Le Service de police de la Ville de Montréal a congédié sept policiers patrouilleurs, lundi, à la suite des allégations de gestes discriminatoires et racistes et d’actes dérogatoires visant les postes de quartier 39, à Montréal-Nord, et 21, au centre-ville. Le SPVM a confirmé les congédiements par communiqué, trois jours après que le directeur Fady Dagher eut annoncé que des conséquences importantes suivraient en novembre.
Selon des informations publiées lundi après-midi, cinq des policiers congédiés proviennent du poste de quartier 39 et deux du poste de quartier 21. Le SPVM n’a pas détaillé les motifs propres à chacun des congédiements. Le directeur Fady Dagher devait faire le point en fin de journée avec ses directeurs adjoints.
Des enquêtes déclenchées par des policiers
L’affaire a commencé de l’intérieur. En mars 2026, des employés du SPVM ont signalé des comportements inacceptables au sein d’une équipe du poste de quartier 39. Une enquête a été ouverte aussitôt.
Le 12 juin, le SPVM a suspendu deux policiers et démantelé l’équipe visée, dont les membres ont été réaffectés. Le service évoquait alors des manquements lors d’une intervention policière ainsi que des comportements discriminatoires et racistes envers des citoyens, susceptibles de contrevenir au Code de discipline du SPVM, au Code de déontologie des policiers et, possiblement, au Code criminel. Le directeur Dagher avait qualifié la situation de « totalement inacceptable ».
Parmi les gestes allégués rapportés cet été figurait le fait d’avoir coupé des mèches de cheveux de citoyens racisés, qui auraient été conservées comme des « trophées ». Au poste de quartier 21, un policier aurait uriné sur une personne en situation d’itinérance. Ces allégations n’ont pas été tranchées par un tribunal.
Un quatrième policier du groupe a ensuite été suspendu. Le 28 septembre, le SPVM a transmis au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) la preuve recueillie dans le dossier principal des allégations d’actes discriminatoires et racistes au poste de quartier 39. Il revient au DPCP de décider si des accusations criminelles seront portées. D’autres dossiers connexes demeurent actifs.
« Ce n’est pas beau »
Le vendredi 30 octobre, en conférence de presse, Fady Dagher avait annoncé d’autres révélations pour novembre et averti que, pour les policiers fautifs, « ça ne sera pas beau ». Il avait salué les policiers qui ont dénoncé leurs collègues et affirmé que l’omerta était brisée. Selon lui, seul 1 % de ses policiers ternissent l’uniforme.
Le directeur avait aussi indiqué que d’autres dénonciations avaient été faites depuis le mois de juin. Deux nouvelles enquêtes visent d’ailleurs le poste de quartier 39, dont l’une porte sur un policier qui aurait effacé une preuve vidéo dans un dossier de violence conjugale survenu en 2025. Ce policier a été réaffecté à des tâches administratives, sans contact avec les citoyens, pendant l’enquête.
Une décision d’employeur, pas un verdict
Les congédiements relèvent du SPVM en tant qu’employeur. Ils sont distincts du processus criminel, qui est entre les mains du DPCP, et du processus déontologique, qui relève du Commissaire à la déontologie policière. Les policiers congédiés peuvent contester la décision de leur employeur par les recours prévus à leur convention collective.
- SPVM, « Comportements et gestes répréhensibles : le SPVM suspend et relocalise du personnel policier », 12 juin 2026
- SPVM, communiqué annonçant le congédiement de sept policiers, 2 novembre 2026.
- Métro, « Actes racistes au PDQ 39 : le SPVM soumet sa preuve au DPCP », septembre 2026
- Noovo Info, « Scandales au SPVM : sept policiers congédiés », 2 novembre 2026
- Le Journal de Montréal, 2 novembre 2026 (répartition des policiers entre les postes 39 et 21).
- Conférence de presse du directeur Fady Dagher, 30 octobre 2026.
Les policiers visés n’ont pas été reconnus coupables d’une infraction criminelle et bénéficient de la présomption d’innocence. Toute personne concernée peut exercer son droit de réplique en écrivant à endroit.ca@outlook.com.
EnDroit.ca est une plateforme d’information citoyenne indépendante et ne donne pas de conseils juridiques.
En savoir plus sur EnDroit.ca
Subscribe to get the latest posts sent to your email.

