Après le ruban « DPJ » sur la bouche, un nouveau symbole apparaît sur les réseaux sociaux québécois : le bandeau « CORRUPTION » sur les yeux. Né dans la foulée d’une vidéo dénonçant les failles du Barreau du Québec et la perte de confiance envers plusieurs institutions, le mouvement prend rapidement de l’ampleur, avec déjà des dizaines de milliers de vues ainsi que des centaines de commentaires et de partages.
Un mouvement qui s’étend rapidement
Tout a commencé vendredi, à la suite de la diffusion d’une vidéo dénonçant notamment les failles du Barreau du Québec, le fonctionnement de certains mécanismes de plainte et le sentiment d’impuissance vécu par des citoyens lorsqu’ils estiment que leurs dénonciations ne sont pas réellement entendues.
La réaction a été rapide. Les premières photos sont apparues dans les commentaires, puis sur les profils personnels. Des hommes et des femmes se sont photographiés avec les yeux recouverts d’un bandeau portant le mot « CORRUPTION ». Certains ont utilisé un véritable morceau de tissu, d’autres un montage numérique. Plusieurs ont ensuite utilisé l’image comme photo de profil, ce qui a contribué à rendre le phénomène beaucoup plus visible dans les fils d’actualité.
En peu de temps, les portraits se sont multipliés. Ce qui avait commencé autour du Barreau du Québec et de la magistrature a rapidement rejoint des personnes disant avoir vécu des situations difficiles avec d’autres institutions. Des témoignages font maintenant référence à la DPJ, à l’IVAC, à la CNESST, à la SAAQ, à la CDPDJ, au DPCP et à différents organismes publics.
Le point commun n’est pas que tous ces dossiers seraient identiques. Il est beaucoup plus simple : ces personnes affirment avoir perdu confiance envers les mécanismes qui étaient censés leur permettre d’obtenir des réponses.
Après le ruban sur la bouche, le bandeau sur les yeux
Le symbole rappelle directement le mouvement du ruban « DPJ » sur la bouche qui s’était répandu quelques semaines auparavant. Cette fois, le ruban change de place et le message aussi.
Le ruban sur la bouche représentait le sentiment de ne pas pouvoir parler. Le bandeau sur les yeux représente maintenant, pour ceux qui le portent, le sentiment que les institutions ne veulent pas voir ce qu’ils dénoncent.
La formule semble avoir trouvé un écho rapidement. Dans les commentaires recueillis sous la vidéo, une personne écrit simplement : « Le problème c’est la peur de représailles pour avoir parlé!! » Une autre explique avoir tout de même publié sa photo malgré sa crainte : « je risque de me faire ramasser mais c’est pas grave ».
« Je partagerais bien… mais malheureusement j’ai été ordonné dans mon dernier jugement de ne plus poster sur les réseaux sociaux… alors mon “bandeau” corruption c’est eux autre même qu’ils me l’ont mis sur la bouche sans mon consentement! »
Ces témoignages ne racontent pas tous le même dossier. Ils expriment toutefois quelque chose de commun : la peur de parler, le sentiment de ne pas être entendu et, malgré cela, la décision de se montrer publiquement.
Des victimes de plusieurs institutions se rejoignent
Les commentaires reçus depuis le lancement du mouvement montrent également que le phénomène ne concerne plus une seule cause. Les personnes qui dénoncent le Barreau du Québec ou certaines expériences devant les tribunaux se retrouvent maintenant aux côtés de parents ayant eu affaire à la DPJ, de travailleurs ayant contesté des décisions de la CNESST, de victimes ayant eu affaire à l’IVAC ou encore de citoyens aux prises avec la SAAQ, la CDPDJ ou d’autres institutions.
Cette convergence est également visible dans la section Dossiers citoyens et témoignages d’EnDroit.ca, où des citoyens transmettent depuis plusieurs mois leurs histoires et, de plus en plus souvent, les documents qui les accompagnent.
Une personne explique notamment avoir conservé plusieurs enregistrements et courriels et avoir fait sortir son dossier des archives. Ce type de réaction pourrait devenir important pour la suite : derrière les photos et les témoignages, certains participants disent maintenant vouloir mettre leurs dossiers et leurs documents sur la table.
Un mouvement de frustration qui prend forme sur Internet
Le phénomène fonctionne comme un mouvement de frustration citoyenne qui se propage directement sur les réseaux sociaux. Une vidéo est publiée, une personne fabrique un bandeau, une autre reprend l’idée, puis les photos sont partagées, transformées en images de profil et accompagnées de nouveaux témoignages.
C’est ainsi que le mouvement du ruban DPJ s’était propagé. Le bandeau « CORRUPTION » reprend maintenant cette logique avec une portée beaucoup plus large, puisque le symbole rassemble des frustrations provenant de plusieurs systèmes différents.
Le mot « corruption » lui-même ne signifie probablement pas exactement la même chose pour chaque participant. Pour certains, il s’agit d’une accusation directe. Pour d’autres, il sert à dénoncer ce qu’ils considèrent comme du corporatisme, une absence de reddition de comptes, des mécanismes de plainte inefficaces ou des institutions incapables de reconnaître leurs propres erreurs.
En pleine campagne électorale
Le mouvement apparaît à un moment particulier. Le Québec est actuellement en période électorale et le scrutin provincial aura lieu le 5 octobre 2026.
La vitesse à laquelle le bandeau « CORRUPTION » se propage soulève une question qui pourrait difficilement être ignorée pendant une campagne électorale : la confiance envers les institutions publiques, les mécanismes de plainte et le système judiciaire doit-elle devenir un enjeu davantage discuté publiquement?
L’idée circule déjà chez certains participants de rendre le mouvement visible le jour même du scrutin, notamment en portant le bandeau lorsqu’ils iront voter ou en se rassemblant à proximité des lieux de vote. Jusqu’à présent, rien de précis n’a toutefois été confirmé quant à d’éventuels rassemblements, aux endroits visés ou à leur organisation.
EnDroit.ca suivra l’évolution du mouvement de près d’ici au 5 octobre.
De la bouche aux yeux
Il est encore trop tôt pour savoir jusqu’où ira le mouvement. Ce qui est déjà visible, cependant, c’est qu’il a trouvé un écho auprès de centaines de personnes qui commentent, partagent, témoignent ou commencent à afficher le bandeau.
Quelques semaines après le ruban « DPJ » sur la bouche, le symbole change, mais la frustration demeure. Cette fois, le message tient en un seul mot placé devant les yeux : « CORRUPTION ».
Note éditoriale. Les témoignages et accusations rapportés dans cet article représentent les propos de leurs auteurs. EnDroit.ca documente le mouvement et les expériences qui lui sont transmises; les dossiers individuels doivent être examinés à partir de leurs documents propres.
Droit de réplique. Toute institution ou personne directement concernée peut communiquer avec EnDroit.ca à endroit.ca@outlook.com.
Sources
Vidéo publiée sur les réseaux sociaux d’EnDroit.ca, ainsi que les commentaires, partages et témoignages publics associés, 18 et 19 septembre 2026.
Photographies et montages publiés ou transmis dans le cadre du mouvement du bandeau « CORRUPTION ».
EnDroit.ca — Un ruban « DPJ » sur la bouche : la tendance qui se répand au Québec.
Élections Québec — Élections provinciales de 2026 : un scrutin aura lieu le 5 octobre.
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Lors de mon 4 ième accouchement en 2002 L’obsthtricienne ( modération ) oubli de sortir le placenta que j’ai garder durant 17 jours ,suivit d’une entrée en urgence pour un décollement placentaire ,le chururgien de garde étant saoul ne pouvant effectuer le curetage, remit l’intervention au lendemain matin .
Le lendemain on éliminé les dechets de mon corps sauf on oublie de fermer les lésions au col de l’utérus. Donc 3 jours plus j’entre en hémorragie pour la 2 ieme fois.
J’ai dû me rendre a plusieurs reprises à Rimouski pour effectuer le besoins pressant .
J’ai failli mourir.