Dossiers citoyens et témoignages
Des histoires réelles, documentées. Des visages derrière les dossiers. Des systèmes qui ont failli — et des citoyens qui ont refusé de se taire.
Depuis l’ouverture de cette section, des centaines de témoignages nous sont parvenus de partout au Québec. Derrière chaque message, une même réalité : des citoyens ordinaires, souvent vulnérables, qui ont frappé le même mur institutionnel et n’ont jamais obtenu de réponse. Ainsi, nous documentons ces histoires une à une, aussi longtemps qu’il le faudra.
Les dossiers publiés ci-dessous sont basés sur des pièces vérifiées — documents judiciaires, lettres institutionnelles, confirmations officielles. De plus, toutes les personnes identifiables sont anonymisées à leur demande.
Vous avez vécu une situation injuste ? Partagez votre témoignage
Votre récit peut aider d’autres personnes et contribuer à documenter les failles du système. Chaque témoignage est lu attentivement et n’est publié qu’après vérification, anonymisé au besoin.
Témoigner →Des profils différents — un même mur
Des portes d’entrée différentes, des institutions différentes, des histoires différentes. Cependant, dans chaque dossier publié ici, la même architecture : des institutions qui se renvoient la responsabilité, des enfants qui attendent, et des citoyens qui n’ont jamais été entendus sur le fond.
Dossier Julien
Un père autiste séparé de ses jumeaux — un avocat fantôme, des institutions silencieuses
Julien est un père autiste atteint du syndrome de Gilles de la Tourette. C’est son ex-conjointe qui a intenté les procédures familiales. Ainsi, il n’a fait que se défendre pendant quatre ans — malgré des rapports psychosociaux commandés par la cour elle-même qui lui étaient favorables pour une garde partagée. L’avocat adverse, Me David Chun, a démissionné du Barreau en pleine enquête du syndic. De plus, sa localisation fait l’objet de deux versions contradictoires sous serment — Chine ou Walmart de Kirkland. Me Anne-France Goldwater a elle-même rapporté au Barreau des allégations de fraude criminelle grave. Le Bureau du syndic a blanchi tout le monde. Par conséquent, Julien est toujours séparé de ses enfants. Une demande d’autorisation à la Cour suprême du Canada est envisagée.
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Dossier Sophie
Un médicament prescrit, une hospitalisation — et un an de séparation que rien ne justifiait
Sophie est une mère de quatre enfants. Un médicament prescrit par un neurologue provoque un épisode psychiatrique aigu — une réaction iatrogène, non une fragilité préexistante. Ainsi, la DPJ intervient. Sophie est stable dès juillet 2025, moins de quatre mois après l’hospitalisation. Pourtant, les visites supervisées sont prolongées deux fois, sans justification clinique écrite, sans incident documenté. En cherchant à comprendre pourquoi, Sophie découvre que l’intervenante responsable de son dossier n’est membre d’aucun ordre professionnel habilité — confirmé par deux ordres distincts, qui transmettent tous deux le signalement à leurs instances compétentes. De plus, en février 2026, elle doit encore écrire à la DPJ pour obtenir la permission d’envoyer une carte de Saint-Valentin à sa fille.
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Dossier Mme J.
« J’ai fait tout ce qu’on m’avait dit de faire » — et le système s’est retourné contre elle
Marie — 43 ans, nord du Québec — a dénoncé la violence conjugale, documenté chaque étape dans un cartable de 200 pages, et coopéré avec toutes les institutions. Ainsi, le DPCP a retenu des accusations. La DPJ a reconnu la violence. L’IVAC l’a reconnue victime. Puis, les plaintes croisées de son ex-conjoint ont tout effacé, une institution à la fois. Au tribunal, son cartable de 200 pages a été interprété comme un signe de détresse psychologique — et la garde lui a été retirée, malgré une lettre de sa médecin traitante de 15 ans qui contredisait directement cette interprétation. Par conséquent, en mars 2026, le DPCP a fermé définitivement son dossier.
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Dossier Monsieur G.
Un avocat radié pour vol — une victime invalide prise en étau entre trois institutions
Monsieur G. vit avec une invalidité psychiatrique reconnue et de sévères limitations physiques. Entre décembre 2024 et janvier 2025, il verse 6 312 $ à Me Arsen Arutyunyan, du cabinet Hathaway Avocats, pour être représenté au Tribunal administratif du logement et aux petites créances. Ainsi, l’avocat disparaît en mars 2025. Le Barreau le radie d’urgence pour vol et entrave à une enquête du syndic — 27 infractions disciplinaires, accusations criminelles dès son premier mois de pratique, audiences plaidées depuis Playa del Carmen. Un an plus tard, Monsieur G. n’a pas été remboursé : le Fonds d’assurance dit qu’il n’y a pas de faute, le Fonds d’indemnisation attend la fin de l’enquête du syndic, et le syndic enquête toujours au ralenti sur un avocat radié vivant au Mexique.
Lire le dossier complet →Ils ont écrit. Nous avons lu.
Depuis la publication des premiers dossiers, des dizaines de témoignages nous sont parvenus. Voici les voix citoyennes que nous avons recueillies — dans le respect de leur anonymat lorsque demandé.
Ceci doit cesser!
Ce que ça coûte, se défendre seul
Mon mari et moi avons déposé une demande au Tribunal administratif du logement en mars 2023.
Dès le départ, nous avons frappé un premier mur. L’agente de location de l’immeuble ne nous avait jamais communiqué le nom du véritable locateur, et l’adresse qu’on nous avait transmise était celle du gestionnaire d’immeuble, à Montréal, plutôt que celle du locateur, à Québec.
Nous avons donc déposé notre demande au nom de la mauvaise entité. Il a fallu faire des recherches nous-mêmes pour trouver qui poursuivre. Au total, nous avons dû produire trois amendements.
À la première audience, une conférence de gestion en août 2023, la partie adverse s’est objectée et a exigé que la demande soit reprise au nom du véritable locateur. Dans la foulée, le gestionnaire d’immeuble a été ajouté au dossier comme partie intéressée.
Or, selon les Règles de procédure du Tribunal administratif du logement, une personne qui veut intervenir dans une demande à laquelle elle n’est pas partie doit produire une requête, et cette requête doit être notifiée à toutes les parties avant l’audience.
Nous n’avons jamais rien reçu. Ni l’intention d’ajouter un tiers, ni l’acte de représentation avec les coordonnées de l’avocate.
Nous avons appelé le Tribunal, écrit au Tribunal, et nous nous sommes déplacés en personne pour comprendre ce qu’était une partie intéressée et ce que nous devions faire. La seule réponse obtenue a été d’attendre le jour de l’audience pour porter la question à l’attention du juge.
Dix mois d’attente, puis dix minutes
Dix mois se sont écoulés avant la deuxième audience, en mars 2024.
C’est moi qui avais monté le dossier de A à Z. J’ai demandé à agir comme mandataire de mon mari. La juge administrative a refusé.
Mon mari n’était pas préparé à plaider. Nous avons demandé une remise. Refusée.
Pourtant, l’article 29 des Règles de procédure prévoit qu’à l’audience, le membre peut, d’office ou sur demande écrite ou verbale d’une partie, remettre ou ajourner l’audience à une date ultérieure.
La juge a accordé dix minutes pour que j’explique la totalité du dossier à mon mari. Dix minutes pour transmettre des années de documentation.
Elle a refusé de prendre la preuve. Elle a refusé la remise. Elle a refusé que je sois mandatée.
Et elle a accepté que la cause soit plaidée par l’avocate d’un tiers ajouté au litige sans qu’aucun acte de procédure à cet effet n’apparaisse au plumitif.
Nous sommes ceux dont parle le guide du Barreau
Le Barreau de Montréal publie un guide pour les avocats qui font face à une partie non représentée. On y décrit les personnes qui agissent seules. Nous entrons dans la deuxième catégorie : les parties ayant des ressources restreintes. Trop riches pour l’aide juridique, mais trop pauvres pour être représentées par avocat.
Ces personnes n’ont d’autre choix que d’agir seules ou de renoncer à exercer leurs droits.
C’est exactement notre situation.
Les frais s’accumulent
La production des documents devait se faire en quatre copies : une pour chaque partie, une pour le tribunal. Notre cause portait sur dix-sept ans. Preuves photo, copies de conversations, courriels. Les frais de reproduction ont tourné autour de 3 000 $.
Nous avons dû faire signifier une citation à comparaître en urgence : plus de 350 $.
Et à cause de l’ajout du tiers au dossier, le nombre de significations est passé de deux à trois.
Ce sont des milliers de dollars que nous ne reverrons jamais.
La plainte au syndic
J’ai déposé une demande d’enquête au Bureau du syndic du Barreau du Québec.
La première réponse est arrivée en décembre 2024. Le syndic adjoint m’écrivait que ma demande soulevait, à première vue, des questions sérieuses — mais que le Bureau du syndic ne peut pas intervenir dans un dossier judiciarisé pour des questions de gestion d’instance, qu’il s’agisse de délais non respectés, de demandes de remise, de procédures ou de la progression d’un dossier. Il me renvoyait au Tribunal administratif du logement.
Un mois plus tard, il m’informait finalement avoir écrit à l’avocate pour obtenir ses explications, tout en précisant que si je souhaitais une compensation, je devais m’adresser aux tribunaux de droit commun, et qu’il me suggérait de retenir les services d’un avocat de pratique privée.
En mars 2025, on m’écrivait que l’enquête était toujours en cours.
En avril 2025, après quatre mois, j’ai écrit pour exprimer mon incompréhension. Trois réponses successives : d’abord qu’on ne pouvait pas m’aider, ensuite qu’on avait écrit à l’avocate, puis que l’analyse n’était toujours pas complétée.
J’ai demandé la fermeture du dossier. Elle a été faite le jour même.
Le Conseil de discipline
J’ai déposé une plainte privée au Conseil de discipline du Barreau du Québec.
Une première audience a dû être reportée parce qu’une des trois juges n’arrivait pas à accéder à la preuve. L’audience a finalement eu lieu en novembre 2025.
Dans mon cartable de preuve, j’avais inclus une copie de mon plaidoyer, pour permettre aux juges de suivre un dossier déjà complexe. La présidente a interprété ce document comme une nouvelle plainte, alors qu’il était clairement identifié comme un plaidoyer. On m’a fait l’introduire comme telle, les trois juges se sont prononcées, et l’ont refusée.
J’étais déstabilisé au point de ne pas avoir introduit un élément de preuve important.
Le Conseil a néanmoins accepté en preuve le plumitif du Tribunal administratif du logement, où l’on constate l’absence de tout acte de procédure concernant l’ajout d’un tiers au litige.
La question demeure entière : comment un tiers a-t-il été ajouté à un litige sans qu’aucun acte de procédure n’apparaisse au plumitif?
Mon témoignage a été écarté en deux lignes dans la décision.
L’appel : quand la signification devient l’obstacle
J’ai voulu porter la décision en appel au Tribunal des professions.
Je me suis présenté en personne au palais de justice le 29 décembre 2025, dernière journée du délai. Mon dépôt a été accepté et j’ai payé les frais d’ouverture de dossier.
Quatorze jours plus tard, on m’informait que ma procédure ne pouvait pas être acceptée comme déclaration d’appel, et qu’il fallait la faire signifier par huissier.
C’est là que tout s’est arrêté.
J’ai demandé huit soumissions. Toutes les études sont situées dans le même secteur. Le Conseil de discipline se trouve à moins de 500 mètres, l’autre destinataire à environ 4,5 kilomètres.
Pour un mandat identique, les estimations variaient de plus de 200 $. On me demandait 460 $ pour deux significations. Des frais administratifs de 95 $, des frais de gestion de 17 $, une ouverture de dossier facturée par adresse, et 2 $ la photocopie.
J’ai écrit à la Chambre des huissiers de justice pour comprendre l’application du tarif. Je n’ai obtenu aucune réponse à mes questions, et on m’a plutôt avisé que mon dossier avait été transféré au département des plaintes — ce que je n’avais jamais demandé.
J’ai informé le greffe du tribunal de mes démarches et des obstacles rencontrés, simplement pour laisser une trace. On m’a répondu qu’on n’était pas autorisé à me donner des renseignements de nature juridique ni sur les tarifs des huissiers. Je n’avais rien demandé de tel.
J’ai finalement écrit au président du Tribunal des professions pour lui demander s’il était possible de faire signifier autrement que par huissier, parce que je n’en avais pas les moyens.
Il a refusé, en ajoutant qu’il ne voyait aucune raison de déroger.
J’ai finalement trouvé un huissier à 190 $. Si ce tarif avait été appliqué dès le départ, la signification aurait été faite des semaines plus tôt.
Le silence du greffe
À partir d’un certain moment, la greffière a cessé d’accuser réception de mes courriels.
J’ai demandé une version dactylographiée d’une décision manuscrite partiellement illisible. Aucun accusé de réception à ma demande initiale, ni à ma relance trois semaines plus tard.
Quand je me suis déplacé aux archives du palais de justice, on a refusé de me remettre une copie du plumitif complet. Un acte déposé par la partie adverse ne se trouvait pas au dossier — la greffière l’a trouvé à part. Et mon courriel de demande n’apparaissait nulle part.
Pour une personne qui se représente seule, l’absence d’accusé de réception est un problème majeur. On ne sait jamais si ce qu’on envoie existe.
La suite
L’appel a été rejeté. J’ai déposé un pourvoi en contrôle judiciaire : 308 $ de plus en frais d’ouverture, plus les frais de signification.
La signification s’est mal déroulée. Les procès-verbaux comportaient une erreur d’en-tête et un mauvais code de chambre. L’étude d’huissiers a produit des versions amendées sans nouvelle signification aux parties. J’ai contesté la facturation, notamment des frais d’ouverture facturés une seconde fois et des frais de gestion internes.
L’étude m’a remboursé les frais d’ouverture, puis a fermé mon dossier en m’invitant à m’adresser ailleurs.
J’ai déposé une demande d’enquête à la Chambre des huissiers de justice. On m’a répondu disposer d’un délai de 90 jours en vertu du Code des professions.
Je n’ai toujours pas de réponse.
Ce que je retiens
À chaque palier, il y a eu un obstacle, et chaque obstacle a coûté de l’argent.
Le refus qu’une conjointe agisse comme mandataire. Le refus d’une remise. Dix minutes pour transmettre un dossier de dix-sept ans. Quatre copies exigées par instance. Une signification par huissier obligatoire, sans exception possible pour celui qui n’en a pas les moyens.
Le Règlement sur la procédure devant le Tribunal administratif du logement énonce pourtant son propre objectif : assurer l’accessibilité, la qualité et la célérité de la justice, l’application juste, simple, proportionnée et économique de la procédure, et le respect des personnes qui apportent leur concours à la justice.
Nous avons été privés de chacun de ces éléments.
Une suggestion, pour finir. Le Tribunal des professions et le Conseil de discipline exigent chacun quatre copies du dossier, et ils peuvent condamner aux débours. Ils pourraient faire leurs propres copies et ajouter le montant aux débours par la suite. Cela réduirait les frais pour le justiciable et permettrait un accès plus équitable.
Ce n’est pas compliqué. Ça ne coûterait rien à personne. Et ça changerait beaucoup de choses pour ceux qui se représentent seuls.
Mon histoire: Une mère qui aimerais retourver son fils
Mon histoire : une mère qui aimerait retrouver son fils
Aujourd’hui, mon garçon a 10 ans.
Si je raconte mon histoire, ce n’est pas pour prétendre être une mère parfaite. Je ne le suis pas et je ne l’ai jamais prétendu. J’ai fait des erreurs dans ma vie, j’ai vécu des périodes difficiles, mais j’ai toujours essayé de faire de mon mieux pour mes enfants. J’ai aussi travaillé sur moi-même, réfléchi à mes erreurs et fait des démarches pour devenir une meilleure mère.
Ce que j’aimerais aujourd’hui, c’est simplement que mon histoire soit entendue dans son ensemble.
Le souhait de mon garçon et le retour progressif
Avant le premier jugement de 2024, mon garçon exprimait le désir de revenir vivre avec moi et de continuer à fréquenter son école.
Dans le jugement, il était prévu qu’un retour progressif à la maison puisse être mis en place.
Je croyais donc que les choses allaient progressivement permettre à mon garçon de retrouver sa mère, sa maison et sa vie familiale.
Malheureusement, selon ce que j’ai vécu par la suite, c’est le contraire qui s’est produit.
Au lieu d’un retour progressif, mes contacts avec mon garçon ont diminué jusqu’à devenir pratiquement inexistants.
L’orthophonie : une démarche faite pour son bien
Mon garçon avait un suivi en orthophonie au public. Ce suivi s’est terminé.
Comme je demeurais préoccupée par ses difficultés langagières, j’ai fait des démarches auprès de son médecin de famille afin qu’il puisse continuer à recevoir les services dont il avait besoin.
C’était également important pour moi parce que l’ordonnance de la cour prévoyait que mon garçon reçoive les soins de santé requis par son état, notamment les suivis nécessaires en lien avec ses difficultés langagières.
J’ai donc demandé à son médecin de famille une prescription afin que mon garçon puisse être vu en orthophonie au privé.
Son médecin de famille considérait elle aussi qu’il était important qu’il puisse recevoir ce suivi, et m’a prescrit la démarche nécessaire.
Pour moi, c’était simplement une mère qui cherchait une solution pour son enfant après la fin de son suivi au public. Une démarche qui était par ailleurs ordonnée par le tribunal.
Je n’ai pas fait cette démarche pour aller contre une décision ou pour nuire à qui que ce soit. Je l’ai faite parce que je croyais agir pour le bien-être de mon garçon.
Et pourtant, cette démarche m’a par la suite été reprochée et a été utilisée dans l’évaluation de mes capacités parentales, jusqu’à contribuer au retrait de mes droits parentaux.
C’est quelque chose que je trouve profondément difficile à comprendre.
J’aimerais que l’on puisse regarder cette situation dans son contexte. J’ai consulté le médecin de mon garçon, j’ai obtenu une prescription, et j’ai cherché un service d’orthophonie privé parce que son suivi au public était terminé et que je demeurais préoccupée par ses besoins.
Mes inquiétudes concernant la sécurité de mon garçon
Mes inquiétudes concernant mon enfant ne sont pas apparues sans raison.
Il y a notamment eu un événement concernant son cou. [Passage retiré : atteinte à la réputation.]
Après cet événement, mon garçon n’était plus capable de bouger normalement son bras et, selon ce que j’ai constaté, il a été incapable de le bouger pendant environ une semaine.
Devant cette situation, je l’ai amené consulter un médecin.
Le médecin a examiné mon garçon, a pris des photographies et a documenté les informations et les constatations concernant l’événement dans son dossier médical.
Il y a également eu un événement en motoneige au cours duquel mon garçon s’était cogné la tête.
Ces situations ont suscité chez moi des inquiétudes concernant sa sécurité et son bien-être.
Je ne demande pas qu’on me croie simplement sur parole. J’aimerais que les documents médicaux, les photographies, les dossiers et les autres éléments de preuve que je possède soient examinés.
La fin de semaine où j’ai perdu mon contact minimal
Pendant la période où j’avais encore un minimum de temps de contact prévu par le tribunal, une fête avait été organisée par la famille d’accueil pendant une fin de semaine où mon garçon devait être avec moi.
Je n’ai pas accepté qu’il quitte mon temps de contact plus tôt que ce qui était prévu, car j’avais déjà une activité prévue pour notre fin de semaine, qui était ordonnée dans le jugement du tribunal.
Pour moi, le temps qui m’avait été accordé par le tribunal devait être respecté.
À la suite de cette situation, j’ai perdu ce contact minimal. [Passage retiré : atteinte à la réputation.]
L’avocat a discuté seul avec mon fils et a pu constater qu’il aimait les contacts avec moi et qu’il voulait toujours en avoir. Malgré cela, la fin de semaine sur deux m’a été retirée.
Depuis, je me retrouve sans la relation que j’avais auparavant avec mon garçon. Je suis en arrêt de travail. J’ai tout simplement le mal de vivre devant toute cette injustice.
C’est particulièrement difficile pour moi parce que je n’avais pas l’impression de chercher à priver mon garçon de quoi que ce soit. J’essayais simplement de respecter le temps de contact qui m’avait été accordé.
La place du père dans la vie de mon garçon
Aujourd’hui, mon garçon se trouve auprès de son père, placé en famille d’accueil de proximité.
Selon ce que je rapporte et selon les informations que je possède, son père connaissait l’existence de son garçon depuis toujours, mais n’aurait pas souhaité avoir de rôle auprès de lui pendant ses premières années.
Ce n’est que lorsque mon garçon avait environ six ans et demi que des contacts ont commencé.
Selon mon vécu, ce n’est pas le père qui avait initialement entrepris les démarches pour créer cette relation.
[Passage retiré : atteinte à la réputation.]
Aujourd’hui, la situation me paraît particulièrement douloureuse.
Depuis le mois de mars 2026, je n’ai pas pu voir mon garçon ni lui parler.
Les moments que je n’ai pas pu vivre avec mon garçon
Au fil des mois, j’ai manqué des moments que je ne pourrai jamais récupérer.
Je n’ai pas pu être avec mon garçon à Pâques.
Je n’ai pas pu vivre avec lui la fête des Mères.
J’ai également manqué son dixième anniversaire. Je n’ai même pas pu lui offrir ses cadeaux ni lui souhaiter joyeux anniversaire.
Je n’ai pas pu être auprès de lui pour lui souhaiter bonne fête comme j’aurais aimé pouvoir le faire.
Aujourd’hui, il a 10 ans.
Chaque mois qui passe représente pour moi du temps précieux que je ne pourrai jamais reprendre.
Ce n’est pas seulement l’absence d’une journée ou d’une fin de semaine. C’est l’absence de moments d’enfance, de souvenirs, de conversations, d’anniversaires et de présence auprès de mon propre enfant.
Je ne prétends pas être une mère parfaite
Je ne voudrais pas donner l’impression que je considère n’avoir jamais fait d’erreurs.
J’en ai fait.
Mais j’ai aussi essayé de changer.
J’ai réfléchi à mes comportements. J’ai voulu comprendre mes erreurs. J’ai travaillé sur moi-même parce que j’aimerais être une meilleure mère pour mes enfants.
Et malgré mes erreurs, je n’ai jamais cessé de me préoccuper du bien-être de mon garçon.
Quand j’ai demandé qu’il puisse être suivi en orthophonie, c’était pour ses difficultés langagières.
Quand j’ai demandé une prescription à son médecin de famille, c’était pour qu’il puisse continuer à recevoir des services après la fin de son suivi au public.
Quand je l’ai amené consulter après l’événement concernant son cou, c’était parce que je m’inquiétais de son état.
Quand j’ai exprimé mes préoccupations concernant la motoneige, c’était parce que sa sécurité me préoccupait.
Et lorsque j’ai refusé qu’il quitte mon temps de contact pour aller à une fête, c’était parce que j’estimais que le temps qui m’avait été accordé par le tribunal devait être respecté.
Ce que j’aimerais aujourd’hui
J’aimerais que toute cette histoire soit regardée dans son ensemble.
J’aimerais que l’on regarde les jugements et les ordonnances.
J’aimerais que l’on regarde la question de l’orthophonie, et le fait que mon garçon avait un suivi au public qui s’est terminé, que j’ai consulté son médecin de famille et que celui-ci m’a prescrit une référence pour qu’il puisse être suivi au privé.
J’aimerais que l’on regarde les documents médicaux, les photographies et les autres preuves concernant mes inquiétudes pour mon garçon.
J’aimerais que l’on regarde également les circonstances entourant la diminution puis la perte de mes contacts avec lui.
J’aimerais que mes démarches soient replacées dans leur contexte, et que l’on comprenne que, dans ma tête et dans mon cœur, je cherchais à agir pour le bien-être de mon enfant.
Je ne demande pas qu’on choisisse automatiquement mon côté.
J’aimerais simplement qu’on regarde les faits, les preuves et toute l’histoire.
J’aimerais pouvoir être entendue comme une mère qui reconnaît ses erreurs, mais qui a aussi essayé de faire mieux.
Mon garçon a maintenant 10 ans.
Et malgré tout ce qui s’est passé, malgré les mois qui ont passé et malgré les moments que j’ai manqués, mon amour pour mon fils est toujours là.
J’aimerais revoir mon garçon.
J’aimerais pouvoir lui parler, le voir, partager des moments avec lui et retrouver une place dans sa vie.
J’aimerais que mon fils sache que sa mère ne l’a jamais oublié.
Et surtout, j’aimerais qu’on puisse enfin regarder toute cette histoire avec ouverture, avec les faits, avec les preuves, et avec l’intérêt de mon garçon au cœur de la décision.
Je ne demande pas qu’on choisisse un camp.
J’aimerais simplement qu’on m’écoute.
J’aimerais qu’on regarde les preuves.
J’aimerais qu’on regarde toute l’histoire.
Et par-dessus tout, j’aimerais avoir la possibilité de revoir mon fils.
À mon fils, mon petit prince charmant,
Depuis le jour où je t’ai tenu dans mes bras, mon cœur bat un peu plus fort pour toi.
Chaque sourire que tu me fais, chaque regard que tu poses sur moi est un cadeau que la vie m’a offert.
Je souhaite que la vie te protège, qu’elle te fasse grandir dans la lumière, et qu’à chaque pas que tu feras, tu sentes l’amour de ta maman autour de toi. Cet amour qui ne s’éteindra jamais.
Même quand je ne serai pas près de toi, souviens-toi : mon cœur veille toujours sur le tien.
Je t’aime d’un amour que rien au monde ne peut briser.
Maman
l’horreur sur terre
À cause de la DPJ, indirectement, je suis devenue lourdement handicapée. Sourde profonde.
Ma vie a changé du tout au tout. Depuis que je suis tombée handicapée subitement, à la suite d’un coma avec intubation, la vie est tellement difficile.
Voici ce qui s’est passé.
À l’âge de 15 ans, j’ai été placée en centre jeunesse. S’en est suivi un an et demi de placement dans une unité de groupe, ensuite on m’a transférée. [Villes retirées pour protéger l’identité.]
Avant ces deux derniers centres, tout allait si bien. Tout était parfait et exemplaire dans mon dossier.
Deux jours après mon arrivée, on est tous allés à la bibliothèque de la ville avec les éducateurs. Ils m’ont oubliée à la bibliothèque. Je m’en suis rendu compte une heure plus tard. Ça leur a pris 45 minutes avant de venir me chercher. Personne ne s’en était rendu compte. J’ai dû appeler l’urgence DPJ pour dire que mon centre m’avait oubliée à la bibliothèque, et ils ont ri au téléphone.
Le lendemain, ma travailleuse sociale m’a transférée ailleurs. Là où tout a basculé, et où ma descente aux enfers a commencé.
Ma travailleuse sociale m’a présenté ce centre en me disant que dix-huit filles y vivaient, qu’elles consommaient toutes, et que je n’avais pas à avoir peur de tomber là-dedans puisque je n’y avais jamais touché.
Moi je lui ai dit : non, je n’irai pas là. Je suis facilement influençable et on a déjà essayé de m’introduire là-dedans, j’y ai échappé de justesse.
Elle m’a dit que je dramatisais, et que de toute façon elle ne voulait plus m’écouter parler. C’est assez, tu rentres et tu vis avec.
Ce que j’ai fait.
Dès ma première journée, on me propose des pilules bleues dans les toilettes. Je refuse. J’arrive en pleurs, je demande aux éducateurs d’appeler ma travailleuse sociale, et je lui dis : écoutez, je vais finir par tomber là-dedans, c’est sûr, je me sens déjà influencée.
Elle m’a dit : oh, encore toi. Va te coucher, ça va passer. Et si elle t’en propose, tu refuses, c’est simple. De toute façon je n’ai plus de temps pour toi avant deux ou trois mois, mais je viendrai te voir dans deux ou trois mois, promis.
Après, silence radio. Plus aucun contact, plus de réponse.
Elle est par la suite venue me voir aux trois mois. Quinze minutes, bien timées sur la minuterie. Ces rencontres-là étaient les seules fois où je pouvais lui parler. Donc aucun appel, aucune requête, aucune urgence acceptée.
Vient le trois mois, donc évidemment une rencontre. Rendue à ce point-là, j’avais cédé. J’étais dans la consommation récréative dans les toilettes avec les filles quand on se croisait.
Plusieurs filles ont fait des surdoses dans leur chambre et ont dû être réanimées sur place.
Vient le moment où je suis sortie pour toujours. À ce moment-là, je consommais à outrance, et c’était des opioïdes. [Doses retirées : modération.]
Entre mars et août, il y a eu 22 hospitalisations aux soins intensifs, 8 arrêts cardiaques, 12 intubations. L’enfer était proche de m’amener au ciel.
En août, l’incident où toute ma vie a basculé.
J’ai consommé, puis je suis allée me coucher sans rien dire. Ma mère dormait en haut. Le lendemain matin, mon chiot jappait. Elle est donc venue en bas et m’a retrouvée morte une fois de plus.
Sauf que là, ça faisait douze heures que j’étais là, en détresse respiratoire.
Le coma a été long. Au moins une semaine et demie.
Quand ils m’ont extubée, je n’entendais rien. Rien du tout. Et c’est là que j’ai appris que j’étais sourde à vie et que rien ne pouvait être fait.
Et c’est là que j’ai réalisé que si ma travailleuse sociale m’avait écoutée ne serait-ce qu’un peu, au lieu de me traiter d’anxieuse finie, elle aurait pu m’éviter le handicap.
J’ai tenté tant de fois de signaler, d’informer, de dénoncer, d’avertir. Sans succès. On me réduisait au silence.
Interdiction de sortir de ma chambre. Interdiction d’aller à l’école. Une nuit en salle d’isolement. Interdiction de contact avec qui que ce soit, même ma famille.
Si j’osais essayer d’avertir de la situation qui se produisait dans les toilettes, automatiquement, j’étais réduite au silence, menacée, battue.
Pourquoi ne pas m’avoir écoutée? Si on l’avait fait, la situation aurait pu cesser. Donc arrêt de consommation, donc plus de surdoses, donc pas de moi handicapée trois mois plus tard.
Tout ça aurait pu être évité. Il aurait fallu un petit cinq minutes de surveillance des filles, et un cinq minutes d’écoute pour moi.
Les éducateurs savaient l’état des filles. Les dix-huit. Les yeux rouges, la marche pas droite, le mode zombie. Les éducateurs demandaient : êtes-vous intoxiquées? Elles répondaient toutes oui, comme d’habitude.
Aucune conséquence, aucun changement, aucun renforcement.
Mais moi, si j’essayais d’avertir qui que ce soit hors du centre — la population, les médecins, l’école — la travailleuse sociale savait aussi, mais choisissait d’ignorer.
J’ai vite compris que la solution, c’était de fermer ma bouche et de vivre avec, si je voulais être libre.
Bref, la DPJ est loin d’être ce que vous pensez. À l’intérieur de leurs murs, il se passe l’horreur sur terre. Et le pire, c’est que personne, dans la population, n’en sera jamais au courant.
je serai toujours là pour lui
Bonjour, je suis une mère de 30 ans.
Je suis prise avec la secte de la DPJ depuis décembre 2024, donc à 28 ans.
Trois ou quatre jours après avoir donné naissance à mon bébé, j’ai eu la visite de la DPJ dans ma chambre d’hôpital. Mon bébé avait, selon les infirmières, la jaunisse. Mais finalement, aucune trace de jaunisse. C’est parce que je suis d’une autre nationalité, adoptée quand j’étais bébé.
Ils ont fouillé chez moi sans mon consentement pendant que j’étais à l’hôpital. Le problème, c’est qu’un membre de ma famille leur a ouvert la porte de chez moi, alors que cette personne n’habite pas avec moi. Nous vivons au-dessus de chez elle.
Ils ne m’ont pas dit que j’avais le droit d’avoir un avocat. Rien. Ils m’ont dit : soit tu signes pour les mesures volontaires, soit ton bébé part en famille d’accueil.
J’ai signé, car je pensais qu’on allait m’aider à récupérer mon bébé.
J’étais faible. Durant l’accouchement, j’ai perdu beaucoup de sang et j’ai été obligée d’avoir une transfusion sanguine le lendemain. Les infirmières n’arrêtaient pas de chialer sur mon conjoint, parce qu’il quittait la chambre pour aller à la cafétéria me chercher à manger, car j’avais très faim, ou parce que mes beaux-parents avaient téléphoné pour venir nous porter à manger ou à boire.
L’intervenante nous interdit d’aller chez mes beaux-parents avec notre bébé quand elle est avec nous. Pourtant, ma belle-mère est très gentille envers mon bébé. Elle ne peut pas quitter son emploi pour venir le voir, car elle travaille en restauration. Donc elle peut seulement quand elle n’est pas au travail.
L’intervenante ne nous a donné aucune aide. Rien. On a eu droit à des rabaissements et à du dénigrement. [Passage retiré : atteinte à la réputation.]
Exemples des mots qu’ils nous ont dit : que mon bébé est mieux ailleurs, qu’on n’est que des parents à temps partiel, que je n’aurais pas dû avoir de bébé.
J’ai dû rappeler à l’intervenante de faire sa job, car elle oubliait de faire telle ou telle démarche téléphonique pour notre situation.
J’ai un trouble d’anxiété généralisée et mon conjoint a un TDA. Ils nous ont dit qu’ils ne nous font pas confiance à cause de nos diagnostics. Ils disent que c’est un risque sérieux de négligence. Tbk!
Ils ne nous ont jamais donné de chance, en presque deux ans.
On a notre bébé deux fois par semaine en matinée, seuls chez nous, et on peut aller le chercher à la garderie une fois par semaine, ou deux fois par semaine s’il a manqué l’autre semaine.
Criss, je n’ai manqué aucun rendez-vous prénatal. Je n’ai pas beaucoup d’argent, mais je m’en fiche, car pour moi ce qui est le plus précieux, c’est mon bébé.
[Passage retiré : atteinte à la réputation.] Je publie anonymement sur un groupe Facebook et je ne mentionne personne.
Mon bébé s’ennuie de nous. Dès qu’il nous voit, il dit maman, papa. Et quand il doit repartir, il se met à pleurer en courant vers nous en disant papa ou maman. Ça me fait mal au cœur et je me mets à pleurer, car j’ai tout le temps l’impression de l’abandonner.
Tant que je serai capable de dénoncer et de me battre pour mon bébé, je serai toujours là pour lui. [Passage retiré : modération.]
Merci.
Protection pour enfant
❤️ Un petit message personnel, avec beaucoup de sincérité
Je voulais vous écrire un petit message personnel, parce qu’en ce moment, je traverse une période où je me sens vraiment à bout de forces.
Je manque de concentration, je n’ai pas beaucoup de scolarité et, parfois, j’ai l’impression de ne pas avoir les outils nécessaires pour me battre correctement dans mon dossier. Je fais ce que je peux avec les moyens que j’ai, mais malheureusement, je n’arrive plus à tout porter sur mes épaules.
Mon avocat ne semble plus vouloir aller plus loin avec moi et, de mon côté, j’ai le sentiment d’avoir donné tout ce que ma capacité me permettait de donner. Je suis fatigué, découragé et parfois complètement perdu devant toutes les démarches, les documents et les procédures.
Mais malgré tout ça… je refuse de perdre espoir. ❤️
Parce que derrière chaque dossier, chaque numéro, chaque document et chaque procédure, il y a des parents qui aiment leurs enfants. Des parents qui souffrent en silence. Des parents qui continuent de se lever le matin même lorsqu’ils n’ont plus beaucoup de force.
À tous ceux et celles qui vivent quelque chose de semblable : ne pensez pas que vous êtes faibles parce que vous êtes fatigués. Vous êtes humains.
On n’a pas besoin d’avoir fait de grandes études pour aimer son enfant. On n’a pas besoin d’être parfait pour être un bon parent. Et avoir des difficultés à comprendre les procédures ne veut pas dire qu’on ne mérite pas d’être entendu.
Aujourd’hui, je ne sais peut-être pas exactement quelle sera la prochaine étape pour moi. Mais je veux croire qu’il existe encore une porte qui peut s’ouvrir, une personne qui peut écouter, une solution que je n’ai pas encore trouvée.
🙏 Courage à tous les parents ici.
Continuons de nous soutenir, de nous encourager et de nous donner de la force lorsque l’un d’entre nous n’en a plus.
Même quand on ne voit plus la lumière, ça ne veut pas dire qu’elle n’existe plus.
Gardons espoir. Pour nos enfants. Pour nous-mêmes. Et pour tous ceux qui continuent de se battre malgré l’épuisement. ❤️
Un jour à la fois. Une étape à la fois.
On ne lâche pas l’espoir. 🕊️
La fleur sur la neige
Mon expérience
Pour faire court, il y a maintenant une dizaine d’années que la DPJ est dans nos vies.
Le père des enfants était violent physiquement et mentalement avec nous. J’ai demandé de l’aide à quatre reprises à la DPJ avant qu’ils entrent dans nos vies.
J’ai quitté le père des enfants et fait des démarches policières qui n’ont pas abouti. Dans ce temps-là, la violence conjugale, ça prenait plusieurs preuves et trop de démarches. Avec la violence que je vivais, je n’ai pas continué les démarches.
La garde lui a été octroyée 50/50.
Je voulais protéger les enfants. Voyant que la DPJ, la police et le juge ne m’aideraient pas, j’ai décidé de retourner avec le père pour protéger les enfants en sa présence.
Les enfants nous ont été retirés à ce moment.
J’ai quitté le père pour retourner en maison pour femmes victimes de violence conjugale. J’ai fait une thérapie fermée, puis des suivis avec une travailleuse sociale, une psychologue et la maison des femmes. J’ai passé des tests de dépistage qui se sont tous avérés négatifs, car je ne consommais pas.
Pourtant, la DPJ a dit au juge que je leur disais consommer.
Ils ont demandé un placement jusqu’à majorité en disant que j’étais instable et que les enfants avaient vécu trop de traumatismes. Pourtant, ils ont séparé mes trois enfants, dont mes jumeaux, dans trois familles différentes. Eux qui n’avaient jamais été séparés plus d’une heure.
J’ai fait des évaluations psychologiques et des évaluations du lien d’attachement avec un psychologue qui me disait apte à ravoir la garde de mes enfants. La DPJ a fait la même chose de son côté, et leurs rapports contredisaient les miens. Le juge est allé en faveur de la DPJ.
Après plusieurs familles d’accueil différentes, les enfants ont été placés jusqu’à majorité.
Le juge m’a dit que même si j’avais les capacités nécessaires et que j’avais fait les démarches, le temps de placement de deux ans avant le placement à majorité était échu à cause des délais de la COVID. Donc que cela resterait jusqu’à majorité.
Même aujourd’hui, mes rapports d’évaluation sont positifs. Mais la travailleuse sociale refuse que j’aie les enfants une fin de semaine complète par mois. Elle ne prend pas en compte les demandes et les besoins des enfants dans son choix.
Ses raisons changent constamment lorsque je lui demande pourquoi elle refuse d’augmenter les visites, qui sont de neuf heures, une fois par mois. J’ai cependant su par mon autre travailleuse sociale que c’est parce qu’elle n’en voit pas l’intérêt, vu le placement jusqu’à majorité.
Aujourd’hui, je ne tolère plus que mes enfants ne soient plus écoutés, et je vais parler pour eux. La famille d’accueil ne permet pas à ma fille de parler, et elle ne fait plus confiance à son intervenante, parce qu’elle est punie lorsqu’elle parle.
Mon avocate m’a menti et a menti au tribunal
J’écris pour dénoncer ce qui s’est passé avec mon avocate.
Le procès-verbal de mon audience est complètement faux. Le document dit que j’ai accepté que mon enfant soit placé en famille d’accueil. C’est un mensonge. Je n’ai jamais accepté.
Dans la petite salle, avant l’audience, j’ai dit non à mon avocate. Plusieurs fois. Elle a refusé de m’écouter. Elle m’a dit qu’elle ne pouvait rien faire, et que je devais dire oui maintenant. Elle m’a ordonné de rester tranquille et de ne rien dire dans la salle d’audience.
Ensuite, devant le juge, elle a dit que j’étais d’accord.
J’avais peur. J’ai été réduite au silence par ma propre avocate. Je n’ai pas parlé parce qu’elle m’avait ordonné de me taire.
J’ai porté la décision en appel. Le juge a rejeté mon appel parce qu’il s’est fié uniquement au document écrit. Personne n’a écouté ma version.
Mes droits comme mère ont été bafoués. Mon enfant n’est plus avec moi à cause d’un document qui ne dit pas la vérité.
Je continue de demander qu’on regarde mon dossier. Je continue de demander qu’on m’écoute.
Ne pas ignorer une mère qui supplie qu’on lui rende son enfant.
Dpj et famille d’accueil voleur d’enfance trafic d’enfants
J’ai longtemps gardé le silence. Aujourd’hui, je choisis de parler, non pas par haine, mais parce que trop de personnes portent encore le poids de ce qu’elles ont vécu sans jamais être entendues.
Mon parcours avec la DPJ a commencé alors que je n’étais qu’un bébé.
Je vivais avec ma mère biologique, une mère que je connaissais comme aimante, travaillante et profondément attachée à moi. Comme plusieurs personnes, elle vivait aussi certaines difficultés. Un soir, après son quart de travail, elle a dû faire garder son bébé. Ce choix a changé le cours de ma vie.
La personne qui a commencé à me garder est ensuite devenue ma mère adoptive. Avec le temps, j’ai vu ma mère biologique perdre progressivement sa place dans ma vie. La famille d’accueil qui m’a adopté fesait des signalements répétés contre elle ( ma mère biologique ) et j’en suis venue à croire que certains ne reflétaient pas fidèlement la réalité. Ma mère faisait confiance à cette femme, croyant qu’elle prenait soin de moi. Elle ignorait que je ne reviendrais jamais vivre auprès d’elle.
J’ai grandi dans une famille que je décris aujourd’hui comme profondément dysfonctionnelle. Mon enfance a été marquée par la peur, les humiliations, les violences psychologiques, les violences physiques et les agressions sexuelles que j’affirme avoir subies. J’ai grandi sans me sentir aimée, protégée ni en sécurité.
Pendant des années, je me suis demandé comment un enfant pouvait vivre autant de souffrances sans que personne ne le voie réellement. Les traumatismes de l’enfance ne disparaissent pas lorsque l’on devient adulte. Ils nous suivent dans nos relations, dans notre confiance envers les autres et dans chaque étape de notre vie.
Avec le temps, j’ai également appris que cette femme avait accueilli et adopté plusieurs enfants. J’ai la conviction que je ne suis pas la seule à avoir été marquée par ce système.
Ce qui est le plus difficile à accepter, ce n’est pas seulement ce que j’ai vécu. C’est le sentiment que des signaux d’alarme ont été ignorés pendant des années et que des personnes vulnérables ont continué d’être confiées à un milieu qui, selon mon expérience, n’était pas sécuritaire.
Si je raconte mon histoire aujourd’hui, ce n’est pas pour alimenter la haine ou me venger. C’est parce que je refuse que le silence continue de protéger les systèmes qui échouent à protéger les enfants.
Je souhaite que chaque signalement soit traité avec rigueur, que chaque enfant soit réellement entendu et que les familles d’accueil fassent l’objet d’un suivi sérieux et constant. Aucun enfant ne devrait avoir à attendre l’âge adulte pour enfin sentir que sa voix compte.
Je partage ce témoignage pour toutes les personnes qui, comme moi, portent encore les cicatrices d’une enfance qui aurait dû être synonyme de protection.
Le silence protège les agresseurs. La vérité, elle, peut protéger les enfants.
Victime d’injustice, maltraitance médical…
Drame judiciaire et médical, une histoire à glacer le sang.
Victime d’actes criminels. J’ai travaillé fort pour réussir à avoir un bloc appartement, un condo et un permis de taxi.
Le 1er novembre 2003, je suis attaqué dans mon taxi, physiquement et psychologiquement. Diagnostic : choc post-traumatique, anxiété généralisée, agoraphobie.
Après quatre mois d’attente et sans travailler, ou presque, l’IVAC et la CNESST m’offrent un psychologue. Après une quinzaine de rencontres, le psy écrit un rapport d’urgence pour des soins psy, choc post-traumatique. L’IVAC ne considère rien pour ma santé et clos mon dossier.
La descente aux enfers débute. En 2006, après avoir liquidé le bloc et le condo, je me retrouve dans une chambre, incapable de travailler. Je dois vendre mon permis de taxi.
En 2009, l’IVAC accepte la rechute. Un psychoéducateur proposé par l’IVAC a le mandat de me remettre sur pied pour ma santé. Faux. Il doit me pousser à retourner au travail. Échec à trois tentatives. Je suis découragé. On me propose un psychologue. Trois ans à soigner un mauvais diagnostic. Je suis toujours malade.
Et là, en 2016, une avocate du ministère de la Justice me déclare la guerre, pour régler mon cas à 22 % d’incapacité. Mais je conteste.
J’avais eu un accident en 2013 où on m’avait passé l’alcootest, qui n’a pas fonctionné à trois reprises. J’ai un avocat pendant trois ans. Il remet ma cause et, tout bonnement, annonce sa retraite. Des milliers de dollars pour rien.
Là je trouve un avocat de l’aide juridique qui me dit que tout va se régler, même si on m’accuse d’alcool au volant, sans aucune preuve. Je demande un procès. Tout change. Je demande un procès et l’avocat m’abandonne trois jours avant, puis participe au procès contre moi.
Avant le procès, il me dit que je n’aurai pas Jordan, et qu’il a choisi la pire juge pour le procès. Je suis tout dérangé, j’ai peur. Pourquoi agit-il ainsi?
Et comble du malheur, le témoin de la couronne arrive en retard. Ma témoin décide de partir. L’avocat me dit de participer au procès. Le rapport de police indique que j’ai consommé trois bières en six heures. C’est tout.
Le procès se termine et l’avocat me dit en quittant : tu auras un jugement pour accident.
Le 18 mars 2018, la juge m’envoie en prison pour six mois.
Je suis estomaqué, menotté et envoyé en prison. Je ne peux pas aller à mon appartement et j’ai un chien dont mon coloc, j’espère, va s’occuper, car j’ai pu l’appeler seulement trois jours plus tard. Tout est anormal. Je suis traité comme un grand criminel. Je n’avais jamais fait de prison.
Je vais vous dire que j’avais fait retarder l’audience au Tribunal administratif du Québec pour ma cause IVAC. J’ai eu un psy et un avocat qui ont eux aussi changé d’attitude avec moi. J’ai eu aussi une contre-expertise de l’avocate du ministère de la Justice.
À l’audience du 13 février 2019, on exclut mon psy parce qu’il n’avait pas de licence pour l’expertise, et il m’avait tellement médicamenté. Mon avocat n’a sorti aucune expertise, dont celle de l’avocate du ministère de la Justice, et elle est invalide depuis 2012.
Je suis tout bizarre. Je dis à mon avocat : pourquoi tu n’as pas sorti les expertises, elles m’avantageaient toutes? Il répond : tu n’avais qu’à me le demander.
Ouf. Là je voyais que quelque chose d’anormal se passait. J’ai perdu l’audience et 300 000 $.
Mon avocat et mon psychiatre prennent leur retraite. Après, plus de nouvelles. Je suis abandonné. Je trouve un avocat pour contester, il prend mon dossier pour bris de fond. Encore une fois, tout est anormal. J’ai une audience, je perds, mais la définition est que je n’avais pas le droit de contester. Alors pourquoi personne ne me l’a dit, dont mon avocat?
En 2020, un juge ferme tout le dossier, et je découvre la lettre en 2022.
Là, le plus dramatique, c’est que j’ai été intoxiqué par une mauvaise médication prescrite par le psy qui était à l’audience du TAQ. Le 21 juillet, je suis passé près de la mort, les reins attaqués. Et pour cacher 257 pages sur deux jours passés dans un couloir de l’urgence de l’Enfant-Jésus, aux archives de Québec, on m’a mis dehors avec une triple facture. Seule celle-là apparaît dans mon dossier médical, et aucun médecin ne veut sortir les 257 pages.
J’ai fait plainte au Barreau, au Collège des médecins. Rien donné.
Une firme d’avocats a poursuivi le psychiatre aux petites créances pour 15 000 $. Après 1000 jours d’attente, deux semaines avant l’audience, je reçois une lettre comme quoi le psychiatre a fait faillite.
En 2024, j’ai tout perdu, anormalement.
Mon père meurt en mars 2024. La police me l’apprend au mois de mai. Plainte au CHSLD, rien. Je ne sais même pas de quoi ni comment il est mort.
Aujourd’hui, pas une journée ne passe sans que je pense à tous ces événements, et je cherche à comprendre. Pauvre, malade et isolé.
À 37 ans, je voulais avoir une famille. Aujourd’hui, j’ai de la misère à manger à toutes les fins de mois.
Merci.
Mon cauchemar
J’ai été retirée de ma famille biologique à l’âge de 5 ans. À partir de ce moment-là, ma vie a complètement changé. J’ai vécu dans plusieurs familles d’accueil avant de passer environ 10 ans dans l’une d’elles.
Pendant ces années, j’ai vécu beaucoup d’humiliations. J’avais souvent l’impression d’être punie pour la personne que j’étais plutôt que pour ce que je faisais. J’ai aussi ressenti une pression pour renier mes parents biologiques, comme si je devais cesser de les aimer pour être acceptée. Cette blessure m’a accompagnée pendant de nombreuses années.
À 18 ans, je me suis retrouvée seule, sans véritable soutien et sans avoir reçu les apprentissages nécessaires pour entrer dans la vie adulte. J’ai dû apprendre par moi-même à me débrouiller, à trouver ma place et à construire mon avenir.
Aujourd’hui, l’histoire semble se répéter d’une autre façon. Ma fille a été retirée à la naissance et elle a aujourd’hui 3 ans. Je vis cette réalité de l’autre côté, comme mère. C’est une douleur immense de voir son enfant grandir loin de soi, tout comme c’est une douleur pour un enfant d’être séparé de ses parents.
Je me bats pour ma fille. Je me bats pour préserver notre lien et pour qu’elle sache qu’elle est aimée. Je me bats aussi au nom de toutes les familles qui vivent des situations semblables, et au nom de tous les enfants qui grandissent avec l’espoir de retrouver un jour leurs parents lorsque cela est possible et sécuritaire.
Mon témoignage n’a pas pour but de nier que certains enfants ont besoin d’être protégés. Il a pour but de rappeler que derrière chaque dossier, il y a un enfant, des parents, une histoire et des êtres humains. J’espère que mon parcours contribuera à faire réfléchir sur l’importance d’accompagner les familles, de préserver les liens lorsqu’il est sécuritaire de le faire et de préparer les jeunes placés à leur vie d’adulte pour qu’aucun d’eux ne soit laissé seul.
Je veux que ma voix serve à quelque chose. Si mon histoire peut contribuer à améliorer le système pour les enfants et les familles d’aujourd’hui et de demain, alors toutes ces années de souffrance auront au moins permis d’ouvrir un dialogue.
Enlèvement dès la naissance
Témoignage personnel concernant mon parcours familial, les événements vécus et ma situation actuelle
Je souhaite présenter mon histoire personnelle afin d’expliquer mon parcours, les événements qui ont marqué ma vie familiale et les différentes épreuves que j’ai traversées au cours des dernières années. Mon objectif est de permettre de comprendre le contexte complet dans lequel les événements se sont déroulés, les efforts que j’ai faits pour construire une vie stable, ainsi que les changements que j’ai entrepris depuis.
Depuis longtemps, j’avais le désir de devenir père. Pour moi, avoir un enfant représentait beaucoup plus qu’un simple projet : c’était un engagement profond et une occasion de construire une famille, d’offrir de l’amour et de la stabilité à un enfant et de donner quelque chose que je n’avais pas toujours eu dans ma propre vie.
Lorsque j’ai rencontré ma conjointe, nous sommes rapidement devenus un couple. Au début, notre relation allait bien et j’avais l’impression que nous pouvions construire quelque chose de sérieux ensemble. Il y a eu une dispute importante au début de notre relation où elle était partie pendant quelques jours avant de revenir, mais à ce moment-là je ne connaissais pas encore toute son histoire personnelle.
[Passage retiré : atteinte à la réputation.]
Lorsqu’elle est tombée enceinte de notre premier enfant, j’ai pris cette responsabilité très au sérieux. C’était une décision importante pour moi. Je voulais réellement devenir père et je voulais être préparé.
J’ai commencé à préparer l’arrivée du bébé avec beaucoup d’implication. Nous avions préparé une chambre, acheté ou récupéré une couchette, un lit d’appoint, des vêtements pour différentes grandeurs, des souliers, des bottes et plusieurs accessoires nécessaires pour les différentes étapes de la vie d’un enfant.
Je faisais beaucoup de recherches et je voulais apprendre. Pour moi, préparer l’arrivée de mon enfant était presque devenu une passion. Je voulais comprendre les besoins d’un bébé, être prêt et offrir le meilleur environnement possible.
À cette époque, je vivais à Drummondville dans un logement stable depuis environ un an et demi. J’avais de bonnes références et une situation relativement organisée. Toutefois, je pensais depuis longtemps retourner vivre en Gaspésie.
Comme ma conjointe était enceinte et que nous allions commencer une nouvelle étape de notre vie, j’ai proposé de faire des recherches pour voir s’il serait possible de déménager en Gaspésie. Je voyais cette région comme un endroit plus calme, avec la nature, la mer, moins de criminalité et un environnement que je considérais favorable pour élever un enfant.
Elle a accueilli cette idée avec beaucoup d’enthousiasme. Je sentais que cette possibilité représentait pour elle une nouvelle chance, un nouveau départ.
J’ai donc commencé mes recherches et j’ai trouvé rapidement un logement. C’était un quatre et demi situé au sous-sol d’une maison, complètement rénové, offert à un prix très abordable d’environ 480 dollars par mois.
[Description de la propriétaire retirée pour protéger l’identité.]
Le logement était situé près de la mer, avec un grand terrain. La propriétaire parlait même éventuellement de vendre la maison à prix abordable. Pour moi, cela représentait une possibilité de stabilité à long terme, peut-être même un jour d’avoir notre propre maison.
Avant de quitter Drummondville, j’ai voulu faire les choses correctement. J’avais des chambreurs dans mon logement et j’ai choisi la personne en qui j’avais le plus confiance pour reprendre l’appartement. C’était quelqu’un de responsable, propre et fiable.
J’ai discuté avec mon propriétaire afin d’organiser la transition. Je lui ai laissé le logement propre, les meubles et tout ce qui pouvait aider cette personne à avoir une meilleure situation. Je voyais cela comme une façon d’aider quelqu’un comme moi j’aurais aimé être aidé.
Je suis donc parti en Gaspésie avec peu d’argent, mais avec beaucoup d’organisation et surtout avec l’impression de construire un avenir meilleur pour ma conjointe et mon enfant à venir.
Au début, notre installation s’est bien déroulée. Nous étions heureux, nous avons continué les suivis de grossesse et nous avons commencé à bâtir notre nouvelle vie.
Cependant, après quelque temps, certains comportements de la propriétaire ont commencé à nous inquiéter. [Détails retirés : atteinte à la réputation.]
Par la suite, elle a commencé à faire des commentaires concernant notre façon de vivre.
J’ai toujours été quelqu’un de très propre et organisé. Mon habitude a toujours été de me lever le matin, faire mon ménage, ma vaisselle et ranger mon environnement afin d’avoir la paix d’esprit.
Je fumais du cannabis, mais je le faisais dehors et la propriétaire était au courant avant même notre arrivée. Je lui avais expliqué ma façon de fonctionner et j’avais toujours respecté les règles.
Avec le temps, j’ai senti que l’ambiance devenait plus froide. Il y avait beaucoup de bruit tôt le matin, et je sentais une difficulté à s’adapter au fait qu’il y avait quelqu’un qui habitait en dessous.
Ma conjointe, qui était enceinte, se réveillait souvent en sursaut à cause du bruit.
À un moment donné, j’ai cherché des informations sur ce logement sur Facebook. J’ai retrouvé d’anciennes publications et j’ai remarqué plusieurs commentaires négatifs de personnes disant avoir vécu de mauvaises expériences.
J’ai communiqué avec certaines d’entre elles et plusieurs m’ont conseillé d’être prudent et de chercher une autre solution.
J’en ai parlé avec ma conjointe. Nous avons commencé à ressentir davantage de stress et d’inquiétude concernant notre situation.
Une amie nous a alors proposé une solution temporaire. Elle possédait une autre maison qu’elle préparait pour la location et elle nous a offert de rester chez elle en attendant que cette maison soit prête.
Nous avons accepté parce que cela semblait être une bonne opportunité. Cette situation avait aussi l’avantage de me rapprocher de ma famille en Gaspésie. Après environ 18 ans d’éloignement, j’avais l’espoir de reconstruire certains liens familiaux.
Malheureusement, cette nouvelle situation n’a pas été aussi positive que prévu. [Détails retirés : atteinte à la réputation.]
Nous avons également commencé à douter que la maison promise pour la location soit réellement prête un jour. Le projet semblait toujours repoussé.
Après environ un mois, nous avons demandé de l’aide à ma mère. C’était difficile pour moi parce que notre relation avait été marquée par beaucoup de blessures dans mon enfance. J’avais vécu de l’instabilité, plusieurs placements et beaucoup de difficultés familiales.
Malgré cela, ma mère a accepté de nous aider. Elle nous a accueillis chez elle, dans un sous-sol aménagé qui était adéquat pour accueillir un bébé.
Nous avons installé notre chambre, notre espace de vie et tout ce qu’il fallait pour continuer la grossesse dans de bonnes conditions.
Au début, tout allait très bien. Ma mère semblait heureuse de devenir grand-mère. Elle disait être fière de moi et contente que nous soyons là. Elle voulait nous aider et elle avait même tenté de nous aider à trouver un logement dans un contexte où la pénurie de logements était très importante.
Cependant, après quelques semaines, son attitude a changé et elle nous a annoncé qu’elle voulait finalement que nous partions.
Cette décision m’a beaucoup surpris. Quelques jours auparavant, elle semblait encore heureuse de notre présence. Je me suis retrouvé dans une situation de grande inquiétude parce que ma conjointe était enceinte, les logements étaient rares et je ne savais plus vers qui me tourner.
J’ai alors demandé de l’aide à une cousine qui m’a référé à ma tante.
Ma tante a accepté de nous accueillir et nous avons installé notre chambre ainsi que tout ce qu’il fallait pour l’arrivée du bébé.
La fin de la grossesse s’est déroulée chez ma tante. Nous faisions les suivis nécessaires et nous étions prêts à accueillir notre enfant.
C’est à partir de la naissance de notre premier enfant que les événements avec la DPJ ont commencé de façon beaucoup plus importante.
Enlèvement dès la naissance ( officiel)
Témoignage – Partie 1
Ma rencontre avec ma conjointe, notre projet de famille et notre arrivée en Gaspésie
Je souhaite raconter mon histoire dans l’ordre des événements afin d’expliquer le contexte dans lequel tout s’est déroulé, les démarches que j’ai faites pour construire une famille, les efforts que j’ai mis pour offrir une vie stable à mes enfants, ainsi que les différentes épreuves qui ont suivi.
J’ai rencontré ma conjointe alors que ma vie prenait une nouvelle direction. Rapidement, notre relation est devenue sérieuse. Au début, nous avions une belle relation et nous étions heureux ensemble.
Il y a eu une dispute importante au début de notre relation où elle est partie pendant environ trois jours avant de revenir. À ce moment-là, je ne connaissais pas encore toute son histoire personnelle. [Passage retiré : atteinte à la réputation.]
De mon côté, lorsqu’elle est tombée enceinte, j’ai pris cette nouvelle très au sérieux. Je n’avais jamais été père auparavant et devenir papa était un rêve important pour moi. J’avais toujours voulu connaître cette expérience et j’étais prêt à m’investir pleinement.
J’ai commencé à préparer l’arrivée du bébé avec beaucoup de motivation. J’ai aménagé une chambre pour l’enfant et nous avons accumulé énormément de matériel nécessaire pour sa venue. Nous avions une couchette, un lit d’appoint, beaucoup de vêtements jusqu’à environ un an, des souliers, des bottes pour différentes saisons, plusieurs poussettes et plusieurs accessoires utiles pour le développement de l’enfant.
Pour moi, ce n’était pas simplement acheter des choses. C’était une façon de me préparer à mon rôle de père. J’apprenais, je faisais des recherches et je voulais offrir à mon enfant tout ce dont il aurait besoin.
À cette époque, je pensais aussi à notre avenir à long terme. J’avais envie de retourner vivre en Gaspésie, un endroit auquel j’étais attaché. J’avais un logement stable à Drummondville depuis environ un an et demi, de bonnes références et je pensais que nous avions une bonne base pour recommencer ailleurs.
J’ai donc proposé à ma conjointe de faire des recherches en Gaspésie, simplement pour voir s’il serait possible de trouver un logement. Elle a immédiatement été intéressée par l’idée. Je voyais la Gaspésie comme un endroit idéal pour élever un enfant : la tranquillité, la nature, la proximité de la mer, un environnement plus calme et moins de criminalité.
J’ai rapidement trouvé un logement. C’était un quatre et demi situé au sous-sol d’une maison, avec une entrée indépendante. Le logement était rénové et le prix était de 480 $ par mois, ce qui était une occasion exceptionnelle, surtout avec la pénurie de logements qui existait déjà au Québec.
[Description de la propriétaire retirée pour protéger l’identité.]
Je voyais aussi ce déménagement comme une occasion de me rapprocher de ma famille après environ 18 ans d’éloignement de la Gaspésie. Je voulais réparer certains liens familiaux et construire une nouvelle vie.
Avant de partir de Drummondville, j’ai également pensé à mon entourage. J’avais des chambreurs dans mon logement et j’ai choisi de laisser mon logement à celui en qui j’avais le plus confiance. C’était une personne responsable, propre et fiable. Je me suis arrangé avec mon propriétaire pour qu’il puisse reprendre le logement. Je lui ai laissé les meubles et un endroit propre. Pour moi, c’était aussi une façon d’aider quelqu’un à améliorer sa situation.
Je suis donc parti vers la Gaspésie avec peu d’argent, mais beaucoup d’organisation. J’étais convaincu que nous étions en train de bâtir quelque chose de positif pour notre enfant.
À notre arrivée, les premières semaines se sont bien déroulées. Le logement était propre, nous étions près de la mer, nous avions un grand terrain et nous étions heureux de commencer cette nouvelle étape.
Nous avons continué les suivis de grossesse correctement avec les ressources disponibles. Nous faisions les démarches nécessaires et nous préparions l’arrivée du bébé.
Avec le temps, nous avons cependant commencé à remarquer certains comportements qui nous inquiétaient de la part de la propriétaire qui habitait au-dessus de nous. [Détails retirés : atteinte à la réputation.]
J’ai toujours été quelqu’un de très propre et organisé. Mon habitude a toujours été de me lever le matin, faire mon ménage, ma vaisselle et garder mon environnement propre. Je faisais aussi attention parce que je voulais offrir un bon environnement à mon enfant.
Je fumais du cannabis à cette époque, mais je fumais toujours dehors et la propriétaire était au courant avant même notre arrivée. Je respectais son environnement.
Avec les semaines, l’ambiance est devenue plus froide.
J’ai finalement retrouvé sur Facebook d’anciens commentaires concernant ce logement. Plusieurs personnes racontaient avoir eu de mauvaises expériences. J’ai communiqué avec certaines d’entre elles et elles m’ont conseillé d’être prudent et de chercher une autre solution.
J’en ai parlé avec ma conjointe et nous avons commencé à nous questionner sur notre situation. Nous étions inquiets, surtout parce qu’elle était enceinte et que nous voulions un environnement stable pour notre enfant.
Une amie nous a alors proposé une solution temporaire. Elle possédait une autre maison qu’elle voulait éventuellement nous louer, mais elle nous a offert de rester entre-temps dans sa propre maison avec elle, puisqu’elle vivait seule dans une grande maison.
Nous avons accepté, car nous pensions que cela nous permettrait d’avoir éventuellement un logement stable.
Cependant, après quelque temps, nous avons constaté que cette situation n’était pas aussi positive qu’espéré. [Passage retiré : atteinte à la réputation.] Nous avons aussi constaté que la maison qu’elle devait nous louer n’avançait pas réellement.
Nous avons commencé à douter que cette promesse allait réellement se réaliser.
Nous avons donc demandé de l’aide à ma mère, malgré notre passé difficile. Lorsque j’étais jeune, ma mère avait été peu présente dans ma vie et j’avais vécu plusieurs placements en familles d’accueil et avec la DPJ. Je ne pensais pas nécessairement qu’elle accepterait de nous aider.
Finalement, elle a accepté de nous accueillir.
Nous sommes allés vivre dans son sous-sol, qui était aménagé et adéquat pour accueillir un bébé. Nous avons installé notre chambre, notre télévision et nos affaires. Nous avions tout ce qu’il fallait pour continuer la grossesse dans de bonnes conditions.
Au début, tout semblait très positif. Ma mère disait être heureuse de devenir grand-mère, elle disait être fière de moi et elle voulait nous aider. Elle a même essayé de nous aider à trouver un logement dans le contexte difficile de pénurie de logements.
Malheureusement, après quelques semaines, l’ambiance a changé et ma mère nous a annoncé qu’elle préférait que nous partions.
Cette décision m’a surpris et m’a beaucoup affecté, car je pensais enfin avoir retrouvé un soutien familial.
J’ai donc cherché une autre solution rapidement puisque ma conjointe était toujours enceinte et que l’accouchement approchait.
J’ai demandé de l’aide à une cousine, qui a contacté ma tante. Ma tante a accepté de nous accueillir.
Nous sommes donc allés vivre chez elle pour terminer la grossesse. Nous avons installé une chambre au deuxième étage et préparé encore une fois l’espace pour notre bébé avec tout ce que nous avions acheté et conservé depuis Drummondville.
Malgré toutes les difficultés rencontrées, nous étions toujours déterminés à devenir de bons parents et à offrir une belle vie à notre enfant.
C’est dans cette situation que notre premier enfant est venu au monde.
Témoignage – Partie 2
La naissance de mon premier enfant, l’intervention de la DPJ, les démarches et l’accident du 13 décembre 2022
Après notre arrivée chez ma tante, nous avons continué à préparer l’arrivée de notre enfant. Nous avions toujours avec nous tout le matériel que nous avions accumulé depuis Drummondville. Nous avions installé une chambre pour le bébé et nous étions prêts à devenir parents.
La grossesse se déroulait avec les suivis nécessaires. Nous faisions les démarches auprès des ressources disponibles et nous étions concentrés sur l’arrivée de notre enfant.
Lorsque ma conjointe a accouché, nous avons vécu un moment très important pour nous. Pour moi, c’était la réalisation d’un rêve que j’avais depuis longtemps : devenir père.
Après la naissance, nous avons passé environ trois jours à l’hôpital avec notre bébé. Pendant ces journées, nous avons pris soin de notre enfant, nous avons créé un lien avec lui et nous avons reçu plusieurs commentaires positifs du personnel hospitalier.
Les infirmières et infirmiers nous disaient que nous semblions être de bons parents, responsables et attentifs. Nous étions présents, nous étions heureux et nous étions complètement investis dans notre rôle de parents.
Cependant, peu après, la DPJ est arrivée à l’hôpital et a décidé de prendre notre enfant.
Cette intervention nous a complètement surpris. Nous ne comprenions pas pourquoi cette décision était prise alors que nous venions de passer plusieurs jours avec notre bébé et que nous avions reçu des commentaires positifs du personnel médical.
Nous nous sommes retrouvés seuls à l’hôpital après le départ de notre enfant. Nous avons appelé ma tante, qui est venue nous chercher pour nous ramener chez elle.
Rapidement, nous avons communiqué avec les intervenants de la DPJ afin de comprendre ce que nous devions faire pour récupérer notre enfant. Nous avons demandé qu’ils viennent visiter l’endroit où nous vivions afin de constater eux-mêmes que l’environnement était adéquat.
Ils ont accepté de venir voir notre logement chez ma tante.
Quelques jours plus tard, nous avons dû aller devant le tribunal de la jeunesse pour l’audience d’urgence qui suit généralement ce type d’intervention.
C’est à ce moment-là que nous avons appris par nos avocats d’où venait le signalement initial.
Selon les informations qui nous ont été présentées, on aurait signalé que nous étions sans logement. Par la suite, on aurait rappelé la DPJ pour dire que nous étions finalement hébergés chez ma tante, mais que cet endroit était considéré comme inadéquat en raison de la présence possible d’un membre de la famille ayant fait l’objet d’accusations. [Détails retirés pour protéger l’identité.]
À ce moment-là, je n’étais pas au courant de tous les détails concernant cette situation familiale. J’ai appris ces informations dans le cadre des démarches avec la DPJ.
La réalité était que cette personne ne vivait pas avec nous et ne faisait pas partie de notre quotidien. Elle venait très rarement chez ma tante, notamment à certaines occasions familiales. La situation présentée dans le signalement ne correspondait pas à ce que nous vivions réellement au quotidien.
Malgré tout, notre enfant a été placé.
Nous avons rapidement obtenu des visites supervisées. Cependant, notre enfant avait été amené à plusieurs heures de route de nous, à Québec, ce qui rendait les choses extrêmement difficiles.
Nous n’avions pas de véhicule et les déplacements représentaient une énorme difficulté financière et physique.
Après une première visite supervisée qui s’est bien déroulée, j’ai commencé à chercher une solution pour me rapprocher de Québec afin de faciliter les contacts avec mon enfant et les démarches avec la DPJ.
Je voulais démontrer ma volonté de collaborer et de créer les meilleures conditions possibles pour retrouver mon enfant.
J’ai donc trouvé un logement à Thetford Mines. C’était un logement 5 ½ qui coûtait environ 580 $ par mois, ce qui était une autre occasion rare dans un contexte de pénurie de logements.
J’avais aussi des contacts qui pouvaient m’aider avec le transport vers Québec.
Le plan était de déménager rapidement à Thetford Mines afin d’être plus proche de mon enfant et des ressources.
Nous avions même prévu d’aller voir le propriétaire après une visite supervisée prévue à Québec afin de payer le logement et commencer notre nouvelle installation.
Malheureusement, un événement tragique est venu complètement changer le cours de notre vie.
Le 13 décembre 2022, ma conjointe et moi étions dans un autobus voyageur en direction de Québec pour une visite supervisée avec notre enfant.
Nous étions assis vers l’arrière de l’autobus, près des toilettes. Elle était assise du côté de la fenêtre et moi à côté d’elle dans l’allée.
C’était le soir, il faisait noir et c’étaient les premières journées d’hiver avec de la neige. Les lumières de l’autobus étaient tamisées. Plusieurs passagers dormaient ou écoutaient quelque chose sur leur téléphone.
Tout semblait normal.
En arrivant près de Saint-Fabien, nous avons soudainement ressenti un énorme impact.
J’ai entendu un gros bruit et j’ai immédiatement réagi en me levant. J’ai vu une trappe d’urgence du toit s’ouvrir, les lumières s’éteindre et l’autobus commencer à perdre le contrôle.
En quelques secondes, nous avons compris qu’il y avait eu une collision frontale avec un autre véhicule.
L’autobus a glissé vers la droite et s’est dirigé vers un fossé où il a finalement frappé violemment.
L’impact a été extrêmement violent.
J’ai été projeté à l’extérieur de l’autobus. Je me suis réveillé dans la neige et j’ai immédiatement senti que quelque chose n’allait pas avec mon corps. Mes jambes ne répondaient pas normalement et je sentais que mon bassin était gravement blessé.
À ce moment-là, j’ai aperçu une femme qui était coincée sous l’autobus et qui criait pour qu’on l’aide. Cette image m’a profondément marqué.
Ma première pensée a ensuite été pour ma conjointe. J’avais peur qu’elle soit morte ou gravement blessée.
L’autobus était dangereusement penché près de moi. Les fenêtres étaient brisées, les gens criaient et la scène était chaotique.
Malgré mes blessures, j’ai essayé de retourner vers l’autobus pour la retrouver. Je me suis déplacé dans la neige avec mes bras parce que mes jambes ne fonctionnaient presque plus normalement.
J’ai essayé d’entrer dans l’autobus, mais les pompiers tentaient de m’en empêcher parce que c’était dangereux.
Je me débattais parce que je voulais absolument la retrouver.
Finalement, je l’ai entendue me dire qu’elle était correcte. C’est à ce moment-là que j’ai pu lâcher prise.
Elle m’a expliqué plus tard qu’elle avait été projetée vers le toit de l’autobus lors de l’impact et qu’elle avait perdu connaissance quelques instants, mais qu’elle était restée à l’intérieur.
Après l’accident, les ambulanciers m’ont éloigné de l’autobus, m’ont donné une couverture et m’ont transporté vers l’hôpital de Rimouski.
À cause de la gravité de mes blessures, ils ont décidé de me transférer rapidement vers Québec par avion-ambulance.
Ma conjointe, de son côté, a été ramenée chez ma tante.
Avant mon transport vers Québec, j’ai été placé dans un coma artificiel.
Je me suis réveillé à Québec dans un lit d’hôpital, sans vraiment comprendre tout ce qui venait de se passer.
J’étais sans téléphone, sans carte d’identité et sans beaucoup de contacts. J’avais des pertes de mémoire et je ne savais presque plus ce qui se passait autour de moi.
Mon bassin était fracturé gravement.
Le 22 décembre 2022, j’ai subi une opération importante. Les médecins ont installé du matériel métallique pour stabiliser mon bassin, dont des pièces de métal et des fixations qui reliaient mon bassin à mon fémur.
Après cette opération, j’ai dû recommencer à apprendre à marcher.
Cette période a été extrêmement difficile, car en plus de mes blessures physiques, je vivais déjà la séparation d’avec mon enfant et l’incertitude concernant notre avenir.
Témoignage – Partie 3
Après l’accident, ma réadaptation, la séparation et la deuxième intervention de la DPJ
Après mon opération du 22 décembre 2022, je suis resté hospitalisé jusqu’au 27 décembre environ. Durant cette période, ma situation était extrêmement difficile. J’avais perdu beaucoup de repères. Je n’avais plus mon téléphone, plus mes cartes d’identité et je n’avais presque aucune nouvelle de mon entourage.
Je vivais en même temps plusieurs épreuves : les conséquences physiques graves de mon accident, la perte de contact avec mon premier enfant et l’incertitude concernant mon avenir.
Après ma sortie de l’hôpital, je n’avais pas beaucoup de ressources. Un ami a réussi à m’aider. Des personnes de mon entourage dans le milieu du rap québécois, qui connaissaient mon histoire, ont même organisé une aide pour m’acheter un téléphone afin que je puisse reprendre contact avec les gens et recommencer mes démarches.
J’ai réussi à retrouver un accès à mes réseaux sociaux et à reprendre contact avec ma conjointe, qui était restée en Gaspésie.
À ce moment-là, il faut comprendre que j’étais gravement blessé. Je me déplaçais en chaise roulante et j’avais beaucoup de difficulté avec les mouvements de base. Je ne pouvais presque pas marcher, je ne pouvais pas rester assis longtemps dans un véhicule et les déplacements étaient très douloureux.
Avant l’accident, nous étions supposés déménager à Thetford Mines dans le logement que j’avais trouvé afin de nous rapprocher de notre enfant et du centre jeunesse. À cause de l’accident, ce projet est tombé à l’eau.
Après ma sortie de l’hôpital, je me suis retrouvé temporairement chez un ami à Thetford Mines. C’était la même ville où j’avais prévu déménager. Cet ami m’a beaucoup aidé : il m’a accompagné dans mes rendez-vous médicaux, il m’a aidé pour mes médicaments et pour les soins dont j’avais besoin.
Cependant, je vivais très mal le fait d’avoir besoin d’aide. J’ai toujours été quelqu’un d’autonome et fier. J’avais beaucoup de difficulté à accepter ma condition physique et le fait de devoir dépendre des autres.
Même si mon ami ne me faisait jamais sentir comme un fardeau, moi je ressentais cette impression. Je voulais redevenir capable de me débrouiller seul.
J’ai donc décidé d’aller vivre chez mon cousin à Saint-Hyacinthe, quelqu’un que j’appréciais et qui m’avait déjà aidé dans le passé.
J’ai ensuite trouvé une façon de faire revenir ma conjointe près de moi. Nous avons essayé de reprendre notre vie ensemble malgré tout ce que nous avions vécu.
Cependant, nous étions tous les deux très marqués psychologiquement. L’accident avait été traumatisant pour nous deux. La perte de notre enfant, les interventions de la DPJ et toutes les difficultés accumulées avaient laissé beaucoup de blessures.
Nous avons donc été vivre temporairement chez un ami. Cet endroit était plus adapté pour ma condition physique parce que tout était au même niveau et que je pouvais plus facilement fonctionner avec ma chaise roulante.
Pendant cette période, j’étais très impatient avec moi-même. J’avais de la difficulté à accepter mon handicap temporaire. Je ne voulais pas être aidé et j’avais peur de ne jamais retrouver mes capacités normales.
Je devenais plus déprimé. J’avais l’impression que tout ce que j’avais construit venait de s’écrouler : mon enfant avait été placé, j’avais eu un accident majeur et maintenant ma relation était difficile.
Ma conjointe aussi était très affectée. Elle avait vécu le traumatisme de l’accident, la perte de notre enfant et beaucoup d’autres difficultés personnelles.
Finalement, elle est partie et est retournée à Drummondville.
Cette séparation a été très difficile pour moi parce que j’étais encore en récupération physique et que je dépendais parfois de l’aide des autres.
[Passages retirés : atteinte à la réputation.]
Pendant ce temps, moi, j’ai décidé de chercher une situation plus stable. J’ai contacté un ami à Sherbrooke, une personne que je connaissais comme étant fiable, travaillante et responsable.
Je suis allé vivre chez lui. Cette stabilité m’a permis de recommencer à avancer. J’ai fait ma réadaptation moi-même, j’ai repris des forces et j’ai travaillé chaque jour pour retrouver mes capacités.
Avec le temps, ma conjointe a vu que ma situation s’améliorait. Elle a repris contact avec moi et elle a voulu revenir.
Comme je l’aimais encore et qu’elle était la mère de mes enfants, j’ai accepté de lui donner une autre chance.
J’ai demandé à mon ami s’il acceptait qu’elle revienne vivre avec nous. Malgré ses inquiétudes, il a accepté.
Malheureusement, les difficultés ont recommencé. Il y avait beaucoup de conflits entre nous. Elle partait parfois à Drummondville et revenait ensuite.
À plusieurs reprises, mon ami m’a accompagné pour aller la chercher et essayer de ramener une stabilité.
Finalement, il nous a expliqué qu’il ne pouvait plus continuer cette situation chez lui. Il m’appréciait et il voulait m’aider, mais les crises et les conflits étaient devenus trop difficiles à gérer.
Avant que nous quittions définitivement, ma conjointe est tombée enceinte.
À ce moment-là, nous étions encore ensemble et nous avions une situation différente de la première fois. Nous avions une place où vivre, une chambre disponible pour un bébé et un suivi avec la DPJ.
Nous avons discuté avec un intervenant du centre jeunesse qui nous avait rassurés. Il nous avait expliqué que notre situation était différente de la première fois et que nous devions continuer notre projet de famille.
Nous avons donc décidé de garder cet enfant.
Elle a accouché à l’hôpital de Sherbrooke.
Nous pensions que cette fois serait différente. Nous avions une chambre pour le bébé, nous étions suivis et nous avions fait des efforts pour améliorer notre situation.
Malgré cela, après la naissance, la DPJ est encore intervenue et a pris notre enfant.
Cette deuxième intervention a été extrêmement difficile psychologiquement.
Nous avons vécu une nouvelle perte. Nous étions encore une fois des parents qui venaient d’avoir un enfant et qui se retrouvaient séparés de lui.
Cette situation nous a replongés dans une grande détresse.
Après cela, mon ami ne pouvait plus nous héberger. Nous avons dû chercher une autre solution rapidement.
Nous sommes allés vivre temporairement chez des connaissances. L’endroit n’était pas idéal, mais nous voulions au moins avoir un toit et éviter de nous retrouver complètement à la rue.
Nous avons expliqué au centre jeunesse que nous voulions d’abord trouver un endroit stable avant de recevoir notre enfant dans notre environnement. Notre intention était de protéger notre enfant et de faire les choses correctement.
Nous nous sommes inscrits aux HLM et nous avons continué nos démarches en attendant une solution plus permanente.
Partie 4 — La détention, la sortie de prison et ma situation actuelle
Après les événements qui ont mené à mon arrestation, j’ai été détenu. Je reconnais que mon geste a été considéré comme une infraction selon la loi. [Passage retiré : atteinte à la réputation.]
Pendant ma détention, j’ai vécu une période extrêmement difficile psychologiquement. Je n’avais presque aucune nouvelle de l’extérieur, je ne savais pas exactement ce qui se passait avec mon enfant à naître, avec mon chien et avec tout ce que j’avais essayé de reconstruire. J’ai vécu beaucoup d’incompréhension, de tristesse et de colère. Malgré cela, j’ai essayé de rester concentré sur mon amélioration personnelle. Je me suis entraîné, j’ai travaillé lorsque c’était possible et j’ai essayé de garder un objectif pour ma sortie.
J’ai finalement plaidé coupable et reçu une sentence de 16 mois. J’ai commencé ma peine le 11 avril 2025 et j’ai été libéré le 7 janvier 2026, après avoir purgé environ 11 mois et 20 jours.
Pendant ma détention, j’ai appris que mon enfant était né. Je l’ai appris par des personnes de l’extérieur et par des ressources qui tentaient de m’aider à obtenir des informations. [Passage retiré : atteinte à la réputation.]
J’ai aussi appris que mon chien Maya risquait de ne plus être avec moi. J’étais inquiet parce que Maya représentait beaucoup pour moi. Elle m’avait accompagné dans plusieurs périodes difficiles de ma vie.
À ma sortie de prison, je me suis retrouvé dans une situation très précaire. Le logement que j’avais réussi à obtenir avait été perdu. J’ai finalement réussi à retrouver mon chien, ce qui était extrêmement important pour moi.
Comme je n’avais plus vraiment de solution en ville, je suis retourné en Gaspésie auprès d’une personne qui m’a offert de l’aide. J’ai vécu environ deux mois dans une roulotte. La roulotte n’était pas vraiment adaptée pour l’hiver et je devais apprendre à me débrouiller par moi-même. J’ai appris à couper du bois, à gérer les difficultés du quotidien et à prendre soin de mon chien dans des conditions difficiles.
Malgré tout, j’ai réussi à m’en sortir. Je n’ai jamais laissé tomber Maya et j’ai toujours fait en sorte que nous ayons de la nourriture et le nécessaire pour vivre.
Pendant cette période, Maya a été attaquée par un autre chien. J’ai dû intervenir pour la défendre. Les policiers qui sont intervenus m’ont confirmé que j’avais eu raison de protéger mon animal. Cependant, après cet événement, les personnes qui m’hébergeaient ne voulaient plus que je reste sur place.
J’ai donc dû chercher une autre solution rapidement. J’ai appelé ma tante, la même personne qui m’avait déjà aidé dans le passé pendant la première grossesse. Elle a accepté de m’accueillir chez elle. Je suis actuellement chez elle.
Aujourd’hui, ma situation est beaucoup plus stable. Je mange correctement, j’ai un endroit sécuritaire où vivre et ma tante m’offre un soutien important. La maison est adéquate et l’environnement est sain.
Cependant, j’ai encore une grande peur concernant la DPJ. Cette peur vient de mon histoire passée et de ce que j’ai vécu avec mes enfants. La principale inquiétude qui me bloque aujourd’hui est le fait que ma tante avait été mentionnée dans un ancien signalement en raison d’un membre de la famille ayant fait l’objet d’accusations. Cette personne a depuis été reconnue coupable et est incarcérée. Elle ne vit pas chez ma tante et ne reviendra pas avant plusieurs années. La situation actuelle est donc complètement différente de celle qui avait été rapportée à l’époque. [Détails retirés pour protéger l’identité.]
Ma tante a toujours été une personne présente pour moi. Elle a élevé ses propres enfants et elle a démontré qu’elle était capable d’offrir un environnement familial adéquat. Elle serait prête à m’aider et à m’accompagner dans mes démarches.
Malgré cela, je ressens encore une grande crainte de retourner vers la DPJ, parce que j’ai l’impression que dès que je vais chercher de l’aide, on utilise mes difficultés contre moi plutôt que de m’aider à les surmonter.
Je crois profondément que l’intérêt des enfants passe aussi par le fait d’aider les parents biologiques lorsqu’ils démontrent de bonnes intentions et une volonté de s’améliorer. Dans mon histoire, j’ai souvent eu l’impression qu’on m’a jugé sur mon passé, mes erreurs et mes moments de difficulté, sans prendre suffisamment en compte mes efforts, mes changements et l’amour que j’ai toujours eu pour mes enfants.
Je n’ai jamais cessé de vouloir être père. Depuis le début, mon objectif a toujours été de construire une famille stable, sécuritaire et aimante. Les événements que j’ai vécus — la perte de mes enfants, l’accident d’autobus, mes blessures physiques, la séparation, la détention et les difficultés financières — ont eu des conséquences énormes sur ma vie.
Aujourd’hui, je souhaite surtout retrouver une stabilité complète, continuer mes démarches, régler mon dossier et démontrer que je suis capable d’être un père présent et responsable.
Je demande simplement d’être évalué pour la personne que je suis aujourd’hui, et non seulement pour les événements difficiles de mon passé.
TO: [Recipient: Mouvement Action Justice
OFFICIAL TESTIMONY & STATEMENT OF FACTS
I. General Case Details
Subject: [Name withheld to protect identity — youth protection confidentiality]
Mother / Advocate: [Name withheld to protect identity]
System Involved: Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) / [Regional health authority withheld to protect identity]
Key Diagnoses: Reactive Attachment Disorder (RAD), Attention-Deficit/Hyperactivity Disorder (ADHD)
Timeline of Care: January 2015 – March 2026
II. Factual Timeline & Clinical Background
Initial Placement & Clinical Context (January 2015):
She entered DPJ care in January 2015.
She lived with diagnosed Reactive Attachment Disorder (RAD) and ADHD. These conditions made stability, secure attachment, and a familiar home environment critical to her psychological well-being.
Impact of Institutionalization & Disconnect from Home (2018–2025):
Throughout her placement, she was moved through multiple youth protection facilities and group homes.
The constant turnover and rigid environment of institutional life directly conflicted with her clinical needs, driving deep-seated depression.
She consistently expressed that her primary desire was simply to be at home with her family. Prolonged placement and restrictions on family contact exacerbated her trauma and emotional distress.
Notably, a long-term DPJ worker formally requested to remain assigned to her file to prevent further instability, recognizing the grave risk institutional shifts posed to her fragile state.
Tragic Outcome (March 2026):
In March 2026, she passed away while under institutional care. She was 16 years old.
The severe emotional toll, institutional depression, and unaddressed distress directly preceded this tragedy, pointing to systemic failures in managing a youth with complex attachment and attention disorders.
Post-Incident Actions & Legal Obstruction (April 2026 – Present):
Access to Information Denial: Following her passing, formal requests were submitted for her complete medical, psychological, and placement records.
Institutional Refusal: The regional health authority refused to release her records.
Formal CAI Appeal: A formal Demande de révision has been filed with the Commission d’accès à l’information (CAI) to force the full release of all withheld files.
Public & Media Advocacy: Details are being shared with investigative media to bring public accountability to institutional negligence. [Names of journalists and outlets withheld to protect identity.]
III. Key Systemic Failures & Legal Issues
Failure to Provide Clinically Appropriate Care: Housing a child with Reactive Attachment Disorder (RAD) in destabilizing institutional settings rather than facilitating safe, supportive family integration directly harmed her mental health and heightened her depression.
Failure of Duty of Care & Safeguarding: Ignoring clear indicators of institutional depression and distress in a youth with known complex neurodevelopmental and attachment needs.
Obstruction of Information: The refusal of regional health authorities to provide full medical and psychological records, preventing a full, transparent review of the circumstances surrounding her death.
IV. Purpose of This Document & Reserved Rights
This document is compiled to state the facts surrounding her diagnoses, her distress under institutional care, and the subsequent procedural failures.
This statement is provided strictly under all legal reserves (sous toutes réserves). Nothing in this document waives any rights to future civil actions, formal administrative complaints, or lawsuits against the parties involved.
Submitted by: A mother
Témoignage insjustices – Chanel Maisonneuve
Quand survivre au cancer ne suffit plus
Le combat d’une mère de l’Outaouais pour être entendue
Par Chanel Maisonneuve
En 2022, j’avais 28 ans.
J’étais une jeune mère monoparentale de l’Outaouais. Je travaillais, j’élevais mon fils et je soutenais mes parents depuis le décès tragique de mon frère quelques années plus tôt.
Je n’avais aucun antécédent personnel de cancer.
Rien ne laissait croire que ma vie était sur le point de basculer.
Lorsque j’ai découvert une masse dans mon sein gauche, je croyais que mon plus grand défi serait de combattre la maladie.
Je me trompais.
Au cours des années qui ont suivi, j’ai dû mener trois combats simultanément : contre le cancer, contre les défaillances du système de santé et contre les obstacles qui se dressent devant ceux qui tentent d’obtenir des réponses et de faire valoir leurs droits.
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Une masse découverte. Un cancer ignoré.
Au printemps 2022, je découvre moi-même une masse dans mon sein gauche.
Je consulte rapidement.
Des examens sont réalisés. On me dit que la masse est probablement bénigne. Aucune biopsie n’est effectuée. On me recommande simplement une surveillance.
Je rentre chez moi rassurée.
Pendant ce temps, le cancer continue son évolution.
Près de trois ans plus tard, le Collège des médecins du Québec conclura que cette lésion avait été mal classifiée et qu’elle aurait dû mener à une biopsie sans délai.
Je ne peux m’empêcher de me demander ce qui se serait passé si cette biopsie avait été réalisée lorsqu’elle aurait dû l’être.
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Le système savait. Moi non.
Le 24 janvier 2023, une biopsie est enfin réalisée.
Le rapport confirme la présence d’un cancer du sein agressif.
Pourtant, personne ne me contacte.
Les jours passent.
Puis les semaines.
J’appelle à plusieurs reprises pour obtenir mes résultats.
Ce n’est que le 6 mars 2023 que j’apprends finalement la vérité.
Plus d’un mois après la confirmation du diagnostic.
Pendant plus de quatre semaines, un cancer agressif était connu du système, mais pas de la patiente qui le portait.
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Le jour où tout a changé
Le 10 mars 2023, je me présente à un rendez-vous médical convaincue que l’on va me parler du retrait d’un fibroadénome.
Quelques minutes plus tard, j’apprends que j’ai un cancer du sein agressif.
Je me souviens encore du choc.
Je pense immédiatement à mon fils.
Je pense à l’avenir.
Je pense à tout ce que je risque de perdre.
Trois jours plus tard, je commence un nouvel emploi parce que je n’ai pas le luxe de mettre ma vie sur pause.
Pendant les mois qui suivent, je subis la chimiothérapie.
Je perds mes cheveux.
Mes cils.
Mes sourcils.
Je subis une chirurgie.
Puis la radiothérapie.
Puis l’immunothérapie.
Comme des milliers de patients atteints de cancer, je me bats pour survivre.
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Lorsque personne ne vous croit
Très rapidement, une question commence à me hanter.
Comment une masse considérée comme bénigne est-elle devenue un cancer agressif?
Je tente d’obtenir des avis juridiques.
Je rencontre des refus.
Encore et encore.
On me dit que le dossier est complexe.
Qu’il sera difficile à prouver.
Que les chances de succès sont incertaines.
Pendant que je lutte contre le cancer, je dois également me transformer en enquêtrice de ma propre histoire.
Je commence à conserver des documents.
À reconstruire la chronologie des événements.
Parce que je sens déjà que si je ne le fais pas moi-même, personne ne le fera à ma place.
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Vingt mois d’attente
En juillet 2023, je dépose une plainte au Collège des médecins du Québec.
J’espère obtenir rapidement des réponses.
Je devrai attendre près de vingt mois.
Vingt mois pendant lesquels ma vie continue.
Vingt mois pendant lesquels je tente de guérir.
Vingt mois pendant lesquels je vais pourtant découvrir que mon combat est loin d’être terminé.
Lorsque les conclusions arrivent enfin, elles confirment que des manquements ont été commis dans mon dossier.
Les questions que je me posais depuis des années n’étaient pas imaginaires.
Pourtant, malgré cette reconnaissance, aucune sanction disciplinaire significative n’est imposée.
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Une récidive que je voyais venir
En février 2024, on me déclare en rémission.
Je tente enfin de regarder vers l’avenir.
Mais quelques semaines plus tard, je remarque des changements inquiétants dans mon sein.
Je les signale.
À plusieurs reprises.
Mes inquiétudes sont minimisées.
On me rassure.
On évoque d’autres causes possibles.
Pourtant, quelque chose ne va pas.
Devant l’absence de réponses satisfaisantes, je consulte même au privé en Ontario à mes frais.
Je ne comprends toujours pas pourquoi une patiente ayant récemment combattu un cancer agressif a dû quitter sa province et payer de sa poche pour faire entendre ses préoccupations.
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Trop tard encore une fois
Une IRM est finalement demandée en urgence.
Puis annulée faute de personnel.
Pendant que les semaines passent, mes symptômes continuent d’évoluer.
Lorsque l’examen est finalement réalisé, il révèle de multiples lésions occupant une grande partie du sein.
La récidive est ensuite confirmée.
Cette fois, il s’agit d’un cancer du sein inflammatoire particulièrement agressif.
J’ai 31 ans.
Et je dois recommencer.
La chimiothérapie.
Les traitements.
Les rendez-vous.
L’incertitude.
La peur.
Tout recommencer.
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Aller jusqu’à Harvard pour obtenir des réponses
En 2025, malgré des conclusions locales rassurantes, je décide de faire réviser mes lames pathologiques par des spécialistes affiliés à Harvard Medical School.
Cette révision identifie des éléments qui n’avaient pas été retenus lors de l’analyse effectuée au Québec.
Les spécialistes recommandent qu’un traitement supplémentaire soit envisagé compte tenu du caractère particulièrement agressif de ma maladie.
Quelques semaines plus tard, un troisième avis médical rendu au CHUM appuie également cette approche.
Harvard le recommande.
Le CHUM l’appuie.
Et malgré cela, je dois encore me battre pour y avoir accès.
Comme citoyenne de l’Outaouais, je dois également parcourir des centaines de kilomètres afin de recevoir le traitement recommandé.
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Les réponses arrivent enfin
Lorsque les conclusions du Collège des médecins tombent enfin, elles confirment des manquements dans mon dossier.
Je découvre que les questions que je me posais depuis des années n’étaient pas imaginaires.
Je découvre aussi une autre réalité.
Avant ces conclusions, aucun cabinet n’acceptait de prendre mon dossier.
Après la reconnaissance officielle des manquements, les portes commencent à s’ouvrir.
Pour la première fois, j’ai l’impression que quelqu’un écoute réellement ce que je tente d’expliquer depuis le début.
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Le combat judiciaire
Je crois alors que le plus difficile est derrière moi.
Je me trompe encore.
À quelques semaines de la prescription, je perds ma première représentation juridique.
Je dois trouver un nouvel avocat en urgence.
Je suis toujours en traitement.
Je suis épuisée.
Mais je refuse d’abandonner.
Le 2 mars 2026, je trouve finalement une nouvelle représentation juridique.
Je découvre alors une autre réalité troublante : même lorsqu’un avocat accepte de vous représenter, encore faut-il trouver des experts prêts à intervenir.
Mon avocat m’explique avoir essuyé plusieurs refus ou absences de réponse dans ses démarches pour trouver un expert en oncologie au Québec et devoir élargir ses recherches au Canada anglais et aux États-Unis.
J’ai alors compris que l’un des plus grands obstacles à l’accès à la justice n’est pas toujours la preuve elle-même.
Parfois, c’est simplement de trouver quelqu’un prêt à l’examiner.
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Ce que j’ai appris
Le cancer m’a obligée à me battre pour ma survie.
Le système m’a obligée à me battre pour obtenir des réponses.
Et le processus juridique m’a obligée à me battre pour être crue.
J’ai appris qu’il existe une immense différence entre survivre à un cancer et survivre à tout ce qui l’entoure.
J’ai appris qu’une patiente gravement malade peut être forcée de devenir archiviste de son dossier, enquêtrice de sa propre histoire, porte-parole de sa souffrance et gardienne de ses preuves.
J’ai appris qu’il faut parfois des années pour faire reconnaître ce que l’on savait déjà au fond de soi.
Mais surtout, j’ai appris qu’aucun patient ne devrait avoir à consacrer autant d’énergie à se faire entendre qu’à tenter de survivre.
Je ne raconte pas cette histoire pour susciter la pitié.
Je la raconte parce que derrière chaque délai, chaque erreur, chaque rupture de service et chaque dossier se trouve un être humain.
Une mère.
Un père.
Un enfant.
Une famille entière dont la vie peut basculer.
Aujourd’hui, je suis toujours en traitement.
Je poursuis toujours mes démarches judiciaires.
Je continue toujours de me battre.
Mais je refuse que ce parcours soit réduit à quelques lignes dans un dossier médical.
Parce que mon histoire ne parle pas seulement de cancer.
Elle parle de ce qui arrive lorsqu’un patient doit consacrer autant d’énergie à obtenir des réponses qu’à tenter de survivre.
Elle parle d’une femme qui a refusé d’abandonner.
Et elle pose une question simple :
Combien de patients devront encore vivre ce genre de parcours avant que les leçons de ces défaillances soient réellement entendues?
Je n’ai jamais demandé un traitement privilégié. J’ai simplement demandé ce à quoi chaque patient devrait avoir droit : être écouté, être soigné à temps et être entendu lorsque quelque chose ne va pas.
Personne ne devrait avoir à lutter simultanément pour sa survie, pour des réponses et pour la justice.
Quand dénoncer devient dangereux : les failles d’un système qui laisse tomber les victimes
Quand la souffrance d’une travailleuse de la santé devient un combat pour être entendue
Je suis préposée aux bénéficiaires. Comme beaucoup de travailleurs du réseau de la santé, j’ai consacré mon énergie, mon temps et ma santé à prendre soin des autres. Pourtant, derrière les murs d’un milieu censé être humain et sécuritaire, j’ai vécu une réalité complètement différente : celle d’un environnement de travail qui a profondément atteint mon intégrité psychologique.
À la suite de situations de harcèlement au travail, mon médecin traitant a posé un constat clair : mes symptômes correspondaient à un trouble d’adaptation avec humeur anxieuse lié à mon emploi. Il a rempli une attestation destinée à la CNESST afin que ma situation soit reconnue comme une lésion professionnelle.
Mais au lieu d’une analyse humaine et rigoureuse de la situation, la première réaction de l’employeur a été de contester rapidement la reconnaissance de cette atteinte. L’employeur a entrepris des démarches afin d’influencer la décision de la CNESST et de faire rejeter ma réclamation.
Je me suis alors retrouvée plongée dans une procédure complexe où, malgré mon statut de travailleuse syndiquée, malgré une convention collective qui prévoit des mécanismes précis, malgré l’avis de mon médecin traitant, il fallait encore prouver l’évidence : que ma souffrance avait une origine réelle.
Comme le prévoit la procédure applicable, j’ai été soumise à une expertise médico-légale réalisée par un psychiatre choisi par l’employeur. Une étape difficile pour une personne déjà fragilisée, où il faut raconter encore une fois les événements, revivre les blessures et tenter de démontrer la réalité d’une souffrance invisible.
Après cette expertise, mon médecin traitant n’a pas changé de position. Au contraire, il a maintenu son évaluation et a contesté les conclusions par les mécanismes prévus auprès de la CNESST.
La procédure a donc suivi son cours jusqu’à l’étape ultime prévue par ma convention collective : l’évaluation par un psychiatre arbitre indépendant, dont la décision devait être finale et exécutoire pour toutes les parties — la CNESST, l’employeur et même mon médecin traitant.
Et c’est à ce moment que la vérité médicale a finalement été reconnue.
Le psychiatre arbitre a donné raison à mon médecin traitant. Il a conclu qu’il existait suffisamment d’éléments significatifs pour démontrer une atteinte psychologique réelle. Dans son expertise, il s’est référé aux critères du DSM-IV et a inscrit V62.2, critère C, avec un score de 65, correspondant à une problématique reliée à l’emploi nécessitant une attention clinique.
Le critère C, soit l’évitement, a été interprété dans ce contexte comme une réaction normale de protection face à un environnement de travail devenu toxique et dangereux pour ma santé psychologique.
Mais cette expertise a révélé quelque chose de beaucoup plus grave qu’un simple conflit de travail.
Elle a permis de mettre en lumière que derrière ma souffrance individuelle pouvait se cacher une réalité plus vaste : celle d’un milieu où d’autres personnes pourraient également avoir été victimes de comportements graves, allant jusqu’à soulever des éléments pouvant s’apparenter à des actes criminels.
Pendant longtemps, j’ai douté. Je me suis demandé si ma perception était juste. Je me suis demandé si ma souffrance allait un jour être reconnue. J’ai porté le poids du doute, de la contestation et du sentiment d’être abandonnée par un système qui semblait davantage chercher à se protéger qu’à protéger une travailleuse.
Mais cette décision arbitrale est venue confirmer une chose essentielle : ma souffrance n’était pas imaginaire. Elle n’était pas une faiblesse. Elle n’était pas un simple problème personnel.
Elle était la conséquence d’événements suffisamment sérieux pour être reconnus par une expertise psychiatrique indépendante.
Cette histoire soulève une question fondamentale : combien de travailleurs doivent-ils être brisés avant que les milieux de travail prennent réellement au sérieux le harcèlement, la violence psychologique et les conséquences humaines qu’ils peuvent engendrer?
Derrière chaque dossier CNESST, il n’y a pas seulement des formulaires, des procédures et des contestations. Il y a des êtres humains. Des travailleurs qui ont donné leur santé au service des autres et qui, lorsqu’ils sont blessés, doivent parfois se battre encore plus fort pour obtenir simplement la reconnaissance de leur réalité. Et après avoir enfin été reconnue, j’ai découvert que personne n’avait transmis la décision.
Je croyais naïvement que le plus difficile était derrière moi.
Après des mois de procédures, d’expertises, de contestations et de souffrance, mon médecin traitant maintenait toujours sa position. Le psychiatre arbitre avait reconnu qu’il existait suffisamment d’éléments significatifs pour établir une problématique psychologique reliée à mon emploi.
Je pensais enfin être entendue.
Je pensais enfin être protégée.
Je pensais surtout que les mécanismes prévus pour une travailleuse syndiquée allaient fonctionner.
Mais plusieurs mois ont passé.
Et malgré mes demandes répétées, les réponses de mon syndicat sont devenues floues, incomplètes ou inexistantes. Je ne comprenais pas pourquoi je n’avais pas de véritable prise en charge alors que mon dossier était devenu extrêmement grave.
J’ai donc communiqué directement avec la CNESST.
Et c’est là que j’ai découvert quelque chose qui allait complètement changer la compréhension de mon dossier.
La CNESST m’a informée qu’elle n’avait jamais reçu l’expertise médico-légale du psychiatre arbitre.
Autrement dit, l’expertise qui, selon moi, devait constituer une pièce centrale de mon dossier n’était tout simplement pas au dossier de la CNESST.
Et pire encore : on m’a indiqué que le délai applicable était déjà dépassé et que, contrairement à ce que je croyais, la CNESST n’était pas nécessairement liée par cette expertise.
J’ai alors compris que pendant que je croyais être représentée et que je pensais que mon dossier avançait, quelque chose s’était brisé dans la chaîne de représentation.
Je croyais que mon syndicat continuait de s’occuper de mon dossier comme il l’avait fait au départ.
Mais au moment où j’avais peut-être le plus besoin de représentation, cette représentation semblait avoir disparu.
Puis tout s’est accéléré.
Mon médecin traitant, constatant la situation, a produit une nouvelle attestation médicale avec une nouvelle date.
Encore une fois, l’employeur et la CNESST ont refusé de reconnaître ma situation.
Quelques jours seulement après cette nouvelle démarche, l’employeur m’a congédiée.
Le motif invoqué? Abandon volontaire de l’emploi.
Après environ quinze années d’ancienneté.
Je me suis alors retrouvée dans une situation presque impossible à concevoir.
Pas de revenu d’emploi.
Pas de chômage.
Pas d’assurance salaire.
Et même pas accès à l’aide de dernier recours dans les conditions que je souhaitais, notamment parce que je suis copropriétaire d’une maison avec mon conjoint.
Je demandais simplement que le mécanisme prévu par ma convention collective soit utilisé pour contester mon congédiement.
Je demandais la procédure de grief.
Mais alors que l’audience approchait, mon syndicat a retiré mon grief.
Et avec ce retrait, j’ai eu le sentiment de perdre la dernière possibilité institutionnelle de faire entendre ma version des faits.
Puis ma vie personnelle s’est effondrée à son tour.
Pendant que je tentais de survivre à la perte de mon emploi et à cette bataille professionnelle, ma situation familiale se détériorait.
Les problèmes financiers ont commencé à provoquer des conflits dans mon couple.
Mon état psychologique, déjà fragilisé par le harcèlement que j’avais dénoncé, s’est aggravé.
Puis est apparue une autre réalité : la violence conjugale économique.
J’ai demandé de l’aide.
J’ai communiqué avec le 811.
Les policiers de la Sûreté du Québec se sont présentés à mon domicile. Une intervention en vertu de la Loi sur la protection des personnes dont l’état mental présente un danger pour elles-mêmes ou pour autrui a été appliquée.
J’ai été menottée.
J’ai été transportée à l’hôpital.
Après environ deux heures, j’ai été retournée chez moi.
Mais mon enfant était présent lors de l’intervention.
Un signalement a donc été effectué auprès de la DPJ.
Et le signalement a été retenu.
En quelques jours, je suis passée de travailleuse à risque de perdre mon emploi à mère confrontée à une intervention de protection de la jeunesse.
Avec l’application des mesures, il m’a été ordonné de ne plus retourner à mon domicile.
J’expliquais pourtant ma situation :
J’étais déjà fragilisée psychologiquement.
Je souffrais d’un trouble de stress post-traumatique que je reliais à mon expérience de harcèlement au travail.
J’avais perdu mon emploi.
Je n’avais plus de sécurité financière.
Je n’avais plus d’endroit où rester.
Et les ressources d’hébergement pour femmes étaient contingentées.
Je me suis donc retrouvée devant une réalité absurde : on m’ordonnait de quitter mon domicile, alors que je n’avais pratiquement aucun autre endroit où aller.
Pour survivre, j’ai finalement pris la décision de me rendre moi-même à l’urgence.
Cette fois, l’hôpital m’a gardée en psychiatrie.
Je pensais enfin pouvoir être protégée.
Mais même là, le système avait ses limites.
Pour ma sortie, des ressources pour femmes ont refusé de m’héberger parce que, selon leur évaluation, je n’étais plus en danger imminent. J’avais un toit temporaire et j’étais nourrie à l’hôpital.
Mais l’hôpital ne pouvait évidemment pas me garder indéfiniment.
Le dossier s’est donc rendu jusqu’aux avocats du contentieux de la DPJ.
Et après trois longs mois d’hospitalisation, j’ai finalement été hébergée à La Jonction pour Elles.
Je croyais avoir enfin trouvé un endroit sécuritaire où reprendre pied.
Mais après la période maximale d’hébergement, environ dix semaines, on m’a demandé de partir.
On m’a alors orientée vers une ressource destinée aux personnes en situation d’itinérance, au 55 de Lévis.
Pendant tout ce temps, je continuais malgré tout à me battre.
Même hospitalisée, même sans logement stable, même sans emploi, même séparée de mon enfant, je tentais encore de défendre mes droits.
J’ai entrepris des démarches contre mon syndicat.
J’ai saisi les instances compétentes.
Je croyais qu’au moins une institution finirait par regarder l’ensemble de mon histoire et comprendre qu’il ne s’agissait pas simplement d’une succession de problèmes indépendants.
Mais au Tribunal administratif du travail, section des relations du travail, ma plainte n’a pas abouti.
Et c’est là que j’ai découvert ce que je considère comme des vides juridiques particulièrement troublants.
Le premier concerne la représentation syndicale dans les dossiers individuels : selon l’interprétation qui m’a été opposée, la représentation n’est pas nécessairement une obligation absolue du syndicat dans chaque dossier individuel.
Le deuxième concerne le grief : le syndicat conserve un rôle déterminant dans le choix des griefs qu’il décide de porter ou non à l’arbitrage. Le retrait d’un grief peut donc avoir des conséquences considérables pour le salarié qui, lui, n’a pas nécessairement la possibilité de poursuivre seul la procédure.
Et le troisième est encore plus troublant dans mon histoire.
Les dossiers de relations de travail et ceux concernant la santé et la sécurité du travail sont traités dans des cadres distincts.
Ainsi, dans le cadre de ma contestation devant la section des relations du travail, la preuve relative à mon état de santé et à mon incapacité réelle à me défendre adéquatement n’aurait pas été suffisamment établie, selon le raisonnement retenu.
Ce qui a finalement contribué à une conclusion où ma situation a pu être interprétée comme un manque de collaboration de ma part.
Mais comment une personne qui traverse simultanément une atteinte psychologique reconnue, une perte d’emploi, une précarité financière, une rupture familiale, une intervention policière, une hospitalisation psychiatrique et une perte de logement peut-elle être évaluée comme si elle disposait exactement des mêmes capacités qu’une personne en parfaite santé?
C’est là que mon histoire devient profondément alarmante.
Parce qu’au bout du processus, qu’est-ce qu’il reste?
J’ai perdu ma santé.
J’ai perdu un emploi auquel j’avais consacré 15 années.
J’ai perdu ma stabilité financière.
J’ai perdu mon couple.
Et j’ai perdu la garde de mon enfant dans le contexte de l’intervention de la DPJ.
Tout cela alors que le point de départ de mon histoire était une dénonciation de situations que je considérais comme du harcèlement au travail.
Et lorsque j’ai tenté de comprendre pourquoi les mécanismes de protection n’avaient pas fonctionné, je me suis retrouvée devant une multitude d’institutions, chacune avec son mandat, ses limites et ses critères.
Le Protecteur du citoyen ne pouvait pas nécessairement intervenir dans une situation individuelle lorsque d’autres recours ou instances étaient déjà saisis.
La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse représentait également un autre parcours juridique, avec ses propres critères et limites.
Et malgré les décisions judiciaires et les principes établis en matière de discrimination fondée sur le handicap, je me suis retrouvée à devoir constamment démontrer que mon état de santé devait être pris en considération.
Puis, à force de multiplier les démarches auprès de différentes institutions pour tenter de comprendre ce qui m’était arrivé, j’ai même été avertie par l’organisme L’A-DROIT de faire attention.
Pourquoi?
Parce qu’à force de chercher des réponses auprès de plusieurs instances, une personne qui tente simplement de faire valoir ses droits peut finir par être perçue comme une personne qui multiplie les recours de manière abusive.
Et c’est là que le paradoxe devient vertigineux.
Si je me taisais, personne ne m’entendait.
Si je contestais, je risquais d’être considérée comme une personne qui conteste trop.
Si je demandais de l’aide, je devais franchir les critères d’une nouvelle institution.
Si je ne réussissais pas à respecter les procédures pendant une période où ma santé était profondément fragilisée, cela pouvait être interprété comme un manque de collaboration.
Alors une question demeure :
Où se trouve la porte de sortie pour une personne qui tombe entre les mailles de plusieurs systèmes?
Mon histoire n’est pas seulement celle d’une travailleuse qui a perdu son emploi.
Ce n’est pas seulement l’histoire d’une femme qui a vécu une crise familiale.
Ce n’est pas seulement l’histoire d’une mère confrontée à la DPJ.
Ce n’est pas seulement une histoire de santé mentale.
C’est l’histoire d’une personne qui, après avoir tenté d’utiliser les mécanismes prévus pour la protéger, s’est retrouvée à traverser CNESST, syndicat, expertise psychiatrique, arbitrage, congédiement, grief, Tribunal administratif du travail, police, hospitalisation, DPJ, hébergement d’urgence et démarches en droits de la personne.
Et malgré tous ces mécanismes, je me suis retrouvée sans emploi, sans logement stable, séparée de mon enfant et profondément fragilisée, avec en plus le risque de l’étiquette injuste de personne quérulente. C’est absolument absurde!
C’est précisément ce qui devrait nous inquiéter.
Parce que lorsqu’une personne doit être suffisamment forte pour comprendre et maîtriser simultanément tous ces systèmes alors qu’elle est justement devenue vulnérable à cause de ce qu’elle a vécu, le problème n’est peut-être plus seulement individuel.
Il devient institutionnel.
Et la question n’est plus seulement : qu’est-ce que cette personne a fait de mal?
La véritable question devrait être : qu’est-ce qui a échoué autour d’elle?
Parce qu’une société qui possède autant de mécanismes de protection ne devrait pas permettre qu’une personne qui tente de dénoncer une situation de violence ou de harcèlement puisse finir par perdre successivement sa santé, son travail, sa sécurité financière, son couple, son logement et le lien quotidien avec son enfant.
Si tous les mécanismes existent, mais qu’une personne peut tout de même tomber entre chacun d’eux, alors il faut avoir le courage de regarder les failles du système.
Quand les mécanismes de protection deviennent eux-mêmes des obstacles
Je ne raconte pas cette histoire uniquement pour parler de moi.
Je la raconte parce que je considère qu’elle révèle des vides juridiques et des failles systémiques profondément préoccupantes.
Je considère aujourd’hui que les travailleuses et travailleurs de la santé qui dénoncent du harcèlement, de la violence psychologique ou des comportements graves dans leur milieu de travail peuvent se retrouver dans une situation extrêmement vulnérable lorsque les différents mécanismes de protection ne communiquent pas efficacement entre eux.
Une personne peut être malade, être médicalement suivie, être évaluée par des psychiatres, être représentée par un syndicat, entreprendre des démarches auprès de la CNESST et malgré tout se retrouver, quelques mois plus tard, sans emploi, sans revenu et sans véritable recours effectif.
Et le plus inquiétant est que la vulnérabilité psychologique qui découle précisément de ce que la personne dénonce peut ensuite devenir un obstacle supplémentaire pour faire valoir ses droits.
Mais il existe une autre réalité que je refuse de passer sous silence.
Les mères qui osent dénoncer la violence conjugale doivent pouvoir demander de l’aide sans craindre que cette demande se retourne contre elles.
Lorsqu’une femme dénonce la violence, demande de l’aide, appelle les services d’urgence ou accepte une intervention policière parce qu’elle est en détresse, elle ne devrait pas avoir à craindre que sa vulnérabilité soit éventuellement utilisée contre elle dans une procédure concernant ses enfants.
Cela ne signifie évidemment pas que la sécurité d’un enfant ne doit pas être prioritaire. Elle doit l’être.
Mais protéger un enfant ne devrait jamais signifier automatiquement que la mère qui demande de l’aide devient, elle aussi, une menace à écarter.
Il faut être capable de distinguer une mère qui cherche à se protéger et à protéger sa famille d’une mère qui représente réellement un danger pour son enfant.
Sinon, nous envoyons un message extrêmement dangereux : dénoncez la violence, mais soyez prudentes, votre dénonciation pourrait vous coûter votre emploi, votre logement, votre stabilité financière et même votre lien avec votre enfant.
Si c’est la conséquence que certaines femmes vivent lorsqu’elles demandent de l’aide, alors nous avons un problème majeur.
Je ne veux plus être seulement une personne qui a subi ces conséquences.
Je veux que mon histoire serve à poser des questions.
Qui protège les travailleurs de la santé lorsqu’ils dénoncent leur propre milieu de travail?
Qui protège les femmes lorsqu’elles dénoncent la violence conjugale?
Qui protège les mères vulnérables lorsque leur état psychologique est utilisé pour interpréter leurs gestes plutôt que pour comprendre ce qui les a conduites à cette détresse?
Et surtout : qui est responsable lorsque toutes les institutions ont un mandat, mais que personne ne semble responsable de l’ensemble de la personne?
Ce qui m’est arrivé ne devrait pas être considéré comme une simple succession de malchances personnelles.
Lorsqu’une personne passe d’un dossier de santé et sécurité du travail à une expertise psychiatrique, puis à une contestation syndicale, à un congédiement, à une perte de revenu, à une crise familiale, à une intervention policière, à la DPJ, à une hospitalisation et finalement à l’itinérance ou à l’hébergement d’urgence, il faut avoir le courage d’examiner le système dans son ensemble.
Parce qu’un système peut être parfaitement conforme à ses propres règles et produire malgré tout une injustice profondément humaine.
Et c’est précisément ce que je dénonce.
Je ne demande pas de privilège.
Je demande que les mécanismes de protection protègent réellement les personnes pour lesquelles ils ont été créés.
Je demande que les travailleurs de la santé puissent dénoncer sans être abandonnés.
Je demande que les personnes souffrant d’une atteinte psychologique ne soient pas pénalisées parce que leur maladie affecte précisément leur capacité à se défendre.
Je demande que les syndicats aient des responsabilités suffisamment claires pour qu’un travailleur ne puisse pas perdre son dernier recours simplement parce qu’une organisation décide de ne plus le porter.
Je demande que les mères qui dénoncent la violence conjugale puissent demander de l’aide sans avoir à choisir entre leur sécurité et leur rôle parental.
Et je demande surtout que l’on cesse de traiter chaque dossier comme une série d’événements isolés lorsqu’il s’agit en réalité d’une seule personne qui s’effondre sous le poids de plusieurs systèmes.
Parce que derrière chaque numéro de dossier, il y a une vie.
La mienne en est une.
Mais je refuse de croire qu’elle doit être la dernière.
C’est grave.
Et si mon histoire peut permettre à une seule travailleuse de la santé, à une seule mère ou à une seule personne victime de violence de comprendre qu’elle doit être entendue, documenter ses démarches et demander que les institutions communiquent entre elles, alors toute cette souffrance aura au moins servi à quelque chose.
Je ne demande pas qu’on me croie aveuglément.
Je demande qu’on regarde les faits, les décisions, les documents et les contradictions — et qu’on ait enfin le courage de poser la question qui dérange :
Et si le problème n’était pas seulement les personnes qui tombent entre les mailles du filet, mais aussi le filet lui-même?
Enseignante, ancienne famille d’accueil et ancienne victime du système qui dénonce les abus de la DPJ
J’ai moi-même été sous la protection de la jeunesse lorsque j’étais adolescente. J’ai traversé une famille d’accueil, un foyer de groupe, un centre jeunesse, et j’ai aussi été enfermée un mois dans un centre d’arrêt d’agir parce qu’il n’y avait plus de place en centre jeunesse. [Nom du centre retiré pour protéger l’identité.]
Aujourd’hui, je ne me souviens d’aucun intervenant qui a marqué positivement mon parcours. Je ne me rappelle aucun nom, aucun visage, à part deux copines de centre jeunesse. Trou noir total! Je suppose que le cerveau fait cela pour se protéger. Ce dont je me souviens, ce sont surtout les expériences négatives et certains abus de pouvoir que j’ai vécus. Je me souviens aussi des longues heures passées dans les salles d’arrêt d’agir. Quand on est un enfant de 14 ans enfermé seul dans une pièce, sans pouvoir sortir, les heures paraissent interminables. On finit par s’asseoir par terre et cogner dans la porte avec ses pieds, encore et encore, en espérant que quelqu’un vienne. Ces souvenirs sont restés gravés dans ma mémoire.
Avec le temps, j’ai choisi de transformer cette expérience en quelque chose de positif. Je suis devenue enseignante au primaire. Toute ma vie, j’ai été une personne déterminée, fonceuse et guidée par mes valeurs. J’ai toujours voulu défendre les enfants, croire en leur potentiel et faire une différence dans leur vie.
J’ai ensuite fondé une famille. J’ai partagé dix années de ma vie avec le père de mes deux enfants. Encore aujourd’hui, malgré notre séparation, il demeure mon meilleur ami, et cela fait près de vingt ans que nous nous connaissons.
Plus tard, avec des problèmes de fertilité, je me suis dit que je pouvais quand même offrir une famille à des enfants qui en avaient besoin. Malgré les mauvais souvenirs que je gardais de la DPJ, j’ai choisi de devenir famille d’accueil banque mixte, dans l’espoir de vivre un jour une adoption.
Nous avons d’abord accueilli une petite fille encore bébé. Dès le départ, on nous présentait les parents biologiques sous un angle très négatif et on nous encourageait à garder nos distances avec eux. Pourtant, lorsque j’ai commencé à accompagner la mère biologique à certains rendez-vous médicaux, j’ai découvert une tout autre personne. J’ai rencontré une jeune femme respectueuse, attachante et remplie de potentiel. Plus je la connaissais, plus je réalisais que la réalité était beaucoup plus nuancée que le portrait qui nous avait été présenté. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à comprendre qu’il existe souvent deux côtés à une même histoire. Cette maman est devenue mon amie.
Deux ans plus tard, nous avons accueilli un deuxième enfant. Encore une fois, on nous avait décrit les parents biologiques d’une façon très négative et on nous laissait croire que l’adoption était la voie qui se dessinait. Pourtant, lorsque j’ai pris le temps de les rencontrer et de discuter avec eux, j’ai découvert des parents que j’ai sincèrement appris à apprécier. Ils sont aussi devenus des amis.
Les visites supervisées étaient très difficiles pour l’enfant lorsqu’une intervenante servait d’intermédiaire pour se le transférer. Il faisait de grosses crises au moment des transitions. J’ai alors proposé une autre approche. Puisque les parents biologiques et moi avions développé une relation de confiance, je remettais moi-même l’enfant à ses parents. Rapidement, les visites sont devenues beaucoup plus calmes. Je lui disais simplement : Regarde, c’est maman, c’est papa. Les parents biologiques me considéraient eux aussi comme une deuxième maman dans sa vie. Nous travaillions ensemble, dans le même objectif : son bien-être.
Avec le temps, le projet d’adoption s’est transformé en projet de tutelle, parce que je m’entendais très bien avec les parents. Comme les visites se passaient bien, grâce à mon lien avec eux, l’adoption est tombée à l’eau. Contrairement à ce que plusieurs pourraient croire, cela ne m’a pas dérangée. Bien sûr, je m’étais engagée dans la banque mixte avec le rêve d’adopter, mais je réalisais que lorsqu’un enfant peut être aussi auprès de ses vrais parents qui l’aiment, qui progressent et qui sont capables de répondre à ses besoins, c’est aussi une belle victoire.
Par la suite, nous avons accueilli un autre petit garçon, plus vieux. Avant d’arriver chez nous, il avait connu deux familles d’accueil. Son parcours avait été extrêmement difficile. Dans une famille d’accueil, on s’était fait dire qu’il avait vécu des expériences pénibles. Dans une autre, ses troubles de comportement avaient été jugés trop importants. Dès son arrivée chez nous, un lien exceptionnel s’est créé. En tant qu’enseignante, les troubles de comportement et les troubles d’attachement font partie de mes forces. Nous étions devenus, chacun pour l’autre, une personne de référence. Son pédiatre disait même ne jamais l’avoir vu aussi heureux et aussi épanoui.
Pendant ces quatre années, nous étions décrits comme l’une des plus belles familles d’accueil de la région. [Région retirée pour protéger l’identité.] Mes deux filles biologiques grandissaient avec joie, en étant de superbes grandes sœurs pour leurs frères et leur sœur de cœur. Je vivais un rêve : les intervenantes m’aimaient, je m’entendais bien avec les parents biologiques et les enfants étaient heureux.
Malheureusement, ma vie personnelle a changé. Je me suis séparée de mon mari pour des raisons importantes. Par la suite, j’ai rencontré un nouvel homme, électricien depuis de nombreuses années, attentionné avec les enfants et profondément investi dans notre famille.
C’est alors que tout a basculé. La DPJ m’a mise dans une case, comme elle le fait avec les parents biologiques. Mes choix étaient remis en question. Ma vie personnelle était envahie. La DPJ a découvert que, il y a près de vingt ans, alors que mon conjoint avait 19 ans, il avait fait l’objet d’une accusation de violence conjugale pour laquelle il n’avait pas été déclaré coupable. Une grosse enquête interne a été faite sur lui. Pendant ce temps, il avait une interdiction de contact avec les enfants. Cela a duré un mois. Lorsque nous sommes allés chercher les documents officiels au palais de justice afin de remettre toute l’information à la DPJ, la personne responsable trouvait cela tellement ridicule qu’elle a demandé à mon conjoint s’il voulait retirer cette information de non-culpabilité de son plumitif, voyant tout le trouble que cela avait généré. Cela a été fait. [Palais de justice retiré pour protéger l’identité.] Malgré cela, cette ancienne histoire est devenue un élément central de l’évaluation. Un ancien dossier d’alcool au volant a également été retenu contre lui. Il en assumait pourtant pleinement la responsabilité, regrettait cette erreur de jugement et avait poursuivi sa vie de façon stable et responsable.
Quelques semaines plus tard, le plus vieux des garçons a été retiré de ma famille directement après une journée d’école, sans possibilité d’adieux. On me reprochait un FaceTime le jour de la fête de mon conjoint, ainsi qu’une fois où le petit l’aurait croisé pendant qu’il terminait le Tempo. J’avais mal géré l’heure de retour. À noter que le petit l’adorait. La nouvelle intervenante au dossier, qui ne l’avait jamais observé chez moi, m’a annoncé le retrait le matin même. Je n’aimais pas cette intervenante et elle ne m’aimait pas. Et lorsqu’une intervenante ne t’aime pas, même si tu es une bonne personne, elle te trouvera toutes les bibittes du monde. Il a été placé dans une autre famille d’accueil. Selon ce qui m’a été expliqué, il était préférable qu’il ne vive pas les changements liés à ma séparation. Pourtant, il allait très bien chez nous. Il disait vivre sa best life. Son pédiatre avait souligné son épanouissement et le lien d’attachement qu’il avait développé avec moi. En quoi un nouvel adulte à la maison serait-il plus déstabilisant qu’une nouvelle famille avec plusieurs nouveaux frères et sœurs? À ce moment-là, j’ai ressenti ce que les parents biologiques ressentent. J’ai ressenti la pire douleur de toute ma vie. En quatre mois, je m’étais attachée à ce petit garçon qui ne voyait plus ses parents biologiques. Je m’étais fait présenter comme sa maman pour la vie. Je l’avais mis en confiance avec moi. Il m’aimait profondément, et cette intervenante est allée le chercher à l’école comme si je ne voulais plus de lui. Je suis tombée en arrêt de travail.
Ce qui a été particulièrement difficile à accepter, c’est que les intervenantes responsables de mes deux autres enfants d’accueil avaient une opinion différente. Elles estimaient qu’ils devaient rester avec moi parce que j’étais leur figure d’attachement, et que la garde partagée avec mon ex-conjoint, lui aussi famille d’accueil, était une bonne option pour les enfants. Ces deux mêmes intervenantes ne respectaient pas la décision de leur collègue. J’avais donc l’impression que des situations semblables recevaient des réponses complètement différentes selon l’intervenante au dossier.
Ce qui est très particulier, c’est que le lendemain du retrait de mon petit bonhomme, l’interdit de contact avec mon conjoint était levé. Il avait passé les tests de la DPJ et avait le droit d’être avec les autres enfants.
Pendant ce temps, je continuais à me battre pour les enfants. J’ai même investi personnellement une dizaine de milliers de dollars en frais juridiques dans le seul espoir de dire au revoir à mon coco parti injustement et sans préavis. Je voulais aussi lui dire que je l’aimais et que je n’avais pas choisi ce départ. Malgré tous mes efforts, j’avais l’impression que les décisions étaient déjà prises et qu’il était pratiquement impossible de faire entendre un point de vue différent. L’intervenante au dossier continuait de dire que ce n’était pas dans son intérêt. La juge semblait être de mon côté sur le fait qu’un adieu sain serait pertinent et voulait m’entendre.
Pendant toute cette période, j’ai toujours choisi d’être transparente avec la DPJ. J’avais peur de mettre une intervenante contre moi dans le dossier de mes deux autres enfants. Lorsque mon conjoint et moi traversions des périodes d’ajustement, je les déclarais. Comme dans bien des familles recomposées, apprendre à trouver sa place auprès de quatre enfants, allant du bébé à l’adolescent, demandait du temps. Mon conjoint conservait son propre logement et, lorsque nous avions besoin de recul, il retournait chez lui. Nous avons connu trois séparations temporaires, suivies de réconciliations. La plus longue a duré trois semaines. Je considère qu’il s’agissait d’étapes normales d’adaptation pour un couple qui apprend à construire une famille recomposée dans un contexte déjà très complexe.
J’ai eu huit mois de paix et de bonheur avec mon conjoint et les enfants. Puis est arrivé un signalement de violence conjugale visant mon conjoint, que je considère non fondé, et qui a tout fait basculer. Il venait lui-même de recevoir un signalement de la DPJ pour de mauvaises méthodes éducatives. Il a tout avoué, la DPJ n’a pas retenu son propre signalement et lui a offert des cours parentaux. [Passage retiré : atteinte à la réputation.]
Ce signalement a été retenu concernant mon conjoint. Tout au long de l’évaluation, j’ai eu l’impression que les conclusions étaient déjà orientées en fonction de l’ancienne accusation de non-culpabilité retirée de son plumitif, plutôt que de la réalité que nous vivions au quotidien. Pourtant, mes deux filles biologiques ont été rencontrées et ont dit qu’elles l’aimaient, qu’elles se sentaient bien avec lui et qu’il avait de bonnes habiletés parentales. Les enfants d’accueil avaient également développé un excellent lien avec lui. Même mon ex-conjoint, le père de mes enfants biologiques, a été rencontré et a tenu des propos positifs à son sujet. Malgré cela, on m’a expliqué que certains événements anciens, même retirés du plumitif, continuaient de soulever des inquiétudes. Je me suis fait dire que même si l’évaluation démontrait qu’il était une bonne personne, je ne pourrais plus le mettre en contact avec mes enfants d’accueil, et là c’était rendu à cause de son vieux dossier d’alcool au volant. Toutes les raisons étaient bonnes pour l’écarter. Cependant, personne n’est jamais venu l’observer dans la maison avec les enfants. Personne n’est venu voir comment les enfants l’adoraient. Il n’a jamais eu de problèmes de consommation, et la DPJ le dépeignait ainsi. On me disait maintenant que ce n’était pas un modèle pour les enfants d’accueil, à cause d’un dossier qui n’a rien à voir avec de la violence, ni avec du vol, ni avec des enfants. Son dossier est une erreur de jugement. Avec mes enfants biologiques, tout était beau. Mes filles avaient le droit de le voir et même d’être seules avec lui. Je ne comprenais pas du tout cette incohérence.
Les décisions avaient été influencées par des événements remontant à plusieurs années, et non par les faits. J’ai également trouvé extrêmement difficile que ni mon conjoint ni moi n’ayons eu accès aux conclusions du signalement, ni la possibilité de répondre aux éléments retenus contre lui. Il n’a jamais été ni appelé, ni rencontré. J’avais le sentiment que nous ne pouvions pas réellement faire entendre notre version des faits.
À partir de ce moment, on me demandait de choisir entre poursuivre ma relation de couple et continuer ma famille d’accueil. C’était un choix impossible. J’aimais les enfants que j’accueillais, mais je croyais aussi avoir le droit de reconstruire ma vie personnelle avec une personne que je considérais comme bonne et sécuritaire.
C’est à ce moment-là que j’ai compris que je ne pourrais plus continuer dans ces conditions de pression et où la vérité n’avait pas sa place. Après de nombreuses réflexions, j’ai pris la décision de fermer ma famille d’accueil. Ce fut l’une des décisions les plus déchirantes de ma vie, parce que devenir famille d’accueil n’avait jamais été un emploi pour moi. Nous étions une famille. Chacun avait sa place, et tous les enfants s’épanouissaient, étaient heureux et se développaient au maximum de leur potentiel, dans l’amour et avec tous les services nécessaires. Je l’avais fait parce que je croyais sincèrement pouvoir offrir à des enfants un milieu sécurisant, rempli d’amour et de stabilité.
Je recommence à enseigner bientôt, et je ne pouvais plus gérer une charge aussi lourde de rencontres, d’appels et de suivis constants avec la DPJ.
Avec quatre enfants, les suivis scolaires, les activités, l’orthophonie, le sport et tout le reste, j’étais déjà à pleine capacité. L’ajout constant de démarches et de rencontres me pesait énormément et commençait à affecter ma santé mentale.
Après mon courriel de fermeture, la DPJ ne s’attendait pas à ce que je me présente en cour, et la situation a pris une tournure très tendue. La maman biologique de ma cocotte avait demandé ma présence, parce qu’elle comprenait ma fermeture et la pression psychologique que la DPJ pouvait exercer. Elle l’avait vécu. Cette même pression l’avait poussée à laisser sa fille être sur le chemin de l’adoption. Aucun humain, même solide, ne peut passer au travers de la DPJ lorsque leur idée est faite contre vous. Une intervenante que je n’avais jamais rencontrée a présenté une version totalement différente des faits à la juge, dans le but de la convaincre d’un changement de placement. Elle disait que j’abandonnais les enfants, mais tout ce que je voulais, c’était vivre. Et vivre avec la DPJ contre toi, c’est impossible. J’ai dit à la juge que je prendrais les enfants gratuitement, si la DPJ me laissait tranquille et me laissait avoir ma vie personnelle. Cela n’a pas été pris en compte.
Je garde une belle amitié avec les parents biologiques, malgré le départ de leurs enfants de ma famille. Malgré leur tristesse, ils comprennent la fermeture de ma famille d’accueil pour protéger ma santé mentale.
En cour, on m’a aussi parlé de visites supervisées avec mes enfants de cœur, afin qu’ils ne vivent pas mon abandon. On parle de supervision afin d’être certain que mon conjoint, qui vit sans problème avec mes deux filles et moi, ne soit pas en contact avec les petits qui l’aiment également. Dans mon contexte, cela aurait signifié des séparations répétées et des moments d’abandon vécus par les enfants, ce que je trouvais inacceptable et trop difficile à leur imposer. J’ai donc refusé cette option, même si cela a été mal perçu par certains.
Aujourd’hui, si je prends la parole, c’est que je me questionne sur le fonctionnement du système, sur la cohérence de certaines décisions et sur la place laissée à l’écoute des familles, des enfants et surtout des parents biologiques.
Mon souhait est que le système puisse évoluer, que les enfants demeurent au centre des décisions, que les familles soient réellement entendues et que chaque dossier soit évalué avec ouverture, nuance et humanité. Parce qu’au bout du compte, derrière chaque dossier, il y a des enfants qui aiment, qui s’attachent et qui porteront toute leur vie les conséquences des décisions prises pour eux.
J’allais envoyer ce message hier. Puis, juste avant de l’envoyer, l’intervenante de ma cocotte, qui était en vacances, m’a téléphoné. Elle voulait comprendre pourquoi j’avais pris cette décision. Elle venait d’apprendre que, pendant son absence, j’avais fermé ma famille d’accueil et qu’une audience avait eu lieu pour un changement de placement.
Je lui ai répondu que c’était à cause d’eux. À cause de la DPJ. À cause d’un système qui étouffe les gens. D’un système où les préjugés prennent parfois la place de l’écoute, où les conclusions semblent déjà écrites avant même de connaître toute la vérité.
J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps. Cette intervenante, celle que je croyais pourtant la plus remplie de préjugés, m’a écoutée. Vraiment écoutée.
Je lui ai dit que, dans tous les métiers, des erreurs peuvent être commises. La différence, c’est que la plupart des professionnels savent les reconnaître. À la DPJ, j’ai trop souvent eu l’impression que les erreurs sont niées, même lorsqu’elles bouleversent des vies et brisent des familles.
Elle m’a dit que j’étais une excellente maman, que j’avais de grandes forces sur le plan de mes habiletés parentales et que les petits avaient besoin de moi. Je lui ai expliqué comment une intervenante que je n’avais pourtant jamais rencontrée m’avait dépeinte devant le tribunal. Je lui ai parlé de ma souffrance, de mon incompréhension, de ma peine et de ma profonde frustration.
Elle m’a reparlé des rencontres supervisées avec les enfants qui me considèrent comme leur mère. Je lui ai répondu que cela ne mènerait à rien, puisque mon conjoint ne quitterait pas la maison. Je lui ai dit que, si elle croyait réellement en mes capacités parentales, elle aurait pu venir observer mon conjoint avec les enfants plutôt que de se fier à des hypothèses. Je lui ai demandé un véritable plan de match jusqu’à la levée de la supervision, et, pour la première fois depuis longtemps, j’ai senti une certaine ouverture.
Je lui ai rappelé que je suis une adulte. Personne ne peut prédire combien de temps durera une relation. Mais une chose est certaine : peu importe la personne qui partagera ma vie, mes enfants seront toujours ma priorité. Je n’hésiterai jamais à mettre fin à une relation qui ne leur convient pas. Mes enfants ont toujours été, et seront toujours, au cœur de chacune de mes décisions.
Aujourd’hui, je me pose une seule question. Ma décision de tout fermer fera-t-elle enfin réfléchir ce système? Comprendra-t-il un jour qu’exprimer sa douleur devant une injustice n’est pas un signe d’instabilité, mais une réaction profondément humaine? Comprendra-t-il qu’avant de protéger les enfants, il doit aussi apprendre à écouter ceux qui les aiment?
Parce qu’un système qui refuse de remettre ses décisions en question ne protège plus seulement les enfants : il risque aussi de détruire des familles qu’il aurait dû aider. Le courage n’est pas de prétendre être infaillible. Le vrai courage, c’est de reconnaître ses erreurs pour éviter qu’elles ne se répètent.
Madame
Il existe des blessures que personne ne voit.
Je suis une mère imparfaite.
Comme toutes les mères.
Je me suis trompée. Je suis tombée. Je me suis relevée. J’ai recommencé.
Mais rien ne m’a autant brisée que d’être séparée de mon enfant.
Pendant des années, j’ai regardé le temps passer pendant que d’autres décidaient quand, comment et combien de temps je pouvais voir mon fils.
Des audiences. Des rapports. Des recommandations. Des avocats. Des délais. Des remises. Des promesses.
Et pendant ce temps-là, mon enfant grandissait.
Pendant que certains accumulent des preuves, nous, on accumule surtout des absences.
Nous ne sommes pas des marchandeurs d’or.
Nous sommes des mères.
Des mères imparfaites qui ont porté leur enfant, qui ont connu son odeur de bébé, ses premiers pas, ses peurs, ses chagrins, ses victoires.
Et qui, un jour, doivent se battre pour tenter de regagner du temps auprès d’un enfant arraché à ses racines.
Dans les dossiers, on parle de conflits.
Dans mon cœur, on parle d’une absence.
On oublie parfois qu’un enfant n’est pas un bien à administrer.
Qu’une relation parent-enfant n’est pas un privilège qu’on accorde ou qu’on retire.
Qu’un enfant a besoin de ses deux racines pour grandir droit.
Depuis l’âge de 17 ans.
J’ai aujourd’hui 37 ans.
Vingt années de ma vie à naviguer entre les conflits, les recours, les avocats, les remises, les abandons, les promesses et les espoirs.
Plus d’une dizaine d’avocats.
Des périodes sans voir mon fils.
Des coupures de liens imposées selon le désir d’un autre.
Parfois plus d’un mois.
Parfois beaucoup plus longtemps.
Comme si l’amour d’une mère pouvait être mis sur pause.
Comme si le lien entre une mère et son enfant devenait négociable.
Comme si le temps perdu pouvait être récupéré plus tard.
Malgré tout, je suis encore là.
Fatiguée parfois.
Découragée souvent.
Mais encore debout.
Parce qu’une mère ne cesse jamais d’être une mère.
Même lorsqu’on lui ferme des portes.
Même lorsqu’on lui enlève du temps.
Même lorsqu’on tente de lui faire croire que sa place est devenue secondaire.
Je ne me bats pas contre quelqu’un.
Je me bats pour quelque chose.
Je me bats pour retrouver des moments ordinaires avec mon fils.
Pour entendre parler de sa journée.
Pour le voir rire.
Pour l’accompagner dans ses défis.
Pour être présente lorsqu’il aura besoin de moi.
Pendant qu’on se démène à rendre nos « contacts » amusants, invitants et le plus spontanés possible sous la loupe d’intervenants scrupuleux, ça tire la couverte de l’autre bord.
Pendant qu’on prépare des activités, qu’on réfléchit à chaque mot, qu’on espère arracher un sourire, une confidence ou simplement un moment ordinaire avec notre enfant, quelqu’un est parfois à l’affût du moindre faux pas, du plus petit reproche à ajouter aux archives déjà bien remplies des dix dernières années.
C’est épuisant de devoir continuellement prouver qu’on aime son enfant.
C’est épuisant de sentir que chaque geste est observé, analysé, interprété, alors que le temps, lui, continue de filer.
Parce qu’au bout du compte, ce ne sont pas les rapports qui grandissent.
Ce ne sont pas les dossiers qui deviennent adolescents.
Ce sont nos enfants.
Le plus douloureux, c’est peut-être de constater qu’à la fin, celui qui contrôle la relation finit souvent par gagner.
Celui qui contrôle l’information.
Celui qui contrôle les contacts.
Celui qui contrôle le récit.
Celui qui convainc les autres qu’il agit dans le meilleur intérêt de l’enfant tout en écartant doucement l’autre parent.
Pendant ce temps, le système remet des médailles à ceux qui gèrent les relations parent-enfant comme on gère un véhicule ou un bien immobilier.
Mais un enfant n’est pas un dossier.
Un enfant n’est pas une victoire.
Un enfant n’est pas un trophée.
C’est un être humain qui aime ses deux parents.
On peut remplir un compte de banque à la sueur de son front.
On peut reprendre un emploi.
On peut reconstruire une maison.
On peut rembourser des dettes.
Mais le temps perdu avec un enfant, lui, ne se remplit pas de nouveau.
Chaque journée qui passe.
Chaque anniversaire manqué.
Chaque Noël.
Chaque spectacle.
Chaque fou rire.
Chaque confidence qui n’a pas eu lieu.
Tout ce temps quitte définitivement le compte.
Sans possibilité de dépôt.
Sans possibilité de remboursement.
Sans possibilité de retour en arrière.
C’est peut-être cela qui est le plus difficile à expliquer à ceux qui ne l’ont jamais vécu.
On ne se bat pas pour récupérer un jugement.
On ne se bat pas pour récupérer de l’argent.
On se bat pour récupérer du temps.
Et le temps, lui, demeure la seule richesse qu’aucun tribunal, aucun avocat et aucune décision ne pourra jamais nous rendre.
Je continue parce que je carbure encore à l’espoir.
L’espoir qu’un jour nous serons réunis sous un nouveau jour.
L’espoir qu’il comprendra qu’il n’avait jamais à choisir entre ses parents.
L’espoir que toutes ces années ne définiront pas le reste de notre histoire.
Aujourd’hui, ma vie ressemble parfois à une maison qui a traversé plusieurs tempêtes.
Des bardeaux ont été arrachés.
L’eau s’est infiltrée.
La toiture a cédé par endroits.
Alors je remonte.
Je ramasse les morceaux un à un.
Je colmate les fissures.
Je reconstruis.
Parce qu’au fond, l’espoir est plus fort que les torrents de larmes versées.
Et tant qu’il me restera un souffle, je continuerai de croire qu’un jour mon fils et moi retrouverons ce qui n’aurait jamais dû être perdu.
Une maman qui attend patiemment, remplie d’espoir.
Mon enfer
TÉMOIGNAGE — Anonymisé
Bonjour. 35 ans de mariage, 4 enfants, un homme extrêmement jaloux, m’a toujours interdit de travailler. 2010, un cancer, stade 3, tout ce qui suit. Là j’ai réalisé que ma vie n’avait aucun sens, je pleurais souvent, aucune confiance en moi, une dépression s’est installée petit à petit, j’ai enduré, j’ai cracké, jusqu’à ce que je rencontre un médecin. Dépression sévère, hôpital 3 semaines, quelques mois plus tard un autre séjour à l’hôpital où l’on m’a donné une intervenante qui m’a aidée à la séparation, apprendre à vivre seule, donc je l’ai quitté.
Cet homme m’a harcelée plus d’un an, mais je n’ai pas voulu porter plainte pour l’amour de mes enfants. Il y a 4 ans il a rencontré une femme et là je peux vous dire l’enfer existe. Cette femme a encouragé mon ex à porter plainte contre moi, fausses plaintes. J’ai pris une avocate qui n’a absolument pas fait grand-chose pour moi mais j’ai payé. Entre-temps cette femme travaille à [lieu de travail et village retirés — pour protéger l’identité]. Un matin j’ai reçu une dizaine de messages de cette femme, je me suis informée qui elle était, donc au magasin je suis allée la voir, j’ai demandé c’est toi [nom retiré — atteinte à la réputation], elle me dit oui, j’ai levé mon cell, lui ai montré ces messages et je lui ai dit ne commence pas ça. Elle a été très surprise car elle ne me connaissait pas. Elle a commencé à faire de fausses plaintes.
12 juin 2024, j’avais une autre avocate du nom de [nom retiré — atteinte à la réputation]. J’ai envoyé mes preuves comme demandé, on s’est parlé par ordinateur, donc procès prévu 12 juin 2024. J’arrive accompagnée d’une de mes tantes et du plus vieux de mes garçons, elle me fait entrer dans un bureau et là je ne comprends pas grand-chose. Une fausse accusation qui disait que j’avais roulé à haute vitesse sur la [route retirée — pour protéger l’identité] dans une zone de 50 (en 37 ans de conduite je n’ai jamais été arrêtée, jamais) et là ma propre avocate me dit si vous voulez pas perdre votre permis de conduire que je pouvais me déclarer coupable sur un autre chef d’accusation. Je voulais pas. Et d’autres discussions que je ne me rappelle pas, le stress est entré en moi.
Donc là, moi qui croyais que j’allais avoir un procès, rien. Le procureur [nom retiré — atteinte à la réputation] parlait, je comprenais vraiment pas, j’ai fait une montée de pression, les paramédics ont été appelés, on m’a amenée dans un bureau, j’arrivais pas à tenir debout. Donc après être remise, retour à l’avant, et là le juge [nom retiré — atteinte à la réputation] qui parle à une vitesse incroyable. J’ai dit je comprends rien, j’ai levé les bras en l’air et j’ai dit à mon avocate défendez-moi, je paniquais. Le juge continuait à parler et mon avocate ne faisait que des signes de tête pour oui, donc je répondais oui, pour au final me faire déclarer coupable. Aucune de mes preuves, aucun de mes témoins, rien. Le procureur m’a posé une seule question après ça, et le verdict coupable de tout. J’étais anéantie.
Je ne peux pas tout écrire mais ça fait 4 ans que ça dure, des fausses plaintes toujours, mon ex, sa conjointe [nom retiré — atteinte à la réputation] et sa famille à elle. En 4 ans, j’ai eu une première semaine de prison, ensuite un mois de prison, ensuite un autre 3 mois de prison, prison de New Carlisle, transférée à Orsainville, et transférée à Leclerc à Laval. Après 2 mois je n’en pouvais plus d’être là, la peur, la panique. J’ai supplié mon conjoint d’appeler le procureur, de faire quelque chose, car j’ai toujours crié que j’étais pas coupable. Il le rejoint, il lui demande pourquoi [prénom retiré — pour protéger l’identité] est rendue à Leclerc, réponse de [nom retiré — atteinte à la réputation] : elle est partie en thérapie. Mon conjoint très fâché a levé le ton, le procureur lui a raccroché au nez.
Surprise, le lendemain matin j’ai une visio avec une autre avocate. Cette avocate, je l’ai eue quand j’étais à New Carlisle : un lundi visio avec un juge, le mardi et le mercredi toujours avec ce même juge, il s’est levé et m’a dit, devant les gardiens, madame je vais vous trouver un avocat neutre. Cette avocate du nom de [nom retiré — atteinte à la réputation] avait bien débuté avec moi, après plus rien, elle a été en contact avec ma première avocate [nom retiré — atteinte à la réputation]. J’étais découragée, ça faisait un an et demi, la prison Leclerc, et je vous jure que je n’ai jamais su quelles plaintes ont été portées contre moi. [nom retiré — atteinte à la réputation] ne m’a jamais contactée à la prison, aucun retour d’appel.
Donc le téléphone de mon conjoint a porté fruit, visio le lendemain, ma propre avocate m’oblige à me déclarer coupable si je voulais sortir. Dans mon état j’ai déclaré coupable mais j’ai tellement pleuré, incapable de me lever de cette chaise. Les gardiens ont été corrects avec moi, ils ont fermé la porte et m’ont dit de prendre le temps qu’il faut. Le soir je suis sortie, on est allé me porter au centre-ville de Montréal, je panique seule là, j’ai appelé ma sœur qui est venue me chercher avec son conjoint. Quand elle m’a vue elle est restée sous le choc, j’étais amaigrie, mon corps était là mais mon esprit ailleurs. Choc post-traumatique, cauchemars des mois de temps, une angoisse terrible, une peur de voir la police venir me chercher, je ne sortais plus.
En tout j’ai plus de 2000,00 $ d’amendes, travaux communautaires, couvre-feux, interdit d’aller dans mon village natal où j’ai vécu 55 ans car mon ex et sa conjointe habitent là, interdit de rouler sur la [route retirée — pour protéger l’identité] dans mon village natal, un dossier criminel qui me fait mal en maudit. Je n’ai plus d’argent, je ne vis pas je survis, toujours avec cette peur constante. Je ne peux pas tout écrire, mais la justice m’a fait du mal, à mes enfants, mes proches, épouvantable. Et le pire, ce n’est même pas terminé, cour en septembre, cette fois-ci la sœur de la conjointe de mon ex, [nom retiré — atteinte à la réputation].
La justice m’a brisée, la justice m’a détruite. J’ai pris la décision de ne plus retourner à la cour, car 4 ans sans aucun procès, aucune de mes preuves, des témoins qui voulaient parler, rien. À l’instant où j’arrive à un palais de justice je perds complètement mes moyens, j’ai peur. J’ai même une lettre de vengeance écrite par mon ex. Je suis à bout. J’oubliais, plusieurs séjours en psychiatrie, m’obliger à prendre des médicaments que mon médecin m’a enlevés. Quand je recule de 4 ans, aucun dossier criminel, rien. Aujourd’hui j’ai appelé pour les assurances de ma voiture, il demande avez-vous un casier criminel. C’est horrible. Voilà, il y a trop à écrire mais ma santé en a pris un coup. Merci à vous.
Les conséquences dans le système après la violence conjugale
On nous encourage à porter plainte lorsqu’on vit de la violence. J’ai choisi de porter plainte pour ma liberté et celle de mes enfants.
1- Les processus sont longs et les mesures de protection lors de bris de conditions sont inadéquates. J’ai dû changer et cacher mon adresse partout, dans tous les organismes comme le docteur de mon fils, etc. Je suis même allée jusqu’à demander de cacher mon adresse sur le registre de mon entreprise. La chambre criminelle et familiale ne se parlent pas. Première faille. 2 avocats ont commis des fautes de déontologie, j’ai porté plainte au syndic, et le syndic a pris près d’un an à évaluer, et rien n’était grave selon eux.
2- Il y a eu des signalements à la DPJ, tous ceux faits par des personnes n’ont pas été retenus. Ceux faits par des professionnels comme les infirmières (geste de violence dans la salle d’accouchement), ou le service de garde ont été évalués. Au premier, les intervenantes m’ont demandé devant l’agresseur (le père) s’il avait été violent avec moi, j’ai bien sûr dit non. Mais ce n’était pas vrai, et se faire poser cette question devant lui a été très difficile. Autre erreur grave, la DPJ, lorsqu’ils ont judiciarisé le processus au second signalement, ont divulgué mon adresse sur les documents de cour. J’ai déposé 2 plaintes à la commissaire aux plaintes et aucune n’a été retenue. Lors du processus en cours, le père a avoué avoir brisé sa probation devant les juges. Aucune mesure n’a été prise à ce moment.
Mon histoire avec la DPJ
TÉMOIGNAGE
Aujourd’hui, je ressens le besoin de raconter mon histoire. Ce n’est pas pour susciter la pitié, mais pour témoigner de ce que j’ai vécu. Mon histoire est longue, complexe et douloureuse, mais elle mérite d’être entendue.
Tout commence dans les années 1980. Ma mère est une jeune mère monoparentale qui élève seule mon frère. Elle travaille et fait tout ce qu’elle peut pour répondre à ses besoins. Un jour, à la suite d’un signalement, probablement fait par la gardienne de l’époque, la DPJ retire mon frère, qui n’a que deux ans.
À la suite de ce retrait, ma mère fait une grave dépression et est hospitalisée en psychiatrie. Lorsqu’elle sort de l’hôpital, elle tente de reprendre contact avec son fils. C’est alors qu’on lui annonce qu’il a été adopté.
Elle tombe en état de choc.
Selon ses souvenirs, elle n’a jamais accepté cette adoption ni signé de document en ce sens. Cette annonce la plonge dans une immense souffrance. À partir de ce moment, sa santé mentale se détériore profondément.
Je tiens à préciser que ma mère était, et est toujours, une femme douce, gentille et profondément aimante. Malgré les problèmes de santé mentale avec lesquels elle s’est battue toute sa vie, elle s’occupait bien de moi. Je crois que cette maladie est apparue à la suite du traumatisme qu’elle a vécu lorsque mon frère lui a été retiré.
À la fin des années 1980 [année de naissance retirée — pour protéger l’identité], je viens au monde. Je nais dans une famille déjà profondément marquée par ce qui s’était passé avec la DPJ. Ma mère portait encore les blessures laissées par le retrait de mon frère et tout ce qu’elle avait vécu.
Mon père biologique n’a jamais fait partie de notre vie. Il ne voulait pas d’enfant, mais ma mère a choisi de me garder.
Par la suite, ma mère a rencontré un homme qui est devenu mon père adoptif. Il l’a épousée et m’a adoptée afin de me sortir du système des familles d’accueil. Pour moi, il a toujours été un véritable héros. Lui aussi prenait bien soin de moi.
Avant même l’âge de deux ans, je suis retirée à mon tour. La raison invoquée est l’instabilité psychologique et émotionnelle de ma mère.
Après ce premier placement, je retourne vivre avec ma mère et mon père adoptif. Malheureusement, cela ne dure pas. La DPJ revient et me retire encore une fois. Encore et encore, la santé mentale de ma mère est utilisée comme motif.
J’ai toujours eu le sentiment que la DPJ cherchait constamment des défauts ou des raisons d’intervenir plutôt que d’aider notre famille.
C’est ainsi que commence mon enfance.
Une enfance où je fais constamment le yo-yo entre ma mère et mon père adoptif, les familles d’accueil et les centres d’accueil.
Au total, j’ai connu six familles d’accueil ainsi que deux centres d’accueil.
Je tiens à préciser une chose importante : je n’étais pas une enfant délinquante. Je n’avais pas de problèmes de comportement. J’étais une enfant calme, timide, qui avait appris à se faire toute petite pour ne déranger personne. J’avais très peu d’estime de moi et un immense manque de confiance. J’étais simplement une enfant brisée par le système.
À l’adolescence, j’ai enfin eu accès à mon dossier. C’est à ce moment-là que j’ai découvert plusieurs rapports contenant, selon moi, de nombreuses informations fausses.
Par exemple, un rapport affirmait que j’avais volé des médicaments à ma mère. C’est totalement faux.
Un autre disait que, pendant les récréations à l’école, je retournais à la maison pour vérifier si ma mère allait bien parce que je prenais trop de responsabilités envers elle. Là encore, c’était faux.
Et ce ne sont que quelques exemples parmi plusieurs affirmations qui, selon mes souvenirs et mon vécu, ne correspondaient pas à la réalité.
Lire ces rapports a été extrêmement difficile. J’avais l’impression que des informations inexactes avaient contribué aux décisions prises concernant ma famille.
Un autre événement m’a profondément marquée.
Vers l’âge de dix ans, la DPJ m’a demandé de rencontrer un psychologue pour une évaluation en lien avec de possibles attouchements sexuels.
Pourtant, à ma connaissance, je n’avais jamais été victime d’agression sexuelle.
Je ne comprenais même pas pourquoi j’étais là. On me posait des questions comme si j’avais vécu ce genre de situation. Je répétais que ce n’était pas le cas, mais j’avais l’impression que le psychologue devait réaliser l’évaluation qui lui avait été demandée par la DPJ.
Je n’ai jamais compris pourquoi j’avais dû subir cette évaluation.
Avec le recul, je crois que cette expérience a laissé des traces. Elle a contribué à créer une méfiance envers les hommes, alors que je n’avais jamais vécu les événements pour lesquels j’étais évaluée.
À quinze ans, alors que j’étais en famille d’accueil, j’ai commencé une relation avec un homme de vingt-trois ans. Je le connaissais déjà [lien familial retiré — atteinte à la réputation].
Rapidement, il est devenu très contrôlant et dominateur. Comme j’étais déjà fragilisée par tout ce que j’avais vécu, je me suis adaptée à cette relation sans réaliser à quel point elle était malsaine.
À dix-sept ans, je suis tombée enceinte.
C’est alors qu’il a demandé au tribunal d’obtenir ma garde. Le juge a accepté et la DPJ m’a remise à lui.
Cet homme me faisait subir de la violence physique et psychologique. Il me contrôlait, m’isolait et m’empêchait de voir mes proches.
À plusieurs reprises, la police est intervenue après des signalements de cris. Chaque fois, il expliquait que j’étais une jeune difficile provenant de la DPJ et qu’il avait ma garde. Les policiers repartaient.
Une fois, ils ont même appelé ma travailleuse sociale. Lorsqu’elle est arrivée, elle m’a réprimandée parce qu’il lui avait fait croire que tout était de ma faute. Pourtant, ce n’était pas vrai.
À dix-huit ans, la DPJ est sortie de ma vie.
Quelques mois auparavant, j’avais donné naissance à ma fille. Pour la première fois de ma vie, j’ai découvert ce qu’était l’amour inconditionnel.
J’étais une maman présente, aimante et dévouée.
Mais je vivais toujours sous l’emprise de cet homme.
À vingt ans, j’ai eu un deuxième enfant. Puis un troisième.
Pendant seize ans, j’ai subi la violence physique, psychologique, le contrôle, les humiliations et l’isolement.
À trente-deux ans, malgré toutes mes peurs, j’ai trouvé le courage de partir avec mes enfants.
C’était l’une des décisions les plus difficiles de ma vie.
J’avais peur de tout. J’avais grandi dans un système qui m’avait appris à survivre plutôt qu’à vivre.
Aujourd’hui, avec le recul, je ressens le besoin de raconter mon histoire.
Je ne prétends pas que toutes les interventions de la DPJ sont mauvaises. Je sais que des enfants ont besoin d’être protégés.
Mais dans mon cas, je garde le sentiment qu’au lieu d’aider notre famille, le système l’a profondément brisée.
La DPJ a d’abord retiré mon frère. Puis elle m’a retirée à mon tour.
Ma mère n’a jamais retrouvé la femme qu’elle était avant ces événements. Moi, j’ai grandi sans stabilité, ballotée entre plusieurs familles d’accueil et centres d’accueil. J’ai aussi découvert, en lisant mon dossier, des rapports qui contenaient selon moi des informations fausses et qui ont pu influencer les décisions prises à notre égard.
Je ne pourrai jamais récupérer l’enfance qu’on m’a enlevée.
On dit souvent que le temps guérit les blessures. Certaines blessures ne guérissent jamais complètement. On apprend seulement à vivre avec.
La DPJ m’a volé mon enfance, mais elle ne me volera pas ma voix.
Aujourd’hui, je choisis de raconter mon histoire.
Mes 2 bébés ont été enlevés
Mes 2 bébés ont été retirés injustement a la hôpital la première en avril 2021 , 10 jour de vie, st Jérôme et la deuxième a 2 jour de vie a ste Agathe des monts, je l’ allaitait aussi..
ordonance non respecter
Bonjour à tous, voici mon parcours avec la DPJ.
Petit résumé : je suis une ex-enfant de la DPJ. À mes 20 ans, j’ai donné naissance à une de mes filles. En 2022, j’ai eu la DPJ avec ma première enfant, mais la DPJ savait que j’étais encore enceinte d’un deuxième enfant. Lors des tribunaux, les intervenantes au dossier voulaient faire le retrait de mon 2e enfant, et ce, même avant sa naissance — il n’était même pas encore né qu’on avait déjà en tête de me le retirer.
J’ai mis au monde ma 2e fille en 2024. Quelques jours après avoir été transférée à l’hôpital, nous faisions, moi et le père, plusieurs visites à notre poupon. Un vendredi, alors que j’étais à mon domicile en contact avec ma première fille et que je ne pouvais pas aller voir mon poupon, une intervenante s’approche de moi. Elle ne se présente pas, me parle de mon passé. J’ai réalisé que ce n’était pas un transporteur, donc j’ai immédiatement pris ma fille dans mes bras et je lui redemande de s’identifier par mesure de sécurité. Elle finit par me nommer son nom. Le père me texte et me dit qu’il ne peut plus aller au chevet de notre poupon, et c’est à ce moment que l’intervenante me dit que nous ne pouvons plus voir notre enfant, que nous serions supervisés, et qu’elle avait déjà trouvé une famille d’accueil bien avant de passer au tribunal et d’obtenir un mandat légal pour le faire. C’était une alerte-bébé. Ceci est une pratique que je conteste : le rôle de la DPJ est aussi d’accompagner les parents, de les outiller et de les référer à des organismes avant de retirer un enfant de son milieu.
Petit résumé de ma situation : j’étais jeune, vulnérable, moins outillée, dans une relation toxique où j’ai été victime de violence conjugale pendant 3 ans. Je ne consomme pas, je n’ai pas de casier judiciaire, et j’avais un logement depuis 3 ans. Avant de retirer la garde de ma première fille, je l’ai eue avec moi pendant 3 à 6 mois, seule à la maison, monoparentale.
Dans ce dossier, je me suis toujours investie afin de me battre pour mes enfants. Le motif de compromission était un « risque de négligence ». Un risque de négligence ne veut pas dire en avoir ! Mes enfants n’ont jamais été exposés à la violence.
J’ai eu plus de 7 intervenantes au dossier. J’ai demandé à plusieurs reprises ce que je devais travailler afin de récupérer mes enfants, mais on ne m’a référée nulle part, on ne m’a pas accompagnée vers des ressources. C’est difficile : être un parent avec la DPJ, on ne peut pas aller chercher des organismes si on n’a pas la garde de l’enfant. J’ai demandé le programme SIPE, le programme 0-5 ans, le CÉNAME, une psychoéducatrice… tous ces organismes m’ont été refusés parce que je n’avais pas la garde. J’avais le programme OLO dans mon premier dossier, mais quand la DPJ est arrivée, le dossier s’est fermé. Je me retrouve seule, sans aide. J’étais tout de même accompagnée de travailleurs de rue et d’une maison d’aide qui faisait de la prévention sur la violence conjugale.
Dans ce dossier, plusieurs intervenantes ont menti au tribunal pour essayer de me mettre à tort. Heureusement, je suis une mère prévoyante : j’ai fait la demande d’accès aux notes des intervenantes, plans d’intervention, contacts, etc. Je n’ai jamais été supervisée avec ma première. Une fois, mon avocate posait des questions à une intervenante, car nous nous questionnions sur son témoignage concernant mes contacts. Nous avions vérifié les notes : l’intervenante affirmait que je n’étais pas présente à un contact, alors que sur sa propre note il était écrit que j’étais bien présente. Après ce tribunal, cette intervenante a démissionné. J’ai eu 4 intervenantes qui ont démissionné.
Je me sentais harcelée : on me suivait dans la rue, une intervenante a voulu prendre mon domicile en photo sans mon consentement. Nous avons donc demandé un 810, qui a été autorisé.
J’ai eu comme ordonnance plusieurs augmentations de contacts autorisées au tribunal, mais la DPJ ne respectait pas l’ordonnance. Avec ma première fille, j’ai failli avoir une lésion de droit. Nous avions demandé un retour progressif à la maison pour janvier 2025, autorisé. Malgré mon ordonnance, la DPJ repassait au tribunal en pro forma et plusieurs débats inutiles ont eu lieu, pendant que les délais s’allongeaient. Le juge finit par oublier mon ordonnance. Je me lève et je dis au juge : « J’étais censée avoir un retour progressif à la maison. » Le juge ne me croyait pas, me faisait passer pour une menteuse. Mon avocate a cherché dans les archives, a trouvé l’ordonnance et l’a déposée en cour : « Ma cliente a raison. » Finalement, je n’ai jamais eu justice, et mes filles ne sont pas avec moi. J’ai eu droit à des dodos à la maison, à des 14 h, 8 h, 4 h, 2 h, deux fois aux deux semaines. C’est désolant.
2 ans se sont écoulés. J’ai maintenant 23 ans, je suis dans une nouvelle relation stable. Ni moi ni le père n’avons de casier judiciaire, nous ne consommons pas, et le père n’a jamais été dans le système DPJ. Nous avons un grand réseau de soutien, sain, et une famille très présente des deux côtés. Après plusieurs mois, nous apprenons que je suis enceinte. Nous préparons le shower pour toute la famille. Malgré la joie immense — c’est le premier enfant de ce père — nous avions peur vu mon contexte.
Pendant ma grossesse, j’ai pris contact avec une intervenante qui aide certains parents dans le but de retourner l’enfant auprès des parents. J’ai voulu établir plusieurs facteurs de protection pour ne pas faire retirer ce poupon. J’ai eu un accouchement difficile, avec des complications médicales sérieuses. Mon enfant est né en santé, c’est tout ce qui compte. Mais pour ma part, j’ai vécu de graves problèmes médicaux non pris au sérieux : je me plaignais de douleurs intenses, on m’a ignorée, et on a fini par découvrir, après 48 h, une fracture qui expliquait que je ne pouvais plus marcher. Plusieurs témoins de la famille et une intervenante étaient présents. Mon copain a dû assumer seul les soins du bébé, car le personnel ne venait pas. Aucune femme en grossesse n’aurait voulu vivre ce genre de drame.
Malgré tout, nous n’avons eu AUCUN signalement à l’hôpital. Plusieurs infirmières me félicitaient et me disaient que j’étais une très bonne mère. Pourtant, une intervenante de la DPJ liée à mon autre dossier m’a texté qu’elle allait devoir signaler la situation. Une visite de la DPJ est venue à mon chevet pour me faire signer des papiers, en me pressant, en me disant que si je ne donnais pas une réponse immédiate, ils retireraient mon enfant dans un délai de 24 à 48 h — alors que je demandais à appeler un avocat, et que j’avais un rendez-vous médical important pour obtenir mon congé. Le motif invoqué : mon passé.
Mon passé ne devrait pas définir mon présent. Ce n’est pas la même situation, pas le même père, nous avions des facteurs de protection, nous sommes bien entourés. J’ai l’impression de ne pas être traitée de façon impartiale. Au présent, ils n’ont rien à me reprocher. Notre avocat s’est levé en disant à l’intervenante que les fausses accusations faites à notre égard étaient très graves. Malgré tout, notre demande d’avoir le petit auprès de nous a été autorisée.
De retour chez moi, mon intervenante me harcelait par texto en dehors de ses heures de travail — 22 h, 23 h le soir — pour m’intimider. Où est mon droit à la vie privée ? Il fallait que je réponde chaque fois pour dire où j’étais avec l’enfant, envoyer des photos.
Depuis, nous faisons tout pour ravoir notre garçon. On mentionne que le but est un retour en famille, mais rien n’avance. L’intervenante était censée me référer à des ressources, elle ne l’a jamais fait. Je nous ai inscrits moi-même à des programmes (YAPP, Mille-Pattes Mille-Mots, ateliers) pour travailler sur ce qu’on me reproche, mais l’intervenante ne me donne pas accès pour participer. Nous avons demandé une évaluation des compétences parentales avec une psychologue en privé; elle refuse. Elle refuse toutes nos demandes d’augmentation et de contacts supplémentaires, alors que nous sommes présents à tous nos contacts et que nous essayons de faire avancer le processus.
Voici mon parcours, en court résumé.
Dpj
En septembre 2025, je reçois un appel d’une travailleuse sociale. Elle doit suivre un protocole et m’apprendre que ma fille aurait été victime d’une agression, il y a 3 ans de ça. Je cherche des réponses, des explications. Je n’y comprends rien : j’ai toujours eu la garde partagée de ma fille sans accroc, elle n’a jamais manqué de rien.
À travers cela, j’apprends que la DPJ est visée par des accusations. Comme tout bon parent, je préviens ma fille d’un potentiel danger. Et à ce moment, le 22 décembre 2025, un signalement est fait contre moi et on me retire la garde de ma fille, cette même journée : mon vocabulaire « nuirait » à ma fille. [Passage retiré par la modération — allégation visant une personne identifiable.]
Je n’embarque pas dans l’engrenage de la DPJ, car ça leur donne raison. Nous sommes en juillet 2026, je n’ai accès à rien, personne ne me tient au courant de quoi que ce soit. Le 25 juin, je devais recevoir un appel, car j’ai demandé une entente à l’amiable — aucun appel. On me répond « au mois » car je demande sans cesse des réponses.
Ils ont fermé le dossier sur l’enquête concernant ma fille. J’ai fait des plaintes au syndic, même à la SQ. [Noms retirés par la modération.] On m’a dit que ma fille finira par avoir 18 ans, si elle veut porter plainte.
J’ai demandé à la travailleuse sociale ses preuves de profession, elle n’en a pas. Après 3 rencontres, elle avait fait des rapports que je conteste. Et puisque je ne coopère pas dans leur sens, le dernier rapport indique « nuisance psychologique » et « nuisance à la santé ». Ma fille n’a jamais manqué de rien.
Si j’avais su il y a 3 ans que ma fille était maltraitée, ma vie et celle de mes enfants auraient été bien différentes. Pourquoi me l’avoir caché ? On me retire la garde. La DPJ est même allée jusqu’à saisir le tribunal pour médicamenter ma fille pour un TDA qu’elle n’a jamais eu, c’est évident.
Elle avait peur de me dire la vérité, donc à la fin c’est ma fille qui me le demandait, tellement elle était tannée de se le faire proposer par [référence retirée par la modération], l’école, les intervenants. Je leur disais : ma fille n’a pas de TDA, changez-la d’école et le problème sera résolu. Rien n’a été fait.
Et aujourd’hui, c’est moi le méchant. Ma fille et moi étions très proches. On m’a volé mon enfant depuis le 22 décembre 2025.
Avocat
Depuis des années, que ce soit un avocat que je paie ou à l’aide juridique, rien ne change. Cabinet qui ferme, avocat qui se retire avec mon argent, incompétence… Même un qui m’a dit qu’avec l’aide juridique il n’est pas payé, donc qu’il n’a pas d’expérience. [Noms retirés par la modération.]
Depuis 2019, 8 avocats, et aucun de mes dossiers n’est réglé. Ne sachant pas où m’aligner, et avec la remise de procès, j’ai perdu mon commerce, mon logement, j’ai dû m’éloigner de mes enfants. Bref, depuis exactement 2022, je vis au jour le jour. Je ne loue que des chambres, car j’ai peur de perdre mon logement. Je n’accepte pas les emplois, de peur de les perdre.
Chaque avocat me dit de plaider coupable, et aucun d’eux n’a voulu entendre ma version. Ma défense ne compte pas pour eux. Par contre, ma vie est détruite.
Mon expérience avec les avocats en tant que victime
⚖️ J’ai passé 8 années dans le système de justice au criminel en tant que témoin et victime, de la dénonciation à la police jusqu’à la condamnation.
J’ai été coreprésentant d’une action collective pendant 4 ans.
Et je me représente seul depuis près de 4 ans dans une action individuelle en justice.
J’ai côtoyé, collaboré et croisé le fer avec plusieurs avocat(e)s.
Et ce que je retire de mon expérience, c’est que les avocats sont les meilleurs menteurs qui soient.
C’est franchement cynique et désabusant.
Bien entendu, il y a des exceptions. Il existe de bons avocats avec de l’intégrité mais ils sont l’exception et non la norme.
De façon générale, la fin justifie les moyens et le mensonge est monnaie courante dans les salles de cour et derrière les portes closes.
Bravo à cette avocate d’avoir le courage de dénoncer cette réalité. 👩⚖️
Seul devant le tribunal : comment j’ai perdu confiance dans le système de justice familiale au Québec
Si j’ai décidé de raconter mon histoire publiquement, ce n’est pas pour me venger de qui que ce soit.
Je veux que les citoyens, les décideurs et les institutions comprennent ce que vivent certains parents lorsqu’un conflit familial dure pendant des années.
Aujourd’hui, je me sens complètement seul.
J’ai consulté des avocats, j’ai demandé l’aide de différents organismes et j’ai essayé de suivre toutes les démarches possibles. Pourtant, dans les faits, j’ai souvent eu l’impression qu’il est presque impossible de défendre ses droits lorsqu’on n’a pas les moyens financiers de payer des dizaines de milliers de dollars en frais juridiques.
À mes yeux, il ne devrait pas être nécessaire de dépenser 30 000 $, 40 000 $ ou davantage simplement pour essayer de préserver la relation entre un parent et son enfant.
Aujourd’hui, je vois très peu ma fille. Notre relation est devenue extrêmement difficile et cette réalité me fait souffrir chaque jour. J’ai demandé à plusieurs reprises si le temps parental pouvait être revu afin de favoriser le développement de notre relation, mais je n’ai pas obtenu les changements que j’espérais.
Au fil des années, j’ai également eu l’impression d’être tenu à l’écart de nombreux moments importants de sa vie. Je n’ai pas pu partager plusieurs fêtes de Noël avec elle, ni la fête des Pères. Je ne suis pas toujours informé des activités scolaires et il m’arrive d’avoir le sentiment de manquer des moments importants de son enfance.
Toute ma famille vit en Italie. J’aurais tellement aimé que ma fille puisse connaître sa grand-mère, ses proches et une partie de ses racines. Jusqu’à aujourd’hui, cela n’a jamais été possible.
Pendant toutes ces années, cette situation a eu des conséquences importantes sur ma santé. J’ai vécu un stress immense, j’ai connu des périodes de profonde détresse psychologique, j’ai perdu mon emploi et j’ai dû emprunter de l’argent à ma famille afin de faire face aux dépenses liées aux procédures judiciaires et à mes obligations financières.
Aujourd’hui, ma vie a changé. Je suis de nouveau père. J’ai construit une nouvelle famille et j’essaie d’offrir un environnement stable, sécuritaire et rempli d’amour à mes enfants.
Malgré cela, je continue de croire que le système devrait permettre aux parents de maintenir une relation saine avec leurs enfants lorsque cela est dans leur intérêt.
Je ne demande aucun traitement de faveur.
Je demande seulement d’être entendu, d’être traité équitablement et de pouvoir exercer pleinement mon rôle de père.
J’espère sincèrement que mon témoignage contribuera à ouvrir une réflexion sur l’accès à la justice familiale au Québec, sur les coûts parfois inaccessibles des procédures et sur l’importance de préserver le lien entre un enfant et ses deux parents.
Si mon histoire peut éviter qu’une autre famille vive la même souffrance, alors elle aura servi à quelque chose.
Mon enfer
Dépression sévère, séparation après 35 ans de mariage et 4 enfants, harcèlement de la part de mon ex. Mon erreur : je n’ai pas porté plainte, pour l’amour de mes enfants.
Il y a 4 ans, il rencontre une femme. S’ensuivent, selon mon expérience, de nombreuses plaintes que j’estime sans fondement. Ma dépression s’enfonce. En 4 ans, 3 séjours en prison, dont le dernier horrible : aucun témoin n’a été appelé, mes preuves jamais vues. Des arrestations, je ne les ai pas comptées. Tout mon argent y a passé. Je n’ai jamais eu le droit de travailler.
Je vis plus, je survis, et personne ne m’aide. J’ai supplié les policiers, dont un m’a crié par la tête « tu n’as pas de preuves ». Et j’ai su pourquoi les avocats ne m’ont jamais défendue.
J’ai fait faire une mise en demeure qui m’a coûté 500 $ et qui n’a jamais été envoyée, après toutes les vérifications. L’avocat ne voulait pas me rembourser; j’ai appelé le syndic, qui a donné raison à cet avocat. Plusieurs avocats ont accepté de me défendre sans me défendre. Il y a quelques semaines, j’ai su qu’il était écrit « conflit » dans mon dossier d’aide juridique — c’est la nouvelle secrétaire qui me l’a dit. J’ai pris des informations et rappelé; elle me dit qu’elle l’avait enlevé. Là j’ai un avocat, mais le mal est fait.
Ils m’ont même obligée à plaider coupable sur une accusation pour ne pas perdre mon permis de conduire — une plainte disant que je roulais à haute vitesse dans une zone de 50. En 37 ans de conduite, je n’ai jamais été arrêtée par la police, et là encore une fausse plainte. Un dossier criminel que je ne suis pas capable d’accepter.
Ma santé a beaucoup dépéri et je suis fatiguée de vivre de peur, de stress, de cauchemars. Je veux que ça cesse. Je veux ma vie, celle que l’on m’a volée. J’aimerais pouvoir tout écrire, mais 4 ans intenses, c’est trop long.
Merci pour ce que vous faites. J’espère de tout cœur que vous puissiez faire quelque chose pour nous et pour ceux à venir. J’ai encore une cour en septembre, je n’arrive même plus à y faire face, je craque, je panique à chaque fois. J’ai extrêmement peur des palais de justice, extrêmement peur de voir les policiers partout.
Quand une erreur dans un dossier peut bouleverser une famille
Je souhaite demeurer anonyme.
Si je prends la parole aujourd’hui, ce n’est pas seulement pour moi ni pour mes enfants. C’est parce que je ne peux m’empêcher de penser à toutes les familles qui n’auront jamais les moyens, les connaissances ou l’énergie de faire ce que j’ai été en mesure de faire.
Tout a basculé le jour où, à l’audience, j’ai entendu le procureur expliquer qu’une erreur de copier-coller s’était retrouvée dans un document de preuve déjà déposé devant la Cour. Un extrait provenant d’un autre rapport avait été inséré dans le mauvais document. Cette erreur a été qualifiée de « coquille ».
Pour moi, ce mot était impossible à accepter.
Une coquille est une faute de frappe. Ici, il était question d’un document de preuve utilisé dans un dossier de protection de la jeunesse. Un document sur lequel un tribunal pouvait s’appuyer pour rendre une décision concernant un enfant.
Le plus inquiétant n’est pas seulement que cette erreur se soit produite.
Le plus inquiétant, c’est que personne ne l’avait détectée avant son dépôt devant la Cour.
Ni l’intervenant.
Ni les gestionnaires.
Ni les avocats.
C’est moi, le parent directement concerné, qui ai découvert cette erreur en analysant les documents qui m’avaient été transmis moins de 48 heures avant l’audience.
Si je ne l’avais pas relevée, elle serait demeurée au dossier.
Depuis maintenant 20 ans, j’exerce les fonctions d’inspectrice et j’ai été appelée à témoigner devant les tribunaux à de très nombreuses reprises. Au fil de ma carrière, j’ai appris qu’un document de preuve doit être vérifié avec une rigueur absolue, parce qu’il peut influencer une décision de justice. Jamais je n’avais été confrontée à une situation où une erreur de cette nature était invoquée pour expliquer le contenu d’une preuve déjà produite devant un tribunal.
C’est à ce moment-là que j’ai compris que mon inquiétude dépassait largement mon propre dossier.
Je me suis demandé ce qui serait arrivé si je n’avais pas lu chaque page attentivement.
Je me suis demandé combien d’autres parents reçoivent des centaines de pages quelques heures avant une audience, sans avoir le temps de tout vérifier.
Je me suis demandé combien d’entre eux auraient remarqué une erreur semblable.
Et surtout, je me suis demandé combien d’erreurs peuvent passer inaperçues lorsqu’un parent n’a ni les connaissances, ni les ressources financières, ni un avocat pour l’aider.
Les dossiers de protection de la jeunesse reposent en grande partie sur les rapports des intervenants. Ces rapports orientent les interventions et éclairent les décisions du tribunal. Ils peuvent influencer durablement la vie d’un enfant et de sa famille.
C’est pourquoi, lorsqu’une erreur importante est découverte dans une preuve déjà déposée, il est légitime, à mon avis, de se demander si les mécanismes de vérification sont suffisamment rigoureux et si les contrôles en place sont à la hauteur des conséquences que peuvent entraîner ces dossiers.
Je peux me défendre. J’ai les connaissances nécessaires pour analyser des documents complexes et je peux retenir les services d’un avocat.
Mais ce n’est pas le cas de tout le monde.
Je pense aux parents monoparentaux épuisés, à ceux qui vivent déjà des difficultés personnelles, à ceux qui n’ont pas les moyens de contester une preuve ou de faire vérifier leur dossier.
Eux aussi méritent que les documents déposés devant les tribunaux soient d’une exactitude irréprochable.
Je ne remets pas en question le dévouement de tous les intervenants.
Je suis convaincue que plusieurs accomplissent leur travail avec professionnalisme dans un contexte exigeant.
En revanche, je crois qu’un système qui possède un pouvoir aussi important sur la vie des familles ne peut pas reposer uniquement sur la confiance. Il doit aussi reposer sur des mécanismes de contrôle robustes, une assurance qualité rigoureuse et une véritable reddition de comptes lorsque des erreurs surviennent.
À mes yeux, le Québec doit ouvrir une réflexion sérieuse sur les pratiques de la protection de la jeunesse et sur la nécessité de mettre en place un organisme de surveillance véritablement indépendant, capable d’examiner les erreurs, les plaintes et les pratiques avec impartialité.
Je ne témoigne plus seulement pour mes enfants.
Je témoigne pour tous les parents qui n’auront peut-être jamais la possibilité de faire entendre leur voix.
Parce qu’au bout de chaque dossier, il n’y a pas qu’un numéro.
Il y a un enfant.
Il y a une famille.
Et lorsqu’une erreur se retrouve dans une preuve, ce n’est jamais seulement une page qui est en cause.
C’est parfois la confiance envers tout un système qui est ébranlée.
Dossier
Bonjour, je suis une jeune maman de 26 ans, deux enfants en bas âge. Ça fait 3 ans que je me bats pour les ravoir. Il n’y a aucune ouverture. J’ai tout fait ce qu’on m’a demandé, et même au-delà. J’ai porté plainte à la CDPDJ, je n’ai pas été entendue.
Le retour de mes enfants avait été priorisé par un juge; la DPJ en a décidé autrement. Ils ont décidé qu’ils ne travailleraient pas le retour à la maison et de placer mes enfants dans des banques mixtes, sans passer devant le juge. La travailleuse sociale à mon dossier m’a demandé de faire adopter mes enfants à l’amiable.
Sans parler des déplacements : ça me prend 2 h pour me rendre au bureau, à l’autre bout de la ville. On dit que les enfants sont insécures dans le bureau; je veux refléter que la plupart du temps nous sommes dans un petit local sans fenêtre, des vitres teintées, avec une intervenante dans la salle qui tape sur son ordinateur, une autre psychoéducatrice à côté d’elle, plus une derrière la vitre.
Je n’ai pas le droit de parler de ma famille, je n’ai pas le droit de parler de l’extérieur, je n’ai pas le droit de montrer des photos. Je n’ai pas le droit d’accompagner mes enfants à la salle de bain. Nous n’avons pas le droit de sortir de la pièce. Nous n’avons pas le droit d’aller dehors. Je n’ai pas le droit de croiser les familles d’accueil. Je dois partir avant eux.
Je vois mes enfants aux deux semaines, c’est comme si j’étais prisonnière. C’est un milieu très anxiogène. On ne veut pas augmenter les visites. Ma famille ne peut pas les voir, sous prétexte que ce n’est pas significatif. Je ne peux pas communiquer avec mes enfants en dehors des bureaux, pas d’appels, juste des nouvelles aux deux semaines par courriel. Je dois faire des rencontres aux 3 semaines, manquer l’école, car je ne peux pas être dans un lieu public pour parler de mon dossier.
Le motif pour lequel la DPJ est entrée dans ma vie, c’est parce que j’ai vécu de la violence conjugale. Je suis partie, j’ai laissé le père, j’avais encore la garde de mes enfants. 3 ans plus tard, ils sont venus chercher mes enfants chez ma grand-mère alors que j’étais à l’hôpital pour une interruption de grossesse. Je ne vivais plus de violence, ça faisait 3 ans. Les motifs qui ont été énumérés sont ceux-ci : négligence éducative et risque de négligence. Les enfants n’allaient pas à la garderie.
Les visites dont je bénéficie se passent de manière positive, mais la travailleuse sociale ne les écrit pas dans le dossier. Il y a même un document que j’ai, en lien avec un professionnel de la santé pour mon enfant, qui mentionne que mon plus jeune fils a été adopté par la famille d’accueil et qu’ils ne savent pas mes antécédents familiaux puisque je n’ai pas de contact avec l’enfant.
J’ai même proposé à la DPJ d’aller dans un centre pour mère-enfants, afin qu’ils puissent nous donner les outils nécessaires. La DPJ n’a pas voulu, car ils me disaient qu’on priorise le retour des enfants auprès de toi. Année après année, on m’a menti. Au bout d’un an, la réviseure me mentionne que le projet du retour des enfants est sombre. 2 ans plus tard, ils demandent la majorité.
Actuellement, on me parle du lien avec les enfants. On me coupe très souvent des visites; parfois j’arrive au bureau, la travailleuse sociale me dit que les enfants ne sont pas là. Mon plus vieux fils demandait à retourner chez lui, à partir avec maman; la travailleuse sociale me dit « ce n’est pas ce qu’il veut vraiment, c’est ta perception ». Depuis, l’enfant n’a pas le droit de parler de moi ou de retour à la maison. Dans les débuts, la travailleuse sociale a dit à mon plus vieux de changer de sujet, car il me mentionnait que c’est elle qui lui avait dit de m’appeler par mon prénom [prénom retiré par la modération].
Souvent, je ne peux pas voir mon plus vieux, car la famille d’accueil part de longs mois avec mon enfant en voyage. J’ai besoin d’aide, j’ai essayé de me faire entendre par n’importe quel moyen. Ce n’est plus vivable. Je stresse énormément, mes enfants sont séparés. J’aimerais me faire entendre, car ça se passe ici aussi. On m’a tout arraché, ce que j’avais; maintenant je me contente de survivre. J’aimerais que ça puisse sortir au grand jour.
L’accès à la justice : un privilège, pas un droit!
L’accès à la justice est venu me confronter de plein fouet depuis septembre 2024. La plus vieille blague que j’ai entendue dans le milieu juridique, c’est qu’on devrait appeler les Palais de justice des Palais de l’injustice. J’ai longtemps pris cette phrase avec un grain de sel. Jusqu’à ce que l’expérience me force à constater que, parfois, ce n’est pas une blague.
Avec le temps, j’ai vu des situations absurdes :
• de la surfacturation (rare, mais réelle),
• des petites entreprises ou des particuliers dépassés par les coûts,
• des dossiers qui tournent en rond, volontairement ou non,
• des gens qui abandonnent faute de moyens.
L’accès à la justice est un privilège. Si ton revenu est trop élevé pour l’aide juridique, mais trop faible pour absorber des factures d’avocats, le combat est perdu d’avance — même lorsque tu connais le domaine juridique. Sans avocat, personne ne te prend au sérieux. Une mise en demeure envoyée par un citoyen n’a, dans les faits, aucune portée : plusieurs institutions ne la considèrent même pas.
À ma connaissance, aucun article du Code civil du Québec n’autorise une institution bancaire à ignorer des courriels, ni n’exige qu’un citoyen soit représenté par avocat pour obtenir une réponse.
Septembre 2024 : proposition aux consommateurs
En septembre 2024, dans un moment de panique et après une mauvaise lecture d’un relevé, j’ai déposé une proposition aux consommateurs. Je n’ai pas consulté ma banque avant, alors que ma cote de crédit était de 760 — une consolidation aurait probablement été possible. Trois syndics en insolvabilité m’ont donné le même montant.
Les négociations ont été catastrophiques. Le créancier principal (plus de 51 % de la dette) a d’abord exigé un montant supérieur à ce qu’aurait coûté une consolidation avec intérêts. Ensuite, son offre finale était à peine 2 000 $ de moins qu’une consolidation complète.
Le 6 novembre 2024, à un jour de la fin du délai de 45 jours, j’ai retiré ma proposition. J’ai informé mon syndic de ma déception. Il m’a simplement répondu que je n’avais qu’à recommencer à payer.
Après le retrait : silence, incohérences et impossibilité d’avancer
Dès le lendemain, j’ai appelé tous mes créanciers. Des centaines de communications. Aucune réanalyse de mon dossier, malgré :
• zéro retard de paiement avant la proposition,
• emploi stable,
• adresse stable,
• capacité de remboursement démontrée.
Vers le 20 novembre 2024, j’ai recommencé à payer tous mes créanciers. Après quatre demandes, Equifax a finalement retiré la mention de la proposition à mon dossier. TransUnion aussi. Ma cote est pourtant restée sous les 600, rendant tout déménagement impossible.
En neuf mois, j’ai remboursé en entier trois créanciers sur quatre. Le quatrième — le créancier principal — n’a jamais retracé trois paiements renversés il y a un an. Son représentant, un bureau d’avocats, ne répond plus à mes courriels.
Un autre créancier :
• n’a jamais fourni de relevés,
• maintient une cote R9 malgré le paiement complet,
• conserve la mention « proposition aux consommateurs incluse » dans mon dossier de crédit.
Impossible de faire retirer ce commentaire malgré plusieurs demandes à Equifax et TransUnion.
J’aurais besoin d’un avocat.
Un autre créancier s’est engagé par écrit en février 2025 à corriger mon dossier. En août, rien n’était fait. Ils m’ont offert 500 $ pour considérer le dossier réglé. J’ai accepté, puis continué mes démarches auprès d’Equifax. Finalement, ce créancier a simplement supprimé son compte de mon dossier.
Des retards inventés et des démarches interminables
Je n’avais aucun retard avant la proposition. Pourtant, deux créanciers m’ont inventé des centaines de mois de retard — plus que la durée d’existence du produit de crédit lui-même. C’est de la mauvaise foi : ils ont le dossier et la liste des paiements sous les yeux.
J’ai traversé les deux paliers de plaintes internes de trois banques. Deux dossiers ont été portés à l’Ombudsman (OBSI). Les réponses ont été ridicules. Ils n’ont pas forcé les banques à communiquer avec moi, pas d’obligation de corriger les erreurs et d’inscrire les faits à mes dossiers de crédit, ni de verser une indemnité. Juste rien, nada.
J’ai consacré des centaines d’heures à monter mes dossiers :
• 350 pages pour une institution,
• plus de 100 pages pour une autre.
Mars 2025 : un cabinet d’avocats entre en scène
En mars 2025, une institution bancaire a transféré mon dossier à un cabinet d’avocats agissant comme agence de recouvrement — malgré mes paiements réguliers et mes demandes d’entente. J’ai découvert que des paiements avaient été renversés sans explication. J’ai demandé :
• une entente,
• des relevés,
• la localisation des paiements renversés.
Un an plus tard : aucune réponse malgré des rappels.
Perte d’emploi et instabilité
Un mois après le retrait de la proposition, j’ai perdu mon emploi, où je travaillais depuis presque quatre ans. Jamais ma productivité n’a été affectée, mais ma sensibilité était exacerbée par les non-réponses des institutions financières.
En 2025, j’ai enchaîné plusieurs emplois. Difficile de travailler quand personne ne te répond, ne t’aide.
Depuis le 27 février 2026, je suis sans emploi. Avec l’assurance-emploi, je ne peux plus payer le créancier principal, qui n’a formulé aucune entente en 18 mois.
Une agressivité rare selon les professionnels
Deux syndics et deux agences spécialisées m’ont confirmé n’avoir jamais vu un créancier aussi agressif. Sans avocat, personne ne m’écoute. Comment est-ce possible que ce soit permis de ne pas répondre ?
Mai 2026 : une nouvelle proposition
En mai 2026, j’ai déposé une nouvelle proposition, acceptée à un taux raisonnable. J’étais à deux doigts de vivre dans ma voiture pour payer le créancier principal. J’avais moi-même formulé une offre incluant des intérêts. Aucune réponse.
Tous les créanciers ont ajouté des clauses de confidentialité dans leurs réponses de plaintes. L’Ombudsman aussi. Mais à ce stade, ces clauses n’ont plus de sens : maintenir une cliente dans le néant de cette façon relève de l’intérêt public.
Et maintenant ?
J’ai jusqu’en août 2027 pour transmettre une mise en demeure et déposer une demande introductive d’instance contre tous les intervenants. Je ne peux pardonner ce qu’ils m’ont fait. J’espère trouver les fonds pour entamer des procédures officielles contre Goliath.
Aliénation parentale
J’ai moi-même contacté la DPJ et ça s’est retourné contre moi. Mes gars, d’avec mon ex, sont aujourd’hui de jeunes adultes. J’ai mon mari et nous avons eu une fille ensemble, adolescente aujourd’hui.
Devant les accusations à mon égard d’anxiété — car je me faisais accuser de tout bord tous côtés… Même aujourd’hui, mon ex a dit à mes garçons qu’il ne comprenait pas pourquoi ils me parlaient encore, avec toute la marde que je leur aurais fait vivre. Tout ce qui leur arrive, c’est de ma faute à leurs yeux… tellement dans l’influence constante de leur père.
J’ai su appeler et faire arrêter mon plus jeune fils, car il se convainc tellement qu’il en a fait des psychoses… nous faire peur ! Ma fille a développé de l’anorexie, et sa psychologue a bien nommé que c’était de l’aliénation parentale que nous avons vécue.
Mes fils n’ont aucunement confiance en moi et s’acharnent à garder un lien, mais il est dans l’utilitaire… Moi aussi je veux garder un lien, bien sûr, mais à quel prix ?
Je n’ai pas eu de DPJ pour ma fille et je suis qualifiée de bonne mère, dans l’action pour sa fille (un de mes fils a essayé de me faire croire que c’était de ma faute aussi, pour la maladie de sa sœur — c’est cruel).
Donc, pendant le temps de la DPJ pour mes fils, ils m’ont tellement mise à terre, car ils m’accusaient de ne pas être une mère adéquate… mais en fait j’étais anxieuse. Une psychiatre m’a donné le diagnostic d’anxiété circonstancielle, reliée à l’ampleur des dégâts qui viennent avec. Comment je peux être une mère de merde pour mes 2 gars et une mère adéquate pour ma fille ? En plus je suis éducatrice dans un CPE et j’ai de très bons commentaires des parents et de ma direction.
Mon plus vieux se qualifie de sociopathe. Il a été à l’hôpital de jour. Il est « limite » de plein d’affaires… selon ce fils et son père. Je vapotais pour rien, car « limite » = rien pour eux. Mes 2 gars ont des distorsions cognitives causées par l’aliénation parentale et sont encore sous son emprise. Leur vie est remplie de négatif. Ils ont peur d’être en contact avec moi, ils ont peur de quelque chose. Une petite affaire devient grosse comme une montagne.
Toujours marcher sur des œufs m’a fait faire une dépression majeure en 2014. [Passage retiré par la modération — imputation visant une intervenante identifiable.]
Merci,
Mélanie
Mes enfants se font dire
Mes enfants se font dire par leur mère qu’ils ne sont pas obligé de venir me voir, de me parler et qu’elle ne peut pas les forcer. Mes enfants me bloquent sur les réseaux sociaux ou m’ignore sans raison. Je n’ai pas le droit de leur poser des questions lorsqu’ils réapparaîssent, sinon je les perd de nouveau (ça dur plusieurs mois à chaque fois). Mon fils est maintenant âgé de 15 ans, bientôt 16 et à énormément de difficulté à l’école. J’ai offert mon aide, mon attention, bref tout pour l’aider (dont un endroit calme et sans dérangement), mais on m’a toujours refusé (je suis enseignant). La loi ne peut rien y faire, même qu’on me conseille de ne rien faire: c’est coûteux, c’est long et les enfants pourraient en ressortir encore plus animé contre moi. Je n’ai plus les moyens pour me payer un avocat, mais leur mère vit sur le bs, donc elle a droit à l’aide juridique… Quelle système de justice étrange nous avons…
Prouver sa valeur, pendant que les enfants l’oublie
Il y a 3 ans, après une formation en entreprise sur la violence conjugale, j’ai compris dans quelle relation j’étais, du moins celle dans laquelle je me sentais être.
19 ans, 3 enfants. Et je prends la décision de mettre fin à la relation.
Madame ne l’accepte pas. Elle veut qu’on rencontre une psychologue, pour préparer la séparation (du moins c’est ce que MOI j’ai compris).
2 rencontres plus tard, cette psychologue met fin aux rencontres : l’un est là pour la raison que j’évoque plus haut, l’autre pour réparer le couple.
Je suis un homme gentil, qui pense aux autres avant moi-même. Mais une chose est certaine, je comprends la douleur de mon ex-conjointe. Elle ne s’attendait pas à cela. Et je l’accepte : dans la séparation, j’ai de « l’avance ». Je suis donc très compréhensif, j’accepte de laisser les enfants dans la maison familiale, pour quelque temps, le temps que ça se « place ». Elle suggère le nesting, pour « le bien des enfants » (ces mots, je les entends, en sourdine dans ma tête, car ils sont utilisés, depuis maintenant 3 ans, à toutes les sauces).
Le nesting 😂, ça ne fonctionne pas, mon plus vieux me crie après, les deux autres m’en veulent de mettre leur mère dehors… Elle, elle veut que je dorme dans son lit, avec elle de préférence, puisque j’accepte qu’elle reste pour faire plaisir aux enfants… Je mets fin au nesting et je demande la garde partagée pour les 3 enfants, à savoir 4 ans, 9 ans et 11 ans à ce moment.
Médiation, 6 h… Aucun résultat, madame demande la garde complète, jusqu’à la fin de l’année scolaire (celle qui n’est pas encore commencée…).
La vente de la maison ? Impossible. Le calcul de la pension, impossible. Récupérer des biens ? Presque impossible. « C’est aux enfants », « les enfants s’en servent, tu vas les priver de cela ? » Et moi, comme un concombre, je ne dis « ouin c’est vrai » et je laisse couler.
Je réussis, après 7-8 mois de séparation, à avoir la garde partagée de mon plus jeune. Ma fille, celle de 10 ans à ce moment-là, vient « parfois », mais « elle ne veut pas ».
Je demande à la mère d’avoir un discours comme le mien, dans le sens où, si elle dit ne pas vouloir venir, elle dit « tu vas chez papa ». Maman refuse… Elle ne mentira pas à sa fille. Elle est disponible pour elle. Elle est suffisamment grande pour choisir. Comme son grand frère.
Des cris à l’école pour ne pas venir chez moi… Qui est retenu comme le méchant ? Papa, qui est désemparé, ne comprend pas ce qui arrive, essaie de raisonner… mais qui hausse le ton.
Je présente à mon plus petit ma nouvelle copine. La semaine suivante, à ma fille aussi. Quelques jours plus tard, lorsque je dois les reprendre à l’école, mon plus jeune me dit « [prénom retiré par la modération] ne viendra plus, maman a dit que [prénom de ma copine retiré par la modération] est une méchante et qu’on doit plus jamais la voir. »
C’est là que je découvre le terme aliénation parentale. Mais je n’y crois pas, elle ne parle pas contre moi, elle ne dit pas que je suis une merde.
Non, c’est différent. Je ne suis pas un mauvais père, mais je ne suis juste pas nécessaire.
Papa organise quelque chose vendredi ? Je vais m’assurer d’organiser mieux et le faire savoir aux enfants. Lorsque les enfants reviennent, je vais m’assurer de leur faire savoir qu’ils ont raté une soirée spéciale, une sortie spéciale…
Je prends un avocat, je monte avec lui un document de sauvegarde que je lui transmets de façon humaine et non officielle. Elle attend après la limite proposée, en disant qu’il n’y avait rien de légal à cela. Elle accepte les modalités, mais ne signe rien. Nous avons une nouvelle personne pour nous aider à démêler tout ça, sa mère, qui a toujours été superbe avec moi… Elle nous trouve une nouvelle professionnelle. Des semaines, des mois de rencontres, sans changement de garde. Cette professionnelle réussit des miracles : 2 mois où mes 3 enfants viennent chez moi, malgré leurs attitudes exécrables. Et le jour où la professionnelle demande de faire un papier de garde, tout s’effondre. Le soir même, mon plus vieux me crie après, me pousse, me frappe. Je le renvoie chez elle en taxi. Le lendemain, ma fille repart. Je ne reverrai ni l’un ni l’autre pour 4 mois. La mère de mon ex, elle, selon les ententes, décide de m’envoyer un document décidant que la garde exclusive des trois enfants revient à sa fille, « pour le bien des enfants ».
Multiplication des appels à la DPJ, sans suite.
Pendant ce temps, ma vie professionnelle s’écroule. Je suis en burnout, je ne dors plus la nuit, j’enchaîne les rencontres de psy, au CLSC, au CAP. Arrêt de travail, médicaments. Et 2 jours avant Noël, mes deux enfants finissent par me confirmer qu’ils viennent chez moi à Noël (même s’ils m’ont dit pendant les 2 derniers mois des non catégoriques). Pendant ces 2 jours, mon plus vieux est en mission… Je suis à mon plus bas. Je pète un plomb ! Lancer une chaise au mur, crier des choses que je n’aurais pas dû.
Moins de 48 h après leur visite, la DPJ débarque chez moi, accusé de violence psychologique et physique sur mes enfants… Cette plainte ouvre de nouvelles informations à la DPJ, plainte non retenue, « événement isolé ».
La DPJ me dit d’aller en cour et de suivre le programme coparentalité du CLSC et jeunes en difficulté pour les enfants.
Pour jeunes en difficulté, deux mois se passent avant que maman accepte que les enfants soient rencontrés…
Pendant ce temps, démarche judiciaire pour demander garde partagée et expertise psychosociale.
Expertise psychosociale demandée, maman s’y oppose, « pas besoin de ça ». La juge n’est pas d’accord, elle ordonne même une reprise de contact avec ma fille, en rupture depuis 4 mois à nouveau.
6 mois passent entre la demande d’expertise et le résultat.
L’expertise est claire : les enfants sont pris dans des conflits de loyauté sévères, il faut agir rapidement avant que les ruptures se cristallisent. Garde partagée est recommandée.
Mon ex attend évidemment la limite pour répondre, elle s’oppose aux recommandations. Elle force un procès.
Pendant ce temps, statu quo sur la garde… Pas de garde partagée pour ma fille…
3 mois passent, une date pour le procès se fixe, la juge saisie du dossier se désaisit, pour que le procès soit rapide, mais surtout, maman ne s’oppose plus à la garde partagée, juste au type de calendrier de garde… Donc le procès aura quand même lieu, mais le travail de mon avocat ne sera pas le même, madame ne s’oppose plus à la garde…
Procès 1 mois plus tard seulement, avec un nouveau juge (au moment d’écrire ces lignes, j’aurais le procès avec la juge originale, qui était disponible en juillet seulement).
Surprise lors du procès, madame s’oppose à la garde partagée. Le juge conclut dans le sens de l’expertise et de nos demandes, mais ne saisit pas le dossier tel que demandé…
Une psychologue experte en situation de haut conflit et AP est proposée, madame s’y oppose, le juge l’autorise.
Nous sommes maintenant 6 mois après le jugement, chaque semaine ma fille revient chez moi, avec du nouveau « poison ». La professionnelle fait des « recommandations », mais les choses ne changent pas… La DPJ n’intervient pas.
Mon portefeuille, vide. Mon 3e travail depuis le début de la débandade sera lui aussi en jeopardy sous peu…
La seule recommandation possible ? Retourner en cour… Le jugement n’est pas assez clair et robuste pour une situation comme la nôtre…
Le plus difficile dans tout ça ?
Je suis un bon père, bon métier, super présent. Pas de drogue.
Une bonne mère, bien éduquée, deux maîtrises, très bon travail, super calme, pas de problème de consommation non plus.
Quand tu regardes la situation, il n’y a aucun « red flag ». Juste des parents qui se chicanent…
Moi, ce que je nomme depuis tout ce temps, c’est : à quel moment elle a les droits, mais pas moi ? À quel moment MOI je dois prouver que je suis un père adéquat, mais elle a l’automatisme de la mère adéquate ? Pourquoi, lors de la séparation, la garde n’est pas autorisée automatiquement en partagée, et doit être renversée à la demande d’un parent, qui lui doit prouver « pourquoi » ?
Je suis conscient qu’il y a des milliers de situations, des cas de violences physiques, etc.
Mais moi, aujourd’hui, je vis de la violence psychologique, financière et coercitive.
Mes enfants, eux, la pire des violences : ils apprennent à vivre avec un père « absent », à dire qu’ils n’en veulent pas, qu’ils n’en ont pas besoin, apprennent à renier 50 % de leur être.
La version retenue : je serais parti vivre ma best life, je ne voulais pas m’occuper d’eux, toutes ces histoires. Le père qui l’a traînée en cour, pour ne pas payer de pension.
La version en silence : celle du père qui s’est battu, qui a dépensé plus de 30 000 $ en avocats. À s’en ruiner. Pour finalement se retrouver à la même place, et ne plus rien pouvoir faire. Faute d’argent. Des années non récupérables avec ses enfants.
D’un père qui vit dans une réalité bien difficile, du damned if you do, damned if you don’t.
Servir et protéger?
Lundi matin je suis à la courz municipale. On a assigné les deux patrouilleurs supposément présents lors du constat à témoigner pour contester un billet d’infraction de tumulte….
Constat qu’on m’aurait signifié…. Matricule qu’on a refusé de me fournir le j0ur de l’événement….par patrouilleurs masculins mais oups à la cour un patrouilleur féminin et un masculin…. Un procureur qui m’intimide et tente de me forcer à plaider coupable… Identité non validé et erronée… Un personne à mobilité réduite mise hors état d3 nuire avec 6 coups de pieds en plein visage pendant qu’il est couché au sol, maintenus par une porte de clôture qu’on a arrachée de la galerie… Dommage quon refuse de payer car la demande a été soumise après 16 jours et la limite est de 15….
la même journée je me rends compte qu’on a volé mon identité après trois appels, 12 jours, la police me rappelle enfin pour prendre ma plainte….
Une maman blessée …
La journée où mon fils est né aurait dû être le plus beau jour de ma vie. Au lieu de cela, elle est devenue le début d’un long combat qui continue encore aujourd’hui.
Pendant ma grossesse, je rêvais de le prendre dans mes bras dès sa naissance, de faire le peau à peau, de l’allaiter et de créer ce premier lien si précieux entre une mère et son enfant. Malheureusement, je n’ai jamais eu cette chance.
À sa naissance, un interdit de contact visuel et physique a été imposé. Je n’ai pas pu le prendre dans mes bras. Je n’ai pas pu le regarder. Je n’ai pas pu lui parler. Je n’ai pas pu faire de peau à peau. Je n’ai pas pu l’allaiter comme je l’avais souhaité tout au long de ma grossesse.
J’ai vu mon fils pour la toute première fois cinq jours après sa naissance. Pendant ces cinq jours, je ne savais pas comment il allait, je ne pouvais pas le réconforter et je ne pouvais pas vivre les premiers moments qu’une mère ne pourra jamais revivre une deuxième fois. Ces instants m’ont été enlevés, et cette douleur est encore présente aujourd’hui.
Ces décisions ont été prises en raison du passé du père et du mien. Pourtant, j’ai eu l’impression qu’on me jugeait avant même de me laisser la possibilité de démontrer qui j’étais devenue. Je n’ai jamais eu la chance de faire mes preuves dès la naissance de mon fils. Avant même d’avoir l’occasion d’être sa mère, on avait déjà décidé que je ne pourrais pas vivre ces premiers moments avec lui.
Mon fils a ensuite été placé dans une famille d’accueil de banque mixte. Depuis ce jour, mon conjoint et moi nous battons pour préserver notre lien avec lui et pour éviter qu’il soit adopté. Ce combat est extrêmement difficile, parce que nous avons l’impression de devoir prouver sans cesse que nous aimons notre enfant et que nous voulons être présents dans sa vie.
Malgré tout ce qui est arrivé, je n’ai jamais cessé de l’aimer. Pas une seule journée ne passe sans que je pense à lui. Chaque visite est précieuse. Chaque sourire, chaque regard et chaque moment passé avec lui me rappellent pourquoi je continue de me battre.
Je ne prétends pas être parfaite. Comme beaucoup de personnes, j’ai un passé. Mais un passé ne devrait pas empêcher quelqu’un de démontrer qu’il a changé, qu’il évolue et qu’il est capable d’être un bon parent. J’aurais voulu qu’on me donne cette chance dès le premier jour.
Aujourd’hui, je raconte mon histoire pour que l’on comprenne ce que j’ai vécu comme mère. Derrière les dossiers, les rapports et les décisions, il y a une femme qui a attendu son enfant avec amour, qui a été privée des premiers instants avec lui et qui continue, chaque jour, à se battre pour garder une place dans sa vie.
Mon plus grand souhait est que mon fils sache un jour que je ne l’ai jamais abandonné. Si je me bats encore aujourd’hui, c’est parce que je l’aime de tout mon cœur et que je n’ai jamais cessé d’espérer pouvoir vivre pleinement mon rôle de maman.
Dossier assurance habitation qui traîne depuis 4 Ans
Alors le tout a débuté un 29 juin 2022, alors que ma résidence a été détruite par les flammes, déclarée perte totale. L’assureur [nom retiré par la modération] essaie par tous les moyens de ne pas me payer. J’ai trouvé un avocat depuis deux ans qui traite mon dossier; la partie adverse fait tout en son pouvoir pour étirer le dossier, pensant que financièrement je n’ai pas les reins assez solides pour aller jusqu’au bout !!!
Après ça on se demande comment ça se fait que le service judiciaire est autant congestionné. Toutes les allégations qu’ils ont soumises dans la raison de ne pas me payer n’ont aucun fondement !! Mon avocat présent n’est pas très agressif dans le dossier, mais il semble être honnête. Je me suis assis quelques fois avec lui pour parler de la malhonnêteté dans le système, et il est en accord avec moi sur la façon dont ça fonctionne. Alors jusqu’à maintenant je lui souffle des actions et des répliques pour que le dossier avance plus vite. Si toutefois quelqu’un a des suggestions et peut m’aider davantage…
Ça fait quatre ans le 29 juin 2026, et suite à cet événement, je me suis retrouvée en perte financière majeure, y compris la validité de ma possibilité d’emprunt, car ils ont pris un temps énorme avant de payer la créance de ma propriété. Ils n’avaient pas le choix, c’était écrit dans le contrat, mais on me le réclame. Bref, je suis forte et je vais aller jusqu’au bout de ce dossier… c’est assez.
Vouloir voler des citoyens qui paient toute leur vie, et qu’ils doivent se battre à en perdre la santé mentale, la santé financière et plus encore : voilà ce que je dénonce. Merci de me lire et de partager ma réalité.
Injustice DPJ
Depuis 1 an et demi je vis de l’injustice, étant bon père de famille. Mon deuxième fils ne voulait plus venir à la maison et n’était pas capable de s’intégrer. J’ai essayé de trouver de l’aide dans un programme [nom du programme retiré par la modération], et il est allé dire à l’école et à la police que je le frappais, ce qui n’est pas le cas. Pensez-vous vraiment que j’aurais demandé de l’aide si j’avais fait de telles choses ?
Tout ça est arrivé quand j’ai dit à la mère de mes enfants que je me séparais, car je voulais me concentrer sur mes enfants et donner plus de temps à mon deuxième. Je suis revenu de ma run, la DPJ m’appelle, on m’enlève les enfants, il y a une enquête en cours. J’ai attendu 3 semaines avant de me faire arrêter pour 2 voies de fait. Jamais je n’ai frappé mes enfants, sacré après eux ou dit des bêtises. Lever le ton, oui certainement, car dans certains cas nous n’avons pas le choix.
J’ai été 3 mois sans voir mes enfants, que j’avais 7 jours sur 7 avant, avant de signer une mesure volontaire, car on me menaçait que si je ne signais pas, j’allais être encore 3 mois de plus avant d’aller au tribunal et de voir mes enfants. J’ai fait tout ce qu’on m’a recommandé, travailleuse sociale, je suis médicamenté maintenant et suivi par un médecin de famille à cause du stress. Je suis rendu avec 15 000 $ en avocat. La DPJ marche tout croche, ne suit pas ce qu’ils disent depuis le début.
[Passage retiré par la modération — imputations visant des personnes privées identifiables.] Avant que je passe en cour, trouvez-vous ça normal de taper sur un gars qui est déjà à terre et qui n’est même pas déclaré coupable, innocent jusqu’à preuve du contraire ?
On m’a fait des bris de conditions pour des niaiseries. La DPJ m’a appelé pour me dire qu’ils fermaient le dossier de mon plus vieux et abandonnaient les charges. Moi tout content, j’ai essayé de contacter sa mère et d’ajouter mon plus vieux sur Facebook, mais sans lui parler. Elle me dit que non, au criminel c’est deux choses — ce que la DPJ avait oublié de m’informer. Alors elle m’a fait un autre bris de condition, plus un 810, peur pour notre fils et que j’aille détruire des choses chez elle, alors que je n’ai aucun antécédent judiciaire en violence ou pour avoir détruit des choses.
Pourquoi avoir fermé son dossier ? Maintenant je ne peux plus voir mon plus vieux. Aujourd’hui je ne parle plus aux mères, peur d’avoir d’autres bris de conditions. Ça fait 3 mois que je n’ai pas vu mon plus vieux. J’ai mis un terme à la mesure volontaire car rien n’avance et je ne les vois pas plus. Et là, la DPJ ne suit pas l’horaire prévu par le juge, déplace les journées, me fait manquer des journées. J’ai fait 2 plaintes, si ce n’est pas 3, sans succès. J’ai demandé ce qui est une enquête également, mais sans résultats non plus.
J’ai un calendrier avec tous les contacts, ce qui s’est passé, j’ai tout bien détaillé pour être prêt pour la cour, en plus des échanges avec les mères et la DPJ que j’ai sur une clé USB. J’ai déjà tout donné à la DPJ mais ils n’en ont rien fait. Les enfants me disent souvent qu’ils veulent revenir plus souvent, qu’ils veulent voir ma famille ou ma blonde qui a travaillé dans le domaine et connaît donc très bien la DPJ, mais la DPJ ne veut pas que je sois en contact avec eux quand j’ai les enfants. C’est n’importe quoi.
J’ai été obligé de vendre ma maison pour en acheter une autre moins chère pour ne pas faire faillite. Je suis en arrêt de travail depuis 3 mois à cause de ma pression, j’essaie par tous les moyens de survivre et continuer à payer mes avocats. J’ai plein de dates de cour qui s’en viennent jusqu’en janvier 2027.
La police et la DPJ, au tout début, n’avaient jamais interrogé mon ancienne conjointe qui a resté 8 mois 7 jours sur 7 avec moi, ni mon ancien coloc qui était comme un frère et lui aussi présent 24 h sur 24. Aucune personne de mon entourage ne sait qu’il s’est jamais rien passé de tous les événements qu’on me reproche. Mon ami [prénom retiré par la modération] est décédé en mars malheureusement d’un cancer, ainsi que mon ancienne travailleuse sociale [prénom retiré par la modération] il y a 1 mois à cause de son cœur; ils étaient prêts à venir témoigner en ma faveur. Je me suis trouvé une nouvelle travailleuse sociale et transféré le suivi de mon ancienne TS — par chance qu’elle avait envoyé mon suivi à mes avocats et à la DPJ. Depuis, j’ai aussi été voir un psychiatre pour gérer mes pilules pour ne pas devenir fou avec tout ça et régulariser ma pression.
Je vais vous dire que je ne souhaite ça à personne. [Passage retiré par la modération — imputations visant des personnes privées identifiables.] Ils ont, désolé pour l’expression, scrapé mes enfants, brisé tous les liens que j’avais avec eux. Je ne sais pas s’il y a une justice dans ce monde pour les bons pères de famille qui se font avoir comme ça.
Après 1 an et demi, il s’en est passé des choses, mais la DPJ n’a rien fait pour l’intérêt de mes enfants. J’ai bien l’intention de poursuivre au civil, car personne ne veut rien faire, peut-être que ça coûterait trop cher pour enquêter, je n’en ai aucune idée. Mais dites-vous bien que si un père vous écrit et vous dit toutes ces choses, c’est parce qu’il n’en peut plus et qu’il est à bout. J’espère un jour me faire comprendre et être entendu, car ça ne peut plus durer. J’en entends beaucoup, d’affaires de DPJ qui n’auraient pas dû avoir lieu. Je vais rester fort et me battre pour mes enfants.
Mr
Voici donc la plainte déposée le 22 mars 2026 au conseil de la magistrature qui reste sans réponse à ce jour….
« Je dépose une plainte concernant la conduite du juge ( X ). Citoyen non représenté, je me suis présenté avec calme et retenue. J’estime avoir été traité de manière intimidante et incompatible avec l’obligation d’impartialité et d’écoute.
Faits :
• Audience du 5 février
Après une journée d’attente, l’audience a duré environ 18 minutes. La juge coordonnatrice avait pourtant indiqué à l’appel du rôle qu’une audience était justifiée pour entendre mon changement de situation.
• Interruptions et menaces. Pendant que j’exposais, preuves à l’appui, des manquements allégués de la procureure de la partie adverse au Code de déontologie, le juge m’a coupé la parole à plusieurs reprises et a tenu des propos que j’ai perçus comme menaçants.
• Preuves non entendues. J’avais des éléments pertinents que je n’ai jamais pu déposer. Par ailleurs, la partie adverse n’a pas produit de documents relatifs aux revenus réels de la demanderesse (déclarés à 9 000 $ pour 2025), malgré la demande.
• Propos sur ma relation avec mes enfants. Le juge a tenu des commentaires moralisateurs et culpabilisants, sans fondement au dossier, alors que je n’ai pas pu expliquer le contexte ni les nuances.
• Fin d’audience. À la sortie, j’ai tenté de lui adresser un appel à l’aide; il m’a tourné le dos et a quitté la salle. Je me suis senti traité comme une nuisance et je suis sorti anéanti. Quel est cet hubris qui par son pouvoir transgresse les limites humaines?
• Conséquence immédiate. Après la retenue à la source effectuée par Revenu Québec, mon salaire net est de 18,51$ il me reste 26,27$ $ pour deux semaines, tel qu’il appert de mon relevé bancaire du 19 mars.
Pourquoi je porte plainte
Ces gestes — interruptions systématiques, menaces en salle, refus d’entendre des preuves pertinentes, commentaires non fondés sur ma relation avec mes enfants, puis le fait de quitter sans répondre — m’apparaissent évidents et contraires au devoir d’écoute et d’impartialité. Pourquoi le juge a ignoré les éléments qui me donne le droit fondamental de conserver ma dignité, ma sécurité et mon autonomie. Je demande donc une enquête du Conseil canadien de la magistrature sur la conduite du juge ( X ), incluant l’omission d’examiner des éléments pertinents et les commentaires formulés à mon endroit, alors que je sollicitais l’aide et la protection du tribunal. Je demande une enquête du Conseil canadien de la magistrature à l’endroit du juge mentionné pour manquement à mes droits fondamentaux. Pour omission de documents relatifs aux fausses déclarations de la partie adverse. Pour manquement aux droits fondamentaux qui me relient à mes enfants et de la responsabilité de toutes les parties impliquées qui ont délibérément brisés la liberté de ma relation avec mes enfants.
Pièces jointes : relevé bancaire du 19 mars. Je précise qu’une plainte distincte a déjà été adressée au syndic du Barreau concernant la procureure de la partie adverse. Une plainte distincte a été adressée au conseil de la magistrature à l’endroit de la juge ( Y ).
David contre Goliath
En 2021, je cherche un terrain pour construire mon projet de vie. Je trouve un terrain parfait, je rencontre la municipalité pour la faisabilité du projet, c’est un drapeau vert. Je remplis les formulaires, je deviens propriétaire du terrain, j’obtiens un permis de construire ! C’est le sésame !
En 2023, ma vie change. Je mets en vente, je trouve un acheteur, on passe au notaire. Surprise : la CPTAQ n’a jamais donné l’autorisation de construire à la municipalité. Je suis devant le choix de régler la situation ou de démolir ! Oui oui, démolir. Je demande l’aide de ma municipalité : fin de non-recevoir. « Madame, poursuivez-nous ! »
Je contacte des avocats, mon dossier est compliqué pour eux, je ne sens pas de réelle volonté de me défendre. J’entreprends de me défendre seule ! Je fais face au Fonds d’assurance des municipalités du Québec, rien de moins : une firme d’avocats chevronnés, et un bulldozer !
Ils ne respectent pas les dates des protocoles, ils reportent, ils essaient par tous les moyens de faire en sorte que mon dossier ne soit pas entendu. J’ai beau être alerte, les juges acceptent plein de passe-droits de leur part ! Je gagne en irrecevabilité et en intérêt pour agir. La municipalité, en pleine procédure judiciaire, essaie de vendre pour taxes impayées la maison qui n’a pas le droit d’être là, pour me faire perdre mon intérêt pour agir ! J’ai beau notifier à la juge les problèmes, je ne me sens ni écoutée ni soutenue. Je ne suis pas avocate, donc je ne possède pas les mêmes possibilités !
Le jour du procès, je ne peux pas contre-interroger la partie adverse car ils ont fait des déclarations sous serment qui ne répondent pas au litige ! Le seul témoin présent ne travaillait pas là lors du départ du litige, n’a pas participé au processus d’obtention de permis. Deux poids, deux mesures ! Trois ans et demi, oui oui, trois ans et demi entre le problème et finalement le procès ! Pris en délibéré par la juge, donc encore 6 mois avant d’avoir une justice !
Tout au long du processus judiciaire, j’ai dû passer des heures à comprendre comment réussir à être entendue, écoutée, et ce n’est pas faute d’avoir demandé de l’aide non officielle à des avocats ou des personnes de droit ! Le système n’est pas conçu pour une justice égale, il est conçu pour une justice de façade ! Les frais multiples, c’est fou : je paie pour me défendre, mais je paie aussi avec mes impôts et mes taxes pour payer le Fonds d’assurance des municipalités du Québec pour que la municipalité se défende ! À quel moment c’est juste ?
Aujourd’hui, je croise les doigts que la justice fera son travail et rendra un jugement, mais je suis désillusionnée de cette justice à deux vitesses.
Aide juridique
On nous dit que la justice est accessible. On a effectivement l’aide juridique pour nous aider. Toutefois, je n’ai trouvé aucun avocat pour prendre un dossier de pension alimentaire donc je me retrouve dans la *****. Personne ne veut m’aider personne et j’ai vraiment appelé beaucoup beaucoup d’avocats.
Citoyens
J’ai déjà poursuivi dans le passé le corps de police de Sainte-Thérèse aux petites créances, au palais de justice de Saint-Jérôme. Ils n’arrêtaient pas de me donner des tickets et des contraventions.
Quand j’ai déposé en preuve les 20 contraventions que j’ai eues en 1 mois, en plus du harcèlement que je subissais — ils m’arrêtaient le soir pour avoir mon nom et mon adresse — le juge a vu qu’ils exagéraient. Il a annulé les contraventions et a condamné la partie défenderesse à me verser 2 000 $.
Le chef de police était présent. Il a pris les noms des policiers en cause. [Passage retiré par la modération concernant des mesures disciplinaires visant des personnes identifiables.]
Insécurité des institutions
Merci beaucoup maxime gagné ,il y a tellement de choses qui nous sont cachés…comment on peut savoir tout ça si on l’a pas devant les yeux, il y a sûrement beaucoup de gens qui se sentent moins supérieurs en ce moment,
l’insécurité est entrain de changer de côté – C.P.
Cinq ans de procédures, déclaré quérulent en mon absence
Après cinq années de procédures en Cour supérieure et en Cour d’appel, j’ai été déclaré quérulent en mon absence. Cinq ans à me battre dans un système qui a fini par me réduire au silence.
(Ce témoignage a été fortement abrégé par la modération afin de retirer des éléments susceptibles d’identifier des personnes ou de porter atteinte à leur réputation. Seule la partie portant sur le parcours judiciaire de l’auteur a été conservée.)
Mlle
J’ai vécu 5 ans avec un conjoint fortuné et instable.
— AVRIL 2018 — J’annonce à Monsieur que je désirais me séparer… [Passage retiré par la modération — récit d’un épisode de violence visant une personne identifiable.] Si ses enfants n’étaient pas arrivés par hasard, je ne sais pas si je serais vivante encore.
Il était très réactif, impulsif et agressif, mais surtout imprévisible.
[Passages retirés par la modération — éléments mettant en cause une personne identifiable, susceptibles de constituer une atteinte à la réputation.]
C’était les montagnes russes et ma santé mentale ainsi que celle de mon fils étaient mises à rude épreuve chaque jour… Nous étions sur le bord du précipice.
[Avec l’aide de membres de sa famille — détails retirés par la modération], ils ont élaboré un plan pour me mettre à la rue en disant que j’avais proféré des menaces de mort envers Monsieur et ses enfants. Ce qui est absolument faux. Il n’avait pas de preuves, et de plus il ne se souvenait plus du lieu ni du temps.
Avec des avocates agressives à des taux de 600 $/h, il a changé trois fois d’avocate. Il m’a fait perdre ma maison — et j’en étais la seule et unique propriétaire ! Il a dilapidé secrètement mes vêtements, mes effets personnels et toute ma vie passée aux quatre coins de la région.
À 48 ans, il m’a mise à la rue, me laissant sans aucun patrimoine familial auquel j’avais travaillé ma vie entière. Mon chiot de 7 mois et mon fils sous l’autre bras, je suis allée vivre chez une vieille tante et, n’ayant absolument plus rien, je devais porter les vêtements d’une dame de 69 ans.
8 ans plus tard… Je reste stigmatisée à vie de cette rencontre, et mon fils aussi. Nous n’avons pas réussi à ce jour à avoir une vie calme, sereine et heureuse. Nous sommes restés craintifs et hypervigilants.
Dpj
On a pris mon bébé de 22 jours pour une famille de banque mixte. On m’a accusé de risque de négligence sévère. Bébé ne prenait pas de poids suffisamment. A trois mois on diagnostique reflux gastrique. On m’a menacé de me prendre mes autres enfants. DPJ ont fermé leur dossier. Mon fils a été placé jusqu’à 18 ans en famille d’accueil. Je le vois sous supervision que chaque deux semaines 1h. Mes parents ne peuvent le voir. Son père aussi.
[Le père est un travailleur étranger temporaire — détails identifiants retirés par la modération pour protéger l’enfant.] Ses capacités parentales n’ont jamais été évaluées. On ne l’a jamais accordé à cause de ses horaires de travail. Il est présent jusqu’à aujourd’hui. Je lui envoie des photos et vidéos de notre fils. Il lui achète des vêtements, des couches, des jouets, des livres, de la nourriture. Son lait il l’achetait.
On a passé devant un juge. Deux médecins ont témoigné que l’allaitement est un processus complexe. Que bébé avait un frein de langue. Il ne pouvait boire bien. Qu’il a perdu 11 % de son poids et que je suis retournée à l’hôpital avec lui. Je tirais mon lait et je lui donnais du lait commercial. Il a lentement pris du poids et on l’a enlevé justement quand il a commencé à se stabiliser.
J’ai été évaluée par un psychologue et il a dit qu’on avait un lien et que mon gars pouvait retourner avec moi lentement mais c’était faisable. Le juge a fait comme si tous ces témoignages étaient inutiles. Il a placé mon fils jusqu’à 18 ans. La CDPDJ a conclu qu’il manquait des éléments dans le dossier. Que j’avais raison que les droits de mon fils n’ont pas été respectés. Malgré ça DPJ n’a pas bougé…..
J’ai mes deux autres enfants avec moi. Je ne bois pas, ni me drogue. Je travaille comme infirmière. Un travail stable. J’ai un conjoint stable qui aussi ne bois pas et ne se drogue pas. Son seul crime est de ne pas être résident. Mais il aime notre fils. Il adore mes filles. Il s’entend bien avec mon ex mari.
Parent dpj mon enfant
Bonjour, je vous rencontre mon histoire anonyme donc je suis une maman qui a une petite fille de 13 mois elle est plus à mes côtés depuis un mois de vie car j’ai été hospitalisé quelques jours en psychiatrie. Grosse dépression post-partum j’ai eu mon miracle par [nom de la clinique retiré pour protéger l’identité de la famille] avec mon mari donc quatrième essai notre petit miracle a fonctionné malgré mon opération, je devais garder mon enfant en sécurité dans une famille, le temps que je me rétablisse. Par contre dans le contexte, c’est mon troisième tribunal pour ma fille, malgré mes efforts, toujours prioriser la stabilité dans la famille d’accueil, incluant les intervenants DPJ donc j’ai dû intervenir par un avocat en droit de famille à mes frais donc jusqu’au tribunal 30 000 $, nous on vient de circonstance de termes d’avocat Chel je veux dire, il demande plus les recommandations de la juge dans le dossier parentale très difficile, j’ai vécu des rencontres d’intimidation de leur père donc par la force des choses, je les ai mis sur écoute les prochaines rencontres et j’ai toujours été accompagné par la suite sur le moment j’avais une rencontre avec l’éducatrice j’arrive au rendez-vous, ils sont quatre personnes et moi seul avec beaucoup de propos pas professionnel, je pourrais vous dire qui m’atri énormément en homme aussi pour l’attachement que ça serait plus probable que l’attachement de sa maman, qui est très difficile, car ma fille à chaque visite de chaque semaine, elle me réclame énormément, je suis assez réaliste pour comprendre ma fille est attachée à la famille d’accueil en ce moment, mais le travail est que ma petite fille revienne avec ses parents biologique donc j’ai entrepris beaucoup de démarches donc j’ai le dernier tribunal qui est le 28 juillet, la réponse définitive qui reste stressante et une peur donc je te donne envie d’amour vraiment fois 1000 donc je vous remercie. Madame X.
24 ans comme greffier audiencier — je pourrais écrire un livre
24 ans à titre de greffier audiencier, je pourrais écrire un livre !
On m’a tout pris sur des préjugés
Malgré des évaluations positives de la psychologue et deux témoignages de médecins qui ont clairement dit que ce n’était pas ma faute, le juge a placé mon fils à majorité chez une famille banque mixte. On m’a tout pris sur des préjugés. Je suis infirmière. J’ai une maison. Je cherche un avocat pro bono pour me défendre.
Des avocats véreux et des citoyens qui s’endettent
À Rouyn-Noranda, une vraie magouille avec les avocats véreux bien connus des enquêteurs de la SQ qui confirment que tel et tel avocat déposent des faux documents et/ou fausses preuves pour gagner leurs procès. Même ton avocat payé à fort prix n’ose pas leur tenir tête. Et toi, le pauvre, tu t’endettes de façon éhontée pour te refaire une vie avec tes enfants.
Enfin de l’information transparente pour les citoyens
Si une ressource comme la vôtre avait existé plus tôt, bien des gens auraient évité de confier leurs dossiers aux mauvais professionnels. Il est tellement difficile pour un citoyen de trouver de l’information transparente sur le parcours disciplinaire des avocats ou les plaintes au syndic. Votre site donne un coup de main essentiel pour nous aider à y voir clair.
L’aliénation parentale existe, et le système la laisse faire
Je suis un père québécois qui a vécu et vit encore l’aliénation parentale. Pas une chicane passagère. Pas un simple conflit familial. Une destruction lente, organisée et tolérée du lien entre un père et son enfant. Vous n’êtes pas fous. Vous n’êtes pas seuls. Ce que vous ressentez est réel. L’aliénation parentale existe. Elle détruit des enfants. Elle détruit des pères. Et trop souvent, le système la laisse faire.
On m’a annoncé que mon bébé ne rentrerait pas à la maison
J’ai fait 24 heures de travail. La DPJ, eux ? ZÉRO ! C’est moi qui ai accouché de mon fils, pas eux. Et ils se permettent de débarquer le lendemain, le jour de mon congé de l’hôpital, pour nous annoncer que mon bébé ne rentrera pas à la maison avec nous. La raison ? Un risque de négligence. STOP, ÇA SUFFIT ! Ça suffit d’aller dans les familles, d’enlever des enfants et de juger les parents sans même les connaître.
Huit intervenantes, trois écoles, plus aucune foi dans le système
Le système semble incapable de suivre. La mère a multiplié les déménagements. À chaque fois qu’elle change de région, le dossier est transféré et je dois repartir à zéro avec un nouvel intervenant. Au total, j’ai eu affaire à 8 intervenantes différentes et mes enfants ont dû changer d’école trois fois en un an et demi. J’ai les mains liées et, honnêtement, j’ai perdu foi en le système québécois.
Cinq ans à devoir prouver que je suis une victime
Je m’adresse à vous en tant que père qui défend par amour ses deux fils. Dans son jugement rendu, la juge confond autorité et vérité, pouvoir et légitimité, contrôle et protection. Pendant que je tente — avec calme, dignité et retenue — d’expliquer le contexte, les nuances, la complexité, on me coupe la parole, on reformule mes propos, on les réduit, on les détourne. Depuis cinq années, je dois prouver en tant que victime qui essaye de se reconstruire que je suis une victime. C’est inacceptable.
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