Le 30 avril 2026, EnDroit.ca a transmis au Bureau du Protecteur du citoyen six questions précises portant sur le décalage entre la communication officielle de l’institution et sa capacité réelle d’intervention. Quelques jours plus tard, l’institution nous a fait parvenir une réponse formelle, sérieuse et détaillée. Voici la réponse intégrale, accompagnée de notre analyse point par point — dans un esprit de dialogue institutionnel.
Catégorie : Enquêtes
L’Omerta sous scellés : Le Fonds d’assurance du Barreau fait condamner un père autiste pour outrage au tribunal
Le juge Shaun E. Finn de la Cour supérieure du Québec a rendu son jugement le 6 mai 2026 : un père de famille autiste qui s’autoreprésente est déclaré coupable d’outrage au tribunal pour avoir transmis aux journalistes une poursuite civile qu’il avait lui-même intentée contre des avocats. La poursuite avait été placée sous scellés à la demande du Fonds d’assurance du Barreau. Anatomie d’un système qui protège les forts et broie les vulnérables.
Protecteur du citoyen, un rôle symbolique ?
Le Protecteur du citoyen affirme que ses recommandations sont acceptées dans plus de 98 % des cas. C’est l’argument vedette de l’institution. Mais que se passe-t-il réellement lorsqu’un citoyen québécois lui demande d’intervenir ? EnDroit.ca a documenté pendant trois ans les démarches concrètes auprès de cette institution. Le constat est troublant : derrière le discours rassurant de l’ombudsman du Québec, le citoyen se heurte à un mur de refus, de renvois et d’« hors compétence ».
Quand Anne-France Goldwater parle de chevreuils, les médias accourent. Quand elle dénonce une fraude criminelle au Barreau, c’est l’omerta.
Pendant trente ans, dès que Me Anne-France Goldwater s’est exprimée — sur les animaux, le divorce, les réformes ou la magistrature — Radio-Canada, La Presse, Le Devoir, le Journal de Montréal, TVA et CTV se précipitaient. Cette fois, par écrit, elle qualifie une situation impliquant un cabinet établi de Westmount et le Barreau du Québec de fraude criminelle grave et de cover-up institutionnel. Et soudain, plus personne n’a rien à dire.
Réprimande, destitution, et rien entre les deux : ce que l’affaire Joëlle Roy révèle d’un mécanisme d’autorégulation à bout de souffle
Une juge a chassé pendant des mois les sources d’un journaliste, accusé nommément deux procureurs de la Couronne, et reconnu avoir failli à son devoir de réserve « à quelques reprises ». Sa sanction : une réprimande. La deuxième en deux ans. C’est tout ce que le Conseil de la magistrature peut faire — parce que c’est tout ce que le système québécois lui permet de faire.
« La meilleure place pour cacher un cadavre, c’est la deuxième page de Google. »
La deuxième page de Google reste un cimetière où personne ne va regarder. 68,7 % des clics se concentrent sur les trois premiers résultats. Ce qui a changé en 2024, c’est qu’il est devenu beaucoup plus difficile d’y envoyer un cadavre sur commande. Trois mises à jour de Google et l’arrivée des IA génératives ont neutralisé les deux grands alliés des enfouisseurs : le temps et le portefeuille.
La DPJ savait. Et n’a rien dit pendant quatre ans.
En mars 2016, un garçon de 12 ans est confié au Centre Héritage à Gatineau. Quelques jours plus tard, un incident grave survient dans les douches. La DPJ le sait. Elle cache tout au tribunal pendant quatre ans. Premier article d’une série de trois sur le jugement Noël (2021 QCCQ 2868).
Quand la confidentialité devient un instrument d’impunité
Pris séparément, chacun des faits documentés dans cette série pourrait s’expliquer. C’est quand on les regarde ensemble qu’une question s’impose : dans un système qui s’autorégule, qui surveille les surveillants ? Analyse finale — Article 5 de 5.
Le dossier 124 qui n’existe plus
Dans le registre public du Conseil de la magistrature, le dossier 2024-CMQC-123 est là. Le 2024-CMQC-125 aussi. Le 2024-CMQC-124, lui, est simplement absent. La décision existe pourtant — elle a été rendue, publiée, transmise. Article 4 de 5 sur l’affaire Sanderson-Roberge.
Radiée — et six jours plus tard, le DPCP appelle le Barreau
Le 20 août 2024, Jacqueline Sanderson perd son droit de pratique. Six jours plus tard, elle reçoit un courriel du syndic adjoint qui avait recommandé sa radiation — l’informant que le DPCP vient de le contacter au sujet du dossier Roberge. Article 3 de 5.










