L’enquête publique du coroner sur la collision ayant coûté la vie à Tanya Lalonde et à son fils Eliott reprend avec une question de transparence : certaines parties souhaitent que des témoignages soient entendus à huis clos. Une interdiction de publication visant les témoignages policiers serait également demandée.
Les audiences consacrées aux décès de Tanya Lalonde et de son fils Eliott reprennent ce lundi 26 octobre au palais de justice de Montréal. La mère et l’enfant ont perdu la vie le 27 août 2025 dans une collision impliquant un camion lourd sur l’autoroute 30, à Boucherville.
Leur dossier s’inscrit dans une enquête publique thématique sur les décès survenus à la suite de collisions impliquant des camions lourds, présidée par le coroner Me Dave Kimpton. L’enquête doit éclaircir les causes et les circonstances des décès et permettre de formuler des recommandations pour prévenir d’autres drames. Les audiences du 26 au 30 octobre sont consacrées aux décès de la mère et de son fils.
Des témoignages que certaines parties souhaitent soustraire au public
La possibilité d’un huis clos est expressément annoncée dans le communiqué publié le 20 octobre par le Bureau du coroner. Celui-ci y indique que certaines parties comptent demander que des témoignages soient entendus, en partie ou en totalité, sans la présence du public. Les requêtes devaient être présentées à l’ouverture des audiences, le 26 octobre. Le communiqué ne précise pas quelles parties souhaitent obtenir cette mesure.
Selon un reportage télévisé diffusé ce lundi, une demande viserait également à interdire la publication des témoignages policiers. Le motif évoqué serait la protection d’un éventuel procès devant jury.
La volonté de restreindre l’accès à certains témoignages est donc documentée. La décision du coroner sur ces demandes, leur portée et leur durée restent à connaître.
Les deux mesures sont distinctes. Un huis clos restreint l’accès à l’audition, tandis qu’une ordonnance de non-publication interdit de diffuser certaines informations, sans nécessairement fermer la salle.
Trois policiers de la Sûreté du Québec figurent au programme du 26 octobre : le sergent-enquêteur Jérémy Quévillon, le lieutenant Charles-Antoine Godue-Faucher et le sergent-enquêteur Philippe St-Martin. Le programme prévoit aussi des restrictions de publication et de divulgation pour certaines pièces.
Un freinage qui serait survenu après l’impact
Au lendemain de la collision, des informations publiées indiquaient que le conducteur du camion, alors âgé de 25 ans, n’aurait freiné qu’après l’impact initial. Les traces de freinage sur la chaussée auraient commencé après ce premier choc.
Les policiers avaient alors saisi le téléphone cellulaire du conducteur et la caméra de tableau de bord installée dans le camion.
Selon le reportage télévisé de lundi, la Sûreté du Québec aurait maintenant terminé son enquête et remis son rapport au Directeur des poursuites criminelles et pénales. Une décision sur d’éventuelles accusations resterait à venir.
Une enquête publique, avec des exceptions prévues par la loi
La Loi sur les coroners établit que l’enquête est publique. Son article 140 permet néanmoins au coroner d’entendre un témoin à huis clos lorsque certains intérêts l’exigent, notamment la protection du droit à un procès juste et équitable.
L’article 146 permet également d’interdire la publication ou la diffusion de renseignements pour les motifs prévus par la loi. L’interdiction peut avoir une durée déterminée et être levée avant la fin de l’enquête.
La protection d’un éventuel procès constitue donc un enjeu juridique reconnu. Elle laisse néanmoins entière la question de la portée des restrictions demandées : quels renseignements doivent être protégés, pour combien de temps, et quelle partie des témoignages peut demeurer accessible.
Faire la lumière, et expliquer les limites imposées
L’enquête du coroner n’est pas un procès criminel. Elle ne peut déterminer la responsabilité civile ou criminelle d’une personne. Son rôle consiste à établir les causes et les circonstances des décès et à favoriser la prévention.
Dans ce dossier, la transparence se joue aussi dans l’explication des restrictions envisagées. Si certains témoignages doivent être entendus à huis clos ou frappés d’une interdiction de publication, le public a intérêt à comprendre les motifs de ces mesures et leurs limites.
Dans une enquête annoncée comme publique sur la mort d’une mère et de son enfant, certaines parties souhaitent restreindre l’accès aux témoignages.
- Bureau du coroner, Enquête publique : décès à la suite de collisions impliquant des camions lourds, calendrier des audiences, liste des témoins et communiqué du 20 octobre 2026.
- Loi sur les coroners, RLRQ, c. C-68.01, notamment les articles 140 et 146.
- Le Journal de Montréal, « Carambolage mortel sur l’A-30 : le camionneur aurait freiné seulement après l’impact », 28 août 2025.
- TVA, reportage télévisé du 26 octobre 2026.
Les faits relatifs à la collision sont rapportés tels que publiés et n’ont pas été établis par un tribunal. Aucune accusation n’a été déposée à ce jour à notre connaissance, et toute personne visée bénéficie de la présomption d’innocence. La saisie d’un téléphone ne démontre pas, à elle seule, qu’il était utilisé au moment de la collision.
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