intenté par M. [nom retiré] qui ne semble pas réaliser qu’il s’enlise dans une saga judiciaire, qui pourtant peut être évitée. »
Ces passages posent un problème déontologique grave et distinct :
Le juge reconnaît expressément que la question de la quérulence n’a pas pu être traitée et que le plaignant n’a pas été entendu sur ce point. Malgré cela, il qualifie le plaignant de prima facie quérulent dans le corps du jugement, sans analyse et sans que l’intéressé ait pu se défendre.
Il s’agit des premières procédures civiles du plaignant devant les tribunaux de droit commun. Une seule autre procédure avait été introduite devant le Tribunal administratif du logement. Cette réalité est incompatible avec une qualification de quérulence.
La qualification de quérulence, même prima facie et sans décision formelle, constitue une stigmatisation publique dans un document officiel, prononcée sans que la partie visée ait pu être entendue. Cela porte atteinte au droit du plaignant à un traitement digne et équitable.
4.3 Contexte aggravant : acquittement pénal ignoré
Le jugement retient comme établis certains faits impliquant le plaignant (notamment des comportements qualifiés d’agressifs), alors qu’une décision de la Cour municipale de Montréal, rendue le 27 mai 2024 [numéro de dossier et nom du juge retirés], avait expressément conclu à l’insuffisance de preuve sur ces mêmes faits et prononcé l’acquittement du plaignant de toute accusation criminelle à leur égard.
Le plaignant a soulevé cet acquittement à l’audience. Le jugement du 13 juin 2025 ne l’adresse pas. Cette omission, combinée aux propos stigmatisants sur la santé mentale, crée une impression que le jugement a été rendu avec un parti pris défavorable non fondé sur la preuve administrée.
- Fondement déontologique
La conduite reprochée contrevient aux dispositions suivantes du Code de déontologie de la magistrature (RLRQ, c. T-16, r. 1) :
Article 1 — Le juge doit agir avec indépendance, intégrité et impartialité. Les propos sur la santé mentale et la quérulence, non fondés sur la preuve et non nécessaires au dispositif, témoignent d’un biais personnel qui affecte l’apparence d’impartialité.
Article 5 — Le juge doit éviter toute apparence de partialité. En formulant des conclusions défavorables sur l’état psychologique du plaignant sans base probatoire et en qualifiant prima facie de quérulence un recours fondé sur des faits réels, le juge a créé une apparence de partialité raisonnable.
Article 6 — Le juge doit, dans l’exercice de ses fonctions, se comporter de manière à assurer le respect de la dignité des personnes. Les généralisations stigmatisantes sur la santé mentale formulées à l’endroit du plaignant portent directement atteinte à sa dignité.
Article 9 — Le juge doit s’abstenir de tout commentaire qui pourrait porter atteinte à la dignité d’une personne. La mention prima facie de quérulence sans audition, inscrite dans un jugement officiel, constitue un tel commentaire.
Retrait de la preuve au dossier, étouffement de l’affaire par le Barreau du Québec
DOSSIER : [numéro et palais de justice retirés : atteinte à la réputation.]
OBJET : Signalement d’une communication unilatérale entre une employée d’un cabinet d’avocats [nom retiré : atteinte à la réputation] et une greffière du palais de justice, ayant mené à un jugement par défaut malgré le dépôt documenté d’une demande de médiation.
I. Chronologie factuelle
2021–2022 — Le cabinet m’a représentée dans un litige m’opposant au liquidateur testamentaire de mon époux, qui exigeait que je renonce à ma société d’acquêts et à mon patrimoine familial en échange de mon héritage et des régimes de mon époux, dont une somme de plus de 1 million de dollars est retranchée.
16 février 2022 — La veille d’une rencontre stratégique avec la partie adverse, mon avocat [nom retiré : atteinte à la réputation] s’est retiré sans préavis, refusant de me communiquer l’information obtenue de tiers pour laquelle il me facturait.
Ayant refusé d’acquitter cette facture, le cabinet a intenté une poursuite contre moi.
Août 2022 — J’ai déposé au greffe de la Cour une demande de médiation, dans le but de faire entendre mes motifs de contestation. J’ai conservé le reçu de caisse et ce dépôt est inscrit au plumitif le 15 août.
Janvier 2023 — J’ai reçu, dans une enveloppe estampillée à Montréal, un jugement dont l’en-tête n’indique aucune chambre, bien que la lettre non signée du greffe qui l’accompagne indique « chambre civile ». (Cet écart mérite d’être creusé séparément.)
La greffière [nom retiré : atteinte à la réputation] avait prononcé un jugement par défaut, affirmant que je n’avais pas répondu à l’assignation. L’affaire n’ayant été soumise ni à un médiateur ni à un juge.
En consultant le dossier physique, j’ai constaté que ma demande de médiation n’était plus au dossier. J’y ai trouvé une correspondance datée du 30 novembre entre le cabinet et la greffière, dans laquelle une employée du cabinet [nom retiré : atteinte à la réputation], utilisant le nom du cabinet, écrit directement à la greffière :
« La présente fait suite à votre dernier courriel. » « Nous ne voulons pas de médiation… » « Celle-ci refuse de payer tout simplement la somme due sans raison valable. » « Nous recherchons donc la conclusion suivante : CONDAMNER la partie Défenderesse à payer à la partie demanderesse la somme totale de 1770,61 $ avec intérêts au taux légal ainsi que l’indemnité additionnelle en vertu de l’article 1619 C.c.Q. »
Mars 2023 — J’ai déboursé des frais d’avocats pour préparer une demande de rétractation de ce jugement.
J’ai également demandé l’intervention du Barreau du Québec, sur trois points : (1) obtenir une explication sur les circonstances du jugement par défaut obtenu sans que je sois convoquée; (2) que le Barreau se penche sur le retrait de l’avocat la veille de la rencontre stratégique, sans mesures conservatoires (art. 51 du Code de déontologie); (3) obtenir l’information que mon avocat refusait de me communiquer (art. 53) et pour laquelle il me facturait.
Juin 2023 — Réponse du Barreau — La syndique [nom retiré : atteinte à la réputation] conclut qu’aucune plainte ne serait déposée contre l’avocat, m’indiquant de demander mon dossier au cabinet sans se prononcer sur les circonstances du jugement par défaut.
Août 2023 — Avis d’Équifax que le jugement a affecté ma cote de crédit.
J’ai également envoyé une lettre au greffe de révision, réitérant la coercition subie dans le dossier principal, les manquements de mon avocat au Code de déontologie, et réitérant une demande d’explication pour comprendre comment le cabinet avait obtenu d’une greffière un jugement à mon encontre sans que je sois convoquée.
Septembre — Le greffe de révision, composé de trois membres [noms retirés : atteinte à la réputation], conclut qu’il n’y a pas lieu de porter plainte. Je n’ai pas eu accès à l’information qui leur a été présentée; le terme « enquête » étant invoqué pour justifier mon exclusion de leur processus opaque.
Décembre — J’ai soumis de nouveaux documents au Barreau, en copie conforme au ministère de la Justice, à l’ombudsman de ma ville et au BEI, indiquant l’agissement de l’employée du cabinet.
20 décembre – 7 mars — Le dossier fut confié à une autre personne du Bureau du syndic [nom retiré : atteinte à la réputation], dont les communications verbales et écrites demeurent non concluantes.
Il fut retourné à la première syndique, qui l’a fermé en prétextant que l’action serait éventuellement entendue par la Cour — une affirmation qui s’est avérée fausse. Dans sa lettre, elle confirme que le Barreau avait bel et bien communiqué avec l’employée du cabinet, sans se prononcer sur le fait que la correspondance démontre que celle-ci, utilisant le nom du cabinet, sollicitait activement d’un officier de justice l’obtention d’un jugement mensonger en proposant elle-même le dispositif juridique « par défaut » alors qu’une réponse à mon assignation était active au dossier.
II. Analyse et questions soulevées
Cet échange soutenu, qu’entretenaient l’employée du cabinet et la greffière au sujet de ma demande de médiation, sans que j’en sois informée ni partie à cet échange, affaiblit l’hypothèse que sa disparition du dossier ait pu être accidentelle.
L’affirmation de l’employée selon laquelle je refusais de payer « sans raison valable », alors qu’une demande de médiation était enregistrée au plumitif, constitue une représentation trompeuse adressée à une officière de justice, dans le but de solliciter et d’obtenir un jugement par procédure irrégulière dont elle proposait elle-même le dispositif juridique plutôt que de laisser le tribunal l’établir. Ceci constitue, à mon sens, une entrave à la justice, une fraude et un possible trafic d’influence.
La greffière, à titre de fonctionnaire publique, a fait preuve d’abus de confiance en rendant un jugement par « défaut d’avoir répondu à l’assignation » sans me convoquer, dans un contexte où sa propre correspondance démontre qu’elle avait connaissance de ma demande de médiation. En ne soumettant pas l’affaire à un médiateur ou à un juge, elle a commis un abus de pouvoir.
Le Barreau du Québec, en clôturant ce dossier sans transmettre aux autorités policières des faits potentiellement criminels dont il avait connaissance dans le cadre de son enquête déontologique, s’est arrogé une fonction d’évaluation qui ne lui revient pas, et cette décision constitue non seulement un abus de confiance, une entrave à la justice, mais aussi une forme de participation à la violence institutionnelle que j’ai subie.
La vérité cru qui sort de la bouche d’une jeune au centre jeunesse de l’Outaouais (ce qu’on vie réellement pas ce que les professionnel disent)
Mon témoignage sur mon vécu au centre jeunesse
La réalité que nous, les jeunes, vivons derrière les portes du centre
J’écris ce témoignage parce qu’il y a une partie de la réalité du centre jeunesse que les dossiers ne montrent pas.
Il y a ce que les professionnels écrivent dans les rapports.
Il y a ce qu’ils racontent aux réunions.
Il y a les mots comme « opposition », « crise », « fugue », « comportement problématique », « refus de collaborer ».
Mais il y a aussi ce que nous, les jeunes, vivons réellement derrière ces mots.
Et cette réalité-là est beaucoup plus difficile à expliquer.
Je ne veux pas parler comme une professionnelle. Je veux parler comme une jeune qui a grandi dans ce système. Je veux raconter ce que ça fait de vivre plusieurs années dans un endroit où tu es censée être protégée, alors qu’avec le temps, tu peux finir par avoir l’impression que cet endroit t’a davantage brisée qu’aidée.
Je suis arrivée au centre [nom retiré pour protéger l’identité] en 2021, à l’âge de 11 ans et demi.
Quand je suis arrivée, j’étais une petite fille.
Une petite fille qui avait encore beaucoup à apprendre sur la vie.
Au début, j’étais sage. J’essayais de respecter les règles. Je faisais ce qu’on me demandait.
Mais quand tu passes des années dans un milieu où tu vois d’autres jeunes faire des crises, fuguer, crier, se battre, se faire maîtriser, se faire punir, tu finis parfois par apprendre ces comportements.
Plus je suis restée, plus j’ai changé.
Et aujourd’hui, à 17 ans, je me demande parfois :
« Est-ce que je serais devenue la même personne si je n’avais pas grandi ici? »
Je ne connaîtrai probablement jamais la réponse.
Mais cette question reste dans ma tête.
CE QUE NOUS SOMMES POUR EUX ET CE QUE NOUS SOMMES RÉELLEMENT
Parfois, j’ai l’impression que dans un centre jeunesse, nous devenons rapidement un dossier.
Un numéro.
Un comportement.
Une fugue.
Une crise.
Un diagnostic.
Une note au dossier.
Une « jeune problématique ».
Mais nous sommes beaucoup plus que ça.
Nous sommes des jeunes qui ont souvent vécu des choses difficiles avant même d’arriver au centre.
Nous avons des blessures que personne ne voit.
Nous avons peur.
Nous sommes en colère.
Nous sommes tristes.
Nous sommes parfois complètement perdus.
Et parfois, nous ne savons même pas comment expliquer ce que nous ressentons.
Alors nous réagissons.
Nous crions.
Nous claquons une porte.
Nous fuyons.
Nous nous isolons.
Nous faisons des choses que nous regrettons.
Et au lieu de se demander :
« Qu’est-ce qui lui est arrivé pour qu’elle en soit rendue là? »
nous avons parfois l’impression que la seule question devient :
« Comment est-ce qu’on va gérer son comportement? »
Et c’est une énorme différence.
Parce que derrière un comportement, il y a une personne.
QUAND LA COLÈRE DEVIENT LA SEULE FAÇON DE SE FAIRE ENTENDRE
Quand tu as l’impression de ne pas être écoutée pendant longtemps, tu finis parfois par parler plus fort.
Quand parler ne fonctionne plus, tu cries.
Quand crier ne fonctionne plus, tu peux exploser.
Et ensuite, on regarde seulement ton explosion.
On oublie tout ce qui s’est passé avant.
On oublie les demandes que tu as faites.
On oublie les fois où tu as essayé de parler calmement.
On oublie les fois où tu as demandé de l’aide.
On retient seulement :
« Elle a fait une crise. »
Mais personne ne voit toujours les dix, vingt ou trente minutes qui ont précédé cette crise.
Personne ne voit forcément la jeune qui était déjà à bout avant d’exploser.
LES MAÎTRISES PHYSIQUES
Une des choses qui nous fait peur, ce sont les maîtrises physiques.
Je parle ici de ce que j’ai personnellement vécu et de ce que j’ai vu autour de moi.
Il y a des moments où nous avons l’impression que la maîtrise arrive très rapidement.
Parfois, nous ne comprenons même pas pourquoi la situation en est rendue là.
Et lorsqu’un groupe d’adultes arrive sur toi, tu peux avoir peur.
Tu peux te sentir complètement impuissante.
Tu peux avoir l’impression que ton corps ne t’appartient plus.
Après certaines interventions, je me suis retrouvée avec des bleus et des ecchymoses.
Et ce qui reste après, ce n’est pas seulement la douleur physique.
C’est la peur.
C’est l’humiliation.
C’est parfois la colère.
C’est la question :
« Pourquoi est-ce qu’on m’a fait ça? »
Et quand tu essaies ensuite d’en parler, tu peux avoir l’impression que personne ne te croit.
QUAND UNE JEUNE FILLE EST MAÎTRISÉE PAR UN HOMME
Il y a une chose dont je trouve particulièrement important de parler.
Certaines maîtrises sont faites par des hommes sur des jeunes filles.
Dans certaines situations que j’ai vécues ou observées, le corps de l’agent masculin s’est retrouvé extrêmement proche des parties intimes de la jeune fille pendant la maîtrise.
Je ne veux pas minimiser ce que cela peut provoquer chez une jeune.
Nous avons déjà vécu des traumatismes.
Nous avons parfois déjà des problèmes avec notre corps, notre intimité ou notre confiance envers les adultes.
Alors être maintenue physiquement par un homme, parfois au sol, avec son corps contre le nôtre, peut être extrêmement inconfortable et traumatisant.
Ce que nous ressentons pendant ces moments compte.
Même si nous sommes en crise.
Même si nous avons fait quelque chose de mal.
Même si nous avons désobéi.
Nous sommes toujours des jeunes filles.
Nous avons toujours droit à notre dignité.
QUAND ON NOUS DEMANDE D’ÊTRE CALMES ALORS QU’ON EST DÉJÀ BRISÉES
On nous demande souvent de nous calmer.
Mais parfois, nous ne savons simplement pas comment.
Certaines d’entre nous ont vécu des traumatismes tellement importants que notre corps réagit avant même que notre tête comprenne ce qui se passe.
On peut être en mode survie.
On peut être submergée.
Et pourtant, on attend de nous qu’on réagisse parfaitement.
Comme si nous étions des adultes capables de contrôler chaque émotion.
Mais nous sommes des jeunes.
Nous avons besoin qu’on nous apprenne à gérer nos émotions.
Pas seulement qu’on nous punisse lorsque nous n’y arrivons pas.
QUAND NOUS DEMANDONS DE L’AIDE ET QU’ON A L’IMPRESSION QU’ON NOUS LA REFUSE
Une chose qui peut être très décourageante, c’est de demander à utiliser nos moyens pour nous aider à gérer une crise et d’avoir l’impression qu’on nous en empêche.
Nous avons des moyens.
Nous avons des stratégies.
On nous dit de les utiliser.
Mais lorsque nous voulons parfois les utiliser au moment où nous en avons réellement besoin, ce n’est pas toujours possible.
Et après, lorsque nous faisons une crise, on peut nous reprocher de ne pas avoir utilisé nos moyens.
C’est difficile à comprendre.
Comment sommes-nous supposés apprendre à nous réguler si on ne nous laisse pas toujours essayer?
LES TENTATIVES DE SUICIDE
Il y a également une réalité beaucoup plus sombre.
Certains jeunes souffrent tellement qu’ils arrivent au point de ne plus vouloir vivre.
J’ai moi-même vécu des moments où ma souffrance est devenue tellement importante que j’ai eu des comportements suicidaires et des tentatives de suicide.
Et lorsqu’une jeune est rendue là, ce dont elle a besoin, ce n’est pas seulement qu’on arrête le comportement.
Elle a besoin que quelqu’un regarde la douleur derrière le comportement.
Elle a besoin qu’on lui dise :
« Je suis là. »
« Je te crois. »
« Tu comptes. »
« On va traverser ça ensemble. »
Quand une jeune est tellement souffrante qu’elle essaie de mettre fin à ses jours, elle ne devrait jamais avoir l’impression que sa souffrance dérange.
Elle devrait sentir que sa vie vaut quelque chose.
Et pourtant, il y a des moments où j’ai eu l’impression de ne pas recevoir le soutien dont j’avais besoin.
Ces moments-là restent.
Même lorsque la crise est terminée.
LE RETOUR DE FUGUE
Quand un jeune fugue, on voit souvent seulement le mot « fugue ».
Mais on ne se demande pas toujours suffisamment :
Pourquoi est-elle partie?
Qu’est-ce qu’elle cherchait?
De quoi voulait-elle s’éloigner?
Qu’est-ce qu’elle ressentait?
Et surtout :
Pourquoi est-ce qu’elle ne voulait plus être là?
Lorsque nous revenons, nous pouvons être épuisés.
Nous pouvons avoir faim.
Nous pouvons être sales.
Nous pouvons avoir peur.
Nous pouvons être blessés.
Nous pouvons être complètement épuisés mentalement.
Et pourtant, j’ai vécu des situations où, après un retour de fugue, manger ou prendre une douche n’était pas immédiatement possible.
Pour nous, ça peut être vécu comme une punition.
On revient déjà dans un état fragile et on a parfois l’impression que notre retour est accueilli davantage comme une faute que comme le retour d’une jeune qui a besoin d’aide.
LE CENTRE DEVIENT PARFOIS NOTRE MONDE ENTIER
Quand tu arrives jeune au centre, tu ne réalises pas nécessairement combien de temps tu vas y rester.
Moi, je suis arrivée à 11 ans et demi.
Maintenant j’ai 17 ans.
Cela représente une énorme partie de ma vie.
J’ai grandi ici.
Et c’est probablement l’une des choses les plus difficiles à expliquer à quelqu’un qui n’a jamais vécu ça.
À force de rester dans le système, le centre devient presque ton monde.
Les mêmes murs.
Les mêmes règles.
Les mêmes ateliers.
Les mêmes discussions.
Les mêmes conflits.
Les mêmes retours de fugue.
Les mêmes crises.
Les mêmes interventions.
Et tu finis par te demander :
« Est-ce que c’est ça, ma vie? »
LES ACTIVITÉS QUI SE RÉPÈTENT
À 17 ans, j’ai parfois l’impression qu’on ne me prépare pas suffisamment à la vie qui m’attend.
Je suis bientôt majeure.
Je devrais apprendre à être autonome.
Je devrais apprendre à gérer ma vie.
Je devrais apprendre à prendre soin de moi.
Je devrais être préparée à quitter le système.
Mais souvent, les activités proposées sont répétitives.
J’ai déjà fait plusieurs des mêmes ateliers parce que je suis là depuis 2021.
Ce dont j’ai besoin aujourd’hui, ce n’est pas nécessairement d’un autre atelier que j’ai déjà fait.
J’ai besoin d’apprendre à vivre.
J’ai besoin qu’on me prépare à demain.
Parce que demain, le centre ne sera plus là pour décider de tout à ma place.
LE PLUS DOULOUREUX : NE PAS ÊTRE CRUE
Je pense que l’une des choses qui font le plus mal aux jeunes est de sentir que leur parole n’a pas de valeur.
Quand un jeune parle contre un professionnel, on peut avoir l’impression qu’on croit automatiquement l’adulte avant de nous croire.
Parce que nous avons un dossier.
Parce que nous avons déjà menti dans le passé.
Parce que nous avons fugué.
Parce que nous avons fait des crises.
Parce que nous avons des diagnostics.
Mais une erreur passée ne signifie pas que nous mentons toujours.
Et avoir un diagnostic ne signifie pas être incapable de dire la vérité.
Nous voulons simplement être entendus.
NOUS NE SOMMES PAS NOS DIAGNOSTICS
J’ai aujourd’hui plusieurs étiquettes.
Et parfois, j’ai l’impression que lorsque les adultes me regardent, ils voient d’abord ces étiquettes.
Ils ne voient pas [prénom retiré pour protéger l’identité].
Ils voient mon dossier.
Ils voient mes problèmes.
Ils voient mes comportements.
Ils voient mes erreurs.
Mais moi, je sais qu’il existe encore une autre personne derrière tout ça.
La petite fille de 11 ans et demi qui est arrivée au centre.
La fille qui voulait simplement être aimée.
La fille qui voulait être comprise.
La fille qui voulait avoir un endroit où elle se sentirait en sécurité.
Elle existe encore.
Même si elle a été blessée.
CE QUE LE CENTRE A CHANGÉ EN MOI
Je ne veux pas dire que tout est la faute du centre.
J’ai mes responsabilités.
J’ai fait des choix.
J’ai fait des erreurs.
Mais je ne peux pas non plus faire semblant que toutes ces années n’ont eu aucun impact sur moi.
Je suis entrée au centre comme une enfant.
Je vais bientôt en sortir comme une jeune adulte.
Et entre les deux, il y a énormément de choses qui se sont passées.
Des choses qui m’ont changée.
Des choses qui m’ont blessée.
Des choses qui m’ont appris à me défendre.
Des choses qui m’ont appris à ne plus faire confiance.
Des choses qui m’ont appris à être constamment sur mes gardes.
Et maintenant, je dois apprendre à vivre sans tout ça.
CE QUE J’AURAIS AIMÉ AVOIR
Parfois, je me demande comment ma vie aurait été si j’avais grandi dans une famille d’accueil stable.
Peut-être que j’aurais quand même eu des difficultés.
Peut-être que j’aurais quand même fait des erreurs.
Je ne peux pas le savoir.
Mais j’aime croire qu’un environnement différent aurait peut-être permis à une partie différente de moi de grandir.
Une partie plus calme.
Une partie qui aurait eu davantage confiance.
Une partie qui aurait appris plus tôt qu’un adulte peut être là pour aider sans faire peur.
JE NE VEUX PAS QUE MON HISTOIRE S’ARRÊTE LÀ
Je suis bientôt rendue à 18 ans.
Et malgré tout ce qui s’est passé, je veux encore avancer.
Je veux encore devenir quelqu’un.
Je veux avoir un avenir.
Je veux être autonome.
Je veux apprendre à vivre.
Je veux pouvoir me regarder dans le miroir sans voir seulement toutes les choses que j’ai faites de travers.
Je veux voir mes qualités.
Mes rêves.
Mes forces.
Ma capacité à aimer.
Ma capacité à changer.
Ma capacité à recommencer.
J’ÉCRIS AUSSI POUR CELLES QUI VIENDRONT APRÈS MOI
C’est peut-être la partie la plus importante de mon témoignage.
Parce que moi, je vais bientôt partir.
Mais d’autres jeunes vont arriver.
Peut-être qu’une petite fille de 11 ans entrera un jour dans ce centre comme moi je l’ai fait.
Peut-être qu’elle sera sage.
Peut-être qu’elle aura peur.
Peut-être qu’elle ne comprendra pas pourquoi elle est là.
Et peut-être qu’après quelques années, elle changera.
Je voudrais qu’elle puisse changer pour de meilleures raisons.
Je voudrais qu’elle soit accompagnée.
Je voudrais qu’on l’écoute.
Je voudrais qu’on voie sa souffrance avant de voir son comportement.
Je voudrais qu’elle puisse dire qu’elle ne va pas bien sans avoir peur d’être jugée.
Je voudrais qu’elle puisse demander de l’aide sans avoir l’impression de déranger.
Je voudrais qu’elle puisse être en colère sans qu’on oublie qu’elle est encore une enfant ou une adolescente.
Je voudrais qu’elle puisse faire des erreurs sans perdre sa dignité.
NOUS SOMMES DES JEUNES, PAS DES PROBLÈMES
Je veux terminer mon témoignage avec une phrase que j’aimerais que chaque adulte qui travaille auprès des jeunes puisse comprendre :
Nous ne sommes pas des problèmes à régler.
Nous sommes des jeunes à accompagner.
Nous avons des blessures.
Nous avons des traumatismes.
Nous avons parfois des comportements difficiles.
Mais derrière chacun de ces comportements, il y a une histoire.
Il y a une raison.
Il y a une émotion.
Il y a souvent une douleur que nous ne savons pas exprimer autrement.
Alors avant de nous demander pourquoi nous faisons une crise, demandez-nous peut-être pourquoi nous souffrons.
Avant de nous appeler « problématiques », demandez-vous ce qui nous est arrivé.
Avant de nous juger sur notre dossier, regardez la personne devant vous.
Et avant de décider que nous sommes incapables de changer, rappelez-vous que nous sommes encore en train de grandir.
POUR FINIR
Je ne sais pas si ce témoignage changera quelque chose.
Je ne sais pas si tout le monde me croira.
Mais je sais une chose :
je ne veux plus me taire.
J’ai passé une partie importante de ma vie dans ce système.
J’y suis entrée à 11 ans et demi.
J’en sortirai bientôt à 18 ans.
Entre ces deux âges, j’ai perdu certaines choses.
J’ai aussi appris énormément.
Mais surtout, j’ai compris que même lorsqu’une personne est considérée comme « difficile », elle mérite encore d’être respectée.
Je ne peux pas retourner chercher la petite fille que j’étais en 2021.
Je ne peux pas effacer ce qu’elle a vécu.
Je ne peux pas refaire les années qui sont passées.
Mais je peux parler pour elle.
Je peux lui donner une voix.
Et peut-être qu’en parlant aujourd’hui, je pourrai faire en sorte qu’une autre petite fille n’ait pas à vivre exactement la même chose.
Je ne demande pas qu’on dise que nous sommes parfaits.
Je demande qu’on se rappelle simplement que nous sommes humains.
Et même lorsqu’un jeune est difficile à comprendre, difficile à accompagner ou difficile à gérer…
il reste un jeune qui mérite d’être protégé.
Je suis bientôt rendue à 18 ans.
Je ne veux pas que le centre soit la fin de mon histoire.
Je veux que ce soit seulement une partie de mon histoire.
Parce que malgré tout ce que j’ai vécu, je suis encore là.
Et cette fois, je veux me battre pour la personne que je suis, pas seulement survivre à celle que j’ai été.
Témoignage d’un père — Quand le système devient l’adversaire
Je suis père. Je me bats depuis des années pour protéger mes enfants dans le cadre d’une procédure en protection de la jeunesse. Ce que je vais vous raconter c’est le récit de ce que j’ai vécu personnellement, et que je n’aurais jamais cru possible avant d’en être moi-même la cible.
Au fil des audiences, j’ai constaté quelque chose qui m’a profondément ébranlé : les faits allégués contre moi dans les actes de procédure ne correspondaient pas toujours à ce qui s’était réellement passé. Des mots que je n’avais pas dits m’étaient attribués. Des gestes que je n’avais pas faits m’étaient imputés. Chaque fois que je le soulevais, on me répondait que j’avais mal compris, que j’interprétais mal, que j’exagérais.
Puis est venue la demande de quérulence. Pour ceux qui ne connaissent pas ce terme : c’est la procédure la plus sévère du Code de procédure civile. Si elle est accordée, un parent peut être déclaré quérulent et perdre le droit de s’adresser librement aux tribunaux. C’est une arme redoutable.
Ce qui m’a le plus frappé dans cette demande, c’est qu’elle contenait des faits obtenus de manière illégale — des informations qui n’auraient jamais dû se retrouver dans un acte de procédure, et dont l’utilisation violait des protections légales fondamentales. Lorsque j’ai soulevé ce problème, ces faits ont dû être retirés de la demande. Mais ils avaient déjà été soumis au tribunal. Déjà lus. Déjà associés à mon nom. Le retrait d’un fait illégal d’un acte de procédure n’efface pas l’impression qu’il a laissée — et personne ne vous dira comment réparer ça.
La demande a ensuite été remodifiée — une, deux, plusieurs fois. À chaque version, de nouveaux faits s’ajoutaient, certains inexacts, d’autres déformés. Des déclarations que j’avais faites devant le tribunal se retrouvaient rapportées d’une manière qui en changeait complètement le sens. Non pas nuancées différemment — carrément inversées. L’enregistrement des audiences est devenu ma seule protection contre cette réalité.
Quand j’ai soulevé ces inexactitudes et offert de régler le problème sans mobiliser davantage les ressources du tribunal, on a refusé. Et quelque temps plus tard, mes démarches pour documenter ce qui avait réellement été dit ont elles-mêmes été ajoutées à la liste des comportements quérulents qu’on me reprochait.
Il y a un autre épisode qui illustre bien la dynamique que j’ai vécue. En documentant soigneusement mon dossier, j’ai réussi à démontrer au Protecteur du citoyen que certaines notes officielles versées à mon dossier — des notes censées refléter fidèlement des faits — contenaient des informations inexactes. Le Protecteur du citoyen l’a reconnu. J’aurais pu croire que cette reconnaissance allait corriger les choses. Ce qui s’est passé ensuite m’a appris que dénoncer une erreur dans ce système peut coûter cher : cette démarche a semblé déclencher une réaction de la partie adverse, qui a tenté d’utiliser ma propre initiative de documentation comme un argument supplémentaire contre moi. Autrement dit, le fait d’avoir eu raison — et de l’avoir prouvé — est devenu une raison de m’attaquer davantage.
Face à certaines décisions que j’estimais contraires à la loi, j’ai exercé un contrôle judiciaire — un recours prévu par la loi précisément pour corriger les erreurs de droit commises par les instances inférieures. Ce recours, légal et légitime, a lui aussi été présenté dans la demande de quérulence comme un signe de comportement abusif. C’est là que j’ai réalisé le piège : chaque recours légal que vous exercez pour vous défendre devient une nouvelle preuve de votre quérulence. Si vous vous défendez, vous êtes quérulent. Si vous vous taisez, vous perdez.
C’est là que j’ai compris quelque chose d’important : quand vous vous défendez seul, sans avocat, dans un système aussi technique que le droit de la jeunesse, vous êtes extrêmement vulnérable. Non pas parce que vous avez tort sur le fond — mais parce que personne ne vérifie les faits contenus dans les actes de procédure. On suppose que ce qui est écrit par un avocat est exact. Et si vous le contestez, vous passez pour quelqu’un d’obsessionnel, de difficile, de quérulent.
Ce que j’ai appris :
1. Documentez absolument tout. Chaque audience, chaque échange, chaque communication. L’enregistrement d’une audience peut devenir votre seule défense.
2. Lisez chaque acte de procédure mot par mot. Les inexactitudes peuvent se glisser dans les détails — et dans les détails se construit une demande de quérulence. Si un fait vous semble illégalement obtenu, soulevez-le immédiatement.
3. Connaissez vos recours. Le contrôle judiciaire existe pour corriger les erreurs de droit. L’exercer n’est pas de la quérulence — c’est un droit fondamental. Personne ne vous dira que vous pouvez l’utiliser. À vous de le découvrir.
4. Connaissez vos droits. La Charte canadienne des droits et libertés protège votre droit à une défense pleine et entière. Ce droit existe même dans une procédure de protection de la jeunesse. Il existe même quand vous n’avez pas d’avocat. Personne ne vous le rappellera — à vous de le faire valoir.
5. Le Protecteur du citoyen existe. Si vous croyez que vos droits sont bafoués dans votre relation avec un établissement public, vous pouvez le saisir. Ce n’est pas de la quérulence — c’est un recours prévu par la loi.
Je ne sais pas encore comment mon histoire se terminera. Les audiences se poursuivent. Mais je sais que je me bats pour mes enfants avec tout ce que j’ai — et que la vérité, documentée, vaut mieux que n’importe quel argument.
À tous les parents qui se retrouvent seuls face à ce système : vous n’êtes pas fous. Documentez. Résistez. Et cherchez de l’aide.
— Un père anonyme, Québec
Dpj
Sensiblement la même histoire de la perte de notre grande fille. Le 23 mai 2023, à Chicoutimi, notre fille de 15 ans et 9 mois s’est enlevé la vie dans sa chambre [détail retiré : modération], après avoir demandé plusieurs fois de l’aide et s’être fait répondre qu’il n’y avait pas juste elle à s’occuper et qu’elle attirait l’attention.
Notre fille était une fille heureuse qui adorait les animaux et sa famille. Mais vu qu’on ne pouvait pas la surveiller 24/24, on ne pouvait pas la garder. Ce que eux ont échoué. Elle est revenue à la maison dans une urne. Ils nous avaient même dit que notre lien était trop fort. Ils l’ont détruit à jamais…..
Les 5 mois avant son suicide furent l’horreur pour elle. Elle se faisait intimider et on lui disait que ça l’endurcirait… que sa doudou était une guenille… Elle a passé 60 jours sans pouvoir aller dehors. Même un prisonnier a des sorties. Elle avait seulement le mal de vivre de temps en temps, à cause de l’intimidation et de la perte de son chien de 11 ans, qui fut un deuil pour elle, mais eux ne comprenaient pas ça……
Voilà, pour faire une histoire courte…… Ils ont détruit une belle famille unie, dont notre fille était heureuse, à la maison avec ses animaux et ceux qu’elle aimait.
Lorsqu’une plainte liée à un congé parental n’est jamais entendue sur le fond en raison d’un conflit de compétence, qui assume les conséquences du temps écoulé et des ressources engagées?
Six ans après la fin de mon emploi, mon dossier demeure marqué par une impasse procédurale.
Je soutiens que mon congédiement était lié à la prise d’un congé parental. Cette question n’a toutefois jamais été examinée sur le fond dans les décisions publiques que j’ai pu retrouver. La CNESST a refusé d’examiner ma plainte en invoquant la compétence fédérale. Le CCRI a ensuite conclu qu’il n’avait pas compétence parce que les relations de travail relevaient de la compétence provinciale.
La Cour d’appel fédérale (représentation seule) a confirmé uniquement que le refus du CCRI de reconsidérer sa décision était raisonnable. Elle n’a pas tranché la question de la discrimination liée au congé parental, ni le bien-fondé du congédiement.
Je constate également que la décision-lettre « Germain, 2023 CCRI LD 5217 » n’est plus facilement repérable sur le site du CCRI. Je ne peux pas affirmer qu’une demande de désindexation a été faite par les avocats. Le CCRI indique lui-même que les décisions-lettres ne sont généralement pas publiées.
Enfin, je souhaite que soit examinée la question des ressources utilisées pendant ces années de procédures, notamment lorsqu’un organisme reçoit du financement public. Je ne prétends pas, sans documents comptables ou décisionnels, que des fonds publics ont été utilisés dans le but de faire obstacle à la justice. Je demande plutôt que cette question soit documentée et vérifiée. De plus, le CCRI dit qu’il utilise un protocole empêchant les moteurs de recherche d’indexer le texte intégral de ses décisions publiées. À quand la justice? https://www.cirb-ccri.gc.ca/fr/reference/no-12-politique-sur-transparence
Briser le silence des Centres Jeunesses
Je souhaite partager mon expérience avec les centres jeunesse de façon anonyme, afin de protéger mon identité et celle des autres jeunes concernés. Je souhaite simplement être entendue et, peut-être, contribuer à ce que certaines réalités vécues derrière les portes des centres jeunesse soient enfin prises au sérieux.
La récente nouvelle concernant une jeune fille décédée me bouleverse profondément. Je ne veux pas commenter son dossier personnel ni prétendre connaître tout ce qui s’est passé. Mais cette situation fait malheureusement écho à plusieurs choses que j’ai vécues et observées pendant mon propre placement.
J’ai passé environ cinq mois en centre jeunesse. Lorsque j’y suis arrivée pour la première fois, je ne savais même pas réellement à quoi m’attendre. Je n’avais pas choisi d’y être et j’avais l’impression de n’avoir aucun pouvoir sur ce qui m’arrivait. Mes parents étaient présents dans ma vie, s’occupaient de moi et je ne manquais de rien sur le plan matériel. Comme beaucoup d’adolescents, j’avais mes difficultés et mes comportements n’étaient pas toujours parfaits, mais je n’avais jamais imaginé me retrouver dans un endroit où j’aurais autant l’impression de perdre le contrôle sur ma propre vie.
Durant mon séjour, j’ai vécu des moments qui m’ont profondément marquée. J’ai notamment dû être amenée à l’hôpital après une intervention physique qui m’a causé une blessure importante. Encore aujourd’hui, cette expérience a laissé des traces, autant physiquement que psychologiquement.
J’ai aussi vécu des situations où je me suis sentie rabaissée et dévalorisée. On m’a dit des choses qui m’ont fait croire que je n’étais pas une bonne personne, que je n’étais pas bien élevée, que je n’irais pas loin dans la vie ou que j’étais « conne ». Quand on est déjà vulnérable et qu’on dépend d’adultes censés nous aider, ce genre de paroles peut rester longtemps dans la tête.
Il y a également eu des interventions physiques que j’ai vécues comme extrêmement difficiles. Certaines fois, après avoir été contenue, j’avais de la difficulté à bouger normalement tellement j’avais mal. Ces expériences ont affecté ma confiance envers les adultes et envers les personnes qui étaient supposées être là pour m’aider.
Et surtout, je ne me sentais plus capable de parler.
Quand j’allais mal, je n’avais plus confiance. J’avais peur de ne pas être prise au sérieux ou que ce que je racontais soit utilisé contre moi. J’ai vu d’autres jeunes vivre énormément de détresse. Certaines avaient des comportements dangereux envers elles-mêmes, certaines fuguaient régulièrement et plusieurs semblaient complètement dépassées par ce qu’elles vivaient. Certaines se cognaient la tête dans les murs, se mutilaient ou encore se faisaient vomir.
Ce qui me fait le plus mal, c’est d’avoir vu des jeunes qui avaient besoin d’aide et qui avaient l’impression de ne pas en recevoir suffisamment.
Certaines personnes avec qui je suis encore en contact aujourd’hui portent toujours les conséquences de ce qu’elles ont vécu. Plusieurs sont profondément marquées par leur passage en centre. Et même après être sortie, personnellement, je n’ai pas simplement pu « tourner la page ». Certaines expériences me reviennent encore aujourd’hui et ont laissé des traces dans ma façon de faire confiance aux adultes.
J’ai aussi été témoin ou j’ai entendu parler de situations extrêmement préoccupantes entre jeunes et de comportements inappropriés qui auraient dû être pris au sérieux. Je ne prétends pas connaître tous les faits derrière chacune de ces situations, mais le simple fait que des jeunes puissent se retrouver dans des environnements où elles ne se sentent pas en sécurité devrait suffire à nous questionner. Certains jeunes avaient des relations avec des intervenants, les jeunes en avaient aussi entre eux.
Il y avait aussi des règles qui, pour moi, rendaient parfois les choses encore plus difficiles. Par exemple, il pouvait être compliqué de communiquer avec certaines personnes lorsqu’on avait besoin de parler. Les appels étaient limités et si la personne à qui on voulait se confier n’était pas autorisée, on ne pouvait simplement pas la joindre.
Tout semblait être noté. Chaque comportement pouvait devenir quelque chose inscrit au dossier. J’avais parfois l’impression que mes erreurs me suivaient constamment et que certaines situations étaient présentées d’une manière qui ne correspondait pas à la façon dont je les avais vécues.
Et même après mon placement, lorsque j’ai voulu parler de certaines choses que j’avais vécues, j’ai eu l’impression que mon expérience comptait moins parce que je ne faisais plus partie du centre.
Mais un traumatisme ne disparaît pas simplement parce qu’un placement se termine.
Je me demande souvent à quoi servent les centres jeunesse et la DPJ si les jeunes qui y sont placés n’ont pas le sentiment d’être écoutés, protégés et pris au sérieux ?
Je sais qu’il existe des intervenants extraordinaires qui font réellement de leur mieux. Je ne veux pas mettre tout le monde dans le même panier. Mais il faut aussi avoir le courage de reconnaître que certaines choses ne fonctionnent pas.
Lorsqu’un jeune dit à répétition qu’il ne va pas bien, ça devrait compter.
Lorsqu’un jeune demande de l’aide, ça devrait compter.
Lorsqu’un jeune montre qu’il est en détresse, ça devrait compter.
On ne devrait jamais attendre qu’une situation devienne catastrophique pour se dire qu’on aurait peut-être dû intervenir davantage.
Je pense également qu’il faut comprendre pourquoi certains jeunes ne demandent pas directement de l’aide. Lorsqu’on leur répète que certaines informations devront être rapportées ou qu’ils risquent des conséquences s’ils parlent de certaines choses, il ne faut pas être surpris lorsqu’ils finissent par se taire. La première chose qu’on nous dit lorsqu’on parle à un psychologue ou à un intervenant est : si tu as l’intention de te faire du mal, d’être en danger ou de mettre la vie d’autrui en danger, je vais devoir en parler, mais le reste est confidentiel. Comme si les jeunes allaient vous dire, à vous les intervenants, qu’ils allaient passer à l’acte ou qu’ils pensaient toujours à ça, alors qu’ils vont probablement se faire interner après s’être confiés.
Un jeune peut avoir peur de parler. Il peut avoir peur de ne pas être cru. Il peut avoir peur de perdre encore plus de contrôle sur sa vie.
Ça ne veut pas dire qu’il n’avait pas besoin d’aide.
Je ne connais pas tous les détails concernant la jeune fille dont la mort a récemment été rapportée, et je ne veux pas parler à sa place. Je veux simplement offrir mes sympathies à sa famille et rappeler une chose : derrière chaque dossier, chaque numéro et chaque rapport, il y a un jeune être humain.
Un jeune qui a peur.
Un jeune qui souffre.
Un jeune qui cherche parfois simplement quelqu’un qui va l’écouter.
Je parle aujourd’hui parce que je sais que je ne suis certainement pas la seule à avoir vécu ces choses.
Les centres jeunesse sont censés protéger les jeunes. Ils ne devraient jamais devenir un endroit où un jeune perd confiance en lui-même, en les adultes et en sa propre voix.
J’ai vécu des choses que je n’aurais jamais pensé vivre à mon âge. Et même aujourd’hui, je porte encore certaines de ces blessures.
Alors je veux simplement briser le silence.
Parce que les jeunes méritent d’être entendus avant qu’il soit trop tard.
J’ai gagné seul contre la
J’ai gagné seul contre la DPJ Mauricie–Centre‑du‑Québec.
Et quand on regarde qu’il y a plus de 1500 dossiers en révision dans cette région, ce n’est malheureusement pas surprenant.
Dans mon cas, la DPJ a accumulé des manquements graves :
• Vision tunnel : ils ont ignoré les faits, les preuves et mes démarches.
• Analyse biaisée : conclusions préétablies, interprétations déformées.
• Négligence professionnelle : documents non lus, informations essentielles omises.
• Absence de considération parentale : aucune reconnaissance des efforts réels.
• Judiciarisation injustifiée : mon dossier n’aurait jamais dû se retrouver devant un juge.
• Manque d’impartialité : décisions prises sans rigueur, sans objectivité.
J’ai dû me battre seul pour démonter leurs erreurs, leurs contradictions et leurs omissions.
Et j’ai gagné.
Ce que j’ai vécu est inacceptable.
Je poursuis maintenant mes démarches pour que ces manquements soient reconnus et que cette injustice ne reste pas enterrée.
Parce que personne ne devrait subir ça.
Et parce que trop de familles vivent la même chose.
10 ans de silence
Victime d’un pervers narcissique, processus de la garde de ma fille aliéné par son père dès l’âge de 6 ans. Au tribunal de la famille, je n’ai absolument pas pu dire un seul mot, ni déposer aucun document. La juge avait déjà tranché en faveur du père. J’ai élevé seule mes 3 enfants pendant 20 ans, 17 ans et 8 ans pour la plus jeune, aucune plainte à la DPJ. Au tribunal, la juge m’a enlevé la garde totale et la possibilité de la voir.
C’est inhumain, tellement injuste : l’argent de monsieur, sa maison ont gagné sur mon instabilité émotionnelle en audience. Bien sûr, ils ont tout fait pour ça.
Maintenant, j’ai une coupure de lien avec mes 3 enfants depuis 10 ans.
Incompréhensible. Il n’y a pas de justice pour le bien-être d’un enfant, on l’arrache à sa mère.
10 ana de silence
Ceci est le témoignage que je fais le 09/09/2026.
🎥 MON HISTOIRE — 10 ANS DE SILENCE
Il y a des histoires qu’on garde longtemps à l’intérieur de soi. Pas parce qu’on les a oubliées. Mais parce qu’elles sont tellement difficiles à raconter qu’on ne sait même pas par où commencer. Aujourd’hui, j’ai décidé de parler. Je vais raconter mon histoire. Je ne donnerai pas les noms des personnes concernées. Je ne veux pas exposer ma fille. Je ne veux pas faire de cette vidéo une vengeance. Je veux simplement raconter ce que j’ai vécu. Ce que j’ai ressenti. Les décisions que j’ai prises. Les erreurs que je reconnais avoir faites. Les choses que j’ai essayé de réparer. Et surtout, je veux expliquer comment j’en suis arrivée à passer environ dix années sans pouvoir avoir le contact que je souhaitais avec ma fille.
Je sais que lorsqu’on raconte une histoire, il y a toujours plusieurs versions. Je ne prétends pas parler à la place des autres personnes. Je parle de mon expérience. Je vais faire la différence entre ce que j’ai vécu directement, ce dont je me souviens, ce que j’ai compris à l’époque et ce qui est écrit dans certains documents que je possède. Et je vais essayer de raconter tout cela avec honnêteté.
- AVANT LA NAISSANCE DE MA FILLE
Lorsque j’ai rencontré le père de ma fille, j’avais déjà deux enfants. Je n’avais pas l’intention d’avoir nécessairement un autre enfant. Pour moi, ma famille était déjà là. Mais pendant plusieurs mois, il a insisté pour avoir un enfant. Nous en avons parlé à plusieurs reprises. J’ai finalement accepté. J’ai accepté parce que je croyais que nous allions construire quelque chose ensemble. Je croyais que cet enfant allait être un projet commun. Je croyais que nous allions devenir une famille. À ce moment-là, évidemment, je ne pouvais pas savoir ce que les années suivantes allaient devenir.
Avec le recul, je peux regarder certaines choses différemment. Mais je ne veux pas réécrire mon passé. À cette époque-là, je faisais les choix que je croyais être les meilleurs avec ce que je savais et ce que je vivais.
- MA GROSSESSE
Ma grossesse a été très difficile. Ce n’était pas une grossesse facile physiquement et psychologiquement. J’étais fragile. J’étais en dépression. Et pendant cette période, même la médication qui m’avait été prescrite est devenue une source de conflit. Il ne voulait absolument pas que je prenne la médication qui m’avait été prescrite. Je vivais déjà une grande détresse psychologique. Et au lieu de vivre ma grossesse dans un sentiment de sécurité, je me sentais de plus en plus seule.
Je veux prendre un moment ici pour dire quelque chose. Lorsqu’une personne est en dépression, elle n’a pas nécessairement la force de se défendre, de comprendre tout ce qui se passe autour d’elle ou de prendre les bonnes décisions. Aujourd’hui, je comprends beaucoup mieux cette vulnérabilité. À l’époque, je faisais simplement de mon mieux pour traverser les journées.
- LA 20e SEMAINE
Vers la 20e semaine de grossesse, il m’a demandé de ne plus dormir avec lui parce que je le dérangeais. Je me suis donc retrouvée à dormir sur un petit matelas dans la pièce qui allait devenir la chambre de ma fille. Il n’y avait plus de contact physique entre nous. J’étais enceinte de notre enfant et, malgré cela, je me sentais de plus en plus éloignée de lui. J’avais l’impression que quelque chose s’était profondément brisé dans notre relation.
Je ne raconte pas cela pour provoquer de la pitié. Je le raconte parce que c’est une partie de l’histoire. C’est dans ce contexte que ma grossesse s’est poursuivie.
- LES RENDEZ-VOUS MÉDICAUX
Les rendez-vous médicaux étaient eux aussi devenus difficiles. J’avais le sentiment qu’il voulait contrôler beaucoup de choses. Je sentais que je n’avais pas toujours la liberté de vivre ma grossesse comme j’aurais voulu. Ma gynécologue a finalement demandé qu’il ne participe plus à certains rendez-vous. Et par la suite, elle a fait en sorte que je sois admise dans un centre destiné aux femmes enceintes. Pour moi, cela a été un moment important. Parce que j’étais enfin dans un endroit où je pouvais être entourée et où ma situation pouvait être regardée de l’extérieur.
Quand je repense à cette période, je réalise à quel point j’étais vulnérable. J’étais enceinte. J’étais en dépression. Ma relation était en train de se détériorer. Et pourtant, je devais continuer à avancer parce qu’un bébé allait bientôt arriver.
- LA NAISSANCE DE MA FILLE
Puis ma fille est née. La naissance d’un enfant devrait normalement être un moment de rapprochement. Un moment où les parents regardent leur bébé et commencent une nouvelle vie. Mais mon souvenir de cette naissance est différent. Le père de ma fille est resté assis sur une chaise, loin de moi. Je me souviens de cette distance. Et lorsque nous sommes revenus à la maison, il m’a dit quelque chose qui m’a profondément marquée. Il m’a dit que je n’étais qu’une mère porteuse.
Cette phrase, je ne l’ai jamais oubliée. Parce que moi, je n’étais pas une mère porteuse. J’étais sa mère. Je venais de porter cet enfant. Je venais de vivre une grossesse extrêmement difficile. Et pourtant, j’avais le sentiment que ma place de mère était déjà diminuée.
- LES CONDITIONS DE VIE
Il y a également une autre chose que je dois raconter. Pendant presque six mois, j’ai dû dormir dans un espace fermé où il y avait des excréments de chauve-souris. Oui. C’est difficile à raconter. Mais c’est ce que j’ai vécu. Et je veux que les gens comprennent que ma décision de partir ne s’est pas prise du jour au lendemain. Il y avait toute une accumulation de choses.
Il y avait ma santé psychologique. Il y avait ma relation. Il y avait mes conditions de vie. Il y avait ma grossesse et ensuite mon bébé. Et progressivement, j’ai compris que je devais partir.
- JE QUITTE LE PÈRE DE MA FILLE
J’ai finalement décidé de le quitter. Je suis partie vivre chez mes parents avec mes trois enfants. Je pensais que cette décision allait me permettre de recommencer. Je pensais pouvoir me reconstruire. Je pensais pouvoir offrir à mes enfants quelque chose de plus stable. Je voulais simplement retrouver une vie normale.
Mais ma vie allait encore prendre une autre direction.
- UNE AUTRE RELATION
Par la suite, j’ai rencontré un homme violent. Et c’est probablement l’une des parties de mon histoire qui est la plus difficile à expliquer. Parce qu’une personne qui n’a jamais vécu une relation violente peut se demander : Pourquoi est-ce qu’elle ne part pas ? Pourquoi est-ce qu’elle reste ? Pourquoi est-ce qu’elle ne demande pas de l’aide ? Mais lorsqu’on est dans cette situation, ce n’est pas aussi simple. Il y a la peur. Il y a la dépendance. Il y a la manipulation. Il y a la perte de confiance. Et il peut arriver un moment où on ne voit plus comment sortir.
Je veux être honnête : j’étais dans l’incapacité de quitter cette relation. Et pendant cette période, je devais aussi penser à ma fille.
- LA DÉCISION DE PLACER MA FILLE AUPRÈS DE SON PÈRE
J’ai donc pris une décision qui allait changer toute ma vie. J’ai placé ma fille définitivement auprès de son père pour la protéger de cet homme violent. Je veux vraiment insister sur ce point. Parce que cette décision peut être interprétée de plusieurs façons. Quelqu’un pourrait entendre : Elle a donné son enfant à son père. Mais ce n’est pas comme ça que je l’ai vécu. Dans ma tête, à ce moment-là, je protégeais mon enfant. Je pensais que je faisais ce qu’il y avait de mieux pour elle. Je pensais qu’elle serait plus en sécurité auprès de son père que dans la situation dans laquelle moi je me trouvais.
Je n’ai pas abandonné ma fille. Je l’ai confiée à son père parce que je voulais la protéger. Et aujourd’hui, c’est une décision qui me fait énormément souffrir parce que je me demande parfois si cette décision n’a pas finalement contribué à me faire perdre ma place dans sa vie.
- LES CHOSES COMMENCENT À CHANGER
Après cela, progressivement, le contact avec ma fille est devenu de plus en plus difficile. Les communications sont devenues compliquées. J’ai été bloquée sur certains moyens de communication. Les possibilités de la voir se sont réduites. Et finalement, je me suis retrouvée complètement éloignée d’elle.
Au début, je pensais que ce serait temporaire. Je pensais qu’il y aurait une solution. Je pensais qu’un adulte allait finir par dire : Il faut permettre à cette mère de retrouver son enfant. Mais les années ont passé.
- DIX ANS
Une année. Puis deux. Puis trois. Puis cinq. Puis dix. Dix ans. Dix ans sans pouvoir avoir avec ma fille le contact que je souhaitais. Dix ans pendant lesquels elle a grandi. Dix ans pendant lesquels elle a changé. Dix ans pendant lesquels elle a vécu des choses que je n’ai pas pu partager avec elle. Et moi, pendant ces dix années, je n’ai jamais cessé de penser à elle.
Je me suis demandé tellement souvent : Est-ce qu’elle pense à moi ? Est-ce qu’elle croit que je l’ai abandonnée ? Est-ce qu’elle croit que je ne voulais plus d’elle ? Est-ce qu’elle sait pourquoi j’ai pris cette décision ?
- J’AI TOUT ESSAYÉ
Je veux être très claire sur quelque chose. Je n’ai pas simplement attendu pendant dix ans. J’ai essayé. J’ai cherché des solutions. J’ai fait des démarches. J’ai demandé de l’aide. J’ai essayé de comprendre ce que je pouvais faire. J’ai essayé de trouver une façon de rétablir le contact. J’ai essayé de trouver une façon de favoriser un rapprochement. Et aujourd’hui, je peux le dire : j’ai tout essayé. Et je suis arrivée à un point où je ne sais plus quoi faire.
- LE PSYCHOLOGUE
Une des choses que j’aurais souhaitées pendant toutes ces années, c’est que ma fille puisse avoir un espace neutre. Pas nécessairement pour parler de moi. Pas nécessairement pour parler de son père. Mais simplement pour pouvoir parler. Parler de ce qu’elle ressentait. Parler de son histoire. Parler de ce qu’elle vivait. À ma connaissance, son père n’a jamais accepté qu’elle voie un psychologue dans les circonstances que je souhaitais. Je rapporte ici ce que j’ai vécu et ce que je sais de la situation. Je ne prétends pas connaître tout ce qui s’est passé de son côté. Mais pour moi, un enfant pris dans une situation familiale aussi difficile devrait pouvoir avoir un endroit où parler librement.
- LES DÉMARCHES JUDICIAIRES
Il y a également toute une partie judiciaire à mon histoire. Je possède des documents. Je ne montrerai pas les noms. Je ne montrerai pas les informations personnelles de ma fille. Mais je veux montrer certaines choses parce qu’elles permettent de comprendre que je n’avais pas simplement décidé de disparaître de sa vie.
Dans un document de mon dossier, il est écrit qu’après discussion avec ma représentante juridique, je refusais de renoncer à tout contact pour l’avenir.
Mon désaccord sur le jugement final, non pris en compte.
Cette phrase est importante pour moi. Parce qu’elle démontre quelque chose de très simple : je ne voulais pas renoncer à ma fille. Je voulais garder la possibilité de retrouver un lien avec elle.
- LE JUGEMENT
Dans une autre convention judiciaire que je possède, il est fait référence à un jugement antérieur qui avait annulé mes droits d’accès auprès de ma fille. Ce document est un document judiciaire de mon ancienne procédure. Je précise que cette procédure concernait mon histoire familiale au Québec. Je ne suis pas ici pour demander aux gens de rendre un jugement à partir d’une vidéo. Je veux simplement expliquer ce que ces décisions ont représenté pour moi.
Le document indique qu’un jugement [date retirée pour protéger l’identité] avait annulé les droits d’accès de la demanderesse auprès de l’enfant.
Pour moi, c’est là que se trouve une grande partie de mon désaccord. Parce que j’ai le sentiment que les circonstances qui m’avaient amenée à prendre certaines décisions n’ont pas été suffisamment comprises de la façon dont je les avais vécues.
- JE RECONNAIS MES ERREURS
Je veux aussi dire quelque chose qui est très important. Je ne prétends pas être une mère parfaite. Je ne prétends pas avoir toujours pris les bonnes décisions. J’ai fait des erreurs. J’ai pris des décisions que je regrette. Je peux reconnaître mes responsabilités. Mais reconnaître mes erreurs ne signifie pas que je dois accepter que toute mon histoire soit réduite à ces erreurs. Il y avait un contexte. Il y avait de la violence. Il y avait ma santé psychologique. Il y avait la peur. Il y avait la volonté de protéger mes enfants. Et il y avait aussi des choses que je ne contrôlais pas.
- CE QUE J’AI RESSENTI
Pendant toutes ces années, j’ai énormément culpabilisé. Je me suis demandé si j’aurais dû faire autrement. Si j’aurais dû rester. Si j’aurais dû partir plus tôt. Si j’aurais dû prendre une autre décision concernant ma fille. Si j’aurais dû faire certaines démarches différemment. Et toutes ces questions, je les ai portées pendant des années.
Quand on perd le contact avec son enfant, ce n’est pas simplement l’absence d’une personne. C’est l’absence de moments. Des anniversaires. Des conversations. Des photos. Des souvenirs. Des petites choses de la vie quotidienne. On perd des années qu’on ne peut jamais récupérer.
- L’ALIÉNATION PARENTALE
Avec le temps, j’ai commencé à utiliser le terme d’aliénation parentale pour décrire ce que je croyais être en train de vivre. Je sais que ce terme est controversé. Je sais qu’il ne faut pas utiliser une étiquette pour expliquer automatiquement toutes les situations familiales. Mais dans mon cas, je me suis posé cette question parce que je voyais progressivement disparaître le lien entre ma fille et moi. Je voyais le contact diminuer. Je voyais les possibilités de communication disparaître. Et je me retrouvais de plus en plus exclue de sa vie.
Je ne demande pas aux gens de me croire simplement parce que je le dis. Je demande qu’on écoute mon histoire. Qu’on regarde les faits. Qu’on regarde les documents lorsqu’ils sont pertinents. Et surtout, qu’on comprenne ce que cette situation a représenté pour moi.
- JE NE VEUX PAS ATTAQUER MA FILLE
Je veux être très claire : ma fille n’est pas mon ennemie. Je ne veux pas l’attaquer. Je ne veux pas l’humilier. Je ne veux pas exposer sa vie privée. Je ne veux pas publier son nom, son adresse, son école ou des informations qui pourraient lui nuire. Elle n’a pas choisi de naître au milieu des problèmes des adultes. Elle était une enfant. Et aujourd’hui, elle est devenue une jeune femme.
Je ne veux pas lui demander de choisir entre son père et sa mère. Je ne veux pas lui demander de prendre parti. Je voudrais simplement qu’un jour elle puisse entendre ma version de l’histoire.
- MA FILLE VA AVOIR 18 ANS
Elle va avoir 18 ans [mois retiré pour protéger l’identité]. Et cette étape me bouleverse. Parce que pendant longtemps, je me suis demandé : Qu’est-ce que je peux faire ? Comment est-ce que je peux retrouver ma fille ? Comment est-ce que je peux réparer ce qui s’est passé ? Mais lorsqu’un enfant devient adulte, les choses changent. Je sais qu’à partir de là, je ne peux pas obliger ma fille à avoir une relation avec moi. Je ne veux pas l’obliger. Je veux simplement qu’elle sache que ma porte est ouverte.
- SI MA FILLE REGARDE CETTE VIDÉO
Ma fille… Si un jour tu regardes cette vidéo, je veux que tu écoutes quelque chose. Je ne te demande pas de me croire immédiatement. Je ne te demande pas de rejeter ce que tu as vécu. Je ne te demande pas de choisir entre ton père et moi. Je ne te demande même pas de me pardonner. Je veux simplement que tu saches que je t’aime. Et que je n’ai jamais cessé de t’aimer.
Lorsque j’ai pris la décision de te laisser auprès de ton père, je pensais te protéger. J’étais dans une situation de violence. Je n’arrivais pas à sortir de cette relation. Et j’ai pensé que tu serais plus en sécurité auprès de ton père. Peut-être que tu ne comprends pas cette décision. Peut-être que tu es en colère contre moi. Peut-être que tu as entendu une autre version. Et tu as le droit d’avoir tes propres sentiments. Mais j’aimerais qu’un jour tu puisses entendre ce que moi j’ai vécu.
Je ne veux pas récupérer dix années. Je sais que c’est impossible. Je voudrais simplement avoir la chance de connaître la personne que tu es devenue. Et si tu ne veux pas aujourd’hui, je respecterai ton choix. Mais ma porte sera ouverte.
- POURQUOI JE PARLE MAINTENANT
Pourquoi est-ce que je parle maintenant ? Parce que pendant longtemps, je me suis tue. J’avais honte. J’avais honte de mes erreurs. Honte d’avoir été dans une relation violente. Honte de ne pas avoir réussi à tout contrôler. Honte d’avoir perdu le contact avec mon enfant. Et pendant longtemps, j’ai pensé que je devais simplement vivre avec ça.
Mais se taire ne change pas le passé. Et raconter son histoire ne signifie pas nécessairement attaquer quelqu’un. Je peux raconter ce que j’ai vécu sans donner de noms. Je peux parler de mes blessures sans exposer ma fille. Je peux reconnaître mes erreurs tout en expliquant les circonstances dans lesquelles elles ont été commises.
- CE QUE J’AURAIS AIMÉ QU’ON FASSE POUR NOUS
J’aurais aimé qu’il existe davantage de solutions pour les familles dans lesquelles le lien entre un parent et son enfant se détériore. J’aurais aimé qu’on puisse intervenir avant que dix années passent. J’aurais aimé que quelqu’un puisse dire : Arrêtons-nous. Écoutons l’enfant. Écoutons les deux parents. Essayons de comprendre ce qui s’est passé. Cherchons une façon sécuritaire de reconstruire le lien. Parce qu’un enfant peut grandir très vite. Et lorsque les adultes règlent leurs conflits pendant des années, c’est l’enfance qui passe.
- CE QUE JE DEMANDE AU PUBLIC
Je ne demande pas aux gens de condamner quelqu’un à partir de mon témoignage. Je ne demande pas qu’on prenne automatiquement mon parti. Je demande simplement qu’on écoute. Je demande qu’on comprenne qu’un parent peut faire des erreurs et continuer à aimer profondément son enfant. Je demande qu’on comprenne qu’une personne peut être victime de violence et prendre des décisions dans un contexte de peur et de vulnérabilité. Et je demande surtout qu’on n’oublie jamais les enfants qui se retrouvent au milieu de conflits entre adultes.
- CE QUE JE VEUX LAISSER DERRIÈRE MOI
Je ne veux pas que cette histoire soit uniquement une histoire de colère. Je veux qu’elle devienne une histoire de vérité personnelle. Je veux pouvoir dire : Oui, j’ai fait des erreurs. Oui, j’ai souffert. Oui, certaines décisions ont eu de lourdes conséquences. Mais je n’ai jamais cessé d’essayer. Et surtout : je n’ai jamais cessé d’aimer mon enfant.
- LA DERNIÈRE CHOSE QUE JE VEUX DIRE
Dix ans. Dix ans de silence. Dix ans à me demander ce que ma fille pense de moi. Dix ans à espérer qu’un jour elle me parle. Dix ans à chercher une solution. Dix ans à me demander si j’aurais pu faire quelque chose de différent. Dix ans à vivre avec cette absence.
Je ne sais pas ce qui va arriver maintenant. Je ne sais pas si ma fille voudra me parler. Je ne sais pas si elle voudra connaître mon histoire. Je ne sais pas si elle acceptera un jour de me rencontrer. Mais je sais une chose. Je ne fermerai pas la porte. Si un jour elle vient vers moi, je serai là. Je l’écouterai. Je ne lui demanderai pas de choisir. Je ne lui demanderai pas de prendre parti. Je ne lui demanderai pas de porter ma souffrance. Je lui dirai simplement : Je suis ta mère. Je t’ai aimée. Je t’aime encore. Et ma porte est ouverte.
Voilà mon histoire. Je ne demande pas qu’on me donne raison. Je demande simplement qu’on me permette enfin de la raconter.
Mon fils
Quand j’ai eu la DPJ pour la première fois dans ma vie, c’était à la naissance de mon fils, dû à un signalement qui était injustifié. Il y a une personne, je suis sûre, que je sais qui a fait la plainte et c’est mon géniteur. Il l’a dit lui-même. Il a même appelé pour savoir si la DPJ était passée venir chercher mon fils et, comme de fait, ça cogne à la porte : c’était la DPJ. Ensuite j’ai tout fait pour le récupérer. Je l’ai récupéré par la suite.
5 ans plus tard, j’étais encore avec le père de mon fils. J’ai décidé de partir. Je nous ai sortis de là, mon fils et moi, parce qu’on vivait l’enfer. Mon ex est amasseur compulsif et avec d’autres troubles. Moi, je vivais de la violence conjugale physique et mentale, et aussi il n’était pas doux avec mon fils. Mon fils, je l’emportais partout avec moi, je ne le laissais jamais avec le père, c’est moi qui s’en occupait. Là, j’ai aussi été dans une maison pour femmes où j’avais la possibilité d’avoir mon fils avec moi. La DPJ n’a jamais voulu. Même les personnes de la maison pour femmes battues n’ont jamais compris le pourquoi, alors que tout était fait pour avoir mon fils avec moi.
Maintenant, il est en famille d’accueil depuis ces 5 ans. Il a 11 ans aujourd’hui. Il est placé jusqu’à majorité. J’ai encore mes droits parentaux et tous ceux à qui j’en ai parlé ne comprennent pas pourquoi la DPJ a écrit tous ces parjures dans mon dossier.
Il va un samedi sur deux chez son père. Je vais le porter et son père vient me le porter. Je n’ai jamais de contact avec le père, je ne veux rien savoir du père. Mon fils, il est obligé d’y aller. C’est insalubre chez son père et il est là-dedans de 8 h 30 à presque 16 h, car il doit être chez moi pour 16 h. C’est dégueulasse. Je me suis battue pour qu’il ait des visites en dehors du logement de son père, et même supervisées, car au début mon fils était laissé à lui-même : le père dormait et le petit était sans surveillance. Par chance, j’ai appris à mon fils de ne pas toucher aux affaires dangereuses comme les médicaments, qui étaient à la vue de mon fils et qu’il savait très bien ouvrir. Je l’ai dit à la DPJ, ils n’ont rien fait.
La DPJ m’a dit que je suis le seul parent apte à m’en occuper. Alors pourquoi il est en famille d’accueil, placé jusqu’à majorité ?
Le système corrompu et son engrenage
Bonjour,
Je suis une femme débordante d’énergie, souriante, sociable, qui aime aider les gens et je suis très persévérante. J’ai eu mon lot d’épreuves au cours de ma vie (rôle de parent très jeune, abus/viol, dépressions majeures, mauvais diagnostic de bipolarité à 20 ans : beaucoup de pilules et électrochocs pour une maladie que je n’ai pas, etc.). Malgré mon lourd vécu, je me suis toujours relevée et je suis allée chercher l’aide lorsque nécessaire. Mon diagnostic officiel est un trouble de personnalité limite. J’ai eu des suivis CLSC avec travailleur social et psychologue, fait la thérapie cognitivo-comportementale, des ateliers d’estime de soi et d’autres sujets pour m’aider. J’ai pu enfin me sentir bien et vivre normalement.
J’ai été malade en fin de ma première grossesse (2010) et j’ai reçu un diagnostic de bipolarité. J’ai accouché et ensuite, le docteur m’a gelé la face avec des médicaments à profusion. À ma sortie de l’hôpital (2 mois après mon accouchement), le cauchemar continue. Le pharmacien ne voulait même pas me donner mes Dispill, car il disait : ton corps et ta santé vont te lâcher. Il appelle la psychiatre et se fait ordonner que c’était mon traitement et de me donner ma prescription. J’ai pris 70 livres en 1 mois, dû aux effets secondaires de la médication. Je dors environ 20 h par jour et réalise que je n’ai plus de vie. Lors de mes minis moments d’éveil, je paniquais et cherchais désespérément à me sortir de cette torpeur. J’appelais mes proches et les ressources pour qu’ils m’aident à trouver une solution, afin de récupérer ma vie. Je finissais par me fâcher après les gens, car je ne comprenais pas pourquoi j’étais dans cet état. J’ai eu des hospitalisations à répétition, pendant les 5 premières années de la vie de ma fille. Je me suis fait traiter comme une moins que rien, bafouer mes droits et ma liberté. Tout cela en étant prisonnière de mon corps, gelée comme une balle par mon médecin.
Ma fille avait environ 1 an et demi, j’ai pris la décision de partir de la maison pour aller prendre soin de moi. Ça a été un choix crève-cœur, mais je croyais bien faire. J’ai déménagé beaucoup en espérant me sentir bien et trouver ma place. Je suis allée consulter dans d’autres hôpitaux pour me faire retourner vers l’hôpital de ma région. J’ai fini par arrêter toute ma médication d’un coup par moi-même. Ça a été drastique, mais après j’ai enfin pu avoir une vie plus normale. J’ai recommencé à travailler et à aller à l’école. Je me suis refait un réseau d’amis et je suis redevenue la femme dont le système avait essayé de faire un rat de laboratoire. Ma vie avait été mise sur stop, alors mes proches avaient continué chacun la leur. Tu perds énormément de choses, lorsque tu as une maladie mentale. C’est comme si on avait la peste et qu’on n’était rien. Je me suis fait dire, quand j’ai eu mon faux diagnostic, que c’est une maladie comme une autre et que je pouvais continuer mes projets. Je peux vous dire que ce n’est pas vrai. Les préjugés sont très présents et même dans le système censé nous aider. C’est ce système qui nous dit d’aller chercher de l’aide et c’est lui qui nous poignarde dans le dos par la suite.
J’ai aussi fait des démarches pour ravoir ma fille et j’ai fini par réussir. Étape par étape, j’ai finalement eu la garde partagée. Toutes mes sphères de vie étaient en équilibre et j’étais tellement heureuse. J’étais très fière d’avoir su me relever à chaque épreuve et d’avoir mis des efforts considérables pour mon bonheur et une vie meilleure.
En 2020, je suis tombée enceinte et j’ai dû arrêter ma médication. Cela a été un dur moment. Mon corps était habitué à cela et boum, plus aucune béquille pour avancer de façon stable et normale. Cependant, malgré mon diabète de grossesse, mes pertes de conscience, le fait que le père n’était pas dans le décor et ne voulait pas l’être, d’avoir tout préparé et organisé, je réussissais à joindre les deux bouts et à vivre bien. En fin de grossesse, j’étais plus impulsive et irritable. Donc, mon travailleur social a fait un signalement DPJ et il a été retenu. J’ai fait toutes leurs demandes, car j’avais compris le but, qui était que je sois prête et disposée à m’occuper de mon bébé qui allait naître bientôt. Par la suite, j’ai collaboré avec la DPJ, ma psychiatre, mon TS et tout mon réseau de soutien pour mettre tout le possible. Avant d’accoucher, la DPJ m’a dit que je n’avais aucune crainte à avoir, que mon bébé resterait avec moi et qu’il n’aurait aucun dossier DPJ. J’ai demandé de faire un plan B juste au cas où et il a dit que ce n’était pas nécessaire. [Date retirée pour protéger l’identité.], j’accouche de ma belle cocotte. Mon rêve d’avoir un moment de vie normale était en train de se réaliser et j’allais enfin pouvoir être maman de A à Z. Malheureusement, 5 jours après, je me fais retirer mon bébé chez moi et comme raison, c’était que ma santé mentale était fragilisée par mon accouchement, alors que ma psychiatre, la journée même, a fait un rapport que j’étais stable, tellement stable que je pouvais continuer d’allaiter un peu plus longtemps. Mon TS et ma psychiatre ont essayé de leur faire comprendre que cela n’avait aucun sens et la DPJ s’en foutait royalement. Plein de lois de la LPJ n’ont pas été respectées. Rien n’était cohérent, donc je me suis désorganisée. J’ai eu du soutien de mes intervenants, mais aucun de la DPJ. Malgré tout, j’ai essayé de faire mon AEC en éducation à l’enfance. J’ai presque réussi, mon corps m’a lâchée 2 jours avant de finir mon stage final. J’ai fait un AVC, presque pas dormi pendant 3 ans, mon corps a dit stop. Je revis la soirée du retrait de ma fille [date retirée pour protéger l’identité] en boucle dans ma tête ainsi que toutes les incohérences. Ma fille est placée à majorité et ce, juste pour un risque. OUI, j’ai explosé après son retrait, car rien n’avait de sens. La DPJ refusait chaque plan B ou solution, faisait en sorte de me mettre hors de moi, de me traiter comme le TPL en soi et de me mettre tout sur le dos, même si je faisais leurs demandes.
Je me suis fait scrapper ma vie en ayant eu un mauvais diagnostic et ensuite, le système s’en est servi contre moi pour m’enlever ma fille, quand c’est leur erreur, pas la mienne. Je veux avoir enfin le droit de vivre normalement et me faire traiter également comme tout le monde. Je veux vivre en paix, je n’ai rien fait de mal, j’ai juste un trouble de personnalité limite et je veux juste vivre ma vie et être heureuse avec mes 2 filles et mes proches.
Dans les rapports de la DPJ et même dans les retours de mes plaintes, il y a des informations erronées, des menteries, des contradictions et de la destruction massive de ma personne.
Toutes ces foutues incohérences m’amènent dans un tourbillon d’émotions et je suis à bout. C’est trop souffrant et de voir que personne ne peut rien faire, ça me rend hors de moi. Mon TPL est clairement instable, mais c’est totalement normal, puisque tout a été saccagé. Je reconnais ne pas être en mesure de gérer mes émotions, mais comment ça serait possible ? Chaque fois que je me relève, je me fais frapper de plein fouet par leur game. Puis-je avoir de l’aide, avant de finir par mourir de rage et de souffrance ? Ou bien de faire un geste criminel par désir d’être entendue et peut-être avoir de la vraie aide ? Je ne suis pas quelqu’un de violent ou d’agressif. Oui, je peux être trop directe et sans filtre, lorsqu’on me juge et me manque de respect. Cependant, je n’ai jamais pensé qu’un jour, je devrais me battre pour ne pas m’embarquer dans la marde pour retrouver un semblant de vie.
La loi 10 de la Charte n’est clairement pas respectée. Ce que je vis est de la discrimination. Donc, pourquoi je n’ai aucun pouvoir de me faire respecter ?
Pourquoi est-ce possible de se faire retirer un enfant par risque, car la mère a un trouble de santé mentale ? Discrimination !!
Comment un risque peut-il être un motif de compromission ? Un risque n’est pas un fait, car ce n’est pas concret. On a tous des risques dans la vie et pourtant les gens continuent de faire leur routine.
Je sais que les hôpitaux et la DPJ relèvent du gouvernement provincial. Donc, pourquoi personne (même les instances gouvernementales) ne respecte les lois ? J’ai passé par tous les processus de plaintes et aucun résultat positif. J’ai fait les démarches avec la députée de ma région. Cependant, le système est un engrenage corrompu sans fin. Je me fais mettre des bâtons dans les roues, lorsque je trouve des moyens pour me stabiliser et avancer positivement.
On est quand même au Canada, alors pourquoi le fédéral ne peut-il rien faire ?
Toutes les différentes lois se contredisent et ce n’est vraiment pas normal que la DPJ se gère elle-même. Une révision officielle a été faite et c’est la DPJ qui a révisé le dossier. C’est absurde !
Ma souffrance est incommensurable, je vois clairement que je n’ai aucune solution. Donc, cela m’amène à penser qu’abandonner serait le mieux pour arrêter de souffrir. Ensuite, je me dis que je ne mérite pas ce bordel et que je mérite d’être traitée également. Donc, tant que je vais respirer, je vais me battre. Je suis très persévérante et prête à tout pour récupérer ma vie. Je veux vivre heureuse et une vie normale, sauf que je n’ai pas ce droit !
Je veux de l’aide, mais je ne peux pas en avoir. Maintenant que le système m’a détruite, bah je dois vivre avec. Je ne peux accepter de survivre et de devoir subir toute cette discrimination inhumaine. Mon corps est en train de lâcher et ma santé mentale est pétée. Je fais quoi, comment vivre dans ce merdier ?
La seule solution, c’est de gagner à la loterie. Aussi bien dire que les chances sont infimes, voire même nulles. C’est encore plus décourageant.
Mon témoignage pourrait être interminable, tellement la souffrance m’habite.
Ce n’est pas une vie de devoir essayer de vivre avec une situation créée par le système et qui me revient en permanence sur mes épaules à moi. Je veux juste vivre comme tout le monde, sans devoir être l’étiquette que le système m’a collée.
Ma grande fille a besoin de sa mère et c’est ma raison de continuer à me battre pour survivre dans cette société dépourvue d’humanité. Ils ont touché à ma famille, watch out : l’amour inconditionnel d’une mère pour ses enfants lui donne une force surhumaine. Je vais continuer jusqu’à mon dernier souffle en espérant que mon corps ne flanche pas en chemin.
D’une femme qui cherche à être traitée comme un humain, à retrouver celle qu’elle avait si durement construite et un peu de dignité.
Dossier Déchirant 💔 pour des grands parents
J’étais impliqué dans un dossier cauchemar, je défendais mon petit enfant contre sa mère, j’avais la garde temporaire, j’avais un avocat, mais imaginée la mère aussi abusive qu’elle était retient ses droits parental et en plus j’avais pas le droit aux dossiers de la cour ! Deux (2) ans plus tard l’enfant a été retourné avec sa mère même si l’enfant (âge 10 ans) ne voulait pas ! J’ai pas revu mon petit enfants depuis, un jour il/elle reviendra. 💜
Collusion de 9 copropriétaires pour fausses accusations de harcelement criminel
Après plusieurs actions illégales (réf. C.c.Q.) des administrateurs de notre syndicat de copropriété, j’ai envoyé une mise en demeure personnelle aux trois administrateurs. En réaction, la femme du trésorier a sollicité la collaboration de huit copropriétaires pour déposer elle-même, en janvier 2018, neuf allégations de harcèlement criminel contre moi à une cour municipale de la région de Montréal.
Il n’y a eu aucune enquête policière. Le patrouilleur de la SQ, à la demande de la procureure, lui a transféré les déclarations. Celle-ci a accepté les neuf déclarations, par voie sommaire, sans rien vérifier. La dénonciation a eu lieu le 9 mai 2018. Le délai de prescription était à ce moment de six mois. Selon mon deuxième avocat, toutes les allégations étaient prescrites.
Le procès s’est terminé en février 2019. Le juge, malgré le fait qu’il ne restait que quatre accusations, m’a reconnu coupable à six et m’a donné sur-le-champ l’absolution. Pour lui, le cas était réglé.
Malheureusement pour lui. J’ai porté le cas en appel, et le juge de la Cour supérieure a demandé un nouveau procès.
Escamotage de mes droits
En période de fin de vie, ma mère, inquiète pour moi, appelle la notaire de son testament qui lui assure que moi, son fils, je pourrai continuer à vivre dans sa maison après son décès. Une fois décédée, sans testament en main, je reçois immédiatement une lettre d’expulsion signée de trois autres membres de ma fratrie encore vivants : un frère et deux sœurs. L’ironie, nous sommes deux frères qui habitons l’immense maison de 30 pièces, et la demande est cosignée de mon autre frère.
Je prends l’initiative d’embaucher un avocat pour faire venir le testament, appeler la notaire et organiser une rencontre de tous les légataires. En bref, mon avocat connaissait mon frère ; les deux se foutent de ma gueule totalement. Sur la facture de mon avocat, deux heures passées avec mon frère sont facturées en honoraires.
La rigolade se poursuit par la suite avec une poursuite judiciaire de ma fratrie. Je reçois puis ma première convocation en cour, à laquelle je suis présent, et l’absence de mon frère pour une opération à l’aine est acceptée par le juge. Ma seconde convocation en cour, où mon absence pour une opération à la prostate est refusée par le juge. Mon frère, présent, exprime toute sa colère et son mépris envers ma personne, en ajoute à l’aide de son avocat payé par la succession plus qu’il pouvait en imaginer. Je perds immédiatement le procès par défaut et je suis jeté à la rue en pleine convalescence.
Quand les demandes protections est vu comme un conflit sévère de séparation et qu’il y a inversion des rôles
Il existe des injustices qui commencent par une erreur.
Et il en existe d’autres qui deviennent beaucoup plus graves lorsqu’une première interprétation finit par expliquer tout ce qui arrive ensuite.
Mon histoire est celle d’un père qui, en 2024, a demandé de l’aide parce qu’il croyait que ses enfants avaient besoin d’être protégés.
Je croyais alors que la question centrale serait simple : que vivent réellement les enfants et comment peut-on les protéger?
Je ne savais pas que, quelques années plus tard, je me retrouverais à devoir démontrer que demander de l’aide n’était pas une tentative de détruire le lien entre mes enfants et leur mère.
Je ne savais pas non plus que les précautions que j’avais prises après des menaces graves pourraient être utilisées contre moi, que la rupture de contact avec mes garçons pourrait devenir une preuve de mon désengagement, et que les enfants que je cherchais à protéger finiraient par être placés au centre même du conflit que je voulais leur éviter.
Aujourd’hui, je ne demande pas qu’on me croie simplement parce que je suis leur père.
Je demande qu’on regarde la chronologie.
Les documents.
Les décisions.
Les événements signalés.
Les paroles des enfants.
Les changements de version.
Les comportements observés.
Les conséquences sur leur vie.
Et surtout, je demande qu’on se pose une question qui, à mon avis, s’est progressivement perdue :
Est-ce que nous avons réellement protégé les enfants, ou avons-nous surtout tenté de faire disparaître le conflit visible entre leurs parents?
**Avant que tout bascule**
Pendant près de sept ans, mes garçons ont vécu une garde partagée.
Leur mère et moi avions chacun notre place dans leur vie. Ils avaient deux milieux de vie, deux parents et des habitudes bien établies.
Je n’étais donc pas un père qui venait soudainement réclamer une place qu’il n’avait jamais eue.
J’étais déjà présent.
J’étais déjà leur père au quotidien.
J’avais toujours fait partie de leur routine.
Cette réalité est importante pour comprendre ce qui s’est produit ensuite.
Parce qu’en 2024, quelque chose a changé.
Et ce changement n’est pas arrivé parce que j’aurais soudainement décidé que leur mère était incapable d’être leur mère.
Il est arrivé après que mes enfants m’ont parlé de situations qui m’ont profondément inquiété.
**2024 : quand mes enfants m’ont demandé de les protéger**
Au début de 2024, mes garçons m’ont rapporté des situations de violence, de menaces et de négligence qu’ils disaient vivre dans leur milieu maternel.
Ils m’ont parlé de choses qui leur faisaient peur.
Ils m’ont demandé de les protéger.
Et surtout, ils m’ont demandé de faire en sorte qu’ils ne soient pas retournés dans ce milieu si leur mère et son conjoint apprenaient qu’ils avaient parlé.
Je savais que je n’étais pas enquêteur.
Je savais que je n’étais pas juge.
Je savais que leurs paroles devaient être vérifiées.
Mais je savais également qu’un parent ne peut pas simplement fermer les yeux lorsqu’un enfant lui dit qu’il a peur.
Alors j’ai fait ce que je croyais être la bonne chose : j’ai demandé de l’aide.
Les faits qui ont suivi ne reposaient pas uniquement sur mon souvenir ou sur ma perception. J’ai conservé des éléments documentaires permettant de les vérifier : des enregistrements audio, des messages textes, des courriels et d’autres documents. Certains événements ont également fait l’objet de démarches auprès des autorités et d’interventions de la DPJ.
Les documents que j’ai conservés montrent que la situation familiale avait déjà fait l’objet d’interventions avant 2024. Le rapport de fermeture de la DPJ rappelle notamment qu’en 2021 certains faits d’abus physiques avaient été retenus comme fondés. Il rapporte également qu’une intervention en 2023 avait conclu à des faits fondés concernant un geste posé par le père, tout en concluant que la sécurité et le développement des enfants n’étaient pas compromis.
Puis, en 2024, un geste de violence impliquant le conjoint de leur mère a également fait l’objet d’une intervention.
Ce n’était donc pas une histoire qui commençait avec une simple dispute entre deux ex-conjoints.
Pourtant, c’est progressivement devenu le cadre dominant dans lequel toute la situation allait être interprétée : le conflit de séparation.
**Quand protéger devient suspect**
Ce qui s’est produit ensuite doit être compris dans le contexte de violence post-séparation, de menaces, d’intimidation et de contrôle coercitif dont j’ai conservé des preuves.
Des menaces de mort ont été proférées contre moi alors que mes enfants étaient présents. J’en ai conservé des éléments de preuve, notamment des enregistrements audio et des communications écrites.
Je ne présente donc pas ces événements comme une simple perception personnelle. Ils peuvent être vérifiés à partir des documents que j’ai remis ou rendus disponibles dans le cadre de mes démarches.
Je ne pouvais pas faire comme si rien ne s’était passé.
J’ai donc pris des précautions.
J’ai demandé de l’aide.
J’ai tenté de me protéger.
J’ai tenté de protéger mes enfants.
Et c’est là que j’ai commencé à vivre quelque chose que je n’aurais jamais imaginé : les précautions que j’avais prises dans un contexte de menaces et de peur ont progressivement été interprétées dans le cadre du conflit parental.
Je ne dis pas que toute intervention de la DPJ ou toute décision prise à mon égard était nécessairement animée par une mauvaise intention.
Je dis quelque chose de plus précis.
Je soutiens que le cadre d’analyse choisi a progressivement fait passer au second plan la possibilité que les enfants et moi puissions être victimes d’une dynamique de violence et de contrôle.
À mes yeux, tout revenait au conflit.
Mes dénonciations devenaient du conflit.
Mes précautions devenaient du conflit.
Mes inquiétudes devenaient du conflit.
Et mes tentatives de maintenir le lien avec mes enfants pouvaient elles aussi être interprétées dans ce même cadre.
**Les enfants pris entre deux versions**
C’est à ce moment que la situation est devenue particulièrement douloureuse.
Mes enfants avaient d’abord parlé.
Puis leurs versions ont changé.
Je dispose de communications, d’enregistrements et d’autres éléments qui documentent les circonstances dans lesquelles je leur ai dit avoir observé de la peur, de la pression et des difficultés à parler librement.
Je soutiens qu’ils m’ont par la suite expliqué avoir subi de la pression, des menaces et une peur importante de parler librement.
Je ne demande pas qu’on accepte automatiquement ma version de cette situation.
Je demande qu’on considère une possibilité essentielle lorsqu’un enfant change de version : pourquoi?
Est-ce parce que la première version était fausse?
Est-ce parce que la deuxième est fausse?
Est-ce parce que l’enfant tente de protéger quelqu’un?
Est-ce parce qu’il a peur des conséquences?
Est-ce parce qu’il est pris dans un conflit de loyauté?
Ou est-ce une combinaison de plusieurs facteurs?
Dans mon dossier, j’ai fourni des éléments que je considère pertinents pour comprendre cette dynamique : communications écrites, enregistrements audio, observations rapportées et documents provenant de différentes étapes du dossier.
Je ne demande donc pas qu’une conclusion soit tirée uniquement à partir de mon récit.
Je demande que les éléments qui permettent de vérifier le contexte soient réellement mis en relation les uns avec les autres.
Ce que je reproche au système, ce n’est pas simplement de ne pas avoir accepté ma version.
C’est de ne pas avoir suffisamment considéré, selon moi, la possibilité que le changement de version des enfants lui-même soit un symptôme de la dynamique qu’il fallait comprendre.
**Le moment où le père a disparu**
Au printemps 2024, la situation est devenue intenable.
Des démarches judiciaires ont été entreprises.
À un moment donné, la garde de l’un de mes garçons a été temporairement modifiée dans l’attente d’une rencontre avec son avocate. Puis, en avril, la Cour supérieure a ordonné la reprise de la garde partagée 7 jours sur 7 pour les deux garçons.
Puis, quelques semaines plus tard, le lien avec mes garçons s’est brisé.
À partir de mai 2024, je n’ai pratiquement plus eu de contact avec eux pendant une longue période.
Pour moi, cette rupture n’était pas l’abandon de mes enfants.
Elle était la conséquence d’une situation que je tentais de gérer dans un contexte de peur, de menaces, de procédures et de protection.
Cette chronologie est documentée par les communications, les procédures et les documents du dossier.
Mais cette nuance allait devenir fondamentale.
Parce qu’un an plus tard, mon absence allait être utilisée pour expliquer pourquoi je ne devais pas reprendre ma place.
**La fermeture du dossier : quand l’absence devient une preuve**
Le rapport de fermeture de la DPJ daté du 25 mars 2025 contient une conclusion qui demeure extrêmement difficile pour moi à accepter.
La DPJ y écrit que les enfants présentent moins de signes de détresse émotionnelle et que leur mère a su répondre à leurs besoins tout en réduisant les impacts du conflit.
Elle recommande alors la fermeture du dossier et affirme qu’il ne serait pas bénéfique pour les garçons de reprendre une garde partagée ou d’être confiés au père.
L’un des motifs invoqués est mon absence de contact avec eux depuis mai 2024.
C’est ici que je vois l’une des plus grandes inversions de mon histoire.
J’avais perdu le lien avec mes enfants.
Puis on m’a reproché d’avoir perdu ce lien.
J’étais séparé de mes enfants.
Puis cette séparation a été utilisée pour expliquer pourquoi je ne devais pas les retrouver.
L’absence était devenue la preuve.
Mais on ne peut pas comprendre une absence sans demander pourquoi elle existe.
Le rapport conclut également que je n’aurais pas montré de désir de renouer avec mes fils et que j’aurais attribué la responsabilité de la situation à mes enfants plutôt que d’assumer ma part.
Pour moi, cette conclusion ne reflétait pas ma réalité.
Je n’avais pas cessé d’être leur père.
Je n’avais pas cessé de vouloir les protéger.
Je vivais une rupture que je n’avais jamais souhaitée.
Et pourtant, cette rupture est devenue l’un des arguments permettant de maintenir cette même rupture.
**Le système avait-il réglé le problème?**
La DPJ a finalement considéré que le conflit n’avait plus d’impact significatif sur la sécurité et le développement des enfants.
Le dossier a été fermé en 2025.
Sur papier, le conflit diminuait.
Mais une question me restait : le conflit avait-il réellement disparu, ou avait-il simplement disparu parce qu’un des parents avait été écarté?
C’est une différence fondamentale.
Si deux parents se disputent constamment, éloigner l’un d’eux peut effectivement faire disparaître les disputes visibles.
Mais cela ne signifie pas nécessairement que la solution est bonne pour les enfants.
Cela peut simplement signifier que le parent absent ne peut plus participer au conflit.
**Retrouver mes enfants**
Puis, après une longue période de rupture, quelque chose d’extraordinaire s’est produit.
J’ai retrouvé mes garçons.
À partir de l’automne 2025, notre lien a recommencé à se reconstruire.
Je les ai retrouvés.
Ils m’ont retrouvé.
Et j’ai découvert que le lien que je croyais presque détruit était toujours là.
Ce moment a été extrêmement important pour moi.
Parce que je retrouvais non seulement mes enfants, mais également la preuve vivante que notre relation n’était pas morte.
Je ne prétends pas que le simple fait qu’ils soient heureux de me revoir prouve tout ce que je soutiens.
Mais cela m’a confirmé une chose : il fallait continuer à regarder leur réalité, et non simplement les conclusions écrites sur leur père.
**2026 : les problèmes que je demandais de regarder**
En 2026, de nouvelles inquiétudes concernant les garçons sont devenues importantes.
Il y avait notamment des préoccupations concernant la supervision, les difficultés scolaires, le temps d’écran, certains comportements entre les enfants et la nécessité d’un accompagnement professionnel.
J’ai demandé que ces éléments soient examinés séparément du conflit entre les adultes.
J’ai demandé notamment que les garçons ne soient jamais laissés seuls ensemble sans supervision adulte directe, que l’un ne soit jamais placé sous la responsabilité de l’autre et qu’un suivi professionnel indépendant soit mis en place.
J’ai également demandé que les éléments concernant le milieu maternel soient analysés de façon complète, notamment les difficultés scolaires, le manque allégué de supervision, le temps d’écran et certains comportements entre les garçons.
Ces demandes et les documents qui les accompagnent font partie des éléments que je suis en mesure de produire pour permettre la vérification de mon récit.
Encore une fois, je ne demandais pas simplement : « Donnez-moi la garde. »
Je demandais : « Regardez ce qui arrive aux enfants. »
Je demandais que la garde partagée puisse aussi être considérée comme une mesure d’encadrement et de protection, parce qu’elle me permettait d’être davantage présent auprès d’eux, de soutenir leur scolarité, leur routine et leurs besoins.
**Quand le système reconnaît le problème… mais ne change pas de lunettes**
J’ai aussi contesté la façon dont la situation était analysée.
J’ai demandé que les éléments ne soient pas banalisés ou automatiquement attribués au conflit parental, notamment certains comportements entre les enfants [Passage retiré : pour protéger l’identité.]
J’ai demandé que leurs changements de version et leur silence soient examinés dans le contexte des peurs et pressions que je rapportais.
J’ai demandé une nouvelle évaluation indépendante.
J’ai demandé que les enregistrements et les documents soient considérés dans leur contexte.
Et surtout, j’ai demandé que l’analyse soit faite selon leur sécurité, leur développement, leur réalité psychologique et leur intérêt, plutôt qu’à travers une lecture simplifiée du conflit parental.
La réponse que j’ai reçue à ma plainte en 2026 est révélatrice du désaccord qui persiste.
L’analyse conclut que les intervenantes avaient tenu compte de différentes sources, des documents que j’avais transmis et des enfants dans différents contextes. Elle conclut qu’elle ne pouvait pas retenir mon reproche de partialité.
Je respecte le fait que cette conclusion existe.
Mais je demeure en désaccord avec elle.
Parce que mon problème n’était pas simplement de savoir si les intervenantes avaient consulté plusieurs documents.
Mon problème était de savoir comment ces informations avaient été interprétées.
**L’été où quelque chose a changé**
Puis est arrivé l’été 2026.
Et c’est peut-être l’un des éléments les plus importants de toute mon histoire.
Après tout ce qui s’était passé, leur mère et moi étions parvenus à une entente permettant de rétablir une garde partagée à compter de la fin juin.
Pendant cette période, mes garçons ont retrouvé une réalité qu’ils connaissaient depuis des années : deux parents sur un pied d’égalité.
Et quelque chose de frappant s’est produit.
Selon mes observations, leur anxiété a diminué considérablement.
Ils étaient heureux.
Ils avaient leurs deux parents.
Ils n’étaient plus placés dans la position de devoir expliquer constamment pourquoi ils préféraient un parent ou l’autre.
La pression autour de la garde semblait diminuer.
Et surtout, je n’avais plus l’impression qu’ils étaient constamment utilisés comme messagers entre les adultes.
Lorsque chacun des parents avait son temps avec les enfants, chacun était simplement leur parent.
Il n’y avait plus un parent qui détenait la majorité du temps et un autre qui devait convaincre qu’il méritait sa place.
Il n’y avait plus le même rapport de pouvoir.
Et, selon ce que j’ai observé, les enfants semblaient aller mieux.
C’est pour moi une observation capitale.
Parce que si le conflit de séparation était véritablement le problème principal, pourquoi la garde partagée, qui aurait pu sembler susceptible d’augmenter les contacts entre les parents, a-t-elle plutôt semblé diminuer les tensions autour des enfants?
Pourquoi les garçons semblaient-ils plus heureux?
Pourquoi leur anxiété semblait-elle diminuer?
Pourquoi le conflit devenait-il moins présent lorsqu’ils avaient deux parents ayant une place équivalente?
Je ne prétends pas que cette expérience estivale constitue à elle seule une preuve scientifique.
Mais je crois qu’elle constitue un fait suffisamment important pour devoir être analysé.
**Puis est venue la rentrée scolaire**
La convention qui permettait cette garde partagée devait prendre fin avec l’arrivée de la nouvelle année scolaire.
J’espérais que l’expérience de l’été serait prise en considération.
Je pensais qu’une période pendant laquelle les enfants semblaient retrouver leur équilibre, leur relation avec leur père et leur stabilité émotionnelle constituerait un élément important pour déterminer la suite.
Mais c’est là que j’ai découvert une autre réalité.
La DPJ ne voulait pas nécessairement recommander elle-même le maintien de la garde partagée.
Sa position, telle que je l’ai comprise et telle qu’elle a été communiquée dans le cadre des démarches avec mon avocate, était essentiellement que les parents pouvaient s’entendre entre eux et que la DPJ accepterait leur entente.
Mais si nous n’arrivions pas à nous entendre, la situation demeurait un conflit.
Et si la situation demeurait un conflit, la garde pouvait revenir vers un modèle beaucoup plus majoritairement maternel.
Pour moi, cette logique crée un cercle impossible.
Si nous nous entendons, la garde partagée est acceptable.
Si nous ne nous entendons pas, le conflit est la preuve que la garde partagée ne fonctionne pas.
Mais dans ce raisonnement, personne ne demande suffisamment : pourquoi les parents ne s’entendent-ils pas?
Et surtout : que se passe-t-il lorsque les enfants sont placés au milieu de cette négociation?
**Lorsque les enfants redeviennent les messagers**
C’est ici que j’ai vécu l’une des scènes les plus douloureuses de toute cette histoire.
Mes garçons m’ont annoncé qu’ils ne voulaient plus continuer la garde partagée pendant l’année scolaire.
La raison qu’ils donnaient était le transport.
La route.
Ils disaient ne plus vouloir faire autant de déplacements.
Pourtant, pendant des années, ils avaient fait de la route.
J’avais toujours habité à une distance qui pouvait représenter environ 35 minutes à une heure de leur école ou de leur garderie selon les conditions de circulation.
Ils n’avaient jamais fait du transport un problème majeur.
Le transport avait toujours fait partie de notre réalité.
Et soudain, au moment précis où la garde partagée devait être reconduite ou non, il devenait la raison pour laquelle ils ne la souhaitaient plus.
Le hockey a lui aussi changé de place dans leur discours.
Pendant des années, le hockey avait été quelque chose qui les passionnait.
Ils en rêvaient.
Ils s’y investissaient.
Pourtant, ils ont soudainement expliqué qu’ils ne voulaient plus jouer parce qu’ils ne voulaient plus faire de route et qu’ils souhaitaient davantage de temps pour faire du toboggan avec leur mère.
Encore une fois, je ne prétends pas que les enfants ne peuvent jamais changer d’intérêt.
Bien sûr qu’un enfant peut changer d’idée.
Mais le contexte m’a profondément inquiété.
Parce que ces annonces sont arrivées en même temps que celle concernant la fin de la garde partagée.
**Ce que j’ai vu ce jour-là**
Je me souviens surtout de leur comportement.
Ils étaient visiblement troublés.
Ils avaient de la difficulté à parler.
Les phrases ne sortaient pas normalement.
Il y avait de longs silences.
Je posais des questions et ils semblaient chercher leurs mots.
Mon plus jeune a finalement quitté la conversation sans rien dire.
Il est parti.
Pour moi, ce moment a été extrêmement révélateur.
Je ne voyais pas deux enfants heureux de m’annoncer naturellement qu’ils avaient changé d’idée.
Je voyais deux garçons qui semblaient vivre quelque chose de très difficile.
Je ne peux pas savoir exactement ce qui se passait dans leur tête.
Je ne peux pas savoir avec certitude ce qu’ils avaient vécu avant de me parler.
Mais je peux décrire ce que j’ai observé.
Et je peux expliquer pourquoi cela m’a ramené à ce que j’avais déjà vécu en 2024 : la peur de dire quelque chose qui pourrait déplaire à un parent.
C’est précisément pour cette raison que j’avais demandé que leurs paroles soient toujours analysées dans leur contexte.
**Et c’est là que les enfants sont redevenus le centre du conflit**
Voilà, à mes yeux, le paradoxe le plus cruel.
La DPJ voulait réduire le conflit entre les parents.
Mais en laissant essentiellement les parents négocier eux-mêmes la garde, elle créait une situation dans laquelle les préférences attribuées aux enfants devenaient déterminantes.
La mère n’avait pas nécessairement besoin de dire : « Je ne veux pas que la garde partagée continue. »
Il suffisait que le système entende : « Les enfants ne veulent plus. »
Et soudain, les enfants devenaient les porte-paroles d’une décision qui concernait les adultes.
Je ne dis pas que leur mère leur a nécessairement dicté chaque parole.
Je dis que, compte tenu de ce que j’avais déjà rapporté et des comportements que j’avais observés, le système aurait dû être particulièrement prudent avant de considérer leurs paroles comme une expression libre et indépendante de leur volonté.
La DPJ avait connaissance de mes préoccupations concernant le conflit de loyauté et l’influence possible sur les paroles des enfants. Et pourtant, je me retrouve maintenant devant exactement le type de situation que je craignais.
**Le hockey n’est pas le véritable problème**
Je ne me bats pas pour que mes enfants jouent au hockey à tout prix.
Le hockey n’est qu’un exemple.
Le véritable problème est ce qu’il représente.
Pendant longtemps, les enfants avaient un rêve.
Puis ils ont dit qu’ils n’en voulaient plus au même moment où ils disaient ne plus vouloir faire de garde partagée.
La raison donnée était la route.
Mais la route n’était pas nouvelle.
C’était une réalité de leur enfance.
Ce qui avait changé, ce n’était pas la distance.
C’était le contexte.
Et c’est cela que je voudrais que quelqu’un examine.
**Douze jours sur quatorze**
Aujourd’hui, après la fin de la période estivale de garde partagée, mes enfants se retrouvent majoritairement dans le milieu maternel.
En pratique, cela représente environ douze jours sur quatorze.
Je ne regarde pas ces chiffres uniquement comme un père qui veut davantage de temps avec ses enfants.
Je regarde ce qu’ils signifient pour eux.
Cela signifie moins de temps avec leur père.
Moins de temps pour bénéficier de l’aide scolaire que je peux leur apporter.
Moins de temps avec leurs activités et leurs liens d’attachement dans mon milieu.
Moins de présence paternelle.
Et, selon mes préoccupations documentées, davantage de temps dans un milieu où plusieurs des difficultés que j’ai dénoncées se sont déjà manifestées.
J’avais demandé que la garde partagée puisse justement être considérée comme une mesure d’encadrement.
Je ne demandais donc pas seulement davantage de temps.
Je demandais la possibilité d’être réellement un parent.
**La stabilité scolaire contre la stabilité familiale**
On parle beaucoup de stabilité lorsqu’il est question des enfants.
L’école.
Le quartier.
Les amis.
Les activités.
La routine.
Je comprends cette importance.
Mais j’ai appris qu’il existe une autre forme de stabilité dont on parle moins : la stabilité émotionnelle.
Un enfant peut garder la même école et pourtant vivre une immense instabilité familiale.
Il peut conserver la même adresse et perdre progressivement ses repères émotionnels.
Il peut ne pas changer de classe, mais perdre une partie de son lien avec son père.
Alors je me pose cette question : de quelle stabilité parlons-nous?
Est-ce vraiment stable pour mes enfants d’avoir la même école si, en même temps, ils perdent une grande partie de leur présence paternelle, leurs activités, leurs repères dans mon milieu et la possibilité de bénéficier d’un encadrement différent?
Je ne prétends pas avoir une réponse absolue.
Mais je crois que la question mérite d’être posée.
**Le cercle qui se referme**
Quand je regarde l’ensemble des événements depuis 2024, je vois un cercle.
En 2024, mes enfants me parlent de violence, de peur et de négligence.
Je demande de l’aide.
Je fournis des éléments permettant d’appuyer mes démarches.
Le système voit un conflit entre les parents.
Le conflit devient le cadre principal d’analyse.
Les enfants sont séparés de leur père.
Puis l’absence du père devient un élément utilisé pour justifier qu’il ne retrouve pas sa place.
Le dossier est fermé.
Le père retrouve finalement ses enfants.
Les enfants semblent heureux de le retrouver.
Une garde partagée est rétablie.
Le conflit diminue.
Les enfants semblent plus heureux et moins anxieux.
Puis vient le moment où il faut décider si cette garde partagée doit continuer.
On laisse les parents s’entendre.
Les enfants deviennent alors les messagers de ce qu’ils disent vouloir.
Ils disent qu’ils ne veulent plus faire de route.
Ils disent qu’ils ne veulent plus jouer au hockey.
La garde partagée disparaît.
Et les enfants retournent majoritairement dans le milieu où j’avais demandé qu’on examine certaines difficultés.
Le cercle recommence.
**Ce que je considère comme la véritable injustice**
Je ne considère pas que mon histoire soit simplement celle d’un père à qui l’on a refusé suffisamment de journées de garde.
Ce serait beaucoup trop simple.
Mon histoire est celle d’un système qui, selon moi, a progressivement transformé une situation documentée de violence post-séparation, de menaces, d’intimidation et de contrôle coercitif en un problème principalement défini comme un conflit entre deux parents.
Et cette transformation a eu des conséquences.
Lorsque je demandais de la protection, je devenais celui qui alimentait le conflit.
Lorsque je prenais des précautions après des menaces documentées, ces précautions pouvaient être perçues comme de l’instabilité.
Lorsque mes enfants perdaient leur père, cette perte devenait ensuite une justification pour maintenir la distance.
Lorsque mes enfants retrouvaient leur père et semblaient aller mieux, cette amélioration n’a pas nécessairement entraîné une recommandation de maintenir la garde partagée.
Et lorsque les enfants ont de nouveau exprimé une préférence, leurs paroles risquaient de redevenir l’outil permettant de déterminer lequel des parents aurait davantage de pouvoir.
C’est cela que j’appelle l’inversion des rôles.
**Je ne demande pas qu’on me croie**
Je sais que mon récit est celui d’un père.
Je sais que je ne suis pas un observateur neutre de ma propre vie.
Je sais également que la mère de mes enfants a sa propre version de l’histoire.
Je ne demande donc pas qu’on publie mon récit comme s’il constituait à lui seul la vérité judiciaire.
Je demande exactement le contraire.
Je demande qu’on vérifie.
J’ai des documents.
Des courriels.
Des messages.
Des enregistrements.
Des documents judiciaires.
Des rapports.
Des événements policiers.
Des documents scolaires.
Des communications avec la DPJ.
Des demandes écrites.
Et une chronologie.
Je veux que chaque élément important de mon histoire puisse être confronté aux documents qui existent.
Je ne demande pas un traitement privilégié.
Je demande une analyse complète.
**Deux enfants, deux parents, une question**
Au fond, toute cette histoire devrait revenir à mes deux garçons.
Pas à leur mère.
Pas à moi.
Pas à la DPJ.
Pas aux avocats.
Pas aux tribunaux.
À eux.
Ils ont besoin de pouvoir aimer leur mère sans avoir peur de décevoir leur père.
Ils ont besoin de pouvoir aimer leur père sans avoir peur de décevoir leur mère.
Ils devraient pouvoir dire qu’ils veulent aller chez leur père sans que cela soit interprété comme une attaque contre leur mère.
Ils devraient pouvoir dire qu’ils veulent rester chez leur mère sans que cela soit interprété comme une attaque contre leur père.
Ils devraient pouvoir changer d’idée sans que leurs paroles deviennent immédiatement une preuve utilisée contre l’un des deux.
Et surtout, ils ne devraient jamais avoir à choisir.
**La question que je voudrais laisser derrière moi**
Je ne sais pas si mon histoire changera quelque chose.
Je ne sais pas si quelqu’un qui la lira sera d’accord avec moi.
Je ne sais pas si les décisions qui ont été prises seront un jour considérées autrement.
Mais je sais ce que j’ai appris.
J’ai appris qu’une institution peut vouloir protéger un enfant tout en se trompant sur ce qui le menace réellement.
J’ai appris qu’un conflit visible n’explique pas nécessairement toute la violence invisible.
J’ai appris qu’un parent peut être tellement concentré sur la protection de ses enfants qu’il finit par devenir, aux yeux de certains, le parent problématique.
J’ai appris qu’une absence peut être interprétée sans qu’on demande toujours pourquoi elle s’est produite.
J’ai appris que les enfants peuvent être protégés du conflit des adultes en théorie, tout en étant placés au centre de celui-ci en pratique.
Et surtout, j’ai appris quelque chose que je n’oublierai jamais : un enfant ne devrait pas avoir à choisir entre dire la vérité et protéger un parent.
C’est pourquoi je ne demande pas qu’on choisisse mon camp.
Je ne demande pas qu’on condamne leur mère.
Je ne demande pas qu’on condamne la DPJ.
Je demande que l’on regarde les faits.
Que l’on regarde ce qui s’est passé avant.
Que l’on regarde ce qui s’est passé après.
Que l’on regarde les enfants lorsqu’ils parlent.
Mais aussi lorsqu’ils se taisent.
Qu’on regarde leurs comportements.
Leurs changements.
Leur anxiété.
Leur bonheur.
Leur détresse.
Qu’on regarde ce qui s’est produit lorsque leurs deux parents ont retrouvé une place égale.
Et qu’on se demande honnêtement pourquoi cette période qui semblait, selon mes observations, réduire leur anxiété et les rendre heureux n’a pas suffi à faire considérer le maintien de cette stabilité comme une possibilité sérieuse.
Je ne demande pas qu’on choisisse mon camp.
Je demande qu’on cesse de demander aux enfants de choisir.
Parce qu’au bout de cette histoire, il ne devrait pas y avoir un père gagnant et une mère perdante.
Il devrait seulement y avoir deux enfants qui peuvent enfin être des enfants.
Et deux parents qui ont chacun le droit d’être leurs parents sans que les enfants aient à porter le poids de leurs désaccords.
Quand le système judiciaire et la DPJ décident de devenir les agents du harcèlement criminel d’un désaxé
Ce que je vous écris ici fait partie de ma thèse de doctorat en lettres (volet création). Ce que je vais vous raconter est véridique. Je n’ai changé que les noms pour éviter d’éventuelles poursuites en diffamation de la part de la femme et de l’enfant de mon bourreau. Car la situation que je décris ici montre à quel point le système judiciaire et celui de la protection de la jeunesse peuvent être instrumentalisés dans le but d’intimider, de harceler et de terroriser de simples citoyens.
Mon père était l’un d’eux. Autochtone adopté illégalement par des Blancs dans les années 1950, il a fait des études supérieures à l’UdeM avant de bifurquer vers l’informatique. J’ai grandi dans un milieu pauvre : ma mère est retournée aux études, elle aussi, pour apprendre le métier d’hôtelière. Néanmoins, on s’est toujours débrouillés et je n’ai jamais manqué de quoi que ce soit. Mes parents sont des gens décents, bons et honnêtes.
En 1987-1988, mon père a commencé à travailler pour une firme informatique [Passage retiré : atteinte à la réputation.]. Or, nous vivions sur la Rive-Sud de la métropole et mon père devait faire de longues heures dans le trafic. Au bout d’un certain temps, le chef d’entreprise l’a renvoyé sans même lui donner sa cessation d’emploi ni une paie de départ. Par contre, au bout de deux semaines, il a voulu réengager mon père. Appelons cet homme Léon Fox : Léon parce qu’il avait des liens avec le crime organisé, comme Léon du film « Le Professionnel » de Luc Besson, et Fox parce que j’ai connu un gars qui était mythomane et qui disait s’appeler « Fox ».
Bref, Léon Fox a supplié mon père de revenir travailler pour lui. Comme ma mère s’inquiétait beaucoup pour l’argent, mon père a accepté. Léon a mis beaucoup de pression pour que nous nous rapprochions du lieu de travail. Il nous a référés à son courtier hypothécaire et à sa courtière immobilière de la région. J’avais huit ans lorsque nous avons déménagé dans la couronne nord de la métropole. La courtière nous avait chaudement recommandé un quartier en particulier, situé près d’une école publique très bien cotée dans la région.
Dès que nous avons déménagé, les problèmes ont recommencé au travail de mon père. Quant à ma mère, elle voulait tant se faire des amis et briser la solitude qu’elle s’est liée d’amitié avec les épouses du quartier. Nous ne savions pas qu’elles faisaient partie d’une dérive sectaire. Pour être acceptés, il nous fallait nous conformer aux exigences du groupe religieux affilié. Léon Fox aussi faisait partie de ce groupe religieux. Les membres du groupe savaient qu’il avait des liens avec le crime organisé et qu’il mentait de manière pathologique, mais personne ne le dénonçait aux Anciens du groupe.
Très vite, mon père s’est rendu compte que ses chèques de paie ne passaient pas, qu’il devait quand même faire des heures supplémentaires et que Léon Fox achetait et consommait de la cocaïne au travail, dissimulée dans une bouteille de décongestionnant nasal. En 1989, lors d’une correction mineure à faire sur un logiciel vendu par l’entreprise, il a réalisé que celui-ci était en fait piraté. Léon Fox achetait des logiciels comptables pour y faire des modifications et les revendre comme des programmes originaux. Ensuite, mon père a tenté de faire entrer le syndicat pour y mettre de l’ordre. Un midi, alors qu’il avait pris l’habitude de faire changer son chèque de paie en argent comptant à la banque de l’émetteur, il a vu son patron courir à toutes jambes pour faire arrêter et annuler les chèques de paie de tous les employés. Il dînait avec les membres du syndicat et des avocats du contentieux dans un restaurant juste en face et il pouvait voir, par les grandes vitrines de la banque, Léon Fox s’égosiller, sniffer et faire sa crise devant les comptoirs des commis. Des membres haut gradés du crime organisé venaient au travail de mon père et demandaient à parler à Léon Fox. Ils étaient armés et très intimidants. C’est là que mon père s’est organisé pour se faire mettre à la porte. Rien de grave. Que des retards accumulés, des absences non motivées. Léon a fini par le mettre dehors et a demandé à sa femme, la « comptable désagréable — pas agréée du tout », d’émettre la cessation d’emploi et la paie de départ.
Un mois plus tard, mon père n’avait toujours pas de prestations de chômage. En fait, Léon Fox avait refait la cessation d’emploi (elles étaient manuelles dans le temps) et avait déclaré une fausse cessation, alléguant de la fraude et du vol. Mon père était bloqué. Il a reçu une lettre disant qu’il devait des milliers de dollars à l’assurance-emploi et qu’il lui était interdit de refaire une demande pour une durée déterminée. Ensuite, mon père a tenté de se trouver un autre emploi : Léon Fox lui a envoyé une poursuite pour bris de contrat. Le contrat de mon père stipulait qu’il ne pouvait plus travailler en informatique à vie sur le territoire du Québec s’il venait à démissionner de l’entreprise de Léon Fox ou à se faire licencier.
À l’automne 1989, je suis revenue de l’école et des voitures de police encerclaient ma maison. Mon père était accusé de piratage informatique. Nous venions de nous faire fouiller au grand complet par la police et Fox se berçait dans notre chaise en rotin, au beau milieu du salon. Il se prélassait comme un pacha. En me voyant, il a commencé à proférer des menaces à peine voilées. Les policiers ne l’ont jamais averti. Ils faisaient la sourde oreille. Ensuite, il a commencé à me suivre de la maison à l’école et vice-versa. Il me proposait des bonbons, d’entrer dans sa voiture, etc. Il s’est mis à discuter avec mon enseignante titulaire de 4e année, qui allait à la même assemblée religieuse que lui. Elle a tenté de me suivre en voiture, m’a demandé si j’avais une clé dans le cou, etc. Elle s’est mise à appeler à toute heure du jour et du soir pour mettre de la pression sur ma mère. Cela a abouti à des dénonciations à la DPJ. À l’époque, la DPJ s’attaquait aux « enfants à clé dans le cou ». La DPJ est venue à l’école pour tenter de me faire parler à plusieurs reprises contre mes parents. J’ai toujours refusé et ma mère a dû intervenir pour faire cesser ce manège. À l’époque, les travailleurs sociaux pouvaient se faire passer pour des orthopédagogues en maths (j’étais pourrie en maths, donc c’était le prétexte parfait) pour faire parler un enfant.
Parallèlement, mon père était en procédures judiciaires au civil contre Léon Fox. Ensuite, ça s’est étendu au criminel puisque Léon Fox a dit que mon père consommait et vendait de la drogue, ce qui était faux. Nous avons eu une deuxième saisie où les policiers n’ont absolument rien trouvé. L’enquêteur a même fini par accepter de témoigner pour mon père dans cette affaire. Le voisinage insistait pour que nous nous fassions baptiser afin d’être « protégés » contre les agissements de Léon Fox. Lorsque ma mère a refusé, tout le quartier s’est retourné contre nous. J’ai subi deux agressions à caractère sexuel par des membres de ce groupe sectaire : une agression perpétrée par un jeune de seize ans et une par un homme de cinquante ans environ. Les deux faisaient partie de la secte et m’ont confié l’avoir fait à la demande de « Léon Fox ». La première agression a eu lieu lorsque j’avais neuf ans et demi ; lors de la seconde, j’avais dix ans et demi, peu avant notre départ précipité et définitif de la région. J’y viendrai plus tard.
Mon père ne pouvait plus du tout travailler et la DPJ se servait de cela pour tenter de me retirer à mes parents. Mon père a fini par se trouver un emploi dans le nord de l’Ontario. Pendant ce temps, je restais seule avec ma mère sur la Rive-Nord de Montréal. Nous étions terrorisées. Il n’y avait pas une journée où des avocats, un huissier, la DPJ ou même la police municipale ne nous harcelaient sur le pas de notre porte. Un soir, je suis revenue à la maison et le faux orthopédagogue m’attendait dans le salon. Il disait à ma mère qu’il pouvait partir avec moi sans mandat et que, désormais, la DPJ avait ma garde. Or, j’avais vu la voiture de Fox garée tout près de la maison en marchant : une Mercedes blanche, série 300 Sedan. J’ai fait une crise et j’ai refusé de le suivre. Ma mère lui a demandé sa carte professionnelle et de revenir avec un huissier et la police. Le travailleur social / faux orthopédagogue a promis de le faire, mais il n’est pas revenu. Ma mère a appelé l’avocate criminaliste de mon père. Ce n’était pas son domaine d’expertise, mais elle a quand même fait des recherches. Plus de 1 000 $ de dettes plus tard pour ladite recherche, nous avons appris que le monsieur maigre aux petites lunettes rondes et aux cheveux bruns clairsemés sur la tête était en arrêt maladie, payé par la CSST à l’époque. Il n’avait aucun droit de se présenter chez des gens pour partir avec un enfant. Toutefois, il était bel et bien travailleur social de la DPJ et il faisait partie de la congrégation sectaire au cœur de notre problème.
Ma dernière année sur la Rive-Nord a été un véritable enfer. Ma mère a décidé de vendre la maison sans mettre de pancarte, ce qui était risqué pour l’époque puisque nous n’avions pas les réseaux sociaux pour promouvoir un immeuble à vendre. Elle a fait affaire avec un cousin adoptif de mon père. Il travaillait près de Repentigny. Nous avons vendu la maison et mes parents sont passés chez le notaire vers la fin de mon année scolaire, pour une prise de possession rapide. Mon père est descendu du nord de l’Ontario pour finaliser la transaction. Cette fois-là, ils ont demandé à ma voisine d’en face de me garder. Or, son conjoint de l’époque, un motard libéré depuis peu de Bordeaux, m’attendait caché dans la chambre à coucher, en caleçon. La femme est sortie en faisant l’aveugle. L’homme m’a agressée. J’avais dix ans et demi. Il a ensuite parlé avec des amis au téléphone. Il parlait de vente, de profit… J’ai compris qu’il parlait de moi. Comme mes parents tardaient à revenir, il s’est senti obligé de me faire cuire des pâtes trop molles à la soupe aux tomates Aylmer. Encore aujourd’hui, je suis incapable de manger des spaghettis trop cuits et de la soupe Aylmer. Je trouve que ça goûte le quinquagénaire sale. Lui aussi m’a dit que ses gestes étaient « un cadeau de Fox ». J’avais trop peur et j’étais trop dégoûtée de ma personne pour dénoncer tout ce qui s’était passé. Il m’a questionnée longuement sur mes plans d’été, quand mon école finissait, où j’irais. J’ai senti le danger et j’ai préféré lui mentir. J’ai pondu un truc plausible : mes parents n’ont plus d’argent. Je n’irai nulle part. Et puis, ma mère m’avait fait promettre de cacher notre départ à tout le monde. C’était un secret.
Nous nous sommes sauvés en catimini, en pleine nuit. Puis, mon père est retourné en Ontario pour le travail. Ma mère et moi, nous nous cachions dans un chalet d’été qui avait appartenu à un oncle de mon père, au fin fond des bois. Mon père, quant à lui, devait revenir souvent à Montréal pour préparer le procès au civil. Léon Fox retardait le tout depuis longtemps. Il changeait d’avocat tous les mois, si ce n’était pas plus souvent, selon les dires de mon père. Mon père avait un ami qui était coaccusé. Je vais l’appeler Karl. Karl a eu le même genre de traitement, sans compter que sa femme était en postpartum et venait d’avoir un bébé. Une autre coaccusée, Jess, était une jeune programmeuse prometteuse. Elle était enceinte de six mois. Elle a signé une entente à l’amiable pour s’éviter une alerte bébé à la DPJ. Elle a accepté de ne plus jamais travailler en informatique de sa vie. Karl a tenté de fonder son entreprise d’informatique. Elle a été fermée. Fox a engagé un détective privé pour espionner mon père et Karl. Il s’est servi d’un précédent casier judiciaire chez Karl pour le faire plier. Il a aussi utilisé la DPJ et la police locale pour parvenir à ses fins. Le frère et les parents de Karl buvaient fréquemment de l’alcool. La DPJ a prétendu que la famille tout entière était « alcoolique fonctionnelle » et que Suzie, la femme de Karl, était bipolaire schizophrène. En 1990, Karl a plaidé coupable de piratage informatique et a payé 5 000 $.
Léon Fox, voyant qu’il allait perdre devant mon père, a décidé de laisser tomber les charges. Il l’a fait non sans le noircir dans un communiqué de presse incendiaire.
Le cas de mon père a été médiatisé. Il est passé dans une émission de type « J.E. » et je crois bien que c’était Gaétan Girouard qui pourchassait mon père, Karl et Jess dans la rue devant le palais de justice. Je n’en veux pas à M. Girouard, paix à son âme. Il ne faisait que son travail.
Bien que mon père ait été blanchi complètement et que son dossier ait été effacé, l’histoire nous a suivis pendant de nombreuses années. Les articles de journaux entourant le plaidoyer de culpabilité de Karl ont été traduits en anglais dans « The Montreal Gazette ».
Je parle aujourd’hui parce que Léon Fox est décédé [Passage retiré : atteinte à la réputation.]. Quand on recherche sous son vrai nom, il y a au moins cinq jugements rendus [Passage retiré : atteinte à la réputation.] à son nom sur le site de SOQUIJ, sinon plus (recherche effectuée en préparation de mon projet). Il était quérulent et il utilisait [Passage retiré : atteinte à la réputation.] pour procéder à des saisies avant jugement : une méthode très efficace pour intimider quelqu’un. Un juge de la Cour du Québec a osé le lui reprocher dans un jugement [Passage retiré : atteinte à la réputation.] rendu en sa défaveur. Il a continué d’embaucher de jeunes programmeurs sortis de l’école sans les payer correctement, avec des contrats douteux, comme il l’avait fait avec mon père, Karl et Jess. Une brève recherche sur SOQUIJ, il y a de cela quelques années, m’a montré un jugement en sa défaveur — encore! — au Tribunal du travail. [Passage retiré : atteinte à la réputation.]
[Passage retiré : atteinte à la réputation.] Peu de temps après son décès, sa nouvelle compagnie — une parmi des dizaines ouvertes, puis fermées et radiées pour diverses raisons — a été reprise. [Passage retiré : atteinte à la réputation.]
— E.Z.
Quand la lumière s’allume
J’étais dans la vingtaine. Deux semaines après mon arrivée dans une ville, de violents maux de tête ont commencé. Très vite, d’autres symptômes sont apparus : j’avais de la misère à lire, les lettres se mélangeant à l’écran, et j’avais des moments d’absence où j’arrêtais de parler en plein milieu d’une phrase pendant un appel audio en ligne avec ma mère. Je sentais que quelque chose de grave n’allait pas, alors j’ai pris un taxi pour aller à l’urgence.
En arrivant au triage, j’ai dit à l’équipe soignante que je pensais faire un AVC. On ne m’a pas crue. D’après ce que ma mère m’a raconté plus tard, ils lui ont dit que c’était probablement d’ordre émotionnel.
Pourtant, quelques heures plus tard, en observation, j’ai fait ma première crise d’épilepsie. Là, il n’y avait plus de doute : c’était sérieux. Ils ont eu beaucoup de difficulté à trouver la lésion au cerveau. Si on m’avait prise en charge dès mon arrivée, les séquelles auraient sans doute été bien différentes. J’ai frôlé la mort deux fois. Les médecins ont dû m’opérer d’urgence et me plonger dans un coma artificiel pendant cinq semaines pour limiter les dégâts d’un grave AVC.
Au réveil, j’étais complètement dans les vapes et, pour ma famille, le choc a été brutal : paralysie du côté droit, troubles cognitifs et incapacité totale à parler. Même en réapprenant tout à partir de zéro, plusieurs de mes capacités ne sont jamais revenues.
Après neuf mois passés entre l’hôpital et la réadaptation intensive, la réalité m’est tombée dessus. Je me suis retrouvée à habiter dans une résidence pour personnes vivant avec une déficience intellectuelle, alors que j’avais un diplôme universitaire en poche. J’avais besoin d’aide pour presque tout au quotidien, sans être déclarée inapte pour autant. Au début, je croyais sincèrement que ma vie était finie. Ça a été d’une grande violence. Du jour au lendemain, dans la vingtaine, je devais faire une croix sur tous mes projets : travailler, choisir où j’allais habiter, m’acheter une maison, avoir une famille, avoir mes permis de conduire. Tout s’écroulait, et ni moi ni mes proches ne pensions à des démarches judiciaires dans un moment où on essayait simplement de survivre.
Plus tard, en participant à des groupes de discussion pour la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC, j’ai compris que je n’étais pas seule : il y a des biais bien réels et une sous-évaluation médicale quand ces problèmes arrivent à des femmes, surtout quand on est jeune.
J’ai ensuite cherché à comprendre mon parcours, que je ne pouvais pas me rappeler moi-même à cause de mes pertes de mémoire. Au total, j’ai été transférée dans trois hôpitaux dans la même ville, à commencer par celui où j’avais fait mon admission à l’urgence. Quand j’ai finalement demandé mon dossier médical, il n’y avait absolument rien sur ce premier hôpital, aucune note sur mon passage à l’urgence. Dans tout ce parcours, personne ne m’a jamais dit qu’il existait des recours possibles en responsabilité civile contre un hôpital ou des soignants.
Des années plus tard, quand j’en ai parlé à un autre médecin, il a désapprouvé ma démarche, comme si c’était malvenu de poser des questions sur les soins reçus. Aujourd’hui, le délai est dépassé et je ne peux plus rien faire. Entre les dossiers incomplets, la mémoire qui manque et tout le temps que ça prend juste pour réapprendre à vivre, le système avait refermé ses portes avant que la lumière ne s’allume.
Je suis une Mamy
Je suis une Mamy a cause dpj je ne vois plus mes petits – enfants depuis 5 ans dont un est autiste, nous les grand parents aussi on a brimé nos droits, il faut démanteler la DPJ et faire un nouveau DPJ avec des bonnes valeurs.
Ceci doit cesser!
Ce que ça coûte, se défendre seul
Mon mari et moi avons déposé une demande au Tribunal administratif du logement en mars 2023.
Dès le départ, nous avons frappé un premier mur. L’agente de location de l’immeuble ne nous avait jamais communiqué le nom du véritable locateur, et l’adresse qu’on nous avait transmise était celle du gestionnaire d’immeuble, à Montréal, plutôt que celle du locateur, à Québec.
Nous avons donc déposé notre demande au nom de la mauvaise entité. Il a fallu faire des recherches nous-mêmes pour trouver qui poursuivre. Au total, nous avons dû produire trois amendements.
À la première audience, une conférence de gestion en août 2023, la partie adverse s’est objectée et a exigé que la demande soit reprise au nom du véritable locateur. Dans la foulée, le gestionnaire d’immeuble a été ajouté au dossier comme partie intéressée.
Or, selon les Règles de procédure du Tribunal administratif du logement, une personne qui veut intervenir dans une demande à laquelle elle n’est pas partie doit produire une requête, et cette requête doit être notifiée à toutes les parties avant l’audience.
Nous n’avons jamais rien reçu. Ni l’intention d’ajouter un tiers, ni l’acte de représentation avec les coordonnées de l’avocate.
Nous avons appelé le Tribunal, écrit au Tribunal, et nous nous sommes déplacés en personne pour comprendre ce qu’était une partie intéressée et ce que nous devions faire. La seule réponse obtenue a été d’attendre le jour de l’audience pour porter la question à l’attention du juge.
Dix mois d’attente, puis dix minutes
Dix mois se sont écoulés avant la deuxième audience, en mars 2024.
C’est moi qui avais monté le dossier de A à Z. J’ai demandé à agir comme mandataire de mon mari. La juge administrative a refusé.
Mon mari n’était pas préparé à plaider. Nous avons demandé une remise. Refusée.
Pourtant, l’article 29 des Règles de procédure prévoit qu’à l’audience, le membre peut, d’office ou sur demande écrite ou verbale d’une partie, remettre ou ajourner l’audience à une date ultérieure.
La juge a accordé dix minutes pour que j’explique la totalité du dossier à mon mari. Dix minutes pour transmettre des années de documentation.
Elle a refusé de prendre la preuve. Elle a refusé la remise. Elle a refusé que je sois mandatée.
Et elle a accepté que la cause soit plaidée par l’avocate d’un tiers ajouté au litige sans qu’aucun acte de procédure à cet effet n’apparaisse au plumitif.
Nous sommes ceux dont parle le guide du Barreau
Le Barreau de Montréal publie un guide pour les avocats qui font face à une partie non représentée. On y décrit les personnes qui agissent seules. Nous entrons dans la deuxième catégorie : les parties ayant des ressources restreintes. Trop riches pour l’aide juridique, mais trop pauvres pour être représentées par avocat.
Ces personnes n’ont d’autre choix que d’agir seules ou de renoncer à exercer leurs droits.
C’est exactement notre situation.
Les frais s’accumulent
La production des documents devait se faire en quatre copies : une pour chaque partie, une pour le tribunal. Notre cause portait sur dix-sept ans. Preuves photo, copies de conversations, courriels. Les frais de reproduction ont tourné autour de 3 000 $.
Nous avons dû faire signifier une citation à comparaître en urgence : plus de 350 $.
Et à cause de l’ajout du tiers au dossier, le nombre de significations est passé de deux à trois.
Ce sont des milliers de dollars que nous ne reverrons jamais.
La plainte au syndic
J’ai déposé une demande d’enquête au Bureau du syndic du Barreau du Québec.
La première réponse est arrivée en décembre 2024. Le syndic adjoint m’écrivait que ma demande soulevait, à première vue, des questions sérieuses — mais que le Bureau du syndic ne peut pas intervenir dans un dossier judiciarisé pour des questions de gestion d’instance, qu’il s’agisse de délais non respectés, de demandes de remise, de procédures ou de la progression d’un dossier. Il me renvoyait au Tribunal administratif du logement.
Un mois plus tard, il m’informait finalement avoir écrit à l’avocate pour obtenir ses explications, tout en précisant que si je souhaitais une compensation, je devais m’adresser aux tribunaux de droit commun, et qu’il me suggérait de retenir les services d’un avocat de pratique privée.
En mars 2025, on m’écrivait que l’enquête était toujours en cours.
En avril 2025, après quatre mois, j’ai écrit pour exprimer mon incompréhension. Trois réponses successives : d’abord qu’on ne pouvait pas m’aider, ensuite qu’on avait écrit à l’avocate, puis que l’analyse n’était toujours pas complétée.
J’ai demandé la fermeture du dossier. Elle a été faite le jour même.
Le Conseil de discipline
J’ai déposé une plainte privée au Conseil de discipline du Barreau du Québec.
Une première audience a dû être reportée parce qu’une des trois juges n’arrivait pas à accéder à la preuve. L’audience a finalement eu lieu en novembre 2025.
Dans mon cartable de preuve, j’avais inclus une copie de mon plaidoyer, pour permettre aux juges de suivre un dossier déjà complexe. La présidente a interprété ce document comme une nouvelle plainte, alors qu’il était clairement identifié comme un plaidoyer. On m’a fait l’introduire comme telle, les trois juges se sont prononcées, et l’ont refusée.
J’étais déstabilisé au point de ne pas avoir introduit un élément de preuve important.
Le Conseil a néanmoins accepté en preuve le plumitif du Tribunal administratif du logement, où l’on constate l’absence de tout acte de procédure concernant l’ajout d’un tiers au litige.
La question demeure entière : comment un tiers a-t-il été ajouté à un litige sans qu’aucun acte de procédure n’apparaisse au plumitif?
Mon témoignage a été écarté en deux lignes dans la décision.
L’appel : quand la signification devient l’obstacle
J’ai voulu porter la décision en appel au Tribunal des professions.
Je me suis présenté en personne au palais de justice le 29 décembre 2025, dernière journée du délai. Mon dépôt a été accepté et j’ai payé les frais d’ouverture de dossier.
Quatorze jours plus tard, on m’informait que ma procédure ne pouvait pas être acceptée comme déclaration d’appel, et qu’il fallait la faire signifier par huissier.
C’est là que tout s’est arrêté.
J’ai demandé huit soumissions. Toutes les études sont situées dans le même secteur. Le Conseil de discipline se trouve à moins de 500 mètres, l’autre destinataire à environ 4,5 kilomètres.
Pour un mandat identique, les estimations variaient de plus de 200 $. On me demandait 460 $ pour deux significations. Des frais administratifs de 95 $, des frais de gestion de 17 $, une ouverture de dossier facturée par adresse, et 2 $ la photocopie.
J’ai écrit à la Chambre des huissiers de justice pour comprendre l’application du tarif. Je n’ai obtenu aucune réponse à mes questions, et on m’a plutôt avisé que mon dossier avait été transféré au département des plaintes — ce que je n’avais jamais demandé.
J’ai informé le greffe du tribunal de mes démarches et des obstacles rencontrés, simplement pour laisser une trace. On m’a répondu qu’on n’était pas autorisé à me donner des renseignements de nature juridique ni sur les tarifs des huissiers. Je n’avais rien demandé de tel.
J’ai finalement écrit au président du Tribunal des professions pour lui demander s’il était possible de faire signifier autrement que par huissier, parce que je n’en avais pas les moyens.
Il a refusé, en ajoutant qu’il ne voyait aucune raison de déroger.
J’ai finalement trouvé un huissier à 190 $. Si ce tarif avait été appliqué dès le départ, la signification aurait été faite des semaines plus tôt.
Le silence du greffe
À partir d’un certain moment, la greffière a cessé d’accuser réception de mes courriels.
J’ai demandé une version dactylographiée d’une décision manuscrite partiellement illisible. Aucun accusé de réception à ma demande initiale, ni à ma relance trois semaines plus tard.
Quand je me suis déplacé aux archives du palais de justice, on a refusé de me remettre une copie du plumitif complet. Un acte déposé par la partie adverse ne se trouvait pas au dossier — la greffière l’a trouvé à part. Et mon courriel de demande n’apparaissait nulle part.
Pour une personne qui se représente seule, l’absence d’accusé de réception est un problème majeur. On ne sait jamais si ce qu’on envoie existe.
La suite
L’appel a été rejeté. J’ai déposé un pourvoi en contrôle judiciaire : 308 $ de plus en frais d’ouverture, plus les frais de signification.
La signification s’est mal déroulée. Les procès-verbaux comportaient une erreur d’en-tête et un mauvais code de chambre. L’étude d’huissiers a produit des versions amendées sans nouvelle signification aux parties. J’ai contesté la facturation, notamment des frais d’ouverture facturés une seconde fois et des frais de gestion internes.
L’étude m’a remboursé les frais d’ouverture, puis a fermé mon dossier en m’invitant à m’adresser ailleurs.
J’ai déposé une demande d’enquête à la Chambre des huissiers de justice. On m’a répondu disposer d’un délai de 90 jours en vertu du Code des professions.
Je n’ai toujours pas de réponse.
Ce que je retiens
À chaque palier, il y a eu un obstacle, et chaque obstacle a coûté de l’argent.
Le refus qu’une conjointe agisse comme mandataire. Le refus d’une remise. Dix minutes pour transmettre un dossier de dix-sept ans. Quatre copies exigées par instance. Une signification par huissier obligatoire, sans exception possible pour celui qui n’en a pas les moyens.
Le Règlement sur la procédure devant le Tribunal administratif du logement énonce pourtant son propre objectif : assurer l’accessibilité, la qualité et la célérité de la justice, l’application juste, simple, proportionnée et économique de la procédure, et le respect des personnes qui apportent leur concours à la justice.
Nous avons été privés de chacun de ces éléments.
Une suggestion, pour finir. Le Tribunal des professions et le Conseil de discipline exigent chacun quatre copies du dossier, et ils peuvent condamner aux débours. Ils pourraient faire leurs propres copies et ajouter le montant aux débours par la suite. Cela réduirait les frais pour le justiciable et permettrait un accès plus équitable.
Ce n’est pas compliqué. Ça ne coûterait rien à personne. Et ça changerait beaucoup de choses pour ceux qui se représentent seuls.
Mon histoire: Une mère qui aimerais retourver son fils
Mon histoire : une mère qui aimerait retrouver son fils
Aujourd’hui, mon garçon a 10 ans.
Si je raconte mon histoire, ce n’est pas pour prétendre être une mère parfaite. Je ne le suis pas et je ne l’ai jamais prétendu. J’ai fait des erreurs dans ma vie, j’ai vécu des périodes difficiles, mais j’ai toujours essayé de faire de mon mieux pour mes enfants. J’ai aussi travaillé sur moi-même, réfléchi à mes erreurs et fait des démarches pour devenir une meilleure mère.
Ce que j’aimerais aujourd’hui, c’est simplement que mon histoire soit entendue dans son ensemble.
Le souhait de mon garçon et le retour progressif
Avant le premier jugement de 2024, mon garçon exprimait le désir de revenir vivre avec moi et de continuer à fréquenter son école.
Dans le jugement, il était prévu qu’un retour progressif à la maison puisse être mis en place.
Je croyais donc que les choses allaient progressivement permettre à mon garçon de retrouver sa mère, sa maison et sa vie familiale.
Malheureusement, selon ce que j’ai vécu par la suite, c’est le contraire qui s’est produit.
Au lieu d’un retour progressif, mes contacts avec mon garçon ont diminué jusqu’à devenir pratiquement inexistants.
L’orthophonie : une démarche faite pour son bien
Mon garçon avait un suivi en orthophonie au public. Ce suivi s’est terminé.
Comme je demeurais préoccupée par ses difficultés langagières, j’ai fait des démarches auprès de son médecin de famille afin qu’il puisse continuer à recevoir les services dont il avait besoin.
C’était également important pour moi parce que l’ordonnance de la cour prévoyait que mon garçon reçoive les soins de santé requis par son état, notamment les suivis nécessaires en lien avec ses difficultés langagières.
J’ai donc demandé à son médecin de famille une prescription afin que mon garçon puisse être vu en orthophonie au privé.
Son médecin de famille considérait elle aussi qu’il était important qu’il puisse recevoir ce suivi, et m’a prescrit la démarche nécessaire.
Pour moi, c’était simplement une mère qui cherchait une solution pour son enfant après la fin de son suivi au public. Une démarche qui était par ailleurs ordonnée par le tribunal.
Je n’ai pas fait cette démarche pour aller contre une décision ou pour nuire à qui que ce soit. Je l’ai faite parce que je croyais agir pour le bien-être de mon garçon.
Et pourtant, cette démarche m’a par la suite été reprochée et a été utilisée dans l’évaluation de mes capacités parentales, jusqu’à contribuer au retrait de mes droits parentaux.
C’est quelque chose que je trouve profondément difficile à comprendre.
J’aimerais que l’on puisse regarder cette situation dans son contexte. J’ai consulté le médecin de mon garçon, j’ai obtenu une prescription, et j’ai cherché un service d’orthophonie privé parce que son suivi au public était terminé et que je demeurais préoccupée par ses besoins.
Mes inquiétudes concernant la sécurité de mon garçon
Mes inquiétudes concernant mon enfant ne sont pas apparues sans raison.
Il y a notamment eu un événement concernant son cou. [Passage retiré : atteinte à la réputation.]
Après cet événement, mon garçon n’était plus capable de bouger normalement son bras et, selon ce que j’ai constaté, il a été incapable de le bouger pendant environ une semaine.
Devant cette situation, je l’ai amené consulter un médecin.
Le médecin a examiné mon garçon, a pris des photographies et a documenté les informations et les constatations concernant l’événement dans son dossier médical.
Il y a également eu un événement en motoneige au cours duquel mon garçon s’était cogné la tête.
Ces situations ont suscité chez moi des inquiétudes concernant sa sécurité et son bien-être.
Je ne demande pas qu’on me croie simplement sur parole. J’aimerais que les documents médicaux, les photographies, les dossiers et les autres éléments de preuve que je possède soient examinés.
La fin de semaine où j’ai perdu mon contact minimal
Pendant la période où j’avais encore un minimum de temps de contact prévu par le tribunal, une fête avait été organisée par la famille d’accueil pendant une fin de semaine où mon garçon devait être avec moi.
Je n’ai pas accepté qu’il quitte mon temps de contact plus tôt que ce qui était prévu, car j’avais déjà une activité prévue pour notre fin de semaine, qui était ordonnée dans le jugement du tribunal.
Pour moi, le temps qui m’avait été accordé par le tribunal devait être respecté.
À la suite de cette situation, j’ai perdu ce contact minimal. [Passage retiré : atteinte à la réputation.]
L’avocat a discuté seul avec mon fils et a pu constater qu’il aimait les contacts avec moi et qu’il voulait toujours en avoir. Malgré cela, la fin de semaine sur deux m’a été retirée.
Depuis, je me retrouve sans la relation que j’avais auparavant avec mon garçon. Je suis en arrêt de travail. J’ai tout simplement le mal de vivre devant toute cette injustice.
C’est particulièrement difficile pour moi parce que je n’avais pas l’impression de chercher à priver mon garçon de quoi que ce soit. J’essayais simplement de respecter le temps de contact qui m’avait été accordé.
La place du père dans la vie de mon garçon
Aujourd’hui, mon garçon se trouve auprès de son père, placé en famille d’accueil de proximité.
Selon ce que je rapporte et selon les informations que je possède, son père connaissait l’existence de son garçon depuis toujours, mais n’aurait pas souhaité avoir de rôle auprès de lui pendant ses premières années.
Ce n’est que lorsque mon garçon avait environ six ans et demi que des contacts ont commencé.
Selon mon vécu, ce n’est pas le père qui avait initialement entrepris les démarches pour créer cette relation.
[Passage retiré : atteinte à la réputation.]
Aujourd’hui, la situation me paraît particulièrement douloureuse.
Depuis le mois de mars 2026, je n’ai pas pu voir mon garçon ni lui parler.
Les moments que je n’ai pas pu vivre avec mon garçon
Au fil des mois, j’ai manqué des moments que je ne pourrai jamais récupérer.
Je n’ai pas pu être avec mon garçon à Pâques.
Je n’ai pas pu vivre avec lui la fête des Mères.
J’ai également manqué son dixième anniversaire. Je n’ai même pas pu lui offrir ses cadeaux ni lui souhaiter joyeux anniversaire.
Je n’ai pas pu être auprès de lui pour lui souhaiter bonne fête comme j’aurais aimé pouvoir le faire.
Aujourd’hui, il a 10 ans.
Chaque mois qui passe représente pour moi du temps précieux que je ne pourrai jamais reprendre.
Ce n’est pas seulement l’absence d’une journée ou d’une fin de semaine. C’est l’absence de moments d’enfance, de souvenirs, de conversations, d’anniversaires et de présence auprès de mon propre enfant.
Je ne prétends pas être une mère parfaite
Je ne voudrais pas donner l’impression que je considère n’avoir jamais fait d’erreurs.
J’en ai fait.
Mais j’ai aussi essayé de changer.
J’ai réfléchi à mes comportements. J’ai voulu comprendre mes erreurs. J’ai travaillé sur moi-même parce que j’aimerais être une meilleure mère pour mes enfants.
Et malgré mes erreurs, je n’ai jamais cessé de me préoccuper du bien-être de mon garçon.
Quand j’ai demandé qu’il puisse être suivi en orthophonie, c’était pour ses difficultés langagières.
Quand j’ai demandé une prescription à son médecin de famille, c’était pour qu’il puisse continuer à recevoir des services après la fin de son suivi au public.
Quand je l’ai amené consulter après l’événement concernant son cou, c’était parce que je m’inquiétais de son état.
Quand j’ai exprimé mes préoccupations concernant la motoneige, c’était parce que sa sécurité me préoccupait.
Et lorsque j’ai refusé qu’il quitte mon temps de contact pour aller à une fête, c’était parce que j’estimais que le temps qui m’avait été accordé par le tribunal devait être respecté.
Ce que j’aimerais aujourd’hui
J’aimerais que toute cette histoire soit regardée dans son ensemble.
J’aimerais que l’on regarde les jugements et les ordonnances.
J’aimerais que l’on regarde la question de l’orthophonie, et le fait que mon garçon avait un suivi au public qui s’est terminé, que j’ai consulté son médecin de famille et que celui-ci m’a prescrit une référence pour qu’il puisse être suivi au privé.
J’aimerais que l’on regarde les documents médicaux, les photographies et les autres preuves concernant mes inquiétudes pour mon garçon.
J’aimerais que l’on regarde également les circonstances entourant la diminution puis la perte de mes contacts avec lui.
J’aimerais que mes démarches soient replacées dans leur contexte, et que l’on comprenne que, dans ma tête et dans mon cœur, je cherchais à agir pour le bien-être de mon enfant.
Je ne demande pas qu’on choisisse automatiquement mon côté.
J’aimerais simplement qu’on regarde les faits, les preuves et toute l’histoire.
J’aimerais pouvoir être entendue comme une mère qui reconnaît ses erreurs, mais qui a aussi essayé de faire mieux.
Mon garçon a maintenant 10 ans.
Et malgré tout ce qui s’est passé, malgré les mois qui ont passé et malgré les moments que j’ai manqués, mon amour pour mon fils est toujours là.
J’aimerais revoir mon garçon.
J’aimerais pouvoir lui parler, le voir, partager des moments avec lui et retrouver une place dans sa vie.
J’aimerais que mon fils sache que sa mère ne l’a jamais oublié.
Et surtout, j’aimerais qu’on puisse enfin regarder toute cette histoire avec ouverture, avec les faits, avec les preuves, et avec l’intérêt de mon garçon au cœur de la décision.
Je ne demande pas qu’on choisisse un camp.
J’aimerais simplement qu’on m’écoute.
J’aimerais qu’on regarde les preuves.
J’aimerais qu’on regarde toute l’histoire.
Et par-dessus tout, j’aimerais avoir la possibilité de revoir mon fils.
À mon fils, mon petit prince charmant,
Depuis le jour où je t’ai tenu dans mes bras, mon cœur bat un peu plus fort pour toi.
Chaque sourire que tu me fais, chaque regard que tu poses sur moi est un cadeau que la vie m’a offert.
Je souhaite que la vie te protège, qu’elle te fasse grandir dans la lumière, et qu’à chaque pas que tu feras, tu sentes l’amour de ta maman autour de toi. Cet amour qui ne s’éteindra jamais.
Même quand je ne serai pas près de toi, souviens-toi : mon cœur veille toujours sur le tien.
Je t’aime d’un amour que rien au monde ne peut briser.
Maman
l’horreur sur terre
À cause de la DPJ, indirectement, je suis devenue lourdement handicapée. Sourde profonde.
Ma vie a changé du tout au tout. Depuis que je suis tombée handicapée subitement, à la suite d’un coma avec intubation, la vie est tellement difficile.
Voici ce qui s’est passé.
À l’âge de 15 ans, j’ai été placée en centre jeunesse. S’en est suivi un an et demi de placement dans une unité de groupe, ensuite on m’a transférée. [Villes retirées pour protéger l’identité.]
Avant ces deux derniers centres, tout allait si bien. Tout était parfait et exemplaire dans mon dossier.
Deux jours après mon arrivée, on est tous allés à la bibliothèque de la ville avec les éducateurs. Ils m’ont oubliée à la bibliothèque. Je m’en suis rendu compte une heure plus tard. Ça leur a pris 45 minutes avant de venir me chercher. Personne ne s’en était rendu compte. J’ai dû appeler l’urgence DPJ pour dire que mon centre m’avait oubliée à la bibliothèque, et ils ont ri au téléphone.
Le lendemain, ma travailleuse sociale m’a transférée ailleurs. Là où tout a basculé, et où ma descente aux enfers a commencé.
Ma travailleuse sociale m’a présenté ce centre en me disant que dix-huit filles y vivaient, qu’elles consommaient toutes, et que je n’avais pas à avoir peur de tomber là-dedans puisque je n’y avais jamais touché.
Moi je lui ai dit : non, je n’irai pas là. Je suis facilement influençable et on a déjà essayé de m’introduire là-dedans, j’y ai échappé de justesse.
Elle m’a dit que je dramatisais, et que de toute façon elle ne voulait plus m’écouter parler. C’est assez, tu rentres et tu vis avec.
Ce que j’ai fait.
Dès ma première journée, on me propose des pilules bleues dans les toilettes. Je refuse. J’arrive en pleurs, je demande aux éducateurs d’appeler ma travailleuse sociale, et je lui dis : écoutez, je vais finir par tomber là-dedans, c’est sûr, je me sens déjà influencée.
Elle m’a dit : oh, encore toi. Va te coucher, ça va passer. Et si elle t’en propose, tu refuses, c’est simple. De toute façon je n’ai plus de temps pour toi avant deux ou trois mois, mais je viendrai te voir dans deux ou trois mois, promis.
Après, silence radio. Plus aucun contact, plus de réponse.
Elle est par la suite venue me voir aux trois mois. Quinze minutes, bien timées sur la minuterie. Ces rencontres-là étaient les seules fois où je pouvais lui parler. Donc aucun appel, aucune requête, aucune urgence acceptée.
Vient le trois mois, donc évidemment une rencontre. Rendue à ce point-là, j’avais cédé. J’étais dans la consommation récréative dans les toilettes avec les filles quand on se croisait.
Plusieurs filles ont fait des surdoses dans leur chambre et ont dû être réanimées sur place.
Vient le moment où je suis sortie pour toujours. À ce moment-là, je consommais à outrance, et c’était des opioïdes. [Doses retirées : modération.]
Entre mars et août, il y a eu 22 hospitalisations aux soins intensifs, 8 arrêts cardiaques, 12 intubations. L’enfer était proche de m’amener au ciel.
En août, l’incident où toute ma vie a basculé.
J’ai consommé, puis je suis allée me coucher sans rien dire. Ma mère dormait en haut. Le lendemain matin, mon chiot jappait. Elle est donc venue en bas et m’a retrouvée morte une fois de plus.
Sauf que là, ça faisait douze heures que j’étais là, en détresse respiratoire.
Le coma a été long. Au moins une semaine et demie.
Quand ils m’ont extubée, je n’entendais rien. Rien du tout. Et c’est là que j’ai appris que j’étais sourde à vie et que rien ne pouvait être fait.
Et c’est là que j’ai réalisé que si ma travailleuse sociale m’avait écoutée ne serait-ce qu’un peu, au lieu de me traiter d’anxieuse finie, elle aurait pu m’éviter le handicap.
J’ai tenté tant de fois de signaler, d’informer, de dénoncer, d’avertir. Sans succès. On me réduisait au silence.
Interdiction de sortir de ma chambre. Interdiction d’aller à l’école. Une nuit en salle d’isolement. Interdiction de contact avec qui que ce soit, même ma famille.
Si j’osais essayer d’avertir de la situation qui se produisait dans les toilettes, automatiquement, j’étais réduite au silence, menacée, battue.
Pourquoi ne pas m’avoir écoutée? Si on l’avait fait, la situation aurait pu cesser. Donc arrêt de consommation, donc plus de surdoses, donc pas de moi handicapée trois mois plus tard.
Tout ça aurait pu être évité. Il aurait fallu un petit cinq minutes de surveillance des filles, et un cinq minutes d’écoute pour moi.
Les éducateurs savaient l’état des filles. Les dix-huit. Les yeux rouges, la marche pas droite, le mode zombie. Les éducateurs demandaient : êtes-vous intoxiquées? Elles répondaient toutes oui, comme d’habitude.
Aucune conséquence, aucun changement, aucun renforcement.
Mais moi, si j’essayais d’avertir qui que ce soit hors du centre — la population, les médecins, l’école — la travailleuse sociale savait aussi, mais choisissait d’ignorer.
J’ai vite compris que la solution, c’était de fermer ma bouche et de vivre avec, si je voulais être libre.
Bref, la DPJ est loin d’être ce que vous pensez. À l’intérieur de leurs murs, il se passe l’horreur sur terre. Et le pire, c’est que personne, dans la population, n’en sera jamais au courant.
je serai toujours là pour lui
Bonjour, je suis une mère de 30 ans.
Je suis prise avec la secte de la DPJ depuis décembre 2024, donc à 28 ans.
Trois ou quatre jours après avoir donné naissance à mon bébé, j’ai eu la visite de la DPJ dans ma chambre d’hôpital. Mon bébé avait, selon les infirmières, la jaunisse. Mais finalement, aucune trace de jaunisse. C’est parce que je suis d’une autre nationalité, adoptée quand j’étais bébé.
Ils ont fouillé chez moi sans mon consentement pendant que j’étais à l’hôpital. Le problème, c’est qu’un membre de ma famille leur a ouvert la porte de chez moi, alors que cette personne n’habite pas avec moi. Nous vivons au-dessus de chez elle.
Ils ne m’ont pas dit que j’avais le droit d’avoir un avocat. Rien. Ils m’ont dit : soit tu signes pour les mesures volontaires, soit ton bébé part en famille d’accueil.
J’ai signé, car je pensais qu’on allait m’aider à récupérer mon bébé.
J’étais faible. Durant l’accouchement, j’ai perdu beaucoup de sang et j’ai été obligée d’avoir une transfusion sanguine le lendemain. Les infirmières n’arrêtaient pas de chialer sur mon conjoint, parce qu’il quittait la chambre pour aller à la cafétéria me chercher à manger, car j’avais très faim, ou parce que mes beaux-parents avaient téléphoné pour venir nous porter à manger ou à boire.
L’intervenante nous interdit d’aller chez mes beaux-parents avec notre bébé quand elle est avec nous. Pourtant, ma belle-mère est très gentille envers mon bébé. Elle ne peut pas quitter son emploi pour venir le voir, car elle travaille en restauration. Donc elle peut seulement quand elle n’est pas au travail.
L’intervenante ne nous a donné aucune aide. Rien. On a eu droit à des rabaissements et à du dénigrement. [Passage retiré : atteinte à la réputation.]
Exemples des mots qu’ils nous ont dit : que mon bébé est mieux ailleurs, qu’on n’est que des parents à temps partiel, que je n’aurais pas dû avoir de bébé.
J’ai dû rappeler à l’intervenante de faire sa job, car elle oubliait de faire telle ou telle démarche téléphonique pour notre situation.
J’ai un trouble d’anxiété généralisée et mon conjoint a un TDA. Ils nous ont dit qu’ils ne nous font pas confiance à cause de nos diagnostics. Ils disent que c’est un risque sérieux de négligence. Tbk!
Ils ne nous ont jamais donné de chance, en presque deux ans.
On a notre bébé deux fois par semaine en matinée, seuls chez nous, et on peut aller le chercher à la garderie une fois par semaine, ou deux fois par semaine s’il a manqué l’autre semaine.
Criss, je n’ai manqué aucun rendez-vous prénatal. Je n’ai pas beaucoup d’argent, mais je m’en fiche, car pour moi ce qui est le plus précieux, c’est mon bébé.
[Passage retiré : atteinte à la réputation.] Je publie anonymement sur un groupe Facebook et je ne mentionne personne.
Mon bébé s’ennuie de nous. Dès qu’il nous voit, il dit maman, papa. Et quand il doit repartir, il se met à pleurer en courant vers nous en disant papa ou maman. Ça me fait mal au cœur et je me mets à pleurer, car j’ai tout le temps l’impression de l’abandonner.
Tant que je serai capable de dénoncer et de me battre pour mon bébé, je serai toujours là pour lui. [Passage retiré : modération.]
Merci.
Protection pour enfant
❤️ Un petit message personnel, avec beaucoup de sincérité
Je voulais vous écrire un petit message personnel, parce qu’en ce moment, je traverse une période où je me sens vraiment à bout de forces.
Je manque de concentration, je n’ai pas beaucoup de scolarité et, parfois, j’ai l’impression de ne pas avoir les outils nécessaires pour me battre correctement dans mon dossier. Je fais ce que je peux avec les moyens que j’ai, mais malheureusement, je n’arrive plus à tout porter sur mes épaules.
Mon avocat ne semble plus vouloir aller plus loin avec moi et, de mon côté, j’ai le sentiment d’avoir donné tout ce que ma capacité me permettait de donner. Je suis fatigué, découragé et parfois complètement perdu devant toutes les démarches, les documents et les procédures.
Mais malgré tout ça… je refuse de perdre espoir. ❤️
Parce que derrière chaque dossier, chaque numéro, chaque document et chaque procédure, il y a des parents qui aiment leurs enfants. Des parents qui souffrent en silence. Des parents qui continuent de se lever le matin même lorsqu’ils n’ont plus beaucoup de force.
À tous ceux et celles qui vivent quelque chose de semblable : ne pensez pas que vous êtes faibles parce que vous êtes fatigués. Vous êtes humains.
On n’a pas besoin d’avoir fait de grandes études pour aimer son enfant. On n’a pas besoin d’être parfait pour être un bon parent. Et avoir des difficultés à comprendre les procédures ne veut pas dire qu’on ne mérite pas d’être entendu.
Aujourd’hui, je ne sais peut-être pas exactement quelle sera la prochaine étape pour moi. Mais je veux croire qu’il existe encore une porte qui peut s’ouvrir, une personne qui peut écouter, une solution que je n’ai pas encore trouvée.
🙏 Courage à tous les parents ici.
Continuons de nous soutenir, de nous encourager et de nous donner de la force lorsque l’un d’entre nous n’en a plus.
Même quand on ne voit plus la lumière, ça ne veut pas dire qu’elle n’existe plus.
Gardons espoir. Pour nos enfants. Pour nous-mêmes. Et pour tous ceux qui continuent de se battre malgré l’épuisement. ❤️
Un jour à la fois. Une étape à la fois.
On ne lâche pas l’espoir. 🕊️
La fleur sur la neige
Mon expérience
Pour faire court, il y a maintenant une dizaine d’années que la DPJ est dans nos vies.
Le père des enfants était violent physiquement et mentalement avec nous. J’ai demandé de l’aide à quatre reprises à la DPJ avant qu’ils entrent dans nos vies.
J’ai quitté le père des enfants et fait des démarches policières qui n’ont pas abouti. Dans ce temps-là, la violence conjugale, ça prenait plusieurs preuves et trop de démarches. Avec la violence que je vivais, je n’ai pas continué les démarches.
La garde lui a été octroyée 50/50.
Je voulais protéger les enfants. Voyant que la DPJ, la police et le juge ne m’aideraient pas, j’ai décidé de retourner avec le père pour protéger les enfants en sa présence.
Les enfants nous ont été retirés à ce moment.
J’ai quitté le père pour retourner en maison pour femmes victimes de violence conjugale. J’ai fait une thérapie fermée, puis des suivis avec une travailleuse sociale, une psychologue et la maison des femmes. J’ai passé des tests de dépistage qui se sont tous avérés négatifs, car je ne consommais pas.
Pourtant, la DPJ a dit au juge que je leur disais consommer.
Ils ont demandé un placement jusqu’à majorité en disant que j’étais instable et que les enfants avaient vécu trop de traumatismes. Pourtant, ils ont séparé mes trois enfants, dont mes jumeaux, dans trois familles différentes. Eux qui n’avaient jamais été séparés plus d’une heure.
J’ai fait des évaluations psychologiques et des évaluations du lien d’attachement avec un psychologue qui me disait apte à ravoir la garde de mes enfants. La DPJ a fait la même chose de son côté, et leurs rapports contredisaient les miens. Le juge est allé en faveur de la DPJ.
Après plusieurs familles d’accueil différentes, les enfants ont été placés jusqu’à majorité.
Le juge m’a dit que même si j’avais les capacités nécessaires et que j’avais fait les démarches, le temps de placement de deux ans avant le placement à majorité était échu à cause des délais de la COVID. Donc que cela resterait jusqu’à majorité.
Même aujourd’hui, mes rapports d’évaluation sont positifs. Mais la travailleuse sociale refuse que j’aie les enfants une fin de semaine complète par mois. Elle ne prend pas en compte les demandes et les besoins des enfants dans son choix.
Ses raisons changent constamment lorsque je lui demande pourquoi elle refuse d’augmenter les visites, qui sont de neuf heures, une fois par mois. J’ai cependant su par mon autre travailleuse sociale que c’est parce qu’elle n’en voit pas l’intérêt, vu le placement jusqu’à majorité.
Aujourd’hui, je ne tolère plus que mes enfants ne soient plus écoutés, et je vais parler pour eux. La famille d’accueil ne permet pas à ma fille de parler, et elle ne fait plus confiance à son intervenante, parce qu’elle est punie lorsqu’elle parle.
Mon avocate m’a menti et a menti au tribunal
J’écris pour dénoncer ce qui s’est passé avec mon avocate.
Le procès-verbal de mon audience est complètement faux. Le document dit que j’ai accepté que mon enfant soit placé en famille d’accueil. C’est un mensonge. Je n’ai jamais accepté.
Dans la petite salle, avant l’audience, j’ai dit non à mon avocate. Plusieurs fois. Elle a refusé de m’écouter. Elle m’a dit qu’elle ne pouvait rien faire, et que je devais dire oui maintenant. Elle m’a ordonné de rester tranquille et de ne rien dire dans la salle d’audience.
Ensuite, devant le juge, elle a dit que j’étais d’accord.
J’avais peur. J’ai été réduite au silence par ma propre avocate. Je n’ai pas parlé parce qu’elle m’avait ordonné de me taire.
J’ai porté la décision en appel. Le juge a rejeté mon appel parce qu’il s’est fié uniquement au document écrit. Personne n’a écouté ma version.
Mes droits comme mère ont été bafoués. Mon enfant n’est plus avec moi à cause d’un document qui ne dit pas la vérité.
Je continue de demander qu’on regarde mon dossier. Je continue de demander qu’on m’écoute.
Ne pas ignorer une mère qui supplie qu’on lui rende son enfant.
Dpj et famille d’accueil voleur d’enfance trafic d’enfants
J’ai longtemps gardé le silence. Aujourd’hui, je choisis de parler, non pas par haine, mais parce que trop de personnes portent encore le poids de ce qu’elles ont vécu sans jamais être entendues.
Mon parcours avec la DPJ a commencé alors que je n’étais qu’un bébé.
Je vivais avec ma mère biologique, une mère que je connaissais comme aimante, travaillante et profondément attachée à moi. Comme plusieurs personnes, elle vivait aussi certaines difficultés. Un soir, après son quart de travail, elle a dû faire garder son bébé. Ce choix a changé le cours de ma vie.
La personne qui a commencé à me garder est ensuite devenue ma mère adoptive. Avec le temps, j’ai vu ma mère biologique perdre progressivement sa place dans ma vie. La famille d’accueil qui m’a adopté fesait des signalements répétés contre elle ( ma mère biologique ) et j’en suis venue à croire que certains ne reflétaient pas fidèlement la réalité. Ma mère faisait confiance à cette femme, croyant qu’elle prenait soin de moi. Elle ignorait que je ne reviendrais jamais vivre auprès d’elle.
J’ai grandi dans une famille que je décris aujourd’hui comme profondément dysfonctionnelle. Mon enfance a été marquée par la peur, les humiliations, les violences psychologiques, les violences physiques et les agressions sexuelles que j’affirme avoir subies. J’ai grandi sans me sentir aimée, protégée ni en sécurité.
Pendant des années, je me suis demandé comment un enfant pouvait vivre autant de souffrances sans que personne ne le voie réellement. Les traumatismes de l’enfance ne disparaissent pas lorsque l’on devient adulte. Ils nous suivent dans nos relations, dans notre confiance envers les autres et dans chaque étape de notre vie.
Avec le temps, j’ai également appris que cette femme avait accueilli et adopté plusieurs enfants. J’ai la conviction que je ne suis pas la seule à avoir été marquée par ce système.
Ce qui est le plus difficile à accepter, ce n’est pas seulement ce que j’ai vécu. C’est le sentiment que des signaux d’alarme ont été ignorés pendant des années et que des personnes vulnérables ont continué d’être confiées à un milieu qui, selon mon expérience, n’était pas sécuritaire.
Si je raconte mon histoire aujourd’hui, ce n’est pas pour alimenter la haine ou me venger. C’est parce que je refuse que le silence continue de protéger les systèmes qui échouent à protéger les enfants.
Je souhaite que chaque signalement soit traité avec rigueur, que chaque enfant soit réellement entendu et que les familles d’accueil fassent l’objet d’un suivi sérieux et constant. Aucun enfant ne devrait avoir à attendre l’âge adulte pour enfin sentir que sa voix compte.
Je partage ce témoignage pour toutes les personnes qui, comme moi, portent encore les cicatrices d’une enfance qui aurait dû être synonyme de protection.
Le silence protège les agresseurs. La vérité, elle, peut protéger les enfants.
Victime d’injustice, maltraitance médical…
Drame judiciaire et médical, une histoire à glacer le sang.
Victime d’actes criminels. J’ai travaillé fort pour réussir à avoir un bloc appartement, un condo et un permis de taxi.
Le 1er novembre 2003, je suis attaqué dans mon taxi, physiquement et psychologiquement. Diagnostic : choc post-traumatique, anxiété généralisée, agoraphobie.
Après quatre mois d’attente et sans travailler, ou presque, l’IVAC et la CNESST m’offrent un psychologue. Après une quinzaine de rencontres, le psy écrit un rapport d’urgence pour des soins psy, choc post-traumatique. L’IVAC ne considère rien pour ma santé et clos mon dossier.
La descente aux enfers débute. En 2006, après avoir liquidé le bloc et le condo, je me retrouve dans une chambre, incapable de travailler. Je dois vendre mon permis de taxi.
En 2009, l’IVAC accepte la rechute. Un psychoéducateur proposé par l’IVAC a le mandat de me remettre sur pied pour ma santé. Faux. Il doit me pousser à retourner au travail. Échec à trois tentatives. Je suis découragé. On me propose un psychologue. Trois ans à soigner un mauvais diagnostic. Je suis toujours malade.
Et là, en 2016, une avocate du ministère de la Justice me déclare la guerre, pour régler mon cas à 22 % d’incapacité. Mais je conteste.
J’avais eu un accident en 2013 où on m’avait passé l’alcootest, qui n’a pas fonctionné à trois reprises. J’ai un avocat pendant trois ans. Il remet ma cause et, tout bonnement, annonce sa retraite. Des milliers de dollars pour rien.
Là je trouve un avocat de l’aide juridique qui me dit que tout va se régler, même si on m’accuse d’alcool au volant, sans aucune preuve. Je demande un procès. Tout change. Je demande un procès et l’avocat m’abandonne trois jours avant, puis participe au procès contre moi.
Avant le procès, il me dit que je n’aurai pas Jordan, et qu’il a choisi la pire juge pour le procès. Je suis tout dérangé, j’ai peur. Pourquoi agit-il ainsi?
Et comble du malheur, le témoin de la couronne arrive en retard. Ma témoin décide de partir. L’avocat me dit de participer au procès. Le rapport de police indique que j’ai consommé trois bières en six heures. C’est tout.
Le procès se termine et l’avocat me dit en quittant : tu auras un jugement pour accident.
Le 18 mars 2018, la juge m’envoie en prison pour six mois.
Je suis estomaqué, menotté et envoyé en prison. Je ne peux pas aller à mon appartement et j’ai un chien dont mon coloc, j’espère, va s’occuper, car j’ai pu l’appeler seulement trois jours plus tard. Tout est anormal. Je suis traité comme un grand criminel. Je n’avais jamais fait de prison.
Je vais vous dire que j’avais fait retarder l’audience au Tribunal administratif du Québec pour ma cause IVAC. J’ai eu un psy et un avocat qui ont eux aussi changé d’attitude avec moi. J’ai eu aussi une contre-expertise de l’avocate du ministère de la Justice.
À l’audience du 13 février 2019, on exclut mon psy parce qu’il n’avait pas de licence pour l’expertise, et il m’avait tellement médicamenté. Mon avocat n’a sorti aucune expertise, dont celle de l’avocate du ministère de la Justice, et elle est invalide depuis 2012.
Je suis tout bizarre. Je dis à mon avocat : pourquoi tu n’as pas sorti les expertises, elles m’avantageaient toutes? Il répond : tu n’avais qu’à me le demander.
Ouf. Là je voyais que quelque chose d’anormal se passait. J’ai perdu l’audience et 300 000 $.
Mon avocat et mon psychiatre prennent leur retraite. Après, plus de nouvelles. Je suis abandonné. Je trouve un avocat pour contester, il prend mon dossier pour bris de fond. Encore une fois, tout est anormal. J’ai une audience, je perds, mais la définition est que je n’avais pas le droit de contester. Alors pourquoi personne ne me l’a dit, dont mon avocat?
En 2020, un juge ferme tout le dossier, et je découvre la lettre en 2022.
Là, le plus dramatique, c’est que j’ai été intoxiqué par une mauvaise médication prescrite par le psy qui était à l’audience du TAQ. Le 21 juillet, je suis passé près de la mort, les reins attaqués. Et pour cacher 257 pages sur deux jours passés dans un couloir de l’urgence de l’Enfant-Jésus, aux archives de Québec, on m’a mis dehors avec une triple facture. Seule celle-là apparaît dans mon dossier médical, et aucun médecin ne veut sortir les 257 pages.
J’ai fait plainte au Barreau, au Collège des médecins. Rien donné.
Une firme d’avocats a poursuivi le psychiatre aux petites créances pour 15 000 $. Après 1000 jours d’attente, deux semaines avant l’audience, je reçois une lettre comme quoi le psychiatre a fait faillite.
En 2024, j’ai tout perdu, anormalement.
Mon père meurt en mars 2024. La police me l’apprend au mois de mai. Plainte au CHSLD, rien. Je ne sais même pas de quoi ni comment il est mort.
Aujourd’hui, pas une journée ne passe sans que je pense à tous ces événements, et je cherche à comprendre. Pauvre, malade et isolé.
À 37 ans, je voulais avoir une famille. Aujourd’hui, j’ai de la misère à manger à toutes les fins de mois.
Merci.
Mon cauchemar
J’ai été retirée de ma famille biologique à l’âge de 5 ans. À partir de ce moment-là, ma vie a complètement changé. J’ai vécu dans plusieurs familles d’accueil avant de passer environ 10 ans dans l’une d’elles.
Pendant ces années, j’ai vécu beaucoup d’humiliations. J’avais souvent l’impression d’être punie pour la personne que j’étais plutôt que pour ce que je faisais. J’ai aussi ressenti une pression pour renier mes parents biologiques, comme si je devais cesser de les aimer pour être acceptée. Cette blessure m’a accompagnée pendant de nombreuses années.
À 18 ans, je me suis retrouvée seule, sans véritable soutien et sans avoir reçu les apprentissages nécessaires pour entrer dans la vie adulte. J’ai dû apprendre par moi-même à me débrouiller, à trouver ma place et à construire mon avenir.
Aujourd’hui, l’histoire semble se répéter d’une autre façon. Ma fille a été retirée à la naissance et elle a aujourd’hui 3 ans. Je vis cette réalité de l’autre côté, comme mère. C’est une douleur immense de voir son enfant grandir loin de soi, tout comme c’est une douleur pour un enfant d’être séparé de ses parents.
Je me bats pour ma fille. Je me bats pour préserver notre lien et pour qu’elle sache qu’elle est aimée. Je me bats aussi au nom de toutes les familles qui vivent des situations semblables, et au nom de tous les enfants qui grandissent avec l’espoir de retrouver un jour leurs parents lorsque cela est possible et sécuritaire.
Mon témoignage n’a pas pour but de nier que certains enfants ont besoin d’être protégés. Il a pour but de rappeler que derrière chaque dossier, il y a un enfant, des parents, une histoire et des êtres humains. J’espère que mon parcours contribuera à faire réfléchir sur l’importance d’accompagner les familles, de préserver les liens lorsqu’il est sécuritaire de le faire et de préparer les jeunes placés à leur vie d’adulte pour qu’aucun d’eux ne soit laissé seul.
Je veux que ma voix serve à quelque chose. Si mon histoire peut contribuer à améliorer le système pour les enfants et les familles d’aujourd’hui et de demain, alors toutes ces années de souffrance auront au moins permis d’ouvrir un dialogue.
Enlèvement dès la naissance
Témoignage personnel concernant mon parcours familial, les événements vécus et ma situation actuelle
Je souhaite présenter mon histoire personnelle afin d’expliquer mon parcours, les événements qui ont marqué ma vie familiale et les différentes épreuves que j’ai traversées au cours des dernières années. Mon objectif est de permettre de comprendre le contexte complet dans lequel les événements se sont déroulés, les efforts que j’ai faits pour construire une vie stable, ainsi que les changements que j’ai entrepris depuis.
Depuis longtemps, j’avais le désir de devenir père. Pour moi, avoir un enfant représentait beaucoup plus qu’un simple projet : c’était un engagement profond et une occasion de construire une famille, d’offrir de l’amour et de la stabilité à un enfant et de donner quelque chose que je n’avais pas toujours eu dans ma propre vie.
Lorsque j’ai rencontré ma conjointe, nous sommes rapidement devenus un couple. Au début, notre relation allait bien et j’avais l’impression que nous pouvions construire quelque chose de sérieux ensemble. Il y a eu une dispute importante au début de notre relation où elle était partie pendant quelques jours avant de revenir, mais à ce moment-là je ne connaissais pas encore toute son histoire personnelle.
[Passage retiré : atteinte à la réputation.]
Lorsqu’elle est tombée enceinte de notre premier enfant, j’ai pris cette responsabilité très au sérieux. C’était une décision importante pour moi. Je voulais réellement devenir père et je voulais être préparé.
J’ai commencé à préparer l’arrivée du bébé avec beaucoup d’implication. Nous avions préparé une chambre, acheté ou récupéré une couchette, un lit d’appoint, des vêtements pour différentes grandeurs, des souliers, des bottes et plusieurs accessoires nécessaires pour les différentes étapes de la vie d’un enfant.
Je faisais beaucoup de recherches et je voulais apprendre. Pour moi, préparer l’arrivée de mon enfant était presque devenu une passion. Je voulais comprendre les besoins d’un bébé, être prêt et offrir le meilleur environnement possible.
À cette époque, je vivais à Drummondville dans un logement stable depuis environ un an et demi. J’avais de bonnes références et une situation relativement organisée. Toutefois, je pensais depuis longtemps retourner vivre en Gaspésie.
Comme ma conjointe était enceinte et que nous allions commencer une nouvelle étape de notre vie, j’ai proposé de faire des recherches pour voir s’il serait possible de déménager en Gaspésie. Je voyais cette région comme un endroit plus calme, avec la nature, la mer, moins de criminalité et un environnement que je considérais favorable pour élever un enfant.
Elle a accueilli cette idée avec beaucoup d’enthousiasme. Je sentais que cette possibilité représentait pour elle une nouvelle chance, un nouveau départ.
J’ai donc commencé mes recherches et j’ai trouvé rapidement un logement. C’était un quatre et demi situé au sous-sol d’une maison, complètement rénové, offert à un prix très abordable d’environ 480 dollars par mois.
[Description de la propriétaire retirée pour protéger l’identité.]
Le logement était situé près de la mer, avec un grand terrain. La propriétaire parlait même éventuellement de vendre la maison à prix abordable. Pour moi, cela représentait une possibilité de stabilité à long terme, peut-être même un jour d’avoir notre propre maison.
Avant de quitter Drummondville, j’ai voulu faire les choses correctement. J’avais des chambreurs dans mon logement et j’ai choisi la personne en qui j’avais le plus confiance pour reprendre l’appartement. C’était quelqu’un de responsable, propre et fiable.
J’ai discuté avec mon propriétaire afin d’organiser la transition. Je lui ai laissé le logement propre, les meubles et tout ce qui pouvait aider cette personne à avoir une meilleure situation. Je voyais cela comme une façon d’aider quelqu’un comme moi j’aurais aimé être aidé.
Je suis donc parti en Gaspésie avec peu d’argent, mais avec beaucoup d’organisation et surtout avec l’impression de construire un avenir meilleur pour ma conjointe et mon enfant à venir.
Au début, notre installation s’est bien déroulée. Nous étions heureux, nous avons continué les suivis de grossesse et nous avons commencé à bâtir notre nouvelle vie.
Cependant, après quelque temps, certains comportements de la propriétaire ont commencé à nous inquiéter. [Détails retirés : atteinte à la réputation.]
Par la suite, elle a commencé à faire des commentaires concernant notre façon de vivre.
J’ai toujours été quelqu’un de très propre et organisé. Mon habitude a toujours été de me lever le matin, faire mon ménage, ma vaisselle et ranger mon environnement afin d’avoir la paix d’esprit.
Je fumais du cannabis, mais je le faisais dehors et la propriétaire était au courant avant même notre arrivée. Je lui avais expliqué ma façon de fonctionner et j’avais toujours respecté les règles.
Avec le temps, j’ai senti que l’ambiance devenait plus froide. Il y avait beaucoup de bruit tôt le matin, et je sentais une difficulté à s’adapter au fait qu’il y avait quelqu’un qui habitait en dessous.
Ma conjointe, qui était enceinte, se réveillait souvent en sursaut à cause du bruit.
À un moment donné, j’ai cherché des informations sur ce logement sur Facebook. J’ai retrouvé d’anciennes publications et j’ai remarqué plusieurs commentaires négatifs de personnes disant avoir vécu de mauvaises expériences.
J’ai communiqué avec certaines d’entre elles et plusieurs m’ont conseillé d’être prudent et de chercher une autre solution.
J’en ai parlé avec ma conjointe. Nous avons commencé à ressentir davantage de stress et d’inquiétude concernant notre situation.
Une amie nous a alors proposé une solution temporaire. Elle possédait une autre maison qu’elle préparait pour la location et elle nous a offert de rester chez elle en attendant que cette maison soit prête.
Nous avons accepté parce que cela semblait être une bonne opportunité. Cette situation avait aussi l’avantage de me rapprocher de ma famille en Gaspésie. Après environ 18 ans d’éloignement, j’avais l’espoir de reconstruire certains liens familiaux.
Malheureusement, cette nouvelle situation n’a pas été aussi positive que prévu. [Détails retirés : atteinte à la réputation.]
Nous avons également commencé à douter que la maison promise pour la location soit réellement prête un jour. Le projet semblait toujours repoussé.
Après environ un mois, nous avons demandé de l’aide à ma mère. C’était difficile pour moi parce que notre relation avait été marquée par beaucoup de blessures dans mon enfance. J’avais vécu de l’instabilité, plusieurs placements et beaucoup de difficultés familiales.
Malgré cela, ma mère a accepté de nous aider. Elle nous a accueillis chez elle, dans un sous-sol aménagé qui était adéquat pour accueillir un bébé.
Nous avons installé notre chambre, notre espace de vie et tout ce qu’il fallait pour continuer la grossesse dans de bonnes conditions.
Au début, tout allait très bien. Ma mère semblait heureuse de devenir grand-mère. Elle disait être fière de moi et contente que nous soyons là. Elle voulait nous aider et elle avait même tenté de nous aider à trouver un logement dans un contexte où la pénurie de logements était très importante.
Cependant, après quelques semaines, son attitude a changé et elle nous a annoncé qu’elle voulait finalement que nous partions.
Cette décision m’a beaucoup surpris. Quelques jours auparavant, elle semblait encore heureuse de notre présence. Je me suis retrouvé dans une situation de grande inquiétude parce que ma conjointe était enceinte, les logements étaient rares et je ne savais plus vers qui me tourner.
J’ai alors demandé de l’aide à une cousine qui m’a référé à ma tante.
Ma tante a accepté de nous accueillir et nous avons installé notre chambre ainsi que tout ce qu’il fallait pour l’arrivée du bébé.
La fin de la grossesse s’est déroulée chez ma tante. Nous faisions les suivis nécessaires et nous étions prêts à accueillir notre enfant.
C’est à partir de la naissance de notre premier enfant que les événements avec la DPJ ont commencé de façon beaucoup plus importante.
Enlèvement dès la naissance ( officiel)
Témoignage – Partie 1
Ma rencontre avec ma conjointe, notre projet de famille et notre arrivée en Gaspésie
Je souhaite raconter mon histoire dans l’ordre des événements afin d’expliquer le contexte dans lequel tout s’est déroulé, les démarches que j’ai faites pour construire une famille, les efforts que j’ai mis pour offrir une vie stable à mes enfants, ainsi que les différentes épreuves qui ont suivi.
J’ai rencontré ma conjointe alors que ma vie prenait une nouvelle direction. Rapidement, notre relation est devenue sérieuse. Au début, nous avions une belle relation et nous étions heureux ensemble.
Il y a eu une dispute importante au début de notre relation où elle est partie pendant environ trois jours avant de revenir. À ce moment-là, je ne connaissais pas encore toute son histoire personnelle. [Passage retiré : atteinte à la réputation.]
De mon côté, lorsqu’elle est tombée enceinte, j’ai pris cette nouvelle très au sérieux. Je n’avais jamais été père auparavant et devenir papa était un rêve important pour moi. J’avais toujours voulu connaître cette expérience et j’étais prêt à m’investir pleinement.
J’ai commencé à préparer l’arrivée du bébé avec beaucoup de motivation. J’ai aménagé une chambre pour l’enfant et nous avons accumulé énormément de matériel nécessaire pour sa venue. Nous avions une couchette, un lit d’appoint, beaucoup de vêtements jusqu’à environ un an, des souliers, des bottes pour différentes saisons, plusieurs poussettes et plusieurs accessoires utiles pour le développement de l’enfant.
Pour moi, ce n’était pas simplement acheter des choses. C’était une façon de me préparer à mon rôle de père. J’apprenais, je faisais des recherches et je voulais offrir à mon enfant tout ce dont il aurait besoin.
À cette époque, je pensais aussi à notre avenir à long terme. J’avais envie de retourner vivre en Gaspésie, un endroit auquel j’étais attaché. J’avais un logement stable à Drummondville depuis environ un an et demi, de bonnes références et je pensais que nous avions une bonne base pour recommencer ailleurs.
J’ai donc proposé à ma conjointe de faire des recherches en Gaspésie, simplement pour voir s’il serait possible de trouver un logement. Elle a immédiatement été intéressée par l’idée. Je voyais la Gaspésie comme un endroit idéal pour élever un enfant : la tranquillité, la nature, la proximité de la mer, un environnement plus calme et moins de criminalité.
J’ai rapidement trouvé un logement. C’était un quatre et demi situé au sous-sol d’une maison, avec une entrée indépendante. Le logement était rénové et le prix était de 480 $ par mois, ce qui était une occasion exceptionnelle, surtout avec la pénurie de logements qui existait déjà au Québec.
[Description de la propriétaire retirée pour protéger l’identité.]
Je voyais aussi ce déménagement comme une occasion de me rapprocher de ma famille après environ 18 ans d’éloignement de la Gaspésie. Je voulais réparer certains liens familiaux et construire une nouvelle vie.
Avant de partir de Drummondville, j’ai également pensé à mon entourage. J’avais des chambreurs dans mon logement et j’ai choisi de laisser mon logement à celui en qui j’avais le plus confiance. C’était une personne responsable, propre et fiable. Je me suis arrangé avec mon propriétaire pour qu’il puisse reprendre le logement. Je lui ai laissé les meubles et un endroit propre. Pour moi, c’était aussi une façon d’aider quelqu’un à améliorer sa situation.
Je suis donc parti vers la Gaspésie avec peu d’argent, mais beaucoup d’organisation. J’étais convaincu que nous étions en train de bâtir quelque chose de positif pour notre enfant.
À notre arrivée, les premières semaines se sont bien déroulées. Le logement était propre, nous étions près de la mer, nous avions un grand terrain et nous étions heureux de commencer cette nouvelle étape.
Nous avons continué les suivis de grossesse correctement avec les ressources disponibles. Nous faisions les démarches nécessaires et nous préparions l’arrivée du bébé.
Avec le temps, nous avons cependant commencé à remarquer certains comportements qui nous inquiétaient de la part de la propriétaire qui habitait au-dessus de nous. [Détails retirés : atteinte à la réputation.]
J’ai toujours été quelqu’un de très propre et organisé. Mon habitude a toujours été de me lever le matin, faire mon ménage, ma vaisselle et garder mon environnement propre. Je faisais aussi attention parce que je voulais offrir un bon environnement à mon enfant.
Je fumais du cannabis à cette époque, mais je fumais toujours dehors et la propriétaire était au courant avant même notre arrivée. Je respectais son environnement.
Avec les semaines, l’ambiance est devenue plus froide.
J’ai finalement retrouvé sur Facebook d’anciens commentaires concernant ce logement. Plusieurs personnes racontaient avoir eu de mauvaises expériences. J’ai communiqué avec certaines d’entre elles et elles m’ont conseillé d’être prudent et de chercher une autre solution.
J’en ai parlé avec ma conjointe et nous avons commencé à nous questionner sur notre situation. Nous étions inquiets, surtout parce qu’elle était enceinte et que nous voulions un environnement stable pour notre enfant.
Une amie nous a alors proposé une solution temporaire. Elle possédait une autre maison qu’elle voulait éventuellement nous louer, mais elle nous a offert de rester entre-temps dans sa propre maison avec elle, puisqu’elle vivait seule dans une grande maison.
Nous avons accepté, car nous pensions que cela nous permettrait d’avoir éventuellement un logement stable.
Cependant, après quelque temps, nous avons constaté que cette situation n’était pas aussi positive qu’espéré. [Passage retiré : atteinte à la réputation.] Nous avons aussi constaté que la maison qu’elle devait nous louer n’avançait pas réellement.
Nous avons commencé à douter que cette promesse allait réellement se réaliser.
Nous avons donc demandé de l’aide à ma mère, malgré notre passé difficile. Lorsque j’étais jeune, ma mère avait été peu présente dans ma vie et j’avais vécu plusieurs placements en familles d’accueil et avec la DPJ. Je ne pensais pas nécessairement qu’elle accepterait de nous aider.
Finalement, elle a accepté de nous accueillir.
Nous sommes allés vivre dans son sous-sol, qui était aménagé et adéquat pour accueillir un bébé. Nous avons installé notre chambre, notre télévision et nos affaires. Nous avions tout ce qu’il fallait pour continuer la grossesse dans de bonnes conditions.
Au début, tout semblait très positif. Ma mère disait être heureuse de devenir grand-mère, elle disait être fière de moi et elle voulait nous aider. Elle a même essayé de nous aider à trouver un logement dans le contexte difficile de pénurie de logements.
Malheureusement, après quelques semaines, l’ambiance a changé et ma mère nous a annoncé qu’elle préférait que nous partions.
Cette décision m’a surpris et m’a beaucoup affecté, car je pensais enfin avoir retrouvé un soutien familial.
J’ai donc cherché une autre solution rapidement puisque ma conjointe était toujours enceinte et que l’accouchement approchait.
J’ai demandé de l’aide à une cousine, qui a contacté ma tante. Ma tante a accepté de nous accueillir.
Nous sommes donc allés vivre chez elle pour terminer la grossesse. Nous avons installé une chambre au deuxième étage et préparé encore une fois l’espace pour notre bébé avec tout ce que nous avions acheté et conservé depuis Drummondville.
Malgré toutes les difficultés rencontrées, nous étions toujours déterminés à devenir de bons parents et à offrir une belle vie à notre enfant.
C’est dans cette situation que notre premier enfant est venu au monde.
Témoignage – Partie 2
La naissance de mon premier enfant, l’intervention de la DPJ, les démarches et l’accident du 13 décembre 2022
Après notre arrivée chez ma tante, nous avons continué à préparer l’arrivée de notre enfant. Nous avions toujours avec nous tout le matériel que nous avions accumulé depuis Drummondville. Nous avions installé une chambre pour le bébé et nous étions prêts à devenir parents.
La grossesse se déroulait avec les suivis nécessaires. Nous faisions les démarches auprès des ressources disponibles et nous étions concentrés sur l’arrivée de notre enfant.
Lorsque ma conjointe a accouché, nous avons vécu un moment très important pour nous. Pour moi, c’était la réalisation d’un rêve que j’avais depuis longtemps : devenir père.
Après la naissance, nous avons passé environ trois jours à l’hôpital avec notre bébé. Pendant ces journées, nous avons pris soin de notre enfant, nous avons créé un lien avec lui et nous avons reçu plusieurs commentaires positifs du personnel hospitalier.
Les infirmières et infirmiers nous disaient que nous semblions être de bons parents, responsables et attentifs. Nous étions présents, nous étions heureux et nous étions complètement investis dans notre rôle de parents.
Cependant, peu après, la DPJ est arrivée à l’hôpital et a décidé de prendre notre enfant.
Cette intervention nous a complètement surpris. Nous ne comprenions pas pourquoi cette décision était prise alors que nous venions de passer plusieurs jours avec notre bébé et que nous avions reçu des commentaires positifs du personnel médical.
Nous nous sommes retrouvés seuls à l’hôpital après le départ de notre enfant. Nous avons appelé ma tante, qui est venue nous chercher pour nous ramener chez elle.
Rapidement, nous avons communiqué avec les intervenants de la DPJ afin de comprendre ce que nous devions faire pour récupérer notre enfant. Nous avons demandé qu’ils viennent visiter l’endroit où nous vivions afin de constater eux-mêmes que l’environnement était adéquat.
Ils ont accepté de venir voir notre logement chez ma tante.
Quelques jours plus tard, nous avons dû aller devant le tribunal de la jeunesse pour l’audience d’urgence qui suit généralement ce type d’intervention.
C’est à ce moment-là que nous avons appris par nos avocats d’où venait le signalement initial.
Selon les informations qui nous ont été présentées, on aurait signalé que nous étions sans logement. Par la suite, on aurait rappelé la DPJ pour dire que nous étions finalement hébergés chez ma tante, mais que cet endroit était considéré comme inadéquat en raison de la présence possible d’un membre de la famille ayant fait l’objet d’accusations. [Détails retirés pour protéger l’identité.]
À ce moment-là, je n’étais pas au courant de tous les détails concernant cette situation familiale. J’ai appris ces informations dans le cadre des démarches avec la DPJ.
La réalité était que cette personne ne vivait pas avec nous et ne faisait pas partie de notre quotidien. Elle venait très rarement chez ma tante, notamment à certaines occasions familiales. La situation présentée dans le signalement ne correspondait pas à ce que nous vivions réellement au quotidien.
Malgré tout, notre enfant a été placé.
Nous avons rapidement obtenu des visites supervisées. Cependant, notre enfant avait été amené à plusieurs heures de route de nous, à Québec, ce qui rendait les choses extrêmement difficiles.
Nous n’avions pas de véhicule et les déplacements représentaient une énorme difficulté financière et physique.
Après une première visite supervisée qui s’est bien déroulée, j’ai commencé à chercher une solution pour me rapprocher de Québec afin de faciliter les contacts avec mon enfant et les démarches avec la DPJ.
Je voulais démontrer ma volonté de collaborer et de créer les meilleures conditions possibles pour retrouver mon enfant.
J’ai donc trouvé un logement à Thetford Mines. C’était un logement 5 ½ qui coûtait environ 580 $ par mois, ce qui était une autre occasion rare dans un contexte de pénurie de logements.
J’avais aussi des contacts qui pouvaient m’aider avec le transport vers Québec.
Le plan était de déménager rapidement à Thetford Mines afin d’être plus proche de mon enfant et des ressources.
Nous avions même prévu d’aller voir le propriétaire après une visite supervisée prévue à Québec afin de payer le logement et commencer notre nouvelle installation.
Malheureusement, un événement tragique est venu complètement changer le cours de notre vie.
Le 13 décembre 2022, ma conjointe et moi étions dans un autobus voyageur en direction de Québec pour une visite supervisée avec notre enfant.
Nous étions assis vers l’arrière de l’autobus, près des toilettes. Elle était assise du côté de la fenêtre et moi à côté d’elle dans l’allée.
C’était le soir, il faisait noir et c’étaient les premières journées d’hiver avec de la neige. Les lumières de l’autobus étaient tamisées. Plusieurs passagers dormaient ou écoutaient quelque chose sur leur téléphone.
Tout semblait normal.
En arrivant près de Saint-Fabien, nous avons soudainement ressenti un énorme impact.
J’ai entendu un gros bruit et j’ai immédiatement réagi en me levant. J’ai vu une trappe d’urgence du toit s’ouvrir, les lumières s’éteindre et l’autobus commencer à perdre le contrôle.
En quelques secondes, nous avons compris qu’il y avait eu une collision frontale avec un autre véhicule.
L’autobus a glissé vers la droite et s’est dirigé vers un fossé où il a finalement frappé violemment.
L’impact a été extrêmement violent.
J’ai été projeté à l’extérieur de l’autobus. Je me suis réveillé dans la neige et j’ai immédiatement senti que quelque chose n’allait pas avec mon corps. Mes jambes ne répondaient pas normalement et je sentais que mon bassin était gravement blessé.
À ce moment-là, j’ai aperçu une femme qui était coincée sous l’autobus et qui criait pour qu’on l’aide. Cette image m’a profondément marqué.
Ma première pensée a ensuite été pour ma conjointe. J’avais peur qu’elle soit morte ou gravement blessée.
L’autobus était dangereusement penché près de moi. Les fenêtres étaient brisées, les gens criaient et la scène était chaotique.
Malgré mes blessures, j’ai essayé de retourner vers l’autobus pour la retrouver. Je me suis déplacé dans la neige avec mes bras parce que mes jambes ne fonctionnaient presque plus normalement.
J’ai essayé d’entrer dans l’autobus, mais les pompiers tentaient de m’en empêcher parce que c’était dangereux.
Je me débattais parce que je voulais absolument la retrouver.
Finalement, je l’ai entendue me dire qu’elle était correcte. C’est à ce moment-là que j’ai pu lâcher prise.
Elle m’a expliqué plus tard qu’elle avait été projetée vers le toit de l’autobus lors de l’impact et qu’elle avait perdu connaissance quelques instants, mais qu’elle était restée à l’intérieur.
Après l’accident, les ambulanciers m’ont éloigné de l’autobus, m’ont donné une couverture et m’ont transporté vers l’hôpital de Rimouski.
À cause de la gravité de mes blessures, ils ont décidé de me transférer rapidement vers Québec par avion-ambulance.
Ma conjointe, de son côté, a été ramenée chez ma tante.
Avant mon transport vers Québec, j’ai été placé dans un coma artificiel.
Je me suis réveillé à Québec dans un lit d’hôpital, sans vraiment comprendre tout ce qui venait de se passer.
J’étais sans téléphone, sans carte d’identité et sans beaucoup de contacts. J’avais des pertes de mémoire et je ne savais presque plus ce qui se passait autour de moi.
Mon bassin était fracturé gravement.
Le 22 décembre 2022, j’ai subi une opération importante. Les médecins ont installé du matériel métallique pour stabiliser mon bassin, dont des pièces de métal et des fixations qui reliaient mon bassin à mon fémur.
Après cette opération, j’ai dû recommencer à apprendre à marcher.
Cette période a été extrêmement difficile, car en plus de mes blessures physiques, je vivais déjà la séparation d’avec mon enfant et l’incertitude concernant notre avenir.
Témoignage – Partie 3
Après l’accident, ma réadaptation, la séparation et la deuxième intervention de la DPJ
Après mon opération du 22 décembre 2022, je suis resté hospitalisé jusqu’au 27 décembre environ. Durant cette période, ma situation était extrêmement difficile. J’avais perdu beaucoup de repères. Je n’avais plus mon téléphone, plus mes cartes d’identité et je n’avais presque aucune nouvelle de mon entourage.
Je vivais en même temps plusieurs épreuves : les conséquences physiques graves de mon accident, la perte de contact avec mon premier enfant et l’incertitude concernant mon avenir.
Après ma sortie de l’hôpital, je n’avais pas beaucoup de ressources. Un ami a réussi à m’aider. Des personnes de mon entourage dans le milieu du rap québécois, qui connaissaient mon histoire, ont même organisé une aide pour m’acheter un téléphone afin que je puisse reprendre contact avec les gens et recommencer mes démarches.
J’ai réussi à retrouver un accès à mes réseaux sociaux et à reprendre contact avec ma conjointe, qui était restée en Gaspésie.
À ce moment-là, il faut comprendre que j’étais gravement blessé. Je me déplaçais en chaise roulante et j’avais beaucoup de difficulté avec les mouvements de base. Je ne pouvais presque pas marcher, je ne pouvais pas rester assis longtemps dans un véhicule et les déplacements étaient très douloureux.
Avant l’accident, nous étions supposés déménager à Thetford Mines dans le logement que j’avais trouvé afin de nous rapprocher de notre enfant et du centre jeunesse. À cause de l’accident, ce projet est tombé à l’eau.
Après ma sortie de l’hôpital, je me suis retrouvé temporairement chez un ami à Thetford Mines. C’était la même ville où j’avais prévu déménager. Cet ami m’a beaucoup aidé : il m’a accompagné dans mes rendez-vous médicaux, il m’a aidé pour mes médicaments et pour les soins dont j’avais besoin.
Cependant, je vivais très mal le fait d’avoir besoin d’aide. J’ai toujours été quelqu’un d’autonome et fier. J’avais beaucoup de difficulté à accepter ma condition physique et le fait de devoir dépendre des autres.
Même si mon ami ne me faisait jamais sentir comme un fardeau, moi je ressentais cette impression. Je voulais redevenir capable de me débrouiller seul.
J’ai donc décidé d’aller vivre chez mon cousin à Saint-Hyacinthe, quelqu’un que j’appréciais et qui m’avait déjà aidé dans le passé.
J’ai ensuite trouvé une façon de faire revenir ma conjointe près de moi. Nous avons essayé de reprendre notre vie ensemble malgré tout ce que nous avions vécu.
Cependant, nous étions tous les deux très marqués psychologiquement. L’accident avait été traumatisant pour nous deux. La perte de notre enfant, les interventions de la DPJ et toutes les difficultés accumulées avaient laissé beaucoup de blessures.
Nous avons donc été vivre temporairement chez un ami. Cet endroit était plus adapté pour ma condition physique parce que tout était au même niveau et que je pouvais plus facilement fonctionner avec ma chaise roulante.
Pendant cette période, j’étais très impatient avec moi-même. J’avais de la difficulté à accepter mon handicap temporaire. Je ne voulais pas être aidé et j’avais peur de ne jamais retrouver mes capacités normales.
Je devenais plus déprimé. J’avais l’impression que tout ce que j’avais construit venait de s’écrouler : mon enfant avait été placé, j’avais eu un accident majeur et maintenant ma relation était difficile.
Ma conjointe aussi était très affectée. Elle avait vécu le traumatisme de l’accident, la perte de notre enfant et beaucoup d’autres difficultés personnelles.
Finalement, elle est partie et est retournée à Drummondville.
Cette séparation a été très difficile pour moi parce que j’étais encore en récupération physique et que je dépendais parfois de l’aide des autres.
[Passages retirés : atteinte à la réputation.]
Pendant ce temps, moi, j’ai décidé de chercher une situation plus stable. J’ai contacté un ami à Sherbrooke, une personne que je connaissais comme étant fiable, travaillante et responsable.
Je suis allé vivre chez lui. Cette stabilité m’a permis de recommencer à avancer. J’ai fait ma réadaptation moi-même, j’ai repris des forces et j’ai travaillé chaque jour pour retrouver mes capacités.
Avec le temps, ma conjointe a vu que ma situation s’améliorait. Elle a repris contact avec moi et elle a voulu revenir.
Comme je l’aimais encore et qu’elle était la mère de mes enfants, j’ai accepté de lui donner une autre chance.
J’ai demandé à mon ami s’il acceptait qu’elle revienne vivre avec nous. Malgré ses inquiétudes, il a accepté.
Malheureusement, les difficultés ont recommencé. Il y avait beaucoup de conflits entre nous. Elle partait parfois à Drummondville et revenait ensuite.
À plusieurs reprises, mon ami m’a accompagné pour aller la chercher et essayer de ramener une stabilité.
Finalement, il nous a expliqué qu’il ne pouvait plus continuer cette situation chez lui. Il m’appréciait et il voulait m’aider, mais les crises et les conflits étaient devenus trop difficiles à gérer.
Avant que nous quittions définitivement, ma conjointe est tombée enceinte.
À ce moment-là, nous étions encore ensemble et nous avions une situation différente de la première fois. Nous avions une place où vivre, une chambre disponible pour un bébé et un suivi avec la DPJ.
Nous avons discuté avec un intervenant du centre jeunesse qui nous avait rassurés. Il nous avait expliqué que notre situation était différente de la première fois et que nous devions continuer notre projet de famille.
Nous avons donc décidé de garder cet enfant.
Elle a accouché à l’hôpital de Sherbrooke.
Nous pensions que cette fois serait différente. Nous avions une chambre pour le bébé, nous étions suivis et nous avions fait des efforts pour améliorer notre situation.
Malgré cela, après la naissance, la DPJ est encore intervenue et a pris notre enfant.
Cette deuxième intervention a été extrêmement difficile psychologiquement.
Nous avons vécu une nouvelle perte. Nous étions encore une fois des parents qui venaient d’avoir un enfant et qui se retrouvaient séparés de lui.
Cette situation nous a replongés dans une grande détresse.
Après cela, mon ami ne pouvait plus nous héberger. Nous avons dû chercher une autre solution rapidement.
Nous sommes allés vivre temporairement chez des connaissances. L’endroit n’était pas idéal, mais nous voulions au moins avoir un toit et éviter de nous retrouver complètement à la rue.
Nous avons expliqué au centre jeunesse que nous voulions d’abord trouver un endroit stable avant de recevoir notre enfant dans notre environnement. Notre intention était de protéger notre enfant et de faire les choses correctement.
Nous nous sommes inscrits aux HLM et nous avons continué nos démarches en attendant une solution plus permanente.
Partie 4 — La détention, la sortie de prison et ma situation actuelle
Après les événements qui ont mené à mon arrestation, j’ai été détenu. Je reconnais que mon geste a été considéré comme une infraction selon la loi. [Passage retiré : atteinte à la réputation.]
Pendant ma détention, j’ai vécu une période extrêmement difficile psychologiquement. Je n’avais presque aucune nouvelle de l’extérieur, je ne savais pas exactement ce qui se passait avec mon enfant à naître, avec mon chien et avec tout ce que j’avais essayé de reconstruire. J’ai vécu beaucoup d’incompréhension, de tristesse et de colère. Malgré cela, j’ai essayé de rester concentré sur mon amélioration personnelle. Je me suis entraîné, j’ai travaillé lorsque c’était possible et j’ai essayé de garder un objectif pour ma sortie.
J’ai finalement plaidé coupable et reçu une sentence de 16 mois. J’ai commencé ma peine le 11 avril 2025 et j’ai été libéré le 7 janvier 2026, après avoir purgé environ 11 mois et 20 jours.
Pendant ma détention, j’ai appris que mon enfant était né. Je l’ai appris par des personnes de l’extérieur et par des ressources qui tentaient de m’aider à obtenir des informations. [Passage retiré : atteinte à la réputation.]
J’ai aussi appris que mon chien Maya risquait de ne plus être avec moi. J’étais inquiet parce que Maya représentait beaucoup pour moi. Elle m’avait accompagné dans plusieurs périodes difficiles de ma vie.
À ma sortie de prison, je me suis retrouvé dans une situation très précaire. Le logement que j’avais réussi à obtenir avait été perdu. J’ai finalement réussi à retrouver mon chien, ce qui était extrêmement important pour moi.
Comme je n’avais plus vraiment de solution en ville, je suis retourné en Gaspésie auprès d’une personne qui m’a offert de l’aide. J’ai vécu environ deux mois dans une roulotte. La roulotte n’était pas vraiment adaptée pour l’hiver et je devais apprendre à me débrouiller par moi-même. J’ai appris à couper du bois, à gérer les difficultés du quotidien et à prendre soin de mon chien dans des conditions difficiles.
Malgré tout, j’ai réussi à m’en sortir. Je n’ai jamais laissé tomber Maya et j’ai toujours fait en sorte que nous ayons de la nourriture et le nécessaire pour vivre.
Pendant cette période, Maya a été attaquée par un autre chien. J’ai dû intervenir pour la défendre. Les policiers qui sont intervenus m’ont confirmé que j’avais eu raison de protéger mon animal. Cependant, après cet événement, les personnes qui m’hébergeaient ne voulaient plus que je reste sur place.
J’ai donc dû chercher une autre solution rapidement. J’ai appelé ma tante, la même personne qui m’avait déjà aidé dans le passé pendant la première grossesse. Elle a accepté de m’accueillir chez elle. Je suis actuellement chez elle.
Aujourd’hui, ma situation est beaucoup plus stable. Je mange correctement, j’ai un endroit sécuritaire où vivre et ma tante m’offre un soutien important. La maison est adéquate et l’environnement est sain.
Cependant, j’ai encore une grande peur concernant la DPJ. Cette peur vient de mon histoire passée et de ce que j’ai vécu avec mes enfants. La principale inquiétude qui me bloque aujourd’hui est le fait que ma tante avait été mentionnée dans un ancien signalement en raison d’un membre de la famille ayant fait l’objet d’accusations. Cette personne a depuis été reconnue coupable et est incarcérée. Elle ne vit pas chez ma tante et ne reviendra pas avant plusieurs années. La situation actuelle est donc complètement différente de celle qui avait été rapportée à l’époque. [Détails retirés pour protéger l’identité.]
Ma tante a toujours été une personne présente pour moi. Elle a élevé ses propres enfants et elle a démontré qu’elle était capable d’offrir un environnement familial adéquat. Elle serait prête à m’aider et à m’accompagner dans mes démarches.
Malgré cela, je ressens encore une grande crainte de retourner vers la DPJ, parce que j’ai l’impression que dès que je vais chercher de l’aide, on utilise mes difficultés contre moi plutôt que de m’aider à les surmonter.
Je crois profondément que l’intérêt des enfants passe aussi par le fait d’aider les parents biologiques lorsqu’ils démontrent de bonnes intentions et une volonté de s’améliorer. Dans mon histoire, j’ai souvent eu l’impression qu’on m’a jugé sur mon passé, mes erreurs et mes moments de difficulté, sans prendre suffisamment en compte mes efforts, mes changements et l’amour que j’ai toujours eu pour mes enfants.
Je n’ai jamais cessé de vouloir être père. Depuis le début, mon objectif a toujours été de construire une famille stable, sécuritaire et aimante. Les événements que j’ai vécus — la perte de mes enfants, l’accident d’autobus, mes blessures physiques, la séparation, la détention et les difficultés financières — ont eu des conséquences énormes sur ma vie.
Aujourd’hui, je souhaite surtout retrouver une stabilité complète, continuer mes démarches, régler mon dossier et démontrer que je suis capable d’être un père présent et responsable.
Je demande simplement d’être évalué pour la personne que je suis aujourd’hui, et non seulement pour les événements difficiles de mon passé.
TO: [Recipient: Mouvement Action Justice
OFFICIAL TESTIMONY & STATEMENT OF FACTS
I. General Case Details
Subject: [Name withheld to protect identity — youth protection confidentiality]
Mother / Advocate: [Name withheld to protect identity]
System Involved: Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) / [Regional health authority withheld to protect identity]
Key Diagnoses: Reactive Attachment Disorder (RAD), Attention-Deficit/Hyperactivity Disorder (ADHD)
Timeline of Care: January 2015 – March 2026
II. Factual Timeline & Clinical Background
Initial Placement & Clinical Context (January 2015):
She entered DPJ care in January 2015.
She lived with diagnosed Reactive Attachment Disorder (RAD) and ADHD. These conditions made stability, secure attachment, and a familiar home environment critical to her psychological well-being.
Impact of Institutionalization & Disconnect from Home (2018–2025):
Throughout her placement, she was moved through multiple youth protection facilities and group homes.
The constant turnover and rigid environment of institutional life directly conflicted with her clinical needs, driving deep-seated depression.
She consistently expressed that her primary desire was simply to be at home with her family. Prolonged placement and restrictions on family contact exacerbated her trauma and emotional distress.
Notably, a long-term DPJ worker formally requested to remain assigned to her file to prevent further instability, recognizing the grave risk institutional shifts posed to her fragile state.
Tragic Outcome (March 2026):
In March 2026, she passed away while under institutional care. She was 16 years old.
The severe emotional toll, institutional depression, and unaddressed distress directly preceded this tragedy, pointing to systemic failures in managing a youth with complex attachment and attention disorders.
Post-Incident Actions & Legal Obstruction (April 2026 – Present):
Access to Information Denial: Following her passing, formal requests were submitted for her complete medical, psychological, and placement records.
Institutional Refusal: The regional health authority refused to release her records.
Formal CAI Appeal: A formal Demande de révision has been filed with the Commission d’accès à l’information (CAI) to force the full release of all withheld files.
Public & Media Advocacy: Details are being shared with investigative media to bring public accountability to institutional negligence. [Names of journalists and outlets withheld to protect identity.]
III. Key Systemic Failures & Legal Issues
Failure to Provide Clinically Appropriate Care: Housing a child with Reactive Attachment Disorder (RAD) in destabilizing institutional settings rather than facilitating safe, supportive family integration directly harmed her mental health and heightened her depression.
Failure of Duty of Care & Safeguarding: Ignoring clear indicators of institutional depression and distress in a youth with known complex neurodevelopmental and attachment needs.
Obstruction of Information: The refusal of regional health authorities to provide full medical and psychological records, preventing a full, transparent review of the circumstances surrounding her death.
IV. Purpose of This Document & Reserved Rights
This document is compiled to state the facts surrounding her diagnoses, her distress under institutional care, and the subsequent procedural failures.
This statement is provided strictly under all legal reserves (sous toutes réserves). Nothing in this document waives any rights to future civil actions, formal administrative complaints, or lawsuits against the parties involved.
Submitted by: A mother
Témoignage insjustices – Chanel Maisonneuve
Quand survivre au cancer ne suffit plus
Le combat d’une mère de l’Outaouais pour être entendue
Par Chanel Maisonneuve
En 2022, j’avais 28 ans.
J’étais une jeune mère monoparentale de l’Outaouais. Je travaillais, j’élevais mon fils et je soutenais mes parents depuis le décès tragique de mon frère quelques années plus tôt.
Je n’avais aucun antécédent personnel de cancer.
Rien ne laissait croire que ma vie était sur le point de basculer.
Lorsque j’ai découvert une masse dans mon sein gauche, je croyais que mon plus grand défi serait de combattre la maladie.
Je me trompais.
Au cours des années qui ont suivi, j’ai dû mener trois combats simultanément : contre le cancer, contre les défaillances du système de santé et contre les obstacles qui se dressent devant ceux qui tentent d’obtenir des réponses et de faire valoir leurs droits.
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Une masse découverte. Un cancer ignoré.
Au printemps 2022, je découvre moi-même une masse dans mon sein gauche.
Je consulte rapidement.
Des examens sont réalisés. On me dit que la masse est probablement bénigne. Aucune biopsie n’est effectuée. On me recommande simplement une surveillance.
Je rentre chez moi rassurée.
Pendant ce temps, le cancer continue son évolution.
Près de trois ans plus tard, le Collège des médecins du Québec conclura que cette lésion avait été mal classifiée et qu’elle aurait dû mener à une biopsie sans délai.
Je ne peux m’empêcher de me demander ce qui se serait passé si cette biopsie avait été réalisée lorsqu’elle aurait dû l’être.
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Le système savait. Moi non.
Le 24 janvier 2023, une biopsie est enfin réalisée.
Le rapport confirme la présence d’un cancer du sein agressif.
Pourtant, personne ne me contacte.
Les jours passent.
Puis les semaines.
J’appelle à plusieurs reprises pour obtenir mes résultats.
Ce n’est que le 6 mars 2023 que j’apprends finalement la vérité.
Plus d’un mois après la confirmation du diagnostic.
Pendant plus de quatre semaines, un cancer agressif était connu du système, mais pas de la patiente qui le portait.
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Le jour où tout a changé
Le 10 mars 2023, je me présente à un rendez-vous médical convaincue que l’on va me parler du retrait d’un fibroadénome.
Quelques minutes plus tard, j’apprends que j’ai un cancer du sein agressif.
Je me souviens encore du choc.
Je pense immédiatement à mon fils.
Je pense à l’avenir.
Je pense à tout ce que je risque de perdre.
Trois jours plus tard, je commence un nouvel emploi parce que je n’ai pas le luxe de mettre ma vie sur pause.
Pendant les mois qui suivent, je subis la chimiothérapie.
Je perds mes cheveux.
Mes cils.
Mes sourcils.
Je subis une chirurgie.
Puis la radiothérapie.
Puis l’immunothérapie.
Comme des milliers de patients atteints de cancer, je me bats pour survivre.
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Lorsque personne ne vous croit
Très rapidement, une question commence à me hanter.
Comment une masse considérée comme bénigne est-elle devenue un cancer agressif?
Je tente d’obtenir des avis juridiques.
Je rencontre des refus.
Encore et encore.
On me dit que le dossier est complexe.
Qu’il sera difficile à prouver.
Que les chances de succès sont incertaines.
Pendant que je lutte contre le cancer, je dois également me transformer en enquêtrice de ma propre histoire.
Je commence à conserver des documents.
À reconstruire la chronologie des événements.
Parce que je sens déjà que si je ne le fais pas moi-même, personne ne le fera à ma place.
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Vingt mois d’attente
En juillet 2023, je dépose une plainte au Collège des médecins du Québec.
J’espère obtenir rapidement des réponses.
Je devrai attendre près de vingt mois.
Vingt mois pendant lesquels ma vie continue.
Vingt mois pendant lesquels je tente de guérir.
Vingt mois pendant lesquels je vais pourtant découvrir que mon combat est loin d’être terminé.
Lorsque les conclusions arrivent enfin, elles confirment que des manquements ont été commis dans mon dossier.
Les questions que je me posais depuis des années n’étaient pas imaginaires.
Pourtant, malgré cette reconnaissance, aucune sanction disciplinaire significative n’est imposée.
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Une récidive que je voyais venir
En février 2024, on me déclare en rémission.
Je tente enfin de regarder vers l’avenir.
Mais quelques semaines plus tard, je remarque des changements inquiétants dans mon sein.
Je les signale.
À plusieurs reprises.
Mes inquiétudes sont minimisées.
On me rassure.
On évoque d’autres causes possibles.
Pourtant, quelque chose ne va pas.
Devant l’absence de réponses satisfaisantes, je consulte même au privé en Ontario à mes frais.
Je ne comprends toujours pas pourquoi une patiente ayant récemment combattu un cancer agressif a dû quitter sa province et payer de sa poche pour faire entendre ses préoccupations.
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Trop tard encore une fois
Une IRM est finalement demandée en urgence.
Puis annulée faute de personnel.
Pendant que les semaines passent, mes symptômes continuent d’évoluer.
Lorsque l’examen est finalement réalisé, il révèle de multiples lésions occupant une grande partie du sein.
La récidive est ensuite confirmée.
Cette fois, il s’agit d’un cancer du sein inflammatoire particulièrement agressif.
J’ai 31 ans.
Et je dois recommencer.
La chimiothérapie.
Les traitements.
Les rendez-vous.
L’incertitude.
La peur.
Tout recommencer.
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Aller jusqu’à Harvard pour obtenir des réponses
En 2025, malgré des conclusions locales rassurantes, je décide de faire réviser mes lames pathologiques par des spécialistes affiliés à Harvard Medical School.
Cette révision identifie des éléments qui n’avaient pas été retenus lors de l’analyse effectuée au Québec.
Les spécialistes recommandent qu’un traitement supplémentaire soit envisagé compte tenu du caractère particulièrement agressif de ma maladie.
Quelques semaines plus tard, un troisième avis médical rendu au CHUM appuie également cette approche.
Harvard le recommande.
Le CHUM l’appuie.
Et malgré cela, je dois encore me battre pour y avoir accès.
Comme citoyenne de l’Outaouais, je dois également parcourir des centaines de kilomètres afin de recevoir le traitement recommandé.
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Les réponses arrivent enfin
Lorsque les conclusions du Collège des médecins tombent enfin, elles confirment des manquements dans mon dossier.
Je découvre que les questions que je me posais depuis des années n’étaient pas imaginaires.
Je découvre aussi une autre réalité.
Avant ces conclusions, aucun cabinet n’acceptait de prendre mon dossier.
Après la reconnaissance officielle des manquements, les portes commencent à s’ouvrir.
Pour la première fois, j’ai l’impression que quelqu’un écoute réellement ce que je tente d’expliquer depuis le début.
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Le combat judiciaire
Je crois alors que le plus difficile est derrière moi.
Je me trompe encore.
À quelques semaines de la prescription, je perds ma première représentation juridique.
Je dois trouver un nouvel avocat en urgence.
Je suis toujours en traitement.
Je suis épuisée.
Mais je refuse d’abandonner.
Le 2 mars 2026, je trouve finalement une nouvelle représentation juridique.
Je découvre alors une autre réalité troublante : même lorsqu’un avocat accepte de vous représenter, encore faut-il trouver des experts prêts à intervenir.
Mon avocat m’explique avoir essuyé plusieurs refus ou absences de réponse dans ses démarches pour trouver un expert en oncologie au Québec et devoir élargir ses recherches au Canada anglais et aux États-Unis.
J’ai alors compris que l’un des plus grands obstacles à l’accès à la justice n’est pas toujours la preuve elle-même.
Parfois, c’est simplement de trouver quelqu’un prêt à l’examiner.
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Ce que j’ai appris
Le cancer m’a obligée à me battre pour ma survie.
Le système m’a obligée à me battre pour obtenir des réponses.
Et le processus juridique m’a obligée à me battre pour être crue.
J’ai appris qu’il existe une immense différence entre survivre à un cancer et survivre à tout ce qui l’entoure.
J’ai appris qu’une patiente gravement malade peut être forcée de devenir archiviste de son dossier, enquêtrice de sa propre histoire, porte-parole de sa souffrance et gardienne de ses preuves.
J’ai appris qu’il faut parfois des années pour faire reconnaître ce que l’on savait déjà au fond de soi.
Mais surtout, j’ai appris qu’aucun patient ne devrait avoir à consacrer autant d’énergie à se faire entendre qu’à tenter de survivre.
Je ne raconte pas cette histoire pour susciter la pitié.
Je la raconte parce que derrière chaque délai, chaque erreur, chaque rupture de service et chaque dossier se trouve un être humain.
Une mère.
Un père.
Un enfant.
Une famille entière dont la vie peut basculer.
Aujourd’hui, je suis toujours en traitement.
Je poursuis toujours mes démarches judiciaires.
Je continue toujours de me battre.
Mais je refuse que ce parcours soit réduit à quelques lignes dans un dossier médical.
Parce que mon histoire ne parle pas seulement de cancer.
Elle parle de ce qui arrive lorsqu’un patient doit consacrer autant d’énergie à obtenir des réponses qu’à tenter de survivre.
Elle parle d’une femme qui a refusé d’abandonner.
Et elle pose une question simple :
Combien de patients devront encore vivre ce genre de parcours avant que les leçons de ces défaillances soient réellement entendues?
Je n’ai jamais demandé un traitement privilégié. J’ai simplement demandé ce à quoi chaque patient devrait avoir droit : être écouté, être soigné à temps et être entendu lorsque quelque chose ne va pas.
Personne ne devrait avoir à lutter simultanément pour sa survie, pour des réponses et pour la justice.
Quand dénoncer devient dangereux : les failles d’un système qui laisse tomber les victimes
Quand la souffrance d’une travailleuse de la santé devient un combat pour être entendue
Je suis préposée aux bénéficiaires. Comme beaucoup de travailleurs du réseau de la santé, j’ai consacré mon énergie, mon temps et ma santé à prendre soin des autres. Pourtant, derrière les murs d’un milieu censé être humain et sécuritaire, j’ai vécu une réalité complètement différente : celle d’un environnement de travail qui a profondément atteint mon intégrité psychologique.
À la suite de situations de harcèlement au travail, mon médecin traitant a posé un constat clair : mes symptômes correspondaient à un trouble d’adaptation avec humeur anxieuse lié à mon emploi. Il a rempli une attestation destinée à la CNESST afin que ma situation soit reconnue comme une lésion professionnelle.
Mais au lieu d’une analyse humaine et rigoureuse de la situation, la première réaction de l’employeur a été de contester rapidement la reconnaissance de cette atteinte. L’employeur a entrepris des démarches afin d’influencer la décision de la CNESST et de faire rejeter ma réclamation.
Je me suis alors retrouvée plongée dans une procédure complexe où, malgré mon statut de travailleuse syndiquée, malgré une convention collective qui prévoit des mécanismes précis, malgré l’avis de mon médecin traitant, il fallait encore prouver l’évidence : que ma souffrance avait une origine réelle.
Comme le prévoit la procédure applicable, j’ai été soumise à une expertise médico-légale réalisée par un psychiatre choisi par l’employeur. Une étape difficile pour une personne déjà fragilisée, où il faut raconter encore une fois les événements, revivre les blessures et tenter de démontrer la réalité d’une souffrance invisible.
Après cette expertise, mon médecin traitant n’a pas changé de position. Au contraire, il a maintenu son évaluation et a contesté les conclusions par les mécanismes prévus auprès de la CNESST.
La procédure a donc suivi son cours jusqu’à l’étape ultime prévue par ma convention collective : l’évaluation par un psychiatre arbitre indépendant, dont la décision devait être finale et exécutoire pour toutes les parties — la CNESST, l’employeur et même mon médecin traitant.
Et c’est à ce moment que la vérité médicale a finalement été reconnue.
Le psychiatre arbitre a donné raison à mon médecin traitant. Il a conclu qu’il existait suffisamment d’éléments significatifs pour démontrer une atteinte psychologique réelle. Dans son expertise, il s’est référé aux critères du DSM-IV et a inscrit V62.2, critère C, avec un score de 65, correspondant à une problématique reliée à l’emploi nécessitant une attention clinique.
Le critère C, soit l’évitement, a été interprété dans ce contexte comme une réaction normale de protection face à un environnement de travail devenu toxique et dangereux pour ma santé psychologique.
Mais cette expertise a révélé quelque chose de beaucoup plus grave qu’un simple conflit de travail.
Elle a permis de mettre en lumière que derrière ma souffrance individuelle pouvait se cacher une réalité plus vaste : celle d’un milieu où d’autres personnes pourraient également avoir été victimes de comportements graves, allant jusqu’à soulever des éléments pouvant s’apparenter à des actes criminels.
Pendant longtemps, j’ai douté. Je me suis demandé si ma perception était juste. Je me suis demandé si ma souffrance allait un jour être reconnue. J’ai porté le poids du doute, de la contestation et du sentiment d’être abandonnée par un système qui semblait davantage chercher à se protéger qu’à protéger une travailleuse.
Mais cette décision arbitrale est venue confirmer une chose essentielle : ma souffrance n’était pas imaginaire. Elle n’était pas une faiblesse. Elle n’était pas un simple problème personnel.
Elle était la conséquence d’événements suffisamment sérieux pour être reconnus par une expertise psychiatrique indépendante.
Cette histoire soulève une question fondamentale : combien de travailleurs doivent-ils être brisés avant que les milieux de travail prennent réellement au sérieux le harcèlement, la violence psychologique et les conséquences humaines qu’ils peuvent engendrer?
Derrière chaque dossier CNESST, il n’y a pas seulement des formulaires, des procédures et des contestations. Il y a des êtres humains. Des travailleurs qui ont donné leur santé au service des autres et qui, lorsqu’ils sont blessés, doivent parfois se battre encore plus fort pour obtenir simplement la reconnaissance de leur réalité. Et après avoir enfin été reconnue, j’ai découvert que personne n’avait transmis la décision.
Je croyais naïvement que le plus difficile était derrière moi.
Après des mois de procédures, d’expertises, de contestations et de souffrance, mon médecin traitant maintenait toujours sa position. Le psychiatre arbitre avait reconnu qu’il existait suffisamment d’éléments significatifs pour établir une problématique psychologique reliée à mon emploi.
Je pensais enfin être entendue.
Je pensais enfin être protégée.
Je pensais surtout que les mécanismes prévus pour une travailleuse syndiquée allaient fonctionner.
Mais plusieurs mois ont passé.
Et malgré mes demandes répétées, les réponses de mon syndicat sont devenues floues, incomplètes ou inexistantes. Je ne comprenais pas pourquoi je n’avais pas de véritable prise en charge alors que mon dossier était devenu extrêmement grave.
J’ai donc communiqué directement avec la CNESST.
Et c’est là que j’ai découvert quelque chose qui allait complètement changer la compréhension de mon dossier.
La CNESST m’a informée qu’elle n’avait jamais reçu l’expertise médico-légale du psychiatre arbitre.
Autrement dit, l’expertise qui, selon moi, devait constituer une pièce centrale de mon dossier n’était tout simplement pas au dossier de la CNESST.
Et pire encore : on m’a indiqué que le délai applicable était déjà dépassé et que, contrairement à ce que je croyais, la CNESST n’était pas nécessairement liée par cette expertise.
J’ai alors compris que pendant que je croyais être représentée et que je pensais que mon dossier avançait, quelque chose s’était brisé dans la chaîne de représentation.
Je croyais que mon syndicat continuait de s’occuper de mon dossier comme il l’avait fait au départ.
Mais au moment où j’avais peut-être le plus besoin de représentation, cette représentation semblait avoir disparu.
Puis tout s’est accéléré.
Mon médecin traitant, constatant la situation, a produit une nouvelle attestation médicale avec une nouvelle date.
Encore une fois, l’employeur et la CNESST ont refusé de reconnaître ma situation.
Quelques jours seulement après cette nouvelle démarche, l’employeur m’a congédiée.
Le motif invoqué? Abandon volontaire de l’emploi.
Après environ quinze années d’ancienneté.
Je me suis alors retrouvée dans une situation presque impossible à concevoir.
Pas de revenu d’emploi.
Pas de chômage.
Pas d’assurance salaire.
Et même pas accès à l’aide de dernier recours dans les conditions que je souhaitais, notamment parce que je suis copropriétaire d’une maison avec mon conjoint.
Je demandais simplement que le mécanisme prévu par ma convention collective soit utilisé pour contester mon congédiement.
Je demandais la procédure de grief.
Mais alors que l’audience approchait, mon syndicat a retiré mon grief.
Et avec ce retrait, j’ai eu le sentiment de perdre la dernière possibilité institutionnelle de faire entendre ma version des faits.
Puis ma vie personnelle s’est effondrée à son tour.
Pendant que je tentais de survivre à la perte de mon emploi et à cette bataille professionnelle, ma situation familiale se détériorait.
Les problèmes financiers ont commencé à provoquer des conflits dans mon couple.
Mon état psychologique, déjà fragilisé par le harcèlement que j’avais dénoncé, s’est aggravé.
Puis est apparue une autre réalité : la violence conjugale économique.
J’ai demandé de l’aide.
J’ai communiqué avec le 811.
Les policiers de la Sûreté du Québec se sont présentés à mon domicile. Une intervention en vertu de la Loi sur la protection des personnes dont l’état mental présente un danger pour elles-mêmes ou pour autrui a été appliquée.
J’ai été menottée.
J’ai été transportée à l’hôpital.
Après environ deux heures, j’ai été retournée chez moi.
Mais mon enfant était présent lors de l’intervention.
Un signalement a donc été effectué auprès de la DPJ.
Et le signalement a été retenu.
En quelques jours, je suis passée de travailleuse à risque de perdre mon emploi à mère confrontée à une intervention de protection de la jeunesse.
Avec l’application des mesures, il m’a été ordonné de ne plus retourner à mon domicile.
J’expliquais pourtant ma situation :
J’étais déjà fragilisée psychologiquement.
Je souffrais d’un trouble de stress post-traumatique que je reliais à mon expérience de harcèlement au travail.
J’avais perdu mon emploi.
Je n’avais plus de sécurité financière.
Je n’avais plus d’endroit où rester.
Et les ressources d’hébergement pour femmes étaient contingentées.
Je me suis donc retrouvée devant une réalité absurde : on m’ordonnait de quitter mon domicile, alors que je n’avais pratiquement aucun autre endroit où aller.
Pour survivre, j’ai finalement pris la décision de me rendre moi-même à l’urgence.
Cette fois, l’hôpital m’a gardée en psychiatrie.
Je pensais enfin pouvoir être protégée.
Mais même là, le système avait ses limites.
Pour ma sortie, des ressources pour femmes ont refusé de m’héberger parce que, selon leur évaluation, je n’étais plus en danger imminent. J’avais un toit temporaire et j’étais nourrie à l’hôpital.
Mais l’hôpital ne pouvait évidemment pas me garder indéfiniment.
Le dossier s’est donc rendu jusqu’aux avocats du contentieux de la DPJ.
Et après trois longs mois d’hospitalisation, j’ai finalement été hébergée à La Jonction pour Elles.
Je croyais avoir enfin trouvé un endroit sécuritaire où reprendre pied.
Mais après la période maximale d’hébergement, environ dix semaines, on m’a demandé de partir.
On m’a alors orientée vers une ressource destinée aux personnes en situation d’itinérance, au 55 de Lévis.
Pendant tout ce temps, je continuais malgré tout à me battre.
Même hospitalisée, même sans logement stable, même sans emploi, même séparée de mon enfant, je tentais encore de défendre mes droits.
J’ai entrepris des démarches contre mon syndicat.
J’ai saisi les instances compétentes.
Je croyais qu’au moins une institution finirait par regarder l’ensemble de mon histoire et comprendre qu’il ne s’agissait pas simplement d’une succession de problèmes indépendants.
Mais au Tribunal administratif du travail, section des relations du travail, ma plainte n’a pas abouti.
Et c’est là que j’ai découvert ce que je considère comme des vides juridiques particulièrement troublants.
Le premier concerne la représentation syndicale dans les dossiers individuels : selon l’interprétation qui m’a été opposée, la représentation n’est pas nécessairement une obligation absolue du syndicat dans chaque dossier individuel.
Le deuxième concerne le grief : le syndicat conserve un rôle déterminant dans le choix des griefs qu’il décide de porter ou non à l’arbitrage. Le retrait d’un grief peut donc avoir des conséquences considérables pour le salarié qui, lui, n’a pas nécessairement la possibilité de poursuivre seul la procédure.
Et le troisième est encore plus troublant dans mon histoire.
Les dossiers de relations de travail et ceux concernant la santé et la sécurité du travail sont traités dans des cadres distincts.
Ainsi, dans le cadre de ma contestation devant la section des relations du travail, la preuve relative à mon état de santé et à mon incapacité réelle à me défendre adéquatement n’aurait pas été suffisamment établie, selon le raisonnement retenu.
Ce qui a finalement contribué à une conclusion où ma situation a pu être interprétée comme un manque de collaboration de ma part.
Mais comment une personne qui traverse simultanément une atteinte psychologique reconnue, une perte d’emploi, une précarité financière, une rupture familiale, une intervention policière, une hospitalisation psychiatrique et une perte de logement peut-elle être évaluée comme si elle disposait exactement des mêmes capacités qu’une personne en parfaite santé?
C’est là que mon histoire devient profondément alarmante.
Parce qu’au bout du processus, qu’est-ce qu’il reste?
J’ai perdu ma santé.
J’ai perdu un emploi auquel j’avais consacré 15 années.
J’ai perdu ma stabilité financière.
J’ai perdu mon couple.
Et j’ai perdu la garde de mon enfant dans le contexte de l’intervention de la DPJ.
Tout cela alors que le point de départ de mon histoire était une dénonciation de situations que je considérais comme du harcèlement au travail.
Et lorsque j’ai tenté de comprendre pourquoi les mécanismes de protection n’avaient pas fonctionné, je me suis retrouvée devant une multitude d’institutions, chacune avec son mandat, ses limites et ses critères.
Le Protecteur du citoyen ne pouvait pas nécessairement intervenir dans une situation individuelle lorsque d’autres recours ou instances étaient déjà saisis.
La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse représentait également un autre parcours juridique, avec ses propres critères et limites.
Et malgré les décisions judiciaires et les principes établis en matière de discrimination fondée sur le handicap, je me suis retrouvée à devoir constamment démontrer que mon état de santé devait être pris en considération.
Puis, à force de multiplier les démarches auprès de différentes institutions pour tenter de comprendre ce qui m’était arrivé, j’ai même été avertie par l’organisme L’A-DROIT de faire attention.
Pourquoi?
Parce qu’à force de chercher des réponses auprès de plusieurs instances, une personne qui tente simplement de faire valoir ses droits peut finir par être perçue comme une personne qui multiplie les recours de manière abusive.
Et c’est là que le paradoxe devient vertigineux.
Si je me taisais, personne ne m’entendait.
Si je contestais, je risquais d’être considérée comme une personne qui conteste trop.
Si je demandais de l’aide, je devais franchir les critères d’une nouvelle institution.
Si je ne réussissais pas à respecter les procédures pendant une période où ma santé était profondément fragilisée, cela pouvait être interprété comme un manque de collaboration.
Alors une question demeure :
Où se trouve la porte de sortie pour une personne qui tombe entre les mailles de plusieurs systèmes?
Mon histoire n’est pas seulement celle d’une travailleuse qui a perdu son emploi.
Ce n’est pas seulement l’histoire d’une femme qui a vécu une crise familiale.
Ce n’est pas seulement l’histoire d’une mère confrontée à la DPJ.
Ce n’est pas seulement une histoire de santé mentale.
C’est l’histoire d’une personne qui, après avoir tenté d’utiliser les mécanismes prévus pour la protéger, s’est retrouvée à traverser CNESST, syndicat, expertise psychiatrique, arbitrage, congédiement, grief, Tribunal administratif du travail, police, hospitalisation, DPJ, hébergement d’urgence et démarches en droits de la personne.
Et malgré tous ces mécanismes, je me suis retrouvée sans emploi, sans logement stable, séparée de mon enfant et profondément fragilisée, avec en plus le risque de l’étiquette injuste de personne quérulente. C’est absolument absurde!
C’est précisément ce qui devrait nous inquiéter.
Parce que lorsqu’une personne doit être suffisamment forte pour comprendre et maîtriser simultanément tous ces systèmes alors qu’elle est justement devenue vulnérable à cause de ce qu’elle a vécu, le problème n’est peut-être plus seulement individuel.
Il devient institutionnel.
Et la question n’est plus seulement : qu’est-ce que cette personne a fait de mal?
La véritable question devrait être : qu’est-ce qui a échoué autour d’elle?
Parce qu’une société qui possède autant de mécanismes de protection ne devrait pas permettre qu’une personne qui tente de dénoncer une situation de violence ou de harcèlement puisse finir par perdre successivement sa santé, son travail, sa sécurité financière, son couple, son logement et le lien quotidien avec son enfant.
Si tous les mécanismes existent, mais qu’une personne peut tout de même tomber entre chacun d’eux, alors il faut avoir le courage de regarder les failles du système.
Quand les mécanismes de protection deviennent eux-mêmes des obstacles
Je ne raconte pas cette histoire uniquement pour parler de moi.
Je la raconte parce que je considère qu’elle révèle des vides juridiques et des failles systémiques profondément préoccupantes.
Je considère aujourd’hui que les travailleuses et travailleurs de la santé qui dénoncent du harcèlement, de la violence psychologique ou des comportements graves dans leur milieu de travail peuvent se retrouver dans une situation extrêmement vulnérable lorsque les différents mécanismes de protection ne communiquent pas efficacement entre eux.
Une personne peut être malade, être médicalement suivie, être évaluée par des psychiatres, être représentée par un syndicat, entreprendre des démarches auprès de la CNESST et malgré tout se retrouver, quelques mois plus tard, sans emploi, sans revenu et sans véritable recours effectif.
Et le plus inquiétant est que la vulnérabilité psychologique qui découle précisément de ce que la personne dénonce peut ensuite devenir un obstacle supplémentaire pour faire valoir ses droits.
Mais il existe une autre réalité que je refuse de passer sous silence.
Les mères qui osent dénoncer la violence conjugale doivent pouvoir demander de l’aide sans craindre que cette demande se retourne contre elles.
Lorsqu’une femme dénonce la violence, demande de l’aide, appelle les services d’urgence ou accepte une intervention policière parce qu’elle est en détresse, elle ne devrait pas avoir à craindre que sa vulnérabilité soit éventuellement utilisée contre elle dans une procédure concernant ses enfants.
Cela ne signifie évidemment pas que la sécurité d’un enfant ne doit pas être prioritaire. Elle doit l’être.
Mais protéger un enfant ne devrait jamais signifier automatiquement que la mère qui demande de l’aide devient, elle aussi, une menace à écarter.
Il faut être capable de distinguer une mère qui cherche à se protéger et à protéger sa famille d’une mère qui représente réellement un danger pour son enfant.
Sinon, nous envoyons un message extrêmement dangereux : dénoncez la violence, mais soyez prudentes, votre dénonciation pourrait vous coûter votre emploi, votre logement, votre stabilité financière et même votre lien avec votre enfant.
Si c’est la conséquence que certaines femmes vivent lorsqu’elles demandent de l’aide, alors nous avons un problème majeur.
Je ne veux plus être seulement une personne qui a subi ces conséquences.
Je veux que mon histoire serve à poser des questions.
Qui protège les travailleurs de la santé lorsqu’ils dénoncent leur propre milieu de travail?
Qui protège les femmes lorsqu’elles dénoncent la violence conjugale?
Qui protège les mères vulnérables lorsque leur état psychologique est utilisé pour interpréter leurs gestes plutôt que pour comprendre ce qui les a conduites à cette détresse?
Et surtout : qui est responsable lorsque toutes les institutions ont un mandat, mais que personne ne semble responsable de l’ensemble de la personne?
Ce qui m’est arrivé ne devrait pas être considéré comme une simple succession de malchances personnelles.
Lorsqu’une personne passe d’un dossier de santé et sécurité du travail à une expertise psychiatrique, puis à une contestation syndicale, à un congédiement, à une perte de revenu, à une crise familiale, à une intervention policière, à la DPJ, à une hospitalisation et finalement à l’itinérance ou à l’hébergement d’urgence, il faut avoir le courage d’examiner le système dans son ensemble.
Parce qu’un système peut être parfaitement conforme à ses propres règles et produire malgré tout une injustice profondément humaine.
Et c’est précisément ce que je dénonce.
Je ne demande pas de privilège.
Je demande que les mécanismes de protection protègent réellement les personnes pour lesquelles ils ont été créés.
Je demande que les travailleurs de la santé puissent dénoncer sans être abandonnés.
Je demande que les personnes souffrant d’une atteinte psychologique ne soient pas pénalisées parce que leur maladie affecte précisément leur capacité à se défendre.
Je demande que les syndicats aient des responsabilités suffisamment claires pour qu’un travailleur ne puisse pas perdre son dernier recours simplement parce qu’une organisation décide de ne plus le porter.
Je demande que les mères qui dénoncent la violence conjugale puissent demander de l’aide sans avoir à choisir entre leur sécurité et leur rôle parental.
Et je demande surtout que l’on cesse de traiter chaque dossier comme une série d’événements isolés lorsqu’il s’agit en réalité d’une seule personne qui s’effondre sous le poids de plusieurs systèmes.
Parce que derrière chaque numéro de dossier, il y a une vie.
La mienne en est une.
Mais je refuse de croire qu’elle doit être la dernière.
C’est grave.
Et si mon histoire peut permettre à une seule travailleuse de la santé, à une seule mère ou à une seule personne victime de violence de comprendre qu’elle doit être entendue, documenter ses démarches et demander que les institutions communiquent entre elles, alors toute cette souffrance aura au moins servi à quelque chose.
Je ne demande pas qu’on me croie aveuglément.
Je demande qu’on regarde les faits, les décisions, les documents et les contradictions — et qu’on ait enfin le courage de poser la question qui dérange :
Et si le problème n’était pas seulement les personnes qui tombent entre les mailles du filet, mais aussi le filet lui-même?
Enseignante, ancienne famille d’accueil et ancienne victime du système qui dénonce les abus de la DPJ
J’ai moi-même été sous la protection de la jeunesse lorsque j’étais adolescente. J’ai traversé une famille d’accueil, un foyer de groupe, un centre jeunesse, et j’ai aussi été enfermée un mois dans un centre d’arrêt d’agir parce qu’il n’y avait plus de place en centre jeunesse. [Nom du centre retiré pour protéger l’identité.]
Aujourd’hui, je ne me souviens d’aucun intervenant qui a marqué positivement mon parcours. Je ne me rappelle aucun nom, aucun visage, à part deux copines de centre jeunesse. Trou noir total! Je suppose que le cerveau fait cela pour se protéger. Ce dont je me souviens, ce sont surtout les expériences négatives et certains abus de pouvoir que j’ai vécus. Je me souviens aussi des longues heures passées dans les salles d’arrêt d’agir. Quand on est un enfant de 14 ans enfermé seul dans une pièce, sans pouvoir sortir, les heures paraissent interminables. On finit par s’asseoir par terre et cogner dans la porte avec ses pieds, encore et encore, en espérant que quelqu’un vienne. Ces souvenirs sont restés gravés dans ma mémoire.
Avec le temps, j’ai choisi de transformer cette expérience en quelque chose de positif. Je suis devenue enseignante au primaire. Toute ma vie, j’ai été une personne déterminée, fonceuse et guidée par mes valeurs. J’ai toujours voulu défendre les enfants, croire en leur potentiel et faire une différence dans leur vie.
J’ai ensuite fondé une famille. J’ai partagé dix années de ma vie avec le père de mes deux enfants. Encore aujourd’hui, malgré notre séparation, il demeure mon meilleur ami, et cela fait près de vingt ans que nous nous connaissons.
Plus tard, avec des problèmes de fertilité, je me suis dit que je pouvais quand même offrir une famille à des enfants qui en avaient besoin. Malgré les mauvais souvenirs que je gardais de la DPJ, j’ai choisi de devenir famille d’accueil banque mixte, dans l’espoir de vivre un jour une adoption.
Nous avons d’abord accueilli une petite fille encore bébé. Dès le départ, on nous présentait les parents biologiques sous un angle très négatif et on nous encourageait à garder nos distances avec eux. Pourtant, lorsque j’ai commencé à accompagner la mère biologique à certains rendez-vous médicaux, j’ai découvert une tout autre personne. J’ai rencontré une jeune femme respectueuse, attachante et remplie de potentiel. Plus je la connaissais, plus je réalisais que la réalité était beaucoup plus nuancée que le portrait qui nous avait été présenté. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à comprendre qu’il existe souvent deux côtés à une même histoire. Cette maman est devenue mon amie.
Deux ans plus tard, nous avons accueilli un deuxième enfant. Encore une fois, on nous avait décrit les parents biologiques d’une façon très négative et on nous laissait croire que l’adoption était la voie qui se dessinait. Pourtant, lorsque j’ai pris le temps de les rencontrer et de discuter avec eux, j’ai découvert des parents que j’ai sincèrement appris à apprécier. Ils sont aussi devenus des amis.
Les visites supervisées étaient très difficiles pour l’enfant lorsqu’une intervenante servait d’intermédiaire pour se le transférer. Il faisait de grosses crises au moment des transitions. J’ai alors proposé une autre approche. Puisque les parents biologiques et moi avions développé une relation de confiance, je remettais moi-même l’enfant à ses parents. Rapidement, les visites sont devenues beaucoup plus calmes. Je lui disais simplement : Regarde, c’est maman, c’est papa. Les parents biologiques me considéraient eux aussi comme une deuxième maman dans sa vie. Nous travaillions ensemble, dans le même objectif : son bien-être.
Avec le temps, le projet d’adoption s’est transformé en projet de tutelle, parce que je m’entendais très bien avec les parents. Comme les visites se passaient bien, grâce à mon lien avec eux, l’adoption est tombée à l’eau. Contrairement à ce que plusieurs pourraient croire, cela ne m’a pas dérangée. Bien sûr, je m’étais engagée dans la banque mixte avec le rêve d’adopter, mais je réalisais que lorsqu’un enfant peut être aussi auprès de ses vrais parents qui l’aiment, qui progressent et qui sont capables de répondre à ses besoins, c’est aussi une belle victoire.
Par la suite, nous avons accueilli un autre petit garçon, plus vieux. Avant d’arriver chez nous, il avait connu deux familles d’accueil. Son parcours avait été extrêmement difficile. Dans une famille d’accueil, on s’était fait dire qu’il avait vécu des expériences pénibles. Dans une autre, ses troubles de comportement avaient été jugés trop importants. Dès son arrivée chez nous, un lien exceptionnel s’est créé. En tant qu’enseignante, les troubles de comportement et les troubles d’attachement font partie de mes forces. Nous étions devenus, chacun pour l’autre, une personne de référence. Son pédiatre disait même ne jamais l’avoir vu aussi heureux et aussi épanoui.
Pendant ces quatre années, nous étions décrits comme l’une des plus belles familles d’accueil de la région. [Région retirée pour protéger l’identité.] Mes deux filles biologiques grandissaient avec joie, en étant de superbes grandes sœurs pour leurs frères et leur sœur de cœur. Je vivais un rêve : les intervenantes m’aimaient, je m’entendais bien avec les parents biologiques et les enfants étaient heureux.
Malheureusement, ma vie personnelle a changé. Je me suis séparée de mon mari pour des raisons importantes. Par la suite, j’ai rencontré un nouvel homme, électricien depuis de nombreuses années, attentionné avec les enfants et profondément investi dans notre famille.
C’est alors que tout a basculé. La DPJ m’a mise dans une case, comme elle le fait avec les parents biologiques. Mes choix étaient remis en question. Ma vie personnelle était envahie. La DPJ a découvert que, il y a près de vingt ans, alors que mon conjoint avait 19 ans, il avait fait l’objet d’une accusation de violence conjugale pour laquelle il n’avait pas été déclaré coupable. Une grosse enquête interne a été faite sur lui. Pendant ce temps, il avait une interdiction de contact avec les enfants. Cela a duré un mois. Lorsque nous sommes allés chercher les documents officiels au palais de justice afin de remettre toute l’information à la DPJ, la personne responsable trouvait cela tellement ridicule qu’elle a demandé à mon conjoint s’il voulait retirer cette information de non-culpabilité de son plumitif, voyant tout le trouble que cela avait généré. Cela a été fait. [Palais de justice retiré pour protéger l’identité.] Malgré cela, cette ancienne histoire est devenue un élément central de l’évaluation. Un ancien dossier d’alcool au volant a également été retenu contre lui. Il en assumait pourtant pleinement la responsabilité, regrettait cette erreur de jugement et avait poursuivi sa vie de façon stable et responsable.
Quelques semaines plus tard, le plus vieux des garçons a été retiré de ma famille directement après une journée d’école, sans possibilité d’adieux. On me reprochait un FaceTime le jour de la fête de mon conjoint, ainsi qu’une fois où le petit l’aurait croisé pendant qu’il terminait le Tempo. J’avais mal géré l’heure de retour. À noter que le petit l’adorait. La nouvelle intervenante au dossier, qui ne l’avait jamais observé chez moi, m’a annoncé le retrait le matin même. Je n’aimais pas cette intervenante et elle ne m’aimait pas. Et lorsqu’une intervenante ne t’aime pas, même si tu es une bonne personne, elle te trouvera toutes les bibittes du monde. Il a été placé dans une autre famille d’accueil. Selon ce qui m’a été expliqué, il était préférable qu’il ne vive pas les changements liés à ma séparation. Pourtant, il allait très bien chez nous. Il disait vivre sa best life. Son pédiatre avait souligné son épanouissement et le lien d’attachement qu’il avait développé avec moi. En quoi un nouvel adulte à la maison serait-il plus déstabilisant qu’une nouvelle famille avec plusieurs nouveaux frères et sœurs? À ce moment-là, j’ai ressenti ce que les parents biologiques ressentent. J’ai ressenti la pire douleur de toute ma vie. En quatre mois, je m’étais attachée à ce petit garçon qui ne voyait plus ses parents biologiques. Je m’étais fait présenter comme sa maman pour la vie. Je l’avais mis en confiance avec moi. Il m’aimait profondément, et cette intervenante est allée le chercher à l’école comme si je ne voulais plus de lui. Je suis tombée en arrêt de travail.
Ce qui a été particulièrement difficile à accepter, c’est que les intervenantes responsables de mes deux autres enfants d’accueil avaient une opinion différente. Elles estimaient qu’ils devaient rester avec moi parce que j’étais leur figure d’attachement, et que la garde partagée avec mon ex-conjoint, lui aussi famille d’accueil, était une bonne option pour les enfants. Ces deux mêmes intervenantes ne respectaient pas la décision de leur collègue. J’avais donc l’impression que des situations semblables recevaient des réponses complètement différentes selon l’intervenante au dossier.
Ce qui est très particulier, c’est que le lendemain du retrait de mon petit bonhomme, l’interdit de contact avec mon conjoint était levé. Il avait passé les tests de la DPJ et avait le droit d’être avec les autres enfants.
Pendant ce temps, je continuais à me battre pour les enfants. J’ai même investi personnellement une dizaine de milliers de dollars en frais juridiques dans le seul espoir de dire au revoir à mon coco parti injustement et sans préavis. Je voulais aussi lui dire que je l’aimais et que je n’avais pas choisi ce départ. Malgré tous mes efforts, j’avais l’impression que les décisions étaient déjà prises et qu’il était pratiquement impossible de faire entendre un point de vue différent. L’intervenante au dossier continuait de dire que ce n’était pas dans son intérêt. La juge semblait être de mon côté sur le fait qu’un adieu sain serait pertinent et voulait m’entendre.
Pendant toute cette période, j’ai toujours choisi d’être transparente avec la DPJ. J’avais peur de mettre une intervenante contre moi dans le dossier de mes deux autres enfants. Lorsque mon conjoint et moi traversions des périodes d’ajustement, je les déclarais. Comme dans bien des familles recomposées, apprendre à trouver sa place auprès de quatre enfants, allant du bébé à l’adolescent, demandait du temps. Mon conjoint conservait son propre logement et, lorsque nous avions besoin de recul, il retournait chez lui. Nous avons connu trois séparations temporaires, suivies de réconciliations. La plus longue a duré trois semaines. Je considère qu’il s’agissait d’étapes normales d’adaptation pour un couple qui apprend à construire une famille recomposée dans un contexte déjà très complexe.
J’ai eu huit mois de paix et de bonheur avec mon conjoint et les enfants. Puis est arrivé un signalement de violence conjugale visant mon conjoint, que je considère non fondé, et qui a tout fait basculer. Il venait lui-même de recevoir un signalement de la DPJ pour de mauvaises méthodes éducatives. Il a tout avoué, la DPJ n’a pas retenu son propre signalement et lui a offert des cours parentaux. [Passage retiré : atteinte à la réputation.]
Ce signalement a été retenu concernant mon conjoint. Tout au long de l’évaluation, j’ai eu l’impression que les conclusions étaient déjà orientées en fonction de l’ancienne accusation de non-culpabilité retirée de son plumitif, plutôt que de la réalité que nous vivions au quotidien. Pourtant, mes deux filles biologiques ont été rencontrées et ont dit qu’elles l’aimaient, qu’elles se sentaient bien avec lui et qu’il avait de bonnes habiletés parentales. Les enfants d’accueil avaient également développé un excellent lien avec lui. Même mon ex-conjoint, le père de mes enfants biologiques, a été rencontré et a tenu des propos positifs à son sujet. Malgré cela, on m’a expliqué que certains événements anciens, même retirés du plumitif, continuaient de soulever des inquiétudes. Je me suis fait dire que même si l’évaluation démontrait qu’il était une bonne personne, je ne pourrais plus le mettre en contact avec mes enfants d’accueil, et là c’était rendu à cause de son vieux dossier d’alcool au volant. Toutes les raisons étaient bonnes pour l’écarter. Cependant, personne n’est jamais venu l’observer dans la maison avec les enfants. Personne n’est venu voir comment les enfants l’adoraient. Il n’a jamais eu de problèmes de consommation, et la DPJ le dépeignait ainsi. On me disait maintenant que ce n’était pas un modèle pour les enfants d’accueil, à cause d’un dossier qui n’a rien à voir avec de la violence, ni avec du vol, ni avec des enfants. Son dossier est une erreur de jugement. Avec mes enfants biologiques, tout était beau. Mes filles avaient le droit de le voir et même d’être seules avec lui. Je ne comprenais pas du tout cette incohérence.
Les décisions avaient été influencées par des événements remontant à plusieurs années, et non par les faits. J’ai également trouvé extrêmement difficile que ni mon conjoint ni moi n’ayons eu accès aux conclusions du signalement, ni la possibilité de répondre aux éléments retenus contre lui. Il n’a jamais été ni appelé, ni rencontré. J’avais le sentiment que nous ne pouvions pas réellement faire entendre notre version des faits.
À partir de ce moment, on me demandait de choisir entre poursuivre ma relation de couple et continuer ma famille d’accueil. C’était un choix impossible. J’aimais les enfants que j’accueillais, mais je croyais aussi avoir le droit de reconstruire ma vie personnelle avec une personne que je considérais comme bonne et sécuritaire.
C’est à ce moment-là que j’ai compris que je ne pourrais plus continuer dans ces conditions de pression et où la vérité n’avait pas sa place. Après de nombreuses réflexions, j’ai pris la décision de fermer ma famille d’accueil. Ce fut l’une des décisions les plus déchirantes de ma vie, parce que devenir famille d’accueil n’avait jamais été un emploi pour moi. Nous étions une famille. Chacun avait sa place, et tous les enfants s’épanouissaient, étaient heureux et se développaient au maximum de leur potentiel, dans l’amour et avec tous les services nécessaires. Je l’avais fait parce que je croyais sincèrement pouvoir offrir à des enfants un milieu sécurisant, rempli d’amour et de stabilité.
Je recommence à enseigner bientôt, et je ne pouvais plus gérer une charge aussi lourde de rencontres, d’appels et de suivis constants avec la DPJ.
Avec quatre enfants, les suivis scolaires, les activités, l’orthophonie, le sport et tout le reste, j’étais déjà à pleine capacité. L’ajout constant de démarches et de rencontres me pesait énormément et commençait à affecter ma santé mentale.
Après mon courriel de fermeture, la DPJ ne s’attendait pas à ce que je me présente en cour, et la situation a pris une tournure très tendue. La maman biologique de ma cocotte avait demandé ma présence, parce qu’elle comprenait ma fermeture et la pression psychologique que la DPJ pouvait exercer. Elle l’avait vécu. Cette même pression l’avait poussée à laisser sa fille être sur le chemin de l’adoption. Aucun humain, même solide, ne peut passer au travers de la DPJ lorsque leur idée est faite contre vous. Une intervenante que je n’avais jamais rencontrée a présenté une version totalement différente des faits à la juge, dans le but de la convaincre d’un changement de placement. Elle disait que j’abandonnais les enfants, mais tout ce que je voulais, c’était vivre. Et vivre avec la DPJ contre toi, c’est impossible. J’ai dit à la juge que je prendrais les enfants gratuitement, si la DPJ me laissait tranquille et me laissait avoir ma vie personnelle. Cela n’a pas été pris en compte.
Je garde une belle amitié avec les parents biologiques, malgré le départ de leurs enfants de ma famille. Malgré leur tristesse, ils comprennent la fermeture de ma famille d’accueil pour protéger ma santé mentale.
En cour, on m’a aussi parlé de visites supervisées avec mes enfants de cœur, afin qu’ils ne vivent pas mon abandon. On parle de supervision afin d’être certain que mon conjoint, qui vit sans problème avec mes deux filles et moi, ne soit pas en contact avec les petits qui l’aiment également. Dans mon contexte, cela aurait signifié des séparations répétées et des moments d’abandon vécus par les enfants, ce que je trouvais inacceptable et trop difficile à leur imposer. J’ai donc refusé cette option, même si cela a été mal perçu par certains.
Aujourd’hui, si je prends la parole, c’est que je me questionne sur le fonctionnement du système, sur la cohérence de certaines décisions et sur la place laissée à l’écoute des familles, des enfants et surtout des parents biologiques.
Mon souhait est que le système puisse évoluer, que les enfants demeurent au centre des décisions, que les familles soient réellement entendues et que chaque dossier soit évalué avec ouverture, nuance et humanité. Parce qu’au bout du compte, derrière chaque dossier, il y a des enfants qui aiment, qui s’attachent et qui porteront toute leur vie les conséquences des décisions prises pour eux.
J’allais envoyer ce message hier. Puis, juste avant de l’envoyer, l’intervenante de ma cocotte, qui était en vacances, m’a téléphoné. Elle voulait comprendre pourquoi j’avais pris cette décision. Elle venait d’apprendre que, pendant son absence, j’avais fermé ma famille d’accueil et qu’une audience avait eu lieu pour un changement de placement.
Je lui ai répondu que c’était à cause d’eux. À cause de la DPJ. À cause d’un système qui étouffe les gens. D’un système où les préjugés prennent parfois la place de l’écoute, où les conclusions semblent déjà écrites avant même de connaître toute la vérité.
J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps. Cette intervenante, celle que je croyais pourtant la plus remplie de préjugés, m’a écoutée. Vraiment écoutée.
Je lui ai dit que, dans tous les métiers, des erreurs peuvent être commises. La différence, c’est que la plupart des professionnels savent les reconnaître. À la DPJ, j’ai trop souvent eu l’impression que les erreurs sont niées, même lorsqu’elles bouleversent des vies et brisent des familles.
Elle m’a dit que j’étais une excellente maman, que j’avais de grandes forces sur le plan de mes habiletés parentales et que les petits avaient besoin de moi. Je lui ai expliqué comment une intervenante que je n’avais pourtant jamais rencontrée m’avait dépeinte devant le tribunal. Je lui ai parlé de ma souffrance, de mon incompréhension, de ma peine et de ma profonde frustration.
Elle m’a reparlé des rencontres supervisées avec les enfants qui me considèrent comme leur mère. Je lui ai répondu que cela ne mènerait à rien, puisque mon conjoint ne quitterait pas la maison. Je lui ai dit que, si elle croyait réellement en mes capacités parentales, elle aurait pu venir observer mon conjoint avec les enfants plutôt que de se fier à des hypothèses. Je lui ai demandé un véritable plan de match jusqu’à la levée de la supervision, et, pour la première fois depuis longtemps, j’ai senti une certaine ouverture.
Je lui ai rappelé que je suis une adulte. Personne ne peut prédire combien de temps durera une relation. Mais une chose est certaine : peu importe la personne qui partagera ma vie, mes enfants seront toujours ma priorité. Je n’hésiterai jamais à mettre fin à une relation qui ne leur convient pas. Mes enfants ont toujours été, et seront toujours, au cœur de chacune de mes décisions.
Aujourd’hui, je me pose une seule question. Ma décision de tout fermer fera-t-elle enfin réfléchir ce système? Comprendra-t-il un jour qu’exprimer sa douleur devant une injustice n’est pas un signe d’instabilité, mais une réaction profondément humaine? Comprendra-t-il qu’avant de protéger les enfants, il doit aussi apprendre à écouter ceux qui les aiment?
Parce qu’un système qui refuse de remettre ses décisions en question ne protège plus seulement les enfants : il risque aussi de détruire des familles qu’il aurait dû aider. Le courage n’est pas de prétendre être infaillible. Le vrai courage, c’est de reconnaître ses erreurs pour éviter qu’elles ne se répètent.
Madame
Il existe des blessures que personne ne voit.
Je suis une mère imparfaite.
Comme toutes les mères.
Je me suis trompée. Je suis tombée. Je me suis relevée. J’ai recommencé.
Mais rien ne m’a autant brisée que d’être séparée de mon enfant.
Pendant des années, j’ai regardé le temps passer pendant que d’autres décidaient quand, comment et combien de temps je pouvais voir mon fils.
Des audiences. Des rapports. Des recommandations. Des avocats. Des délais. Des remises. Des promesses.
Et pendant ce temps-là, mon enfant grandissait.
Pendant que certains accumulent des preuves, nous, on accumule surtout des absences.
Nous ne sommes pas des marchandeurs d’or.
Nous sommes des mères.
Des mères imparfaites qui ont porté leur enfant, qui ont connu son odeur de bébé, ses premiers pas, ses peurs, ses chagrins, ses victoires.
Et qui, un jour, doivent se battre pour tenter de regagner du temps auprès d’un enfant arraché à ses racines.
Dans les dossiers, on parle de conflits.
Dans mon cœur, on parle d’une absence.
On oublie parfois qu’un enfant n’est pas un bien à administrer.
Qu’une relation parent-enfant n’est pas un privilège qu’on accorde ou qu’on retire.
Qu’un enfant a besoin de ses deux racines pour grandir droit.
Depuis l’âge de 17 ans.
J’ai aujourd’hui 37 ans.
Vingt années de ma vie à naviguer entre les conflits, les recours, les avocats, les remises, les abandons, les promesses et les espoirs.
Plus d’une dizaine d’avocats.
Des périodes sans voir mon fils.
Des coupures de liens imposées selon le désir d’un autre.
Parfois plus d’un mois.
Parfois beaucoup plus longtemps.
Comme si l’amour d’une mère pouvait être mis sur pause.
Comme si le lien entre une mère et son enfant devenait négociable.
Comme si le temps perdu pouvait être récupéré plus tard.
Malgré tout, je suis encore là.
Fatiguée parfois.
Découragée souvent.
Mais encore debout.
Parce qu’une mère ne cesse jamais d’être une mère.
Même lorsqu’on lui ferme des portes.
Même lorsqu’on lui enlève du temps.
Même lorsqu’on tente de lui faire croire que sa place est devenue secondaire.
Je ne me bats pas contre quelqu’un.
Je me bats pour quelque chose.
Je me bats pour retrouver des moments ordinaires avec mon fils.
Pour entendre parler de sa journée.
Pour le voir rire.
Pour l’accompagner dans ses défis.
Pour être présente lorsqu’il aura besoin de moi.
Pendant qu’on se démène à rendre nos « contacts » amusants, invitants et le plus spontanés possible sous la loupe d’intervenants scrupuleux, ça tire la couverte de l’autre bord.
Pendant qu’on prépare des activités, qu’on réfléchit à chaque mot, qu’on espère arracher un sourire, une confidence ou simplement un moment ordinaire avec notre enfant, quelqu’un est parfois à l’affût du moindre faux pas, du plus petit reproche à ajouter aux archives déjà bien remplies des dix dernières années.
C’est épuisant de devoir continuellement prouver qu’on aime son enfant.
C’est épuisant de sentir que chaque geste est observé, analysé, interprété, alors que le temps, lui, continue de filer.
Parce qu’au bout du compte, ce ne sont pas les rapports qui grandissent.
Ce ne sont pas les dossiers qui deviennent adolescents.
Ce sont nos enfants.
Le plus douloureux, c’est peut-être de constater qu’à la fin, celui qui contrôle la relation finit souvent par gagner.
Celui qui contrôle l’information.
Celui qui contrôle les contacts.
Celui qui contrôle le récit.
Celui qui convainc les autres qu’il agit dans le meilleur intérêt de l’enfant tout en écartant doucement l’autre parent.
Pendant ce temps, le système remet des médailles à ceux qui gèrent les relations parent-enfant comme on gère un véhicule ou un bien immobilier.
Mais un enfant n’est pas un dossier.
Un enfant n’est pas une victoire.
Un enfant n’est pas un trophée.
C’est un être humain qui aime ses deux parents.
On peut remplir un compte de banque à la sueur de son front.
On peut reprendre un emploi.
On peut reconstruire une maison.
On peut rembourser des dettes.
Mais le temps perdu avec un enfant, lui, ne se remplit pas de nouveau.
Chaque journée qui passe.
Chaque anniversaire manqué.
Chaque Noël.
Chaque spectacle.
Chaque fou rire.
Chaque confidence qui n’a pas eu lieu.
Tout ce temps quitte définitivement le compte.
Sans possibilité de dépôt.
Sans possibilité de remboursement.
Sans possibilité de retour en arrière.
C’est peut-être cela qui est le plus difficile à expliquer à ceux qui ne l’ont jamais vécu.
On ne se bat pas pour récupérer un jugement.
On ne se bat pas pour récupérer de l’argent.
On se bat pour récupérer du temps.
Et le temps, lui, demeure la seule richesse qu’aucun tribunal, aucun avocat et aucune décision ne pourra jamais nous rendre.
Je continue parce que je carbure encore à l’espoir.
L’espoir qu’un jour nous serons réunis sous un nouveau jour.
L’espoir qu’il comprendra qu’il n’avait jamais à choisir entre ses parents.
L’espoir que toutes ces années ne définiront pas le reste de notre histoire.
Aujourd’hui, ma vie ressemble parfois à une maison qui a traversé plusieurs tempêtes.
Des bardeaux ont été arrachés.
L’eau s’est infiltrée.
La toiture a cédé par endroits.
Alors je remonte.
Je ramasse les morceaux un à un.
Je colmate les fissures.
Je reconstruis.
Parce qu’au fond, l’espoir est plus fort que les torrents de larmes versées.
Et tant qu’il me restera un souffle, je continuerai de croire qu’un jour mon fils et moi retrouverons ce qui n’aurait jamais dû être perdu.
Une maman qui attend patiemment, remplie d’espoir.
Mon enfer
TÉMOIGNAGE — Anonymisé
Bonjour. 35 ans de mariage, 4 enfants, un homme extrêmement jaloux, m’a toujours interdit de travailler. 2010, un cancer, stade 3, tout ce qui suit. Là j’ai réalisé que ma vie n’avait aucun sens, je pleurais souvent, aucune confiance en moi, une dépression s’est installée petit à petit, j’ai enduré, j’ai cracké, jusqu’à ce que je rencontre un médecin. Dépression sévère, hôpital 3 semaines, quelques mois plus tard un autre séjour à l’hôpital où l’on m’a donné une intervenante qui m’a aidée à la séparation, apprendre à vivre seule, donc je l’ai quitté.
Cet homme m’a harcelée plus d’un an, mais je n’ai pas voulu porter plainte pour l’amour de mes enfants. Il y a 4 ans il a rencontré une femme et là je peux vous dire l’enfer existe. Cette femme a encouragé mon ex à porter plainte contre moi, fausses plaintes. J’ai pris une avocate qui n’a absolument pas fait grand-chose pour moi mais j’ai payé. Entre-temps cette femme travaille à [lieu de travail et village retirés — pour protéger l’identité]. Un matin j’ai reçu une dizaine de messages de cette femme, je me suis informée qui elle était, donc au magasin je suis allée la voir, j’ai demandé c’est toi [nom retiré — atteinte à la réputation], elle me dit oui, j’ai levé mon cell, lui ai montré ces messages et je lui ai dit ne commence pas ça. Elle a été très surprise car elle ne me connaissait pas. Elle a commencé à faire de fausses plaintes.
12 juin 2024, j’avais une autre avocate du nom de [nom retiré — atteinte à la réputation]. J’ai envoyé mes preuves comme demandé, on s’est parlé par ordinateur, donc procès prévu 12 juin 2024. J’arrive accompagnée d’une de mes tantes et du plus vieux de mes garçons, elle me fait entrer dans un bureau et là je ne comprends pas grand-chose. Une fausse accusation qui disait que j’avais roulé à haute vitesse sur la [route retirée — pour protéger l’identité] dans une zone de 50 (en 37 ans de conduite je n’ai jamais été arrêtée, jamais) et là ma propre avocate me dit si vous voulez pas perdre votre permis de conduire que je pouvais me déclarer coupable sur un autre chef d’accusation. Je voulais pas. Et d’autres discussions que je ne me rappelle pas, le stress est entré en moi.
Donc là, moi qui croyais que j’allais avoir un procès, rien. Le procureur [nom retiré — atteinte à la réputation] parlait, je comprenais vraiment pas, j’ai fait une montée de pression, les paramédics ont été appelés, on m’a amenée dans un bureau, j’arrivais pas à tenir debout. Donc après être remise, retour à l’avant, et là le juge [nom retiré — atteinte à la réputation] qui parle à une vitesse incroyable. J’ai dit je comprends rien, j’ai levé les bras en l’air et j’ai dit à mon avocate défendez-moi, je paniquais. Le juge continuait à parler et mon avocate ne faisait que des signes de tête pour oui, donc je répondais oui, pour au final me faire déclarer coupable. Aucune de mes preuves, aucun de mes témoins, rien. Le procureur m’a posé une seule question après ça, et le verdict coupable de tout. J’étais anéantie.
Je ne peux pas tout écrire mais ça fait 4 ans que ça dure, des fausses plaintes toujours, mon ex, sa conjointe [nom retiré — atteinte à la réputation] et sa famille à elle. En 4 ans, j’ai eu une première semaine de prison, ensuite un mois de prison, ensuite un autre 3 mois de prison, prison de New Carlisle, transférée à Orsainville, et transférée à Leclerc à Laval. Après 2 mois je n’en pouvais plus d’être là, la peur, la panique. J’ai supplié mon conjoint d’appeler le procureur, de faire quelque chose, car j’ai toujours crié que j’étais pas coupable. Il le rejoint, il lui demande pourquoi [prénom retiré — pour protéger l’identité] est rendue à Leclerc, réponse de [nom retiré — atteinte à la réputation] : elle est partie en thérapie. Mon conjoint très fâché a levé le ton, le procureur lui a raccroché au nez.
Surprise, le lendemain matin j’ai une visio avec une autre avocate. Cette avocate, je l’ai eue quand j’étais à New Carlisle : un lundi visio avec un juge, le mardi et le mercredi toujours avec ce même juge, il s’est levé et m’a dit, devant les gardiens, madame je vais vous trouver un avocat neutre. Cette avocate du nom de [nom retiré — atteinte à la réputation] avait bien débuté avec moi, après plus rien, elle a été en contact avec ma première avocate [nom retiré — atteinte à la réputation]. J’étais découragée, ça faisait un an et demi, la prison Leclerc, et je vous jure que je n’ai jamais su quelles plaintes ont été portées contre moi. [nom retiré — atteinte à la réputation] ne m’a jamais contactée à la prison, aucun retour d’appel.
Donc le téléphone de mon conjoint a porté fruit, visio le lendemain, ma propre avocate m’oblige à me déclarer coupable si je voulais sortir. Dans mon état j’ai déclaré coupable mais j’ai tellement pleuré, incapable de me lever de cette chaise. Les gardiens ont été corrects avec moi, ils ont fermé la porte et m’ont dit de prendre le temps qu’il faut. Le soir je suis sortie, on est allé me porter au centre-ville de Montréal, je panique seule là, j’ai appelé ma sœur qui est venue me chercher avec son conjoint. Quand elle m’a vue elle est restée sous le choc, j’étais amaigrie, mon corps était là mais mon esprit ailleurs. Choc post-traumatique, cauchemars des mois de temps, une angoisse terrible, une peur de voir la police venir me chercher, je ne sortais plus.
En tout j’ai plus de 2000,00 $ d’amendes, travaux communautaires, couvre-feux, interdit d’aller dans mon village natal où j’ai vécu 55 ans car mon ex et sa conjointe habitent là, interdit de rouler sur la [route retirée — pour protéger l’identité] dans mon village natal, un dossier criminel qui me fait mal en maudit. Je n’ai plus d’argent, je ne vis pas je survis, toujours avec cette peur constante. Je ne peux pas tout écrire, mais la justice m’a fait du mal, à mes enfants, mes proches, épouvantable. Et le pire, ce n’est même pas terminé, cour en septembre, cette fois-ci la sœur de la conjointe de mon ex, [nom retiré — atteinte à la réputation].
La justice m’a brisée, la justice m’a détruite. J’ai pris la décision de ne plus retourner à la cour, car 4 ans sans aucun procès, aucune de mes preuves, des témoins qui voulaient parler, rien. À l’instant où j’arrive à un palais de justice je perds complètement mes moyens, j’ai peur. J’ai même une lettre de vengeance écrite par mon ex. Je suis à bout. J’oubliais, plusieurs séjours en psychiatrie, m’obliger à prendre des médicaments que mon médecin m’a enlevés. Quand je recule de 4 ans, aucun dossier criminel, rien. Aujourd’hui j’ai appelé pour les assurances de ma voiture, il demande avez-vous un casier criminel. C’est horrible. Voilà, il y a trop à écrire mais ma santé en a pris un coup. Merci à vous.
Les conséquences dans le système après la violence conjugale
On nous encourage à porter plainte lorsqu’on vit de la violence. J’ai choisi de porter plainte pour ma liberté et celle de mes enfants.
1- Les processus sont longs et les mesures de protection lors de bris de conditions sont inadéquates. J’ai dû changer et cacher mon adresse partout, dans tous les organismes comme le docteur de mon fils, etc. Je suis même allée jusqu’à demander de cacher mon adresse sur le registre de mon entreprise. La chambre criminelle et familiale ne se parlent pas. Première faille. 2 avocats ont commis des fautes de déontologie, j’ai porté plainte au syndic, et le syndic a pris près d’un an à évaluer, et rien n’était grave selon eux.
2- Il y a eu des signalements à la DPJ, tous ceux faits par des personnes n’ont pas été retenus. Ceux faits par des professionnels comme les infirmières (geste de violence dans la salle d’accouchement), ou le service de garde ont été évalués. Au premier, les intervenantes m’ont demandé devant l’agresseur (le père) s’il avait été violent avec moi, j’ai bien sûr dit non. Mais ce n’était pas vrai, et se faire poser cette question devant lui a été très difficile. Autre erreur grave, la DPJ, lorsqu’ils ont judiciarisé le processus au second signalement, ont divulgué mon adresse sur les documents de cour. J’ai déposé 2 plaintes à la commissaire aux plaintes et aucune n’a été retenue. Lors du processus en cours, le père a avoué avoir brisé sa probation devant les juges. Aucune mesure n’a été prise à ce moment.
Mon histoire avec la DPJ
TÉMOIGNAGE
Aujourd’hui, je ressens le besoin de raconter mon histoire. Ce n’est pas pour susciter la pitié, mais pour témoigner de ce que j’ai vécu. Mon histoire est longue, complexe et douloureuse, mais elle mérite d’être entendue.
Tout commence dans les années 1980. Ma mère est une jeune mère monoparentale qui élève seule mon frère. Elle travaille et fait tout ce qu’elle peut pour répondre à ses besoins. Un jour, à la suite d’un signalement, probablement fait par la gardienne de l’époque, la DPJ retire mon frère, qui n’a que deux ans.
À la suite de ce retrait, ma mère fait une grave dépression et est hospitalisée en psychiatrie. Lorsqu’elle sort de l’hôpital, elle tente de reprendre contact avec son fils. C’est alors qu’on lui annonce qu’il a été adopté.
Elle tombe en état de choc.
Selon ses souvenirs, elle n’a jamais accepté cette adoption ni signé de document en ce sens. Cette annonce la plonge dans une immense souffrance. À partir de ce moment, sa santé mentale se détériore profondément.
Je tiens à préciser que ma mère était, et est toujours, une femme douce, gentille et profondément aimante. Malgré les problèmes de santé mentale avec lesquels elle s’est battue toute sa vie, elle s’occupait bien de moi. Je crois que cette maladie est apparue à la suite du traumatisme qu’elle a vécu lorsque mon frère lui a été retiré.
À la fin des années 1980 [année de naissance retirée — pour protéger l’identité], je viens au monde. Je nais dans une famille déjà profondément marquée par ce qui s’était passé avec la DPJ. Ma mère portait encore les blessures laissées par le retrait de mon frère et tout ce qu’elle avait vécu.
Mon père biologique n’a jamais fait partie de notre vie. Il ne voulait pas d’enfant, mais ma mère a choisi de me garder.
Par la suite, ma mère a rencontré un homme qui est devenu mon père adoptif. Il l’a épousée et m’a adoptée afin de me sortir du système des familles d’accueil. Pour moi, il a toujours été un véritable héros. Lui aussi prenait bien soin de moi.
Avant même l’âge de deux ans, je suis retirée à mon tour. La raison invoquée est l’instabilité psychologique et émotionnelle de ma mère.
Après ce premier placement, je retourne vivre avec ma mère et mon père adoptif. Malheureusement, cela ne dure pas. La DPJ revient et me retire encore une fois. Encore et encore, la santé mentale de ma mère est utilisée comme motif.
J’ai toujours eu le sentiment que la DPJ cherchait constamment des défauts ou des raisons d’intervenir plutôt que d’aider notre famille.
C’est ainsi que commence mon enfance.
Une enfance où je fais constamment le yo-yo entre ma mère et mon père adoptif, les familles d’accueil et les centres d’accueil.
Au total, j’ai connu six familles d’accueil ainsi que deux centres d’accueil.
Je tiens à préciser une chose importante : je n’étais pas une enfant délinquante. Je n’avais pas de problèmes de comportement. J’étais une enfant calme, timide, qui avait appris à se faire toute petite pour ne déranger personne. J’avais très peu d’estime de moi et un immense manque de confiance. J’étais simplement une enfant brisée par le système.
À l’adolescence, j’ai enfin eu accès à mon dossier. C’est à ce moment-là que j’ai découvert plusieurs rapports contenant, selon moi, de nombreuses informations fausses.
Par exemple, un rapport affirmait que j’avais volé des médicaments à ma mère. C’est totalement faux.
Un autre disait que, pendant les récréations à l’école, je retournais à la maison pour vérifier si ma mère allait bien parce que je prenais trop de responsabilités envers elle. Là encore, c’était faux.
Et ce ne sont que quelques exemples parmi plusieurs affirmations qui, selon mes souvenirs et mon vécu, ne correspondaient pas à la réalité.
Lire ces rapports a été extrêmement difficile. J’avais l’impression que des informations inexactes avaient contribué aux décisions prises concernant ma famille.
Un autre événement m’a profondément marquée.
Vers l’âge de dix ans, la DPJ m’a demandé de rencontrer un psychologue pour une évaluation en lien avec de possibles attouchements sexuels.
Pourtant, à ma connaissance, je n’avais jamais été victime d’agression sexuelle.
Je ne comprenais même pas pourquoi j’étais là. On me posait des questions comme si j’avais vécu ce genre de situation. Je répétais que ce n’était pas le cas, mais j’avais l’impression que le psychologue devait réaliser l’évaluation qui lui avait été demandée par la DPJ.
Je n’ai jamais compris pourquoi j’avais dû subir cette évaluation.
Avec le recul, je crois que cette expérience a laissé des traces. Elle a contribué à créer une méfiance envers les hommes, alors que je n’avais jamais vécu les événements pour lesquels j’étais évaluée.
À quinze ans, alors que j’étais en famille d’accueil, j’ai commencé une relation avec un homme de vingt-trois ans. Je le connaissais déjà [lien familial retiré — atteinte à la réputation].
Rapidement, il est devenu très contrôlant et dominateur. Comme j’étais déjà fragilisée par tout ce que j’avais vécu, je me suis adaptée à cette relation sans réaliser à quel point elle était malsaine.
À dix-sept ans, je suis tombée enceinte.
C’est alors qu’il a demandé au tribunal d’obtenir ma garde. Le juge a accepté et la DPJ m’a remise à lui.
Cet homme me faisait subir de la violence physique et psychologique. Il me contrôlait, m’isolait et m’empêchait de voir mes proches.
À plusieurs reprises, la police est intervenue après des signalements de cris. Chaque fois, il expliquait que j’étais une jeune difficile provenant de la DPJ et qu’il avait ma garde. Les policiers repartaient.
Une fois, ils ont même appelé ma travailleuse sociale. Lorsqu’elle est arrivée, elle m’a réprimandée parce qu’il lui avait fait croire que tout était de ma faute. Pourtant, ce n’était pas vrai.
À dix-huit ans, la DPJ est sortie de ma vie.
Quelques mois auparavant, j’avais donné naissance à ma fille. Pour la première fois de ma vie, j’ai découvert ce qu’était l’amour inconditionnel.
J’étais une maman présente, aimante et dévouée.
Mais je vivais toujours sous l’emprise de cet homme.
À vingt ans, j’ai eu un deuxième enfant. Puis un troisième.
Pendant seize ans, j’ai subi la violence physique, psychologique, le contrôle, les humiliations et l’isolement.
À trente-deux ans, malgré toutes mes peurs, j’ai trouvé le courage de partir avec mes enfants.
C’était l’une des décisions les plus difficiles de ma vie.
J’avais peur de tout. J’avais grandi dans un système qui m’avait appris à survivre plutôt qu’à vivre.
Aujourd’hui, avec le recul, je ressens le besoin de raconter mon histoire.
Je ne prétends pas que toutes les interventions de la DPJ sont mauvaises. Je sais que des enfants ont besoin d’être protégés.
Mais dans mon cas, je garde le sentiment qu’au lieu d’aider notre famille, le système l’a profondément brisée.
La DPJ a d’abord retiré mon frère. Puis elle m’a retirée à mon tour.
Ma mère n’a jamais retrouvé la femme qu’elle était avant ces événements. Moi, j’ai grandi sans stabilité, ballotée entre plusieurs familles d’accueil et centres d’accueil. J’ai aussi découvert, en lisant mon dossier, des rapports qui contenaient selon moi des informations fausses et qui ont pu influencer les décisions prises à notre égard.
Je ne pourrai jamais récupérer l’enfance qu’on m’a enlevée.
On dit souvent que le temps guérit les blessures. Certaines blessures ne guérissent jamais complètement. On apprend seulement à vivre avec.
La DPJ m’a volé mon enfance, mais elle ne me volera pas ma voix.
Aujourd’hui, je choisis de raconter mon histoire.
Mes 2 bébés ont été enlevés
Mes 2 bébés ont été retirés injustement a la hôpital la première en avril 2021 , 10 jour de vie, st Jérôme et la deuxième a 2 jour de vie a ste Agathe des monts, je l’ allaitait aussi..
ordonance non respecter
Bonjour à tous, voici mon parcours avec la DPJ.
Petit résumé : je suis une ex-enfant de la DPJ. À mes 20 ans, j’ai donné naissance à une de mes filles. En 2022, j’ai eu la DPJ avec ma première enfant, mais la DPJ savait que j’étais encore enceinte d’un deuxième enfant. Lors des tribunaux, les intervenantes au dossier voulaient faire le retrait de mon 2e enfant, et ce, même avant sa naissance — il n’était même pas encore né qu’on avait déjà en tête de me le retirer.
J’ai mis au monde ma 2e fille en 2024. Quelques jours après avoir été transférée à l’hôpital, nous faisions, moi et le père, plusieurs visites à notre poupon. Un vendredi, alors que j’étais à mon domicile en contact avec ma première fille et que je ne pouvais pas aller voir mon poupon, une intervenante s’approche de moi. Elle ne se présente pas, me parle de mon passé. J’ai réalisé que ce n’était pas un transporteur, donc j’ai immédiatement pris ma fille dans mes bras et je lui redemande de s’identifier par mesure de sécurité. Elle finit par me nommer son nom. Le père me texte et me dit qu’il ne peut plus aller au chevet de notre poupon, et c’est à ce moment que l’intervenante me dit que nous ne pouvons plus voir notre enfant, que nous serions supervisés, et qu’elle avait déjà trouvé une famille d’accueil bien avant de passer au tribunal et d’obtenir un mandat légal pour le faire. C’était une alerte-bébé. Ceci est une pratique que je conteste : le rôle de la DPJ est aussi d’accompagner les parents, de les outiller et de les référer à des organismes avant de retirer un enfant de son milieu.
Petit résumé de ma situation : j’étais jeune, vulnérable, moins outillée, dans une relation toxique où j’ai été victime de violence conjugale pendant 3 ans. Je ne consomme pas, je n’ai pas de casier judiciaire, et j’avais un logement depuis 3 ans. Avant de retirer la garde de ma première fille, je l’ai eue avec moi pendant 3 à 6 mois, seule à la maison, monoparentale.
Dans ce dossier, je me suis toujours investie afin de me battre pour mes enfants. Le motif de compromission était un « risque de négligence ». Un risque de négligence ne veut pas dire en avoir ! Mes enfants n’ont jamais été exposés à la violence.
J’ai eu plus de 7 intervenantes au dossier. J’ai demandé à plusieurs reprises ce que je devais travailler afin de récupérer mes enfants, mais on ne m’a référée nulle part, on ne m’a pas accompagnée vers des ressources. C’est difficile : être un parent avec la DPJ, on ne peut pas aller chercher des organismes si on n’a pas la garde de l’enfant. J’ai demandé le programme SIPE, le programme 0-5 ans, le CÉNAME, une psychoéducatrice… tous ces organismes m’ont été refusés parce que je n’avais pas la garde. J’avais le programme OLO dans mon premier dossier, mais quand la DPJ est arrivée, le dossier s’est fermé. Je me retrouve seule, sans aide. J’étais tout de même accompagnée de travailleurs de rue et d’une maison d’aide qui faisait de la prévention sur la violence conjugale.
Dans ce dossier, plusieurs intervenantes ont menti au tribunal pour essayer de me mettre à tort. Heureusement, je suis une mère prévoyante : j’ai fait la demande d’accès aux notes des intervenantes, plans d’intervention, contacts, etc. Je n’ai jamais été supervisée avec ma première. Une fois, mon avocate posait des questions à une intervenante, car nous nous questionnions sur son témoignage concernant mes contacts. Nous avions vérifié les notes : l’intervenante affirmait que je n’étais pas présente à un contact, alors que sur sa propre note il était écrit que j’étais bien présente. Après ce tribunal, cette intervenante a démissionné. J’ai eu 4 intervenantes qui ont démissionné.
Je me sentais harcelée : on me suivait dans la rue, une intervenante a voulu prendre mon domicile en photo sans mon consentement. Nous avons donc demandé un 810, qui a été autorisé.
J’ai eu comme ordonnance plusieurs augmentations de contacts autorisées au tribunal, mais la DPJ ne respectait pas l’ordonnance. Avec ma première fille, j’ai failli avoir une lésion de droit. Nous avions demandé un retour progressif à la maison pour janvier 2025, autorisé. Malgré mon ordonnance, la DPJ repassait au tribunal en pro forma et plusieurs débats inutiles ont eu lieu, pendant que les délais s’allongeaient. Le juge finit par oublier mon ordonnance. Je me lève et je dis au juge : « J’étais censée avoir un retour progressif à la maison. » Le juge ne me croyait pas, me faisait passer pour une menteuse. Mon avocate a cherché dans les archives, a trouvé l’ordonnance et l’a déposée en cour : « Ma cliente a raison. » Finalement, je n’ai jamais eu justice, et mes filles ne sont pas avec moi. J’ai eu droit à des dodos à la maison, à des 14 h, 8 h, 4 h, 2 h, deux fois aux deux semaines. C’est désolant.
2 ans se sont écoulés. J’ai maintenant 23 ans, je suis dans une nouvelle relation stable. Ni moi ni le père n’avons de casier judiciaire, nous ne consommons pas, et le père n’a jamais été dans le système DPJ. Nous avons un grand réseau de soutien, sain, et une famille très présente des deux côtés. Après plusieurs mois, nous apprenons que je suis enceinte. Nous préparons le shower pour toute la famille. Malgré la joie immense — c’est le premier enfant de ce père — nous avions peur vu mon contexte.
Pendant ma grossesse, j’ai pris contact avec une intervenante qui aide certains parents dans le but de retourner l’enfant auprès des parents. J’ai voulu établir plusieurs facteurs de protection pour ne pas faire retirer ce poupon. J’ai eu un accouchement difficile, avec des complications médicales sérieuses. Mon enfant est né en santé, c’est tout ce qui compte. Mais pour ma part, j’ai vécu de graves problèmes médicaux non pris au sérieux : je me plaignais de douleurs intenses, on m’a ignorée, et on a fini par découvrir, après 48 h, une fracture qui expliquait que je ne pouvais plus marcher. Plusieurs témoins de la famille et une intervenante étaient présents. Mon copain a dû assumer seul les soins du bébé, car le personnel ne venait pas. Aucune femme en grossesse n’aurait voulu vivre ce genre de drame.
Malgré tout, nous n’avons eu AUCUN signalement à l’hôpital. Plusieurs infirmières me félicitaient et me disaient que j’étais une très bonne mère. Pourtant, une intervenante de la DPJ liée à mon autre dossier m’a texté qu’elle allait devoir signaler la situation. Une visite de la DPJ est venue à mon chevet pour me faire signer des papiers, en me pressant, en me disant que si je ne donnais pas une réponse immédiate, ils retireraient mon enfant dans un délai de 24 à 48 h — alors que je demandais à appeler un avocat, et que j’avais un rendez-vous médical important pour obtenir mon congé. Le motif invoqué : mon passé.
Mon passé ne devrait pas définir mon présent. Ce n’est pas la même situation, pas le même père, nous avions des facteurs de protection, nous sommes bien entourés. J’ai l’impression de ne pas être traitée de façon impartiale. Au présent, ils n’ont rien à me reprocher. Notre avocat s’est levé en disant à l’intervenante que les fausses accusations faites à notre égard étaient très graves. Malgré tout, notre demande d’avoir le petit auprès de nous a été autorisée.
De retour chez moi, mon intervenante me harcelait par texto en dehors de ses heures de travail — 22 h, 23 h le soir — pour m’intimider. Où est mon droit à la vie privée ? Il fallait que je réponde chaque fois pour dire où j’étais avec l’enfant, envoyer des photos.
Depuis, nous faisons tout pour ravoir notre garçon. On mentionne que le but est un retour en famille, mais rien n’avance. L’intervenante était censée me référer à des ressources, elle ne l’a jamais fait. Je nous ai inscrits moi-même à des programmes (YAPP, Mille-Pattes Mille-Mots, ateliers) pour travailler sur ce qu’on me reproche, mais l’intervenante ne me donne pas accès pour participer. Nous avons demandé une évaluation des compétences parentales avec une psychologue en privé; elle refuse. Elle refuse toutes nos demandes d’augmentation et de contacts supplémentaires, alors que nous sommes présents à tous nos contacts et que nous essayons de faire avancer le processus.
Voici mon parcours, en court résumé.
Dpj
En septembre 2025, je reçois un appel d’une travailleuse sociale. Elle doit suivre un protocole et m’apprendre que ma fille aurait été victime d’une agression, il y a 3 ans de ça. Je cherche des réponses, des explications. Je n’y comprends rien : j’ai toujours eu la garde partagée de ma fille sans accroc, elle n’a jamais manqué de rien.
À travers cela, j’apprends que la DPJ est visée par des accusations. Comme tout bon parent, je préviens ma fille d’un potentiel danger. Et à ce moment, le 22 décembre 2025, un signalement est fait contre moi et on me retire la garde de ma fille, cette même journée : mon vocabulaire « nuirait » à ma fille. [Passage retiré par la modération — allégation visant une personne identifiable.]
Je n’embarque pas dans l’engrenage de la DPJ, car ça leur donne raison. Nous sommes en juillet 2026, je n’ai accès à rien, personne ne me tient au courant de quoi que ce soit. Le 25 juin, je devais recevoir un appel, car j’ai demandé une entente à l’amiable — aucun appel. On me répond « au mois » car je demande sans cesse des réponses.
Ils ont fermé le dossier sur l’enquête concernant ma fille. J’ai fait des plaintes au syndic, même à la SQ. [Noms retirés par la modération.] On m’a dit que ma fille finira par avoir 18 ans, si elle veut porter plainte.
J’ai demandé à la travailleuse sociale ses preuves de profession, elle n’en a pas. Après 3 rencontres, elle avait fait des rapports que je conteste. Et puisque je ne coopère pas dans leur sens, le dernier rapport indique « nuisance psychologique » et « nuisance à la santé ». Ma fille n’a jamais manqué de rien.
Si j’avais su il y a 3 ans que ma fille était maltraitée, ma vie et celle de mes enfants auraient été bien différentes. Pourquoi me l’avoir caché ? On me retire la garde. La DPJ est même allée jusqu’à saisir le tribunal pour médicamenter ma fille pour un TDA qu’elle n’a jamais eu, c’est évident.
Elle avait peur de me dire la vérité, donc à la fin c’est ma fille qui me le demandait, tellement elle était tannée de se le faire proposer par [référence retirée par la modération], l’école, les intervenants. Je leur disais : ma fille n’a pas de TDA, changez-la d’école et le problème sera résolu. Rien n’a été fait.
Et aujourd’hui, c’est moi le méchant. Ma fille et moi étions très proches. On m’a volé mon enfant depuis le 22 décembre 2025.
Avocat
Depuis des années, que ce soit un avocat que je paie ou à l’aide juridique, rien ne change. Cabinet qui ferme, avocat qui se retire avec mon argent, incompétence… Même un qui m’a dit qu’avec l’aide juridique il n’est pas payé, donc qu’il n’a pas d’expérience. [Noms retirés par la modération.]
Depuis 2019, 8 avocats, et aucun de mes dossiers n’est réglé. Ne sachant pas où m’aligner, et avec la remise de procès, j’ai perdu mon commerce, mon logement, j’ai dû m’éloigner de mes enfants. Bref, depuis exactement 2022, je vis au jour le jour. Je ne loue que des chambres, car j’ai peur de perdre mon logement. Je n’accepte pas les emplois, de peur de les perdre.
Chaque avocat me dit de plaider coupable, et aucun d’eux n’a voulu entendre ma version. Ma défense ne compte pas pour eux. Par contre, ma vie est détruite.
Mon expérience avec les avocats en tant que victime
⚖️ J’ai passé 8 années dans le système de justice au criminel en tant que témoin et victime, de la dénonciation à la police jusqu’à la condamnation.
J’ai été coreprésentant d’une action collective pendant 4 ans.
Et je me représente seul depuis près de 4 ans dans une action individuelle en justice.
J’ai côtoyé, collaboré et croisé le fer avec plusieurs avocat(e)s.
Et ce que je retire de mon expérience, c’est que les avocats sont les meilleurs menteurs qui soient.
C’est franchement cynique et désabusant.
Bien entendu, il y a des exceptions. Il existe de bons avocats avec de l’intégrité mais ils sont l’exception et non la norme.
De façon générale, la fin justifie les moyens et le mensonge est monnaie courante dans les salles de cour et derrière les portes closes.
Bravo à cette avocate d’avoir le courage de dénoncer cette réalité. 👩⚖️
Seul devant le tribunal : comment j’ai perdu confiance dans le système de justice familiale au Québec
Si j’ai décidé de raconter mon histoire publiquement, ce n’est pas pour me venger de qui que ce soit.
Je veux que les citoyens, les décideurs et les institutions comprennent ce que vivent certains parents lorsqu’un conflit familial dure pendant des années.
Aujourd’hui, je me sens complètement seul.
J’ai consulté des avocats, j’ai demandé l’aide de différents organismes et j’ai essayé de suivre toutes les démarches possibles. Pourtant, dans les faits, j’ai souvent eu l’impression qu’il est presque impossible de défendre ses droits lorsqu’on n’a pas les moyens financiers de payer des dizaines de milliers de dollars en frais juridiques.
À mes yeux, il ne devrait pas être nécessaire de dépenser 30 000 $, 40 000 $ ou davantage simplement pour essayer de préserver la relation entre un parent et son enfant.
Aujourd’hui, je vois très peu ma fille. Notre relation est devenue extrêmement difficile et cette réalité me fait souffrir chaque jour. J’ai demandé à plusieurs reprises si le temps parental pouvait être revu afin de favoriser le développement de notre relation, mais je n’ai pas obtenu les changements que j’espérais.
Au fil des années, j’ai également eu l’impression d’être tenu à l’écart de nombreux moments importants de sa vie. Je n’ai pas pu partager plusieurs fêtes de Noël avec elle, ni la fête des Pères. Je ne suis pas toujours informé des activités scolaires et il m’arrive d’avoir le sentiment de manquer des moments importants de son enfance.
Toute ma famille vit en Italie. J’aurais tellement aimé que ma fille puisse connaître sa grand-mère, ses proches et une partie de ses racines. Jusqu’à aujourd’hui, cela n’a jamais été possible.
Pendant toutes ces années, cette situation a eu des conséquences importantes sur ma santé. J’ai vécu un stress immense, j’ai connu des périodes de profonde détresse psychologique, j’ai perdu mon emploi et j’ai dû emprunter de l’argent à ma famille afin de faire face aux dépenses liées aux procédures judiciaires et à mes obligations financières.
Aujourd’hui, ma vie a changé. Je suis de nouveau père. J’ai construit une nouvelle famille et j’essaie d’offrir un environnement stable, sécuritaire et rempli d’amour à mes enfants.
Malgré cela, je continue de croire que le système devrait permettre aux parents de maintenir une relation saine avec leurs enfants lorsque cela est dans leur intérêt.
Je ne demande aucun traitement de faveur.
Je demande seulement d’être entendu, d’être traité équitablement et de pouvoir exercer pleinement mon rôle de père.
J’espère sincèrement que mon témoignage contribuera à ouvrir une réflexion sur l’accès à la justice familiale au Québec, sur les coûts parfois inaccessibles des procédures et sur l’importance de préserver le lien entre un enfant et ses deux parents.
Si mon histoire peut éviter qu’une autre famille vive la même souffrance, alors elle aura servi à quelque chose.
Mon enfer
Dépression sévère, séparation après 35 ans de mariage et 4 enfants, harcèlement de la part de mon ex. Mon erreur : je n’ai pas porté plainte, pour l’amour de mes enfants.
Il y a 4 ans, il rencontre une femme. S’ensuivent, selon mon expérience, de nombreuses plaintes que j’estime sans fondement. Ma dépression s’enfonce. En 4 ans, 3 séjours en prison, dont le dernier horrible : aucun témoin n’a été appelé, mes preuves jamais vues. Des arrestations, je ne les ai pas comptées. Tout mon argent y a passé. Je n’ai jamais eu le droit de travailler.
Je vis plus, je survis, et personne ne m’aide. J’ai supplié les policiers, dont un m’a crié par la tête « tu n’as pas de preuves ». Et j’ai su pourquoi les avocats ne m’ont jamais défendue.
J’ai fait faire une mise en demeure qui m’a coûté 500 $ et qui n’a jamais été envoyée, après toutes les vérifications. L’avocat ne voulait pas me rembourser; j’ai appelé le syndic, qui a donné raison à cet avocat. Plusieurs avocats ont accepté de me défendre sans me défendre. Il y a quelques semaines, j’ai su qu’il était écrit « conflit » dans mon dossier d’aide juridique — c’est la nouvelle secrétaire qui me l’a dit. J’ai pris des informations et rappelé; elle me dit qu’elle l’avait enlevé. Là j’ai un avocat, mais le mal est fait.
Ils m’ont même obligée à plaider coupable sur une accusation pour ne pas perdre mon permis de conduire — une plainte disant que je roulais à haute vitesse dans une zone de 50. En 37 ans de conduite, je n’ai jamais été arrêtée par la police, et là encore une fausse plainte. Un dossier criminel que je ne suis pas capable d’accepter.
Ma santé a beaucoup dépéri et je suis fatiguée de vivre de peur, de stress, de cauchemars. Je veux que ça cesse. Je veux ma vie, celle que l’on m’a volée. J’aimerais pouvoir tout écrire, mais 4 ans intenses, c’est trop long.
Merci pour ce que vous faites. J’espère de tout cœur que vous puissiez faire quelque chose pour nous et pour ceux à venir. J’ai encore une cour en septembre, je n’arrive même plus à y faire face, je craque, je panique à chaque fois. J’ai extrêmement peur des palais de justice, extrêmement peur de voir les policiers partout.
Quand une erreur dans un dossier peut bouleverser une famille
Je souhaite demeurer anonyme.
Si je prends la parole aujourd’hui, ce n’est pas seulement pour moi ni pour mes enfants. C’est parce que je ne peux m’empêcher de penser à toutes les familles qui n’auront jamais les moyens, les connaissances ou l’énergie de faire ce que j’ai été en mesure de faire.
Tout a basculé le jour où, à l’audience, j’ai entendu le procureur expliquer qu’une erreur de copier-coller s’était retrouvée dans un document de preuve déjà déposé devant la Cour. Un extrait provenant d’un autre rapport avait été inséré dans le mauvais document. Cette erreur a été qualifiée de « coquille ».
Pour moi, ce mot était impossible à accepter.
Une coquille est une faute de frappe. Ici, il était question d’un document de preuve utilisé dans un dossier de protection de la jeunesse. Un document sur lequel un tribunal pouvait s’appuyer pour rendre une décision concernant un enfant.
Le plus inquiétant n’est pas seulement que cette erreur se soit produite.
Le plus inquiétant, c’est que personne ne l’avait détectée avant son dépôt devant la Cour.
Ni l’intervenant.
Ni les gestionnaires.
Ni les avocats.
C’est moi, le parent directement concerné, qui ai découvert cette erreur en analysant les documents qui m’avaient été transmis moins de 48 heures avant l’audience.
Si je ne l’avais pas relevée, elle serait demeurée au dossier.
Depuis maintenant 20 ans, j’exerce les fonctions d’inspectrice et j’ai été appelée à témoigner devant les tribunaux à de très nombreuses reprises. Au fil de ma carrière, j’ai appris qu’un document de preuve doit être vérifié avec une rigueur absolue, parce qu’il peut influencer une décision de justice. Jamais je n’avais été confrontée à une situation où une erreur de cette nature était invoquée pour expliquer le contenu d’une preuve déjà produite devant un tribunal.
C’est à ce moment-là que j’ai compris que mon inquiétude dépassait largement mon propre dossier.
Je me suis demandé ce qui serait arrivé si je n’avais pas lu chaque page attentivement.
Je me suis demandé combien d’autres parents reçoivent des centaines de pages quelques heures avant une audience, sans avoir le temps de tout vérifier.
Je me suis demandé combien d’entre eux auraient remarqué une erreur semblable.
Et surtout, je me suis demandé combien d’erreurs peuvent passer inaperçues lorsqu’un parent n’a ni les connaissances, ni les ressources financières, ni un avocat pour l’aider.
Les dossiers de protection de la jeunesse reposent en grande partie sur les rapports des intervenants. Ces rapports orientent les interventions et éclairent les décisions du tribunal. Ils peuvent influencer durablement la vie d’un enfant et de sa famille.
C’est pourquoi, lorsqu’une erreur importante est découverte dans une preuve déjà déposée, il est légitime, à mon avis, de se demander si les mécanismes de vérification sont suffisamment rigoureux et si les contrôles en place sont à la hauteur des conséquences que peuvent entraîner ces dossiers.
Je peux me défendre. J’ai les connaissances nécessaires pour analyser des documents complexes et je peux retenir les services d’un avocat.
Mais ce n’est pas le cas de tout le monde.
Je pense aux parents monoparentaux épuisés, à ceux qui vivent déjà des difficultés personnelles, à ceux qui n’ont pas les moyens de contester une preuve ou de faire vérifier leur dossier.
Eux aussi méritent que les documents déposés devant les tribunaux soient d’une exactitude irréprochable.
Je ne remets pas en question le dévouement de tous les intervenants.
Je suis convaincue que plusieurs accomplissent leur travail avec professionnalisme dans un contexte exigeant.
En revanche, je crois qu’un système qui possède un pouvoir aussi important sur la vie des familles ne peut pas reposer uniquement sur la confiance. Il doit aussi reposer sur des mécanismes de contrôle robustes, une assurance qualité rigoureuse et une véritable reddition de comptes lorsque des erreurs surviennent.
À mes yeux, le Québec doit ouvrir une réflexion sérieuse sur les pratiques de la protection de la jeunesse et sur la nécessité de mettre en place un organisme de surveillance véritablement indépendant, capable d’examiner les erreurs, les plaintes et les pratiques avec impartialité.
Je ne témoigne plus seulement pour mes enfants.
Je témoigne pour tous les parents qui n’auront peut-être jamais la possibilité de faire entendre leur voix.
Parce qu’au bout de chaque dossier, il n’y a pas qu’un numéro.
Il y a un enfant.
Il y a une famille.
Et lorsqu’une erreur se retrouve dans une preuve, ce n’est jamais seulement une page qui est en cause.
C’est parfois la confiance envers tout un système qui est ébranlée.
Dossier
Bonjour, je suis une jeune maman de 26 ans, deux enfants en bas âge. Ça fait 3 ans que je me bats pour les ravoir. Il n’y a aucune ouverture. J’ai tout fait ce qu’on m’a demandé, et même au-delà. J’ai porté plainte à la CDPDJ, je n’ai pas été entendue.
Le retour de mes enfants avait été priorisé par un juge; la DPJ en a décidé autrement. Ils ont décidé qu’ils ne travailleraient pas le retour à la maison et de placer mes enfants dans des banques mixtes, sans passer devant le juge. La travailleuse sociale à mon dossier m’a demandé de faire adopter mes enfants à l’amiable.
Sans parler des déplacements : ça me prend 2 h pour me rendre au bureau, à l’autre bout de la ville. On dit que les enfants sont insécures dans le bureau; je veux refléter que la plupart du temps nous sommes dans un petit local sans fenêtre, des vitres teintées, avec une intervenante dans la salle qui tape sur son ordinateur, une autre psychoéducatrice à côté d’elle, plus une derrière la vitre.
Je n’ai pas le droit de parler de ma famille, je n’ai pas le droit de parler de l’extérieur, je n’ai pas le droit de montrer des photos. Je n’ai pas le droit d’accompagner mes enfants à la salle de bain. Nous n’avons pas le droit de sortir de la pièce. Nous n’avons pas le droit d’aller dehors. Je n’ai pas le droit de croiser les familles d’accueil. Je dois partir avant eux.
Je vois mes enfants aux deux semaines, c’est comme si j’étais prisonnière. C’est un milieu très anxiogène. On ne veut pas augmenter les visites. Ma famille ne peut pas les voir, sous prétexte que ce n’est pas significatif. Je ne peux pas communiquer avec mes enfants en dehors des bureaux, pas d’appels, juste des nouvelles aux deux semaines par courriel. Je dois faire des rencontres aux 3 semaines, manquer l’école, car je ne peux pas être dans un lieu public pour parler de mon dossier.
Le motif pour lequel la DPJ est entrée dans ma vie, c’est parce que j’ai vécu de la violence conjugale. Je suis partie, j’ai laissé le père, j’avais encore la garde de mes enfants. 3 ans plus tard, ils sont venus chercher mes enfants chez ma grand-mère alors que j’étais à l’hôpital pour une interruption de grossesse. Je ne vivais plus de violence, ça faisait 3 ans. Les motifs qui ont été énumérés sont ceux-ci : négligence éducative et risque de négligence. Les enfants n’allaient pas à la garderie.
Les visites dont je bénéficie se passent de manière positive, mais la travailleuse sociale ne les écrit pas dans le dossier. Il y a même un document que j’ai, en lien avec un professionnel de la santé pour mon enfant, qui mentionne que mon plus jeune fils a été adopté par la famille d’accueil et qu’ils ne savent pas mes antécédents familiaux puisque je n’ai pas de contact avec l’enfant.
J’ai même proposé à la DPJ d’aller dans un centre pour mère-enfants, afin qu’ils puissent nous donner les outils nécessaires. La DPJ n’a pas voulu, car ils me disaient qu’on priorise le retour des enfants auprès de toi. Année après année, on m’a menti. Au bout d’un an, la réviseure me mentionne que le projet du retour des enfants est sombre. 2 ans plus tard, ils demandent la majorité.
Actuellement, on me parle du lien avec les enfants. On me coupe très souvent des visites; parfois j’arrive au bureau, la travailleuse sociale me dit que les enfants ne sont pas là. Mon plus vieux fils demandait à retourner chez lui, à partir avec maman; la travailleuse sociale me dit « ce n’est pas ce qu’il veut vraiment, c’est ta perception ». Depuis, l’enfant n’a pas le droit de parler de moi ou de retour à la maison. Dans les débuts, la travailleuse sociale a dit à mon plus vieux de changer de sujet, car il me mentionnait que c’est elle qui lui avait dit de m’appeler par mon prénom [prénom retiré par la modération].
Souvent, je ne peux pas voir mon plus vieux, car la famille d’accueil part de longs mois avec mon enfant en voyage. J’ai besoin d’aide, j’ai essayé de me faire entendre par n’importe quel moyen. Ce n’est plus vivable. Je stresse énormément, mes enfants sont séparés. J’aimerais me faire entendre, car ça se passe ici aussi. On m’a tout arraché, ce que j’avais; maintenant je me contente de survivre. J’aimerais que ça puisse sortir au grand jour.
L’accès à la justice : un privilège, pas un droit!
L’accès à la justice est venu me confronter de plein fouet depuis septembre 2024. La plus vieille blague que j’ai entendue dans le milieu juridique, c’est qu’on devrait appeler les Palais de justice des Palais de l’injustice. J’ai longtemps pris cette phrase avec un grain de sel. Jusqu’à ce que l’expérience me force à constater que, parfois, ce n’est pas une blague.
Avec le temps, j’ai vu des situations absurdes :
• de la surfacturation (rare, mais réelle),
• des petites entreprises ou des particuliers dépassés par les coûts,
• des dossiers qui tournent en rond, volontairement ou non,
• des gens qui abandonnent faute de moyens.
L’accès à la justice est un privilège. Si ton revenu est trop élevé pour l’aide juridique, mais trop faible pour absorber des factures d’avocats, le combat est perdu d’avance — même lorsque tu connais le domaine juridique. Sans avocat, personne ne te prend au sérieux. Une mise en demeure envoyée par un citoyen n’a, dans les faits, aucune portée : plusieurs institutions ne la considèrent même pas.
À ma connaissance, aucun article du Code civil du Québec n’autorise une institution bancaire à ignorer des courriels, ni n’exige qu’un citoyen soit représenté par avocat pour obtenir une réponse.
Septembre 2024 : proposition aux consommateurs
En septembre 2024, dans un moment de panique et après une mauvaise lecture d’un relevé, j’ai déposé une proposition aux consommateurs. Je n’ai pas consulté ma banque avant, alors que ma cote de crédit était de 760 — une consolidation aurait probablement été possible. Trois syndics en insolvabilité m’ont donné le même montant.
Les négociations ont été catastrophiques. Le créancier principal (plus de 51 % de la dette) a d’abord exigé un montant supérieur à ce qu’aurait coûté une consolidation avec intérêts. Ensuite, son offre finale était à peine 2 000 $ de moins qu’une consolidation complète.
Le 6 novembre 2024, à un jour de la fin du délai de 45 jours, j’ai retiré ma proposition. J’ai informé mon syndic de ma déception. Il m’a simplement répondu que je n’avais qu’à recommencer à payer.
Après le retrait : silence, incohérences et impossibilité d’avancer
Dès le lendemain, j’ai appelé tous mes créanciers. Des centaines de communications. Aucune réanalyse de mon dossier, malgré :
• zéro retard de paiement avant la proposition,
• emploi stable,
• adresse stable,
• capacité de remboursement démontrée.
Vers le 20 novembre 2024, j’ai recommencé à payer tous mes créanciers. Après quatre demandes, Equifax a finalement retiré la mention de la proposition à mon dossier. TransUnion aussi. Ma cote est pourtant restée sous les 600, rendant tout déménagement impossible.
En neuf mois, j’ai remboursé en entier trois créanciers sur quatre. Le quatrième — le créancier principal — n’a jamais retracé trois paiements renversés il y a un an. Son représentant, un bureau d’avocats, ne répond plus à mes courriels.
Un autre créancier :
• n’a jamais fourni de relevés,
• maintient une cote R9 malgré le paiement complet,
• conserve la mention « proposition aux consommateurs incluse » dans mon dossier de crédit.
Impossible de faire retirer ce commentaire malgré plusieurs demandes à Equifax et TransUnion.
J’aurais besoin d’un avocat.
Un autre créancier s’est engagé par écrit en février 2025 à corriger mon dossier. En août, rien n’était fait. Ils m’ont offert 500 $ pour considérer le dossier réglé. J’ai accepté, puis continué mes démarches auprès d’Equifax. Finalement, ce créancier a simplement supprimé son compte de mon dossier.
Des retards inventés et des démarches interminables
Je n’avais aucun retard avant la proposition. Pourtant, deux créanciers m’ont inventé des centaines de mois de retard — plus que la durée d’existence du produit de crédit lui-même. C’est de la mauvaise foi : ils ont le dossier et la liste des paiements sous les yeux.
J’ai traversé les deux paliers de plaintes internes de trois banques. Deux dossiers ont été portés à l’Ombudsman (OBSI). Les réponses ont été ridicules. Ils n’ont pas forcé les banques à communiquer avec moi, pas d’obligation de corriger les erreurs et d’inscrire les faits à mes dossiers de crédit, ni de verser une indemnité. Juste rien, nada.
J’ai consacré des centaines d’heures à monter mes dossiers :
• 350 pages pour une institution,
• plus de 100 pages pour une autre.
Mars 2025 : un cabinet d’avocats entre en scène
En mars 2025, une institution bancaire a transféré mon dossier à un cabinet d’avocats agissant comme agence de recouvrement — malgré mes paiements réguliers et mes demandes d’entente. J’ai découvert que des paiements avaient été renversés sans explication. J’ai demandé :
• une entente,
• des relevés,
• la localisation des paiements renversés.
Un an plus tard : aucune réponse malgré des rappels.
Perte d’emploi et instabilité
Un mois après le retrait de la proposition, j’ai perdu mon emploi, où je travaillais depuis presque quatre ans. Jamais ma productivité n’a été affectée, mais ma sensibilité était exacerbée par les non-réponses des institutions financières.
En 2025, j’ai enchaîné plusieurs emplois. Difficile de travailler quand personne ne te répond, ne t’aide.
Depuis le 27 février 2026, je suis sans emploi. Avec l’assurance-emploi, je ne peux plus payer le créancier principal, qui n’a formulé aucune entente en 18 mois.
Une agressivité rare selon les professionnels
Deux syndics et deux agences spécialisées m’ont confirmé n’avoir jamais vu un créancier aussi agressif. Sans avocat, personne ne m’écoute. Comment est-ce possible que ce soit permis de ne pas répondre ?
Mai 2026 : une nouvelle proposition
En mai 2026, j’ai déposé une nouvelle proposition, acceptée à un taux raisonnable. J’étais à deux doigts de vivre dans ma voiture pour payer le créancier principal. J’avais moi-même formulé une offre incluant des intérêts. Aucune réponse.
Tous les créanciers ont ajouté des clauses de confidentialité dans leurs réponses de plaintes. L’Ombudsman aussi. Mais à ce stade, ces clauses n’ont plus de sens : maintenir une cliente dans le néant de cette façon relève de l’intérêt public.
Et maintenant ?
J’ai jusqu’en août 2027 pour transmettre une mise en demeure et déposer une demande introductive d’instance contre tous les intervenants. Je ne peux pardonner ce qu’ils m’ont fait. J’espère trouver les fonds pour entamer des procédures officielles contre Goliath.
Aliénation parentale
J’ai moi-même contacté la DPJ et ça s’est retourné contre moi. Mes gars, d’avec mon ex, sont aujourd’hui de jeunes adultes. J’ai mon mari et nous avons eu une fille ensemble, adolescente aujourd’hui.
Devant les accusations à mon égard d’anxiété — car je me faisais accuser de tout bord tous côtés… Même aujourd’hui, mon ex a dit à mes garçons qu’il ne comprenait pas pourquoi ils me parlaient encore, avec toute la marde que je leur aurais fait vivre. Tout ce qui leur arrive, c’est de ma faute à leurs yeux… tellement dans l’influence constante de leur père.
J’ai su appeler et faire arrêter mon plus jeune fils, car il se convainc tellement qu’il en a fait des psychoses… nous faire peur ! Ma fille a développé de l’anorexie, et sa psychologue a bien nommé que c’était de l’aliénation parentale que nous avons vécue.
Mes fils n’ont aucunement confiance en moi et s’acharnent à garder un lien, mais il est dans l’utilitaire… Moi aussi je veux garder un lien, bien sûr, mais à quel prix ?
Je n’ai pas eu de DPJ pour ma fille et je suis qualifiée de bonne mère, dans l’action pour sa fille (un de mes fils a essayé de me faire croire que c’était de ma faute aussi, pour la maladie de sa sœur — c’est cruel).
Donc, pendant le temps de la DPJ pour mes fils, ils m’ont tellement mise à terre, car ils m’accusaient de ne pas être une mère adéquate… mais en fait j’étais anxieuse. Une psychiatre m’a donné le diagnostic d’anxiété circonstancielle, reliée à l’ampleur des dégâts qui viennent avec. Comment je peux être une mère de merde pour mes 2 gars et une mère adéquate pour ma fille ? En plus je suis éducatrice dans un CPE et j’ai de très bons commentaires des parents et de ma direction.
Mon plus vieux se qualifie de sociopathe. Il a été à l’hôpital de jour. Il est « limite » de plein d’affaires… selon ce fils et son père. Je vapotais pour rien, car « limite » = rien pour eux. Mes 2 gars ont des distorsions cognitives causées par l’aliénation parentale et sont encore sous son emprise. Leur vie est remplie de négatif. Ils ont peur d’être en contact avec moi, ils ont peur de quelque chose. Une petite affaire devient grosse comme une montagne.
Toujours marcher sur des œufs m’a fait faire une dépression majeure en 2014. [Passage retiré par la modération — imputation visant une intervenante identifiable.]
Merci,
Mélanie
Mes enfants se font dire
Mes enfants se font dire par leur mère qu’ils ne sont pas obligé de venir me voir, de me parler et qu’elle ne peut pas les forcer. Mes enfants me bloquent sur les réseaux sociaux ou m’ignore sans raison. Je n’ai pas le droit de leur poser des questions lorsqu’ils réapparaîssent, sinon je les perd de nouveau (ça dur plusieurs mois à chaque fois). Mon fils est maintenant âgé de 15 ans, bientôt 16 et à énormément de difficulté à l’école. J’ai offert mon aide, mon attention, bref tout pour l’aider (dont un endroit calme et sans dérangement), mais on m’a toujours refusé (je suis enseignant). La loi ne peut rien y faire, même qu’on me conseille de ne rien faire: c’est coûteux, c’est long et les enfants pourraient en ressortir encore plus animé contre moi. Je n’ai plus les moyens pour me payer un avocat, mais leur mère vit sur le bs, donc elle a droit à l’aide juridique… Quelle système de justice étrange nous avons…
Prouver sa valeur, pendant que les enfants l’oublie
Il y a 3 ans, après une formation en entreprise sur la violence conjugale, j’ai compris dans quelle relation j’étais, du moins celle dans laquelle je me sentais être.
19 ans, 3 enfants. Et je prends la décision de mettre fin à la relation.
Madame ne l’accepte pas. Elle veut qu’on rencontre une psychologue, pour préparer la séparation (du moins c’est ce que MOI j’ai compris).
2 rencontres plus tard, cette psychologue met fin aux rencontres : l’un est là pour la raison que j’évoque plus haut, l’autre pour réparer le couple.
Je suis un homme gentil, qui pense aux autres avant moi-même. Mais une chose est certaine, je comprends la douleur de mon ex-conjointe. Elle ne s’attendait pas à cela. Et je l’accepte : dans la séparation, j’ai de « l’avance ». Je suis donc très compréhensif, j’accepte de laisser les enfants dans la maison familiale, pour quelque temps, le temps que ça se « place ». Elle suggère le nesting, pour « le bien des enfants » (ces mots, je les entends, en sourdine dans ma tête, car ils sont utilisés, depuis maintenant 3 ans, à toutes les sauces).
Le nesting 😂, ça ne fonctionne pas, mon plus vieux me crie après, les deux autres m’en veulent de mettre leur mère dehors… Elle, elle veut que je dorme dans son lit, avec elle de préférence, puisque j’accepte qu’elle reste pour faire plaisir aux enfants… Je mets fin au nesting et je demande la garde partagée pour les 3 enfants, à savoir 4 ans, 9 ans et 11 ans à ce moment.
Médiation, 6 h… Aucun résultat, madame demande la garde complète, jusqu’à la fin de l’année scolaire (celle qui n’est pas encore commencée…).
La vente de la maison ? Impossible. Le calcul de la pension, impossible. Récupérer des biens ? Presque impossible. « C’est aux enfants », « les enfants s’en servent, tu vas les priver de cela ? » Et moi, comme un concombre, je ne dis « ouin c’est vrai » et je laisse couler.
Je réussis, après 7-8 mois de séparation, à avoir la garde partagée de mon plus jeune. Ma fille, celle de 10 ans à ce moment-là, vient « parfois », mais « elle ne veut pas ».
Je demande à la mère d’avoir un discours comme le mien, dans le sens où, si elle dit ne pas vouloir venir, elle dit « tu vas chez papa ». Maman refuse… Elle ne mentira pas à sa fille. Elle est disponible pour elle. Elle est suffisamment grande pour choisir. Comme son grand frère.
Des cris à l’école pour ne pas venir chez moi… Qui est retenu comme le méchant ? Papa, qui est désemparé, ne comprend pas ce qui arrive, essaie de raisonner… mais qui hausse le ton.
Je présente à mon plus petit ma nouvelle copine. La semaine suivante, à ma fille aussi. Quelques jours plus tard, lorsque je dois les reprendre à l’école, mon plus jeune me dit « [prénom retiré par la modération] ne viendra plus, maman a dit que [prénom de ma copine retiré par la modération] est une méchante et qu’on doit plus jamais la voir. »
C’est là que je découvre le terme aliénation parentale. Mais je n’y crois pas, elle ne parle pas contre moi, elle ne dit pas que je suis une merde.
Non, c’est différent. Je ne suis pas un mauvais père, mais je ne suis juste pas nécessaire.
Papa organise quelque chose vendredi ? Je vais m’assurer d’organiser mieux et le faire savoir aux enfants. Lorsque les enfants reviennent, je vais m’assurer de leur faire savoir qu’ils ont raté une soirée spéciale, une sortie spéciale…
Je prends un avocat, je monte avec lui un document de sauvegarde que je lui transmets de façon humaine et non officielle. Elle attend après la limite proposée, en disant qu’il n’y avait rien de légal à cela. Elle accepte les modalités, mais ne signe rien. Nous avons une nouvelle personne pour nous aider à démêler tout ça, sa mère, qui a toujours été superbe avec moi… Elle nous trouve une nouvelle professionnelle. Des semaines, des mois de rencontres, sans changement de garde. Cette professionnelle réussit des miracles : 2 mois où mes 3 enfants viennent chez moi, malgré leurs attitudes exécrables. Et le jour où la professionnelle demande de faire un papier de garde, tout s’effondre. Le soir même, mon plus vieux me crie après, me pousse, me frappe. Je le renvoie chez elle en taxi. Le lendemain, ma fille repart. Je ne reverrai ni l’un ni l’autre pour 4 mois. La mère de mon ex, elle, selon les ententes, décide de m’envoyer un document décidant que la garde exclusive des trois enfants revient à sa fille, « pour le bien des enfants ».
Multiplication des appels à la DPJ, sans suite.
Pendant ce temps, ma vie professionnelle s’écroule. Je suis en burnout, je ne dors plus la nuit, j’enchaîne les rencontres de psy, au CLSC, au CAP. Arrêt de travail, médicaments. Et 2 jours avant Noël, mes deux enfants finissent par me confirmer qu’ils viennent chez moi à Noël (même s’ils m’ont dit pendant les 2 derniers mois des non catégoriques). Pendant ces 2 jours, mon plus vieux est en mission… Je suis à mon plus bas. Je pète un plomb ! Lancer une chaise au mur, crier des choses que je n’aurais pas dû.
Moins de 48 h après leur visite, la DPJ débarque chez moi, accusé de violence psychologique et physique sur mes enfants… Cette plainte ouvre de nouvelles informations à la DPJ, plainte non retenue, « événement isolé ».
La DPJ me dit d’aller en cour et de suivre le programme coparentalité du CLSC et jeunes en difficulté pour les enfants.
Pour jeunes en difficulté, deux mois se passent avant que maman accepte que les enfants soient rencontrés…
Pendant ce temps, démarche judiciaire pour demander garde partagée et expertise psychosociale.
Expertise psychosociale demandée, maman s’y oppose, « pas besoin de ça ». La juge n’est pas d’accord, elle ordonne même une reprise de contact avec ma fille, en rupture depuis 4 mois à nouveau.
6 mois passent entre la demande d’expertise et le résultat.
L’expertise est claire : les enfants sont pris dans des conflits de loyauté sévères, il faut agir rapidement avant que les ruptures se cristallisent. Garde partagée est recommandée.
Mon ex attend évidemment la limite pour répondre, elle s’oppose aux recommandations. Elle force un procès.
Pendant ce temps, statu quo sur la garde… Pas de garde partagée pour ma fille…
3 mois passent, une date pour le procès se fixe, la juge saisie du dossier se désaisit, pour que le procès soit rapide, mais surtout, maman ne s’oppose plus à la garde partagée, juste au type de calendrier de garde… Donc le procès aura quand même lieu, mais le travail de mon avocat ne sera pas le même, madame ne s’oppose plus à la garde…
Procès 1 mois plus tard seulement, avec un nouveau juge (au moment d’écrire ces lignes, j’aurais le procès avec la juge originale, qui était disponible en juillet seulement).
Surprise lors du procès, madame s’oppose à la garde partagée. Le juge conclut dans le sens de l’expertise et de nos demandes, mais ne saisit pas le dossier tel que demandé…
Une psychologue experte en situation de haut conflit et AP est proposée, madame s’y oppose, le juge l’autorise.
Nous sommes maintenant 6 mois après le jugement, chaque semaine ma fille revient chez moi, avec du nouveau « poison ». La professionnelle fait des « recommandations », mais les choses ne changent pas… La DPJ n’intervient pas.
Mon portefeuille, vide. Mon 3e travail depuis le début de la débandade sera lui aussi en jeopardy sous peu…
La seule recommandation possible ? Retourner en cour… Le jugement n’est pas assez clair et robuste pour une situation comme la nôtre…
Le plus difficile dans tout ça ?
Je suis un bon père, bon métier, super présent. Pas de drogue.
Une bonne mère, bien éduquée, deux maîtrises, très bon travail, super calme, pas de problème de consommation non plus.
Quand tu regardes la situation, il n’y a aucun « red flag ». Juste des parents qui se chicanent…
Moi, ce que je nomme depuis tout ce temps, c’est : à quel moment elle a les droits, mais pas moi ? À quel moment MOI je dois prouver que je suis un père adéquat, mais elle a l’automatisme de la mère adéquate ? Pourquoi, lors de la séparation, la garde n’est pas autorisée automatiquement en partagée, et doit être renversée à la demande d’un parent, qui lui doit prouver « pourquoi » ?
Je suis conscient qu’il y a des milliers de situations, des cas de violences physiques, etc.
Mais moi, aujourd’hui, je vis de la violence psychologique, financière et coercitive.
Mes enfants, eux, la pire des violences : ils apprennent à vivre avec un père « absent », à dire qu’ils n’en veulent pas, qu’ils n’en ont pas besoin, apprennent à renier 50 % de leur être.
La version retenue : je serais parti vivre ma best life, je ne voulais pas m’occuper d’eux, toutes ces histoires. Le père qui l’a traînée en cour, pour ne pas payer de pension.
La version en silence : celle du père qui s’est battu, qui a dépensé plus de 30 000 $ en avocats. À s’en ruiner. Pour finalement se retrouver à la même place, et ne plus rien pouvoir faire. Faute d’argent. Des années non récupérables avec ses enfants.
D’un père qui vit dans une réalité bien difficile, du damned if you do, damned if you don’t.
Servir et protéger?
Lundi matin je suis à la courz municipale. On a assigné les deux patrouilleurs supposément présents lors du constat à témoigner pour contester un billet d’infraction de tumulte….
Constat qu’on m’aurait signifié…. Matricule qu’on a refusé de me fournir le j0ur de l’événement….par patrouilleurs masculins mais oups à la cour un patrouilleur féminin et un masculin…. Un procureur qui m’intimide et tente de me forcer à plaider coupable… Identité non validé et erronée… Un personne à mobilité réduite mise hors état d3 nuire avec 6 coups de pieds en plein visage pendant qu’il est couché au sol, maintenus par une porte de clôture qu’on a arrachée de la galerie… Dommage quon refuse de payer car la demande a été soumise après 16 jours et la limite est de 15….
la même journée je me rends compte qu’on a volé mon identité après trois appels, 12 jours, la police me rappelle enfin pour prendre ma plainte….
Une maman blessée …
La journée où mon fils est né aurait dû être le plus beau jour de ma vie. Au lieu de cela, elle est devenue le début d’un long combat qui continue encore aujourd’hui.
Pendant ma grossesse, je rêvais de le prendre dans mes bras dès sa naissance, de faire le peau à peau, de l’allaiter et de créer ce premier lien si précieux entre une mère et son enfant. Malheureusement, je n’ai jamais eu cette chance.
À sa naissance, un interdit de contact visuel et physique a été imposé. Je n’ai pas pu le prendre dans mes bras. Je n’ai pas pu le regarder. Je n’ai pas pu lui parler. Je n’ai pas pu faire de peau à peau. Je n’ai pas pu l’allaiter comme je l’avais souhaité tout au long de ma grossesse.
J’ai vu mon fils pour la toute première fois cinq jours après sa naissance. Pendant ces cinq jours, je ne savais pas comment il allait, je ne pouvais pas le réconforter et je ne pouvais pas vivre les premiers moments qu’une mère ne pourra jamais revivre une deuxième fois. Ces instants m’ont été enlevés, et cette douleur est encore présente aujourd’hui.
Ces décisions ont été prises en raison du passé du père et du mien. Pourtant, j’ai eu l’impression qu’on me jugeait avant même de me laisser la possibilité de démontrer qui j’étais devenue. Je n’ai jamais eu la chance de faire mes preuves dès la naissance de mon fils. Avant même d’avoir l’occasion d’être sa mère, on avait déjà décidé que je ne pourrais pas vivre ces premiers moments avec lui.
Mon fils a ensuite été placé dans une famille d’accueil de banque mixte. Depuis ce jour, mon conjoint et moi nous battons pour préserver notre lien avec lui et pour éviter qu’il soit adopté. Ce combat est extrêmement difficile, parce que nous avons l’impression de devoir prouver sans cesse que nous aimons notre enfant et que nous voulons être présents dans sa vie.
Malgré tout ce qui est arrivé, je n’ai jamais cessé de l’aimer. Pas une seule journée ne passe sans que je pense à lui. Chaque visite est précieuse. Chaque sourire, chaque regard et chaque moment passé avec lui me rappellent pourquoi je continue de me battre.
Je ne prétends pas être parfaite. Comme beaucoup de personnes, j’ai un passé. Mais un passé ne devrait pas empêcher quelqu’un de démontrer qu’il a changé, qu’il évolue et qu’il est capable d’être un bon parent. J’aurais voulu qu’on me donne cette chance dès le premier jour.
Aujourd’hui, je raconte mon histoire pour que l’on comprenne ce que j’ai vécu comme mère. Derrière les dossiers, les rapports et les décisions, il y a une femme qui a attendu son enfant avec amour, qui a été privée des premiers instants avec lui et qui continue, chaque jour, à se battre pour garder une place dans sa vie.
Mon plus grand souhait est que mon fils sache un jour que je ne l’ai jamais abandonné. Si je me bats encore aujourd’hui, c’est parce que je l’aime de tout mon cœur et que je n’ai jamais cessé d’espérer pouvoir vivre pleinement mon rôle de maman.
Dossier assurance habitation qui traîne depuis 4 Ans
Alors le tout a débuté un 29 juin 2022, alors que ma résidence a été détruite par les flammes, déclarée perte totale. L’assureur [nom retiré par la modération] essaie par tous les moyens de ne pas me payer. J’ai trouvé un avocat depuis deux ans qui traite mon dossier; la partie adverse fait tout en son pouvoir pour étirer le dossier, pensant que financièrement je n’ai pas les reins assez solides pour aller jusqu’au bout !!!
Après ça on se demande comment ça se fait que le service judiciaire est autant congestionné. Toutes les allégations qu’ils ont soumises dans la raison de ne pas me payer n’ont aucun fondement !! Mon avocat présent n’est pas très agressif dans le dossier, mais il semble être honnête. Je me suis assis quelques fois avec lui pour parler de la malhonnêteté dans le système, et il est en accord avec moi sur la façon dont ça fonctionne. Alors jusqu’à maintenant je lui souffle des actions et des répliques pour que le dossier avance plus vite. Si toutefois quelqu’un a des suggestions et peut m’aider davantage…
Ça fait quatre ans le 29 juin 2026, et suite à cet événement, je me suis retrouvée en perte financière majeure, y compris la validité de ma possibilité d’emprunt, car ils ont pris un temps énorme avant de payer la créance de ma propriété. Ils n’avaient pas le choix, c’était écrit dans le contrat, mais on me le réclame. Bref, je suis forte et je vais aller jusqu’au bout de ce dossier… c’est assez.
Vouloir voler des citoyens qui paient toute leur vie, et qu’ils doivent se battre à en perdre la santé mentale, la santé financière et plus encore : voilà ce que je dénonce. Merci de me lire et de partager ma réalité.
Injustice DPJ
Depuis 1 an et demi je vis de l’injustice, étant bon père de famille. Mon deuxième fils ne voulait plus venir à la maison et n’était pas capable de s’intégrer. J’ai essayé de trouver de l’aide dans un programme [nom du programme retiré par la modération], et il est allé dire à l’école et à la police que je le frappais, ce qui n’est pas le cas. Pensez-vous vraiment que j’aurais demandé de l’aide si j’avais fait de telles choses ?
Tout ça est arrivé quand j’ai dit à la mère de mes enfants que je me séparais, car je voulais me concentrer sur mes enfants et donner plus de temps à mon deuxième. Je suis revenu de ma run, la DPJ m’appelle, on m’enlève les enfants, il y a une enquête en cours. J’ai attendu 3 semaines avant de me faire arrêter pour 2 voies de fait. Jamais je n’ai frappé mes enfants, sacré après eux ou dit des bêtises. Lever le ton, oui certainement, car dans certains cas nous n’avons pas le choix.
J’ai été 3 mois sans voir mes enfants, que j’avais 7 jours sur 7 avant, avant de signer une mesure volontaire, car on me menaçait que si je ne signais pas, j’allais être encore 3 mois de plus avant d’aller au tribunal et de voir mes enfants. J’ai fait tout ce qu’on m’a recommandé, travailleuse sociale, je suis médicamenté maintenant et suivi par un médecin de famille à cause du stress. Je suis rendu avec 15 000 $ en avocat. La DPJ marche tout croche, ne suit pas ce qu’ils disent depuis le début.
[Passage retiré par la modération — imputations visant des personnes privées identifiables.] Avant que je passe en cour, trouvez-vous ça normal de taper sur un gars qui est déjà à terre et qui n’est même pas déclaré coupable, innocent jusqu’à preuve du contraire ?
On m’a fait des bris de conditions pour des niaiseries. La DPJ m’a appelé pour me dire qu’ils fermaient le dossier de mon plus vieux et abandonnaient les charges. Moi tout content, j’ai essayé de contacter sa mère et d’ajouter mon plus vieux sur Facebook, mais sans lui parler. Elle me dit que non, au criminel c’est deux choses — ce que la DPJ avait oublié de m’informer. Alors elle m’a fait un autre bris de condition, plus un 810, peur pour notre fils et que j’aille détruire des choses chez elle, alors que je n’ai aucun antécédent judiciaire en violence ou pour avoir détruit des choses.
Pourquoi avoir fermé son dossier ? Maintenant je ne peux plus voir mon plus vieux. Aujourd’hui je ne parle plus aux mères, peur d’avoir d’autres bris de conditions. Ça fait 3 mois que je n’ai pas vu mon plus vieux. J’ai mis un terme à la mesure volontaire car rien n’avance et je ne les vois pas plus. Et là, la DPJ ne suit pas l’horaire prévu par le juge, déplace les journées, me fait manquer des journées. J’ai fait 2 plaintes, si ce n’est pas 3, sans succès. J’ai demandé ce qui est une enquête également, mais sans résultats non plus.
J’ai un calendrier avec tous les contacts, ce qui s’est passé, j’ai tout bien détaillé pour être prêt pour la cour, en plus des échanges avec les mères et la DPJ que j’ai sur une clé USB. J’ai déjà tout donné à la DPJ mais ils n’en ont rien fait. Les enfants me disent souvent qu’ils veulent revenir plus souvent, qu’ils veulent voir ma famille ou ma blonde qui a travaillé dans le domaine et connaît donc très bien la DPJ, mais la DPJ ne veut pas que je sois en contact avec eux quand j’ai les enfants. C’est n’importe quoi.
J’ai été obligé de vendre ma maison pour en acheter une autre moins chère pour ne pas faire faillite. Je suis en arrêt de travail depuis 3 mois à cause de ma pression, j’essaie par tous les moyens de survivre et continuer à payer mes avocats. J’ai plein de dates de cour qui s’en viennent jusqu’en janvier 2027.
La police et la DPJ, au tout début, n’avaient jamais interrogé mon ancienne conjointe qui a resté 8 mois 7 jours sur 7 avec moi, ni mon ancien coloc qui était comme un frère et lui aussi présent 24 h sur 24. Aucune personne de mon entourage ne sait qu’il s’est jamais rien passé de tous les événements qu’on me reproche. Mon ami [prénom retiré par la modération] est décédé en mars malheureusement d’un cancer, ainsi que mon ancienne travailleuse sociale [prénom retiré par la modération] il y a 1 mois à cause de son cœur; ils étaient prêts à venir témoigner en ma faveur. Je me suis trouvé une nouvelle travailleuse sociale et transféré le suivi de mon ancienne TS — par chance qu’elle avait envoyé mon suivi à mes avocats et à la DPJ. Depuis, j’ai aussi été voir un psychiatre pour gérer mes pilules pour ne pas devenir fou avec tout ça et régulariser ma pression.
Je vais vous dire que je ne souhaite ça à personne. [Passage retiré par la modération — imputations visant des personnes privées identifiables.] Ils ont, désolé pour l’expression, scrapé mes enfants, brisé tous les liens que j’avais avec eux. Je ne sais pas s’il y a une justice dans ce monde pour les bons pères de famille qui se font avoir comme ça.
Après 1 an et demi, il s’en est passé des choses, mais la DPJ n’a rien fait pour l’intérêt de mes enfants. J’ai bien l’intention de poursuivre au civil, car personne ne veut rien faire, peut-être que ça coûterait trop cher pour enquêter, je n’en ai aucune idée. Mais dites-vous bien que si un père vous écrit et vous dit toutes ces choses, c’est parce qu’il n’en peut plus et qu’il est à bout. J’espère un jour me faire comprendre et être entendu, car ça ne peut plus durer. J’en entends beaucoup, d’affaires de DPJ qui n’auraient pas dû avoir lieu. Je vais rester fort et me battre pour mes enfants.
Mr
Voici donc la plainte déposée le 22 mars 2026 au conseil de la magistrature qui reste sans réponse à ce jour….
« Je dépose une plainte concernant la conduite du juge ( X ). Citoyen non représenté, je me suis présenté avec calme et retenue. J’estime avoir été traité de manière intimidante et incompatible avec l’obligation d’impartialité et d’écoute.
Faits :
• Audience du 5 février
Après une journée d’attente, l’audience a duré environ 18 minutes. La juge coordonnatrice avait pourtant indiqué à l’appel du rôle qu’une audience était justifiée pour entendre mon changement de situation.
• Interruptions et menaces. Pendant que j’exposais, preuves à l’appui, des manquements allégués de la procureure de la partie adverse au Code de déontologie, le juge m’a coupé la parole à plusieurs reprises et a tenu des propos que j’ai perçus comme menaçants.
• Preuves non entendues. J’avais des éléments pertinents que je n’ai jamais pu déposer. Par ailleurs, la partie adverse n’a pas produit de documents relatifs aux revenus réels de la demanderesse (déclarés à 9 000 $ pour 2025), malgré la demande.
• Propos sur ma relation avec mes enfants. Le juge a tenu des commentaires moralisateurs et culpabilisants, sans fondement au dossier, alors que je n’ai pas pu expliquer le contexte ni les nuances.
• Fin d’audience. À la sortie, j’ai tenté de lui adresser un appel à l’aide; il m’a tourné le dos et a quitté la salle. Je me suis senti traité comme une nuisance et je suis sorti anéanti. Quel est cet hubris qui par son pouvoir transgresse les limites humaines?
• Conséquence immédiate. Après la retenue à la source effectuée par Revenu Québec, mon salaire net est de 18,51$ il me reste 26,27$ $ pour deux semaines, tel qu’il appert de mon relevé bancaire du 19 mars.
Pourquoi je porte plainte
Ces gestes — interruptions systématiques, menaces en salle, refus d’entendre des preuves pertinentes, commentaires non fondés sur ma relation avec mes enfants, puis le fait de quitter sans répondre — m’apparaissent évidents et contraires au devoir d’écoute et d’impartialité. Pourquoi le juge a ignoré les éléments qui me donne le droit fondamental de conserver ma dignité, ma sécurité et mon autonomie. Je demande donc une enquête du Conseil canadien de la magistrature sur la conduite du juge ( X ), incluant l’omission d’examiner des éléments pertinents et les commentaires formulés à mon endroit, alors que je sollicitais l’aide et la protection du tribunal. Je demande une enquête du Conseil canadien de la magistrature à l’endroit du juge mentionné pour manquement à mes droits fondamentaux. Pour omission de documents relatifs aux fausses déclarations de la partie adverse. Pour manquement aux droits fondamentaux qui me relient à mes enfants et de la responsabilité de toutes les parties impliquées qui ont délibérément brisés la liberté de ma relation avec mes enfants.
Pièces jointes : relevé bancaire du 19 mars. Je précise qu’une plainte distincte a déjà été adressée au syndic du Barreau concernant la procureure de la partie adverse. Une plainte distincte a été adressée au conseil de la magistrature à l’endroit de la juge ( Y ).
David contre Goliath
En 2021, je cherche un terrain pour construire mon projet de vie. Je trouve un terrain parfait, je rencontre la municipalité pour la faisabilité du projet, c’est un drapeau vert. Je remplis les formulaires, je deviens propriétaire du terrain, j’obtiens un permis de construire ! C’est le sésame !
En 2023, ma vie change. Je mets en vente, je trouve un acheteur, on passe au notaire. Surprise : la CPTAQ n’a jamais donné l’autorisation de construire à la municipalité. Je suis devant le choix de régler la situation ou de démolir ! Oui oui, démolir. Je demande l’aide de ma municipalité : fin de non-recevoir. « Madame, poursuivez-nous ! »
Je contacte des avocats, mon dossier est compliqué pour eux, je ne sens pas de réelle volonté de me défendre. J’entreprends de me défendre seule ! Je fais face au Fonds d’assurance des municipalités du Québec, rien de moins : une firme d’avocats chevronnés, et un bulldozer !
Ils ne respectent pas les dates des protocoles, ils reportent, ils essaient par tous les moyens de faire en sorte que mon dossier ne soit pas entendu. J’ai beau être alerte, les juges acceptent plein de passe-droits de leur part ! Je gagne en irrecevabilité et en intérêt pour agir. La municipalité, en pleine procédure judiciaire, essaie de vendre pour taxes impayées la maison qui n’a pas le droit d’être là, pour me faire perdre mon intérêt pour agir ! J’ai beau notifier à la juge les problèmes, je ne me sens ni écoutée ni soutenue. Je ne suis pas avocate, donc je ne possède pas les mêmes possibilités !
Le jour du procès, je ne peux pas contre-interroger la partie adverse car ils ont fait des déclarations sous serment qui ne répondent pas au litige ! Le seul témoin présent ne travaillait pas là lors du départ du litige, n’a pas participé au processus d’obtention de permis. Deux poids, deux mesures ! Trois ans et demi, oui oui, trois ans et demi entre le problème et finalement le procès ! Pris en délibéré par la juge, donc encore 6 mois avant d’avoir une justice !
Tout au long du processus judiciaire, j’ai dû passer des heures à comprendre comment réussir à être entendue, écoutée, et ce n’est pas faute d’avoir demandé de l’aide non officielle à des avocats ou des personnes de droit ! Le système n’est pas conçu pour une justice égale, il est conçu pour une justice de façade ! Les frais multiples, c’est fou : je paie pour me défendre, mais je paie aussi avec mes impôts et mes taxes pour payer le Fonds d’assurance des municipalités du Québec pour que la municipalité se défende ! À quel moment c’est juste ?
Aujourd’hui, je croise les doigts que la justice fera son travail et rendra un jugement, mais je suis désillusionnée de cette justice à deux vitesses.
Aide juridique
On nous dit que la justice est accessible. On a effectivement l’aide juridique pour nous aider. Toutefois, je n’ai trouvé aucun avocat pour prendre un dossier de pension alimentaire donc je me retrouve dans la *****. Personne ne veut m’aider personne et j’ai vraiment appelé beaucoup beaucoup d’avocats.
Citoyens
J’ai déjà poursuivi dans le passé le corps de police de Sainte-Thérèse aux petites créances, au palais de justice de Saint-Jérôme. Ils n’arrêtaient pas de me donner des tickets et des contraventions.
Quand j’ai déposé en preuve les 20 contraventions que j’ai eues en 1 mois, en plus du harcèlement que je subissais — ils m’arrêtaient le soir pour avoir mon nom et mon adresse — le juge a vu qu’ils exagéraient. Il a annulé les contraventions et a condamné la partie défenderesse à me verser 2 000 $.
Le chef de police était présent. Il a pris les noms des policiers en cause. [Passage retiré par la modération concernant des mesures disciplinaires visant des personnes identifiables.]
Insécurité des institutions
Merci beaucoup maxime gagné ,il y a tellement de choses qui nous sont cachés…comment on peut savoir tout ça si on l’a pas devant les yeux, il y a sûrement beaucoup de gens qui se sentent moins supérieurs en ce moment,
l’insécurité est entrain de changer de côté – C.P.
Cinq ans de procédures, déclaré quérulent en mon absence
Après cinq années de procédures en Cour supérieure et en Cour d’appel, j’ai été déclaré quérulent en mon absence. Cinq ans à me battre dans un système qui a fini par me réduire au silence.
(Ce témoignage a été fortement abrégé par la modération afin de retirer des éléments susceptibles d’identifier des personnes ou de porter atteinte à leur réputation. Seule la partie portant sur le parcours judiciaire de l’auteur a été conservée.)
Mlle
J’ai vécu 5 ans avec un conjoint fortuné et instable.
— AVRIL 2018 — J’annonce à Monsieur que je désirais me séparer… [Passage retiré par la modération — récit d’un épisode de violence visant une personne identifiable.] Si ses enfants n’étaient pas arrivés par hasard, je ne sais pas si je serais vivante encore.
Il était très réactif, impulsif et agressif, mais surtout imprévisible.
[Passages retirés par la modération — éléments mettant en cause une personne identifiable, susceptibles de constituer une atteinte à la réputation.]
C’était les montagnes russes et ma santé mentale ainsi que celle de mon fils étaient mises à rude épreuve chaque jour… Nous étions sur le bord du précipice.
[Avec l’aide de membres de sa famille — détails retirés par la modération], ils ont élaboré un plan pour me mettre à la rue en disant que j’avais proféré des menaces de mort envers Monsieur et ses enfants. Ce qui est absolument faux. Il n’avait pas de preuves, et de plus il ne se souvenait plus du lieu ni du temps.
Avec des avocates agressives à des taux de 600 $/h, il a changé trois fois d’avocate. Il m’a fait perdre ma maison — et j’en étais la seule et unique propriétaire ! Il a dilapidé secrètement mes vêtements, mes effets personnels et toute ma vie passée aux quatre coins de la région.
À 48 ans, il m’a mise à la rue, me laissant sans aucun patrimoine familial auquel j’avais travaillé ma vie entière. Mon chiot de 7 mois et mon fils sous l’autre bras, je suis allée vivre chez une vieille tante et, n’ayant absolument plus rien, je devais porter les vêtements d’une dame de 69 ans.
8 ans plus tard… Je reste stigmatisée à vie de cette rencontre, et mon fils aussi. Nous n’avons pas réussi à ce jour à avoir une vie calme, sereine et heureuse. Nous sommes restés craintifs et hypervigilants.
Dpj
On a pris mon bébé de 22 jours pour une famille de banque mixte. On m’a accusé de risque de négligence sévère. Bébé ne prenait pas de poids suffisamment. A trois mois on diagnostique reflux gastrique. On m’a menacé de me prendre mes autres enfants. DPJ ont fermé leur dossier. Mon fils a été placé jusqu’à 18 ans en famille d’accueil. Je le vois sous supervision que chaque deux semaines 1h. Mes parents ne peuvent le voir. Son père aussi.
[Le père est un travailleur étranger temporaire — détails identifiants retirés par la modération pour protéger l’enfant.] Ses capacités parentales n’ont jamais été évaluées. On ne l’a jamais accordé à cause de ses horaires de travail. Il est présent jusqu’à aujourd’hui. Je lui envoie des photos et vidéos de notre fils. Il lui achète des vêtements, des couches, des jouets, des livres, de la nourriture. Son lait il l’achetait.
On a passé devant un juge. Deux médecins ont témoigné que l’allaitement est un processus complexe. Que bébé avait un frein de langue. Il ne pouvait boire bien. Qu’il a perdu 11 % de son poids et que je suis retournée à l’hôpital avec lui. Je tirais mon lait et je lui donnais du lait commercial. Il a lentement pris du poids et on l’a enlevé justement quand il a commencé à se stabiliser.
J’ai été évaluée par un psychologue et il a dit qu’on avait un lien et que mon gars pouvait retourner avec moi lentement mais c’était faisable. Le juge a fait comme si tous ces témoignages étaient inutiles. Il a placé mon fils jusqu’à 18 ans. La CDPDJ a conclu qu’il manquait des éléments dans le dossier. Que j’avais raison que les droits de mon fils n’ont pas été respectés. Malgré ça DPJ n’a pas bougé…..
J’ai mes deux autres enfants avec moi. Je ne bois pas, ni me drogue. Je travaille comme infirmière. Un travail stable. J’ai un conjoint stable qui aussi ne bois pas et ne se drogue pas. Son seul crime est de ne pas être résident. Mais il aime notre fils. Il adore mes filles. Il s’entend bien avec mon ex mari.
Parent dpj mon enfant
Bonjour, je vous rencontre mon histoire anonyme donc je suis une maman qui a une petite fille de 13 mois elle est plus à mes côtés depuis un mois de vie car j’ai été hospitalisé quelques jours en psychiatrie. Grosse dépression post-partum j’ai eu mon miracle par [nom de la clinique retiré pour protéger l’identité de la famille] avec mon mari donc quatrième essai notre petit miracle a fonctionné malgré mon opération, je devais garder mon enfant en sécurité dans une famille, le temps que je me rétablisse. Par contre dans le contexte, c’est mon troisième tribunal pour ma fille, malgré mes efforts, toujours prioriser la stabilité dans la famille d’accueil, incluant les intervenants DPJ donc j’ai dû intervenir par un avocat en droit de famille à mes frais donc jusqu’au tribunal 30 000 $, nous on vient de circonstance de termes d’avocat Chel je veux dire, il demande plus les recommandations de la juge dans le dossier parentale très difficile, j’ai vécu des rencontres d’intimidation de leur père donc par la force des choses, je les ai mis sur écoute les prochaines rencontres et j’ai toujours été accompagné par la suite sur le moment j’avais une rencontre avec l’éducatrice j’arrive au rendez-vous, ils sont quatre personnes et moi seul avec beaucoup de propos pas professionnel, je pourrais vous dire qui m’atri énormément en homme aussi pour l’attachement que ça serait plus probable que l’attachement de sa maman, qui est très difficile, car ma fille à chaque visite de chaque semaine, elle me réclame énormément, je suis assez réaliste pour comprendre ma fille est attachée à la famille d’accueil en ce moment, mais le travail est que ma petite fille revienne avec ses parents biologique donc j’ai entrepris beaucoup de démarches donc j’ai le dernier tribunal qui est le 28 juillet, la réponse définitive qui reste stressante et une peur donc je te donne envie d’amour vraiment fois 1000 donc je vous remercie. Madame X.
24 ans comme greffier audiencier — je pourrais écrire un livre
24 ans à titre de greffier audiencier, je pourrais écrire un livre !
On m’a tout pris sur des préjugés
Malgré des évaluations positives de la psychologue et deux témoignages de médecins qui ont clairement dit que ce n’était pas ma faute, le juge a placé mon fils à majorité chez une famille banque mixte. On m’a tout pris sur des préjugés. Je suis infirmière. J’ai une maison. Je cherche un avocat pro bono pour me défendre.
Des avocats véreux et des citoyens qui s’endettent
À Rouyn-Noranda, une vraie magouille avec les avocats véreux bien connus des enquêteurs de la SQ qui confirment que tel et tel avocat déposent des faux documents et/ou fausses preuves pour gagner leurs procès. Même ton avocat payé à fort prix n’ose pas leur tenir tête. Et toi, le pauvre, tu t’endettes de façon éhontée pour te refaire une vie avec tes enfants.
Enfin de l’information transparente pour les citoyens
Si une ressource comme la vôtre avait existé plus tôt, bien des gens auraient évité de confier leurs dossiers aux mauvais professionnels. Il est tellement difficile pour un citoyen de trouver de l’information transparente sur le parcours disciplinaire des avocats ou les plaintes au syndic. Votre site donne un coup de main essentiel pour nous aider à y voir clair.
L’aliénation parentale existe, et le système la laisse faire
Je suis un père québécois qui a vécu et vit encore l’aliénation parentale. Pas une chicane passagère. Pas un simple conflit familial. Une destruction lente, organisée et tolérée du lien entre un père et son enfant. Vous n’êtes pas fous. Vous n’êtes pas seuls. Ce que vous ressentez est réel. L’aliénation parentale existe. Elle détruit des enfants. Elle détruit des pères. Et trop souvent, le système la laisse faire.
On m’a annoncé que mon bébé ne rentrerait pas à la maison
J’ai fait 24 heures de travail. La DPJ, eux ? ZÉRO ! C’est moi qui ai accouché de mon fils, pas eux. Et ils se permettent de débarquer le lendemain, le jour de mon congé de l’hôpital, pour nous annoncer que mon bébé ne rentrera pas à la maison avec nous. La raison ? Un risque de négligence. STOP, ÇA SUFFIT ! Ça suffit d’aller dans les familles, d’enlever des enfants et de juger les parents sans même les connaître.
Huit intervenantes, trois écoles, plus aucune foi dans le système
Le système semble incapable de suivre. La mère a multiplié les déménagements. À chaque fois qu’elle change de région, le dossier est transféré et je dois repartir à zéro avec un nouvel intervenant. Au total, j’ai eu affaire à 8 intervenantes différentes et mes enfants ont dû changer d’école trois fois en un an et demi. J’ai les mains liées et, honnêtement, j’ai perdu foi en le système québécois.
Cinq ans à devoir prouver que je suis une victime
Je m’adresse à vous en tant que père qui défend par amour ses deux fils. Dans son jugement rendu, la juge confond autorité et vérité, pouvoir et légitimité, contrôle et protection. Pendant que je tente — avec calme, dignité et retenue — d’expliquer le contexte, les nuances, la complexité, on me coupe la parole, on reformule mes propos, on les réduit, on les détourne. Depuis cinq années, je dois prouver en tant que victime qui essaye de se reconstruire que je suis une victime. C’est inacceptable.
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