Noémi Tellier, avocate criminaliste dont le droit d’exercice est suspendu, subit à Joliette son procès pour deux chefs d’entrave à la justice dans le contexte de l’enquête sur la mort de Francis Turgeon. Kevin St-Pierre, son ex-conjoint, a depuis plaidé coupable à un chef réduit d’homicide involontaire. La poursuite soutient maintenant que plusieurs gestes posés par Tellier entre 2019 et 2023 permettent d’établir une entrave à la justice et invoque notamment la notion d’« aveuglement volontaire ». Elle bénéficie de la présomption d’innocence.
Mois : août 2026
Appel de candidatures | Journaliste pigiste — Justice et affaires judiciaires
EnDroit.ca souhaite établir des liens avec des journalistes pigistes intéressés par la justice, les institutions et l’actualité juridique québécoise, en vue de prochains mandats journalistiques rémunérés.
16 avocats radiés : qu’est-ce qui s’est passé avant que tout bascule?
Avant les radiations, il y avait des carrières, des distinctions, de l’enseignement, des passages devant la Cour suprême et parfois des décennies de pratique. EnDroit.ca a remonté le parcours de 16 avocats pour examiner ce qui s’est produit avant que tout bascule — première partie d’une enquête en trois volets.
L’ordre face à lui-même
Le 8 septembre, le Barreau du Québec ouvre son premier Sommet québécois sur l’État de droit. Le point de départ est un sondage Léger : 43 % des Québécois estiment que leur confiance envers les institutions publiques a diminué, contre 4 % qui la voient s’améliorer. L’ordre ne cache rien des faiblesses du système — en octobre 2025, il décrivait lui-même un système de justice « déjà en lambeaux ». Mais le sondage mesure la confiance envers le gouvernement, les tribunaux et les médias. Pas envers les ordres professionnels. Et quand des étudiants acceptent de parler de leur formation à un journaliste seulement à condition qu’on taise leur nom, la question de la confiance institutionnelle n’est plus à l’ordre du jour : elle est déjà dans la salle. Dernier de quatre articles.
La clinique obligatoire et les clients qui ne viennent pas
Elle devait être le cœur de la réforme : des futurs avocats qui rencontrent de vrais clients, gratuitement, sous supervision. La Clinique juridique du Barreau est obligatoire et comprise dans le bloc d’apprentissage expérientiel, facturé 3 032,50 $. Mais à l’hiver 2026, plus de 40 % des clients ayant un rendez-vous ne se sont pas présentés — contre 22 % à l’automne précédent. Quand la plage est vide, un autre étudiant joue le rôle du client. « Je me sentais vraiment dans une mauvaise pièce de théâtre », raconte l’un d’eux à Radio-Canada. Le Barreau répond que 96 % des plages sont attribuées à de vrais dossiers et que près de 3 000 citoyens ont été aidés. Troisième de quatre articles.
Le prix d’entrée : ce que coûte vraiment l’accès à la profession d’avocat
Après le baccalauréat, il reste 6 946,20 $ à payer avant même le début du stage : 6 065 $ de droits de scolarité, 680 $ de documentation, 201,20 $ de frais d’admission. Puis chaque difficulté a son tarif. Une reprise d’examen, 414 $. Une demande de révision de correction, 139 $. Une réinscription à la préparation en droit appliqué, 695 $. Un seul échec peut porter la facture à 8 194,20 $. Et une personne convoquée devant le Comité d’accès à la profession doit verser 442,65 $ avant que son dossier soit mis au rôle. Deuxième de quatre articles sur la relève juridique et son ordre professionnel.
École du Barreau : dix ans de contestations autour des examens
En 2016, des étudiants de l’École du Barreau dénonçaient un mode d’évaluation « aléatoire et injuste ». En 2017, ils écrivaient noir sur blanc que l’École risquait de « rompre le lien de confiance ». En octobre 2025, le Commissaire à l’admission aux professions conclut à une insatisfaction généralisée et juge le processus de révision des examens « inutilement strict ». Entre les deux : des critiques inscrites au procès-verbal du conseil d’administration, une séance d’examen avec un nombre anormal de questions annulées, et 245 candidats qui ont vu leurs résultats 48 heures avant les autres. Premier de quatre articles sur la relève juridique et son ordre professionnel.
Trois policiers suspendus, plus de quinze mois de silence
Le 7 mai 2025, trois policiers de la Régie intermunicipale de police Roussillon étaient suspendus pendant une enquête de la Sûreté du Québec sur des allégations de nature criminelle. L’affaire a fait les manchettes partout au Québec. Nos vérifications, au 28 août 2026, ne relèvent aucune accusation du DPCP, aucune citation en déontologie policière, aucun communiqué de suivi et aucun article publié depuis. Ce que nous savons, ce que nous ignorons, et les quatre demandes que nous venons de déposer.
« La DPJ s’en sert souvent pour se soustraire à toute reddition de compte » — Chroniqueuse
Un père a fait tout ce qu’on lui demandait. Programme thérapeutique complété, attestation finale, déclarations sous serment, rapport d’enquête. Puis, comme rien n’avait changé, il a écrit à une chroniqueuse. Elle lui a répondu — et sa réponse explique pourquoi les journalistes ne peuvent pas raconter ces histoires.
Victoire pour CDNP Avocats : 5 heures de travaux pour outrage au tribunal
Une troisième condamnation pour outrage au tribunal appelle normalement une sanction qui monte. Le juge a refusé de fixer seul la peine et a exigé une position de la partie qui avait saisi la Cour. La réponse de CDNP Avocats : cinq heures de travaux communautaires. Le même cabinet avait écrit, dans un protocole de l’instance, que son client vivait en Chine — alors qu’une déclaration sous serment d’une employée de Spunt & Carin le situe au Québec.










