Elle a quitté son domicile en mai 2024 pour une maison d’hébergement. Elle a dénoncé la violence conjugale aux policiers. La Direction de la protection de la jeunesse lui recommande maintenant de s’adresser au tribunal pour obtenir la garde complète de sa fille. Elle est admissible à l’aide juridique. Et à Chibougamau, elle ne trouve aucun avocat disponible pour prendre son dossier. Elle a écrit au Barreau du Québec — en citant le communiqué où l’ordre reconnaît lui-même que des citoyens peinent à se faire représenter en région. Nous publions sa lettre intégralement.
Catégorie : Chroniques et opinions
Le Tribunal écarte les recommandations de la travailleuse sociale
« Bien là, la travailleuse sociale le dit. » Combien de fois cette phrase a-t-elle suffi à clore un débat, comme si l’opinion d’une experte valait vérité absolue? L’avocate Vivan Nguyen raconte une cause où le Tribunal a écarté les recommandations de la travailleuse sociale — et pourquoi ce moment, rare, méritait d’être souligné.
Renseignements médicaux à la SAAQ : qui sait quoi, et comment?
Des personnes qui n’avaient transmis aucune nouvelle information médicale ont vu leur droit de conduire remis en question. D’autres, sans même avoir de dossier d’indemnisation, ont été convoquées à une évaluation. D’où venait l’information? Pour l’Association pour les droits des accidentés, la question est simple — et les documents du projet CASA de la SAAQ, qui prévoient un « dossier médical unique » alimentant « tous les processus concernés », la rendent incontournable.
Le témoignage de la semaine : l’histoire de Madame H.
Elle a été enfant de la DPJ : famille d’accueil, foyer de groupe, centre jeunesse, et un mois enfermée seule à quatorze ans. Elle est devenue enseignante, puis famille d’accueil — pour offrir à des enfants ce qu’elle n’avait jamais eu. Pendant quatre ans, sa famille était décrite comme l’une des plus belles de sa région. Puis elle a rencontré un homme, et le système lui a fait exactement ce qu’il fait aux parents biologiques. Premier texte de notre nouveau segment hebdomadaire : le témoignage de la semaine.
Le silence de la CAQ sur les vrais enjeux : les enfants et la justice
En une seule journée de mai, le gouvernement a trouvé 682 millions de dollars, notamment pour détaxer les muffins vendus à l’unité. Le demi-milliard promis pour moderniser la justice, lui, a été reporté à 2029. Le projet de loi sur la déontologie des juges n’a franchi aucune étape depuis son dépôt. Pendant ce temps : des rapports de la DPJ falsifiés, des éducatrices congédiées pour proximité sexuelle avec des mineurs, et 43 % des Québécois qui disent avoir perdu confiance en leurs institutions. Le vote est dans 54 jours.
On ne naît pas vulnérable. On le devient parfois.
Nous croyons souvent que la vulnérabilité concerne les autres. La recherche montre le contraire : elle peut toucher chacun de nous, lorsque nos ressources ne suffisent momentanément plus à faire face à une situation. Pour la troisième chronique de sa série Regards sur la confiance, Peggy Roy explique pourquoi c’est précisément au moment où l’on dispose de moins d’énergie qu’il faut comprendre un système, remplir des formulaires et respecter des délais — et ce que la réponse institutionnelle change alors.
On ne protège pas le public. On protège un monopole.
La juge en chef Marie-Anne Paquette dit que les documents produits par les justiciables seuls sont devenus plus clairs grâce à l’IA, et qu’il faut enseigner plutôt qu’interdire. Le Barreau, lui, met le public en garde et rend la formation obligatoire pour ses 31 500 membres. Formation pour les avocats, méfiance pour les citoyens : à qui profite vraiment l’avertissement?
Et si nos régimes d’indemnisation protégeaient aussi la retraite des personnes accidentées?
Une personne lourdement accidentée reçoit une indemnité calculée en déduisant une cotisation au Régime de rentes du Québec — une cotisation qui n’est jamais versée à Retraite Québec. Vingt ou trente ans plus tard, la facture arrive au moment de la retraite. Mélanie Patenaude propose un arrimage qui ne changerait rien à la mission des régimes.
Contester l’incontestable : le justiciable en paie le prix
Un expert détient le plus haut diplôme universitaire de son domaine. L’avocate de la partie adverse conteste quand même son statut d’expert devant le tribunal. Quelqu’un paiera ce débat : un parent qui ne comprend peut-être pas la nature de ces technicalités. Me Vivan Nguyen pose la question que la déontologie n’a jamais tranchée.
L’illusion binaire — l’intolérance et le mythe de la « normalité »
Face à la diversité des genres, une partie de la société brandit la biologie comme bouclier pour défendre ce qu’elle appelle la « normalité ». Kareen Fortin met en balance deux protections que la Charte accorde en même temps : la liberté d’exprimer ses inconforts, et le droit de chacun d’exister avec dignité. La justice peut tracer des limites, mais elle ne peut forcer l’empathie.










