Un éducateur chargé d’accompagner une adolescente hébergée en centre jeunesse a franchi les limites de sa fonction et commis des infractions sexuelles. Jonathan Brisson a plaidé coupable à quatre chefs avant d’être condamné à deux ans de pénitencier.
Il ne s’agit plus d’allégations non tranchées. Le dossier a mené à des plaidoyers de culpabilité, puis à une peine prononcée par la Cour du Québec. La culpabilité de Jonathan Brisson peut donc être rapportée comme un fait judiciaire.
La documentation publique demeure néanmoins incomplète : aucun jugement écrit, numéro de dossier judiciaire ou procès-verbal détaillé n’a été repéré dans les banques publiques consultées. La présente fiche distingue donc les faits confirmés par plusieurs comptes rendus judiciaires des éléments qui restent à obtenir.
Quatre plaidoyers de culpabilité et une peine de pénitencier
Jonathan Brisson, ancien éducateur au centre jeunesse de Trois-Pistoles, dans le Bas-Saint-Laurent, a reconnu sa culpabilité relativement à quatre chefs de nature sexuelle visant une adolescente qui se trouvait sous sa responsabilité. Les comptes rendus judiciaires identifient des infractions d’agression sexuelle, de contacts sexuels et de leurre.
Le 27 mars 2026, au palais de justice de Rimouski, le juge Richard Côté de la Cour du Québec lui a imposé deux ans de pénitencier. Cette peine est celle qui doit être retenue. Les quatre années demandées par le ministère public pendant les représentations ne constituent pas la décision du tribunal.
Culpabilité reconnue sur quatre chefs; deux ans de pénitencier, deux ans de probation à compter de la remise en liberté, interdictions connexes et inscription pendant vingt ans au registre des délinquants sexuels.
L’éducateur-conseil d’une adolescente vulnérable
La jeune est arrivée au centre jeunesse en 2020. Jonathan Brisson avait alors 24 ans et exerçait auprès d’elle une fonction d’éducateur-conseil. Les sources la décrivent comme une adolescente de 15 ans au commencement des gestes retenus par le tribunal.
Le juge a considéré la position professionnelle de l’accusé comme l’élément aggravant central. La relation ne mettait pas en présence deux personnes sur un pied d’égalité : l’adolescente était hébergée par une institution de protection et Brisson participait à son encadrement. Le tribunal a insisté sur l’ampleur du lien d’autorité et de confiance.
Messages, sorties en voiture et gestes sexuels
Selon le récit présenté au tribunal et repris par les journalistes judiciaires, Brisson a échangé avec l’adolescente des messages à caractère amoureux. Il lui proposait aussi des sorties en voiture lorsqu’elle pouvait quitter l’établissement. Des contacts sexuels se sont produits dans son véhicule et dans d’autres lieux; les gestes ont ensuite inclus des relations sexuelles, dont une avant que l’adolescente atteigne 16 ans.
Après sa sortie du centre de réadaptation en 2021, la jeune — qui demeurait alors sous la protection de la jeunesse selon TVA — est allée vivre chez Brisson. Ils se sont présentés comme un couple et la relation a continué jusqu’en septembre 2022. Les communications sur les réseaux sociaux ont aussi servi à maintenir les contacts.
Cette fiche ne reproduit aucun détail sexuel graphique et ne publie aucun renseignement permettant d’identifier la victime. Les éléments nécessaires à la compréhension de l’abus d’autorité sont rapportés sans transformer son vécu en spectacle.
Six chefs déposés, quatre chefs reconnus
TVA et CIMT rapportent que le ministère public avait initialement déposé six chefs : agression sexuelle, contacts sexuels, exploitation sexuelle, deux chefs de leurre et un chef relatif à la pornographie juvénile. Brisson a plaidé coupable à quatre d’entre eux.
Les articles relatifs à la peine résument les chefs reconnus comme étant l’agression sexuelle, les contacts sexuels et le leurre. Sans le procès-verbal judiciaire ou le jugement écrit, il serait imprudent d’attribuer publiquement un décompte précis à chacune de ces qualifications ou d’affirmer le sort procédural exact des deux autres chefs.
Le Code criminel distingue notamment l’agression sexuelle, les contacts sexuels sur une personne de moins de 16 ans, l’exploitation sexuelle d’une jeune personne lorsqu’existe une relation de confiance ou d’autorité, et le leurre au moyen de télécommunications. Cette fiche ne remplace toutefois pas l’acte d’accusation propre à ce dossier.
De l’arrivée au centre à la condamnation
Quatre ans demandés par la poursuite
Le procureur de la Couronne, Me Alex Turcotte, réclamait quatre ans d’incarcération. La défense, représentée par Me Caroline Bérubé, proposait une peine provinciale. Le Journal Le Soir rapporte une fourchette de 12 à 18 mois dans son compte rendu du 27 mars, tandis que son article précédent et TVA indiquaient 12 à 24 mois.
Le juge Côté a retenu une peine de deux ans, soit une peine purgée dans un établissement fédéral. Il a décrit les infractions comme particulièrement graves, nombreuses et commises sur une longue période à l’endroit d’une personne mineure.
Le tribunal a mis en balance les facteurs aggravants et certains facteurs personnels : Brisson n’avait pas d’antécédent judiciaire, avait entrepris des efforts de réadaptation, s’était stabilisé sur le plan professionnel et disposait d’un environnement familial décrit comme adéquat. Le rapport présentenciel était présenté comme plutôt favorable, tout en évaluant son risque de récidive dans la moyenne.
Probation, emploi auprès de mineurs, armes, ADN et registre
À la peine de pénitencier s’ajoutent plusieurs conséquences. À compter de sa libération, Brisson devra respecter une probation de deux ans. Les comptes rendus indiquent qu’il lui sera interdit d’occuper un emploi, rémunéré ou non, le plaçant en autorité ou en relation de confiance avec des personnes mineures; certaines sources résument cette interdiction en visant les enfants de moins de 16 ans.
Le tribunal a aussi ordonné une interdiction de posséder des armes pendant dix ans, le prélèvement d’un échantillon d’ADN et l’inscription de Brisson au registre national des délinquants sexuels pendant vingt ans.
La formulation juridiquement opposable est celle des ordonnances déposées au dossier de la Cour du Québec. Les formulations médiatiques résumées ici devront être remplacées ou précisées si ces documents deviennent publics.
Des dates qui ne concordent pas entièrement
Les comptes rendus convergent sur l’essentiel — l’identité du condamné, son rôle d’éducateur, la vulnérabilité de la jeune, les quatre plaidoyers de culpabilité et la peine — mais diffèrent sur certains détails.
Début et durée des faits
Date du congédiement
Date des plaidoyers
Une condamnation individuelle, mais des questions institutionnelles sans réponse publique
La condamnation établit les gestes de Brisson; elle ne permet pas, à elle seule, de conclure à une responsabilité criminelle ou civile du CISSS du Bas-Saint-Laurent, de la DPJ ou d’autres membres du personnel. Aucun jugement public repéré ne tranche une faute institutionnelle dans cette affaire.
Les sources disponibles n’expliquent pas précisément comment les communications et les sorties ont été surveillées, à quel moment l’organisation a été informée, qui a effectué le signalement, quelles mesures de soutien ont été offertes à la jeune, ni ce qui explique l’intervalle entre le congédiement de 2022 et l’arrestation de novembre 2023.
Aucun appel public ni jugement écrit repéré
Les recherches effectuées dans les sources ouvertes n’ont pas permis de retrouver une décision écrite publiée sous le nom de Jonathan Brisson, un numéro de dossier, ni une procédure d’appel. Cela ne prouve pas qu’aucun document n’existe au greffe ou qu’aucune démarche n’a été entreprise : les décisions criminelles prononcées oralement ne sont pas toutes publiées dans les banques gratuites.
Pour compléter définitivement cette fiche, les documents prioritaires sont le plumitif criminel, l’acte d’accusation modifié, le procès-verbal des plaidoyers du 25 février 2026, les ordonnances du 27 mars et, s’il existe, le jugement sur la peine ou sa transcription.
Cette fiche repose sur plusieurs comptes rendus de journalistes présents ou alimentés par les procédures au palais de justice de Rimouski. Les faits communs aux sources sont présentés comme établis; les divergences sont attribuées et conservées. Les informations non documentées sur la gestion interne ne sont pas transformées en conclusions.
La page sera mise à jour si un jugement écrit, un numéro de dossier, une réponse du CISSS du Bas-Saint-Laurent ou une procédure d’appel devient accessible.

