Le chef conservateur Éric Duhaime a pris la défense de Jacinthe-Ève Arel, son ancienne candidate, nommée directrice de cabinet d’un ministre du gouvernement péquiste. Québec solidaire réclame son départ. En réponse, M. Duhaime renvoie Ruba Ghazal au keffieh qu’elle a brandi lors de son assermentation à l’Assemblée nationale, tout en mettant Mme Arel en garde contre le rôle de « droite de service » au sein du Parti québécois.
La publication est parue sur le réseau X le 30 octobre 2026, vers 12 h 39. Elle a dépassé les 59 000 vues en quelques jours. Éric Duhaime y commente la nomination de Jacinthe-Ève Arel, annoncée la veille en soirée par le gouvernement de Paul St-Pierre Plamondon.
Mme Arel devient directrice de cabinet de Sébastien D’Astous, ministre délégué à l’Efficacité gouvernementale et à l’Allègement réglementaire de l’État.
Une nomination qui fait réagir
Le parcours politique de Mme Arel traverse plusieurs partis. Elle a été candidate de la Coalition avenir Québec dans Laporte en 2018, puis a travaillé au cabinet du ministre Simon Jolin-Barrette jusqu’en 2020. En 2022, elle s’est présentée pour le Parti conservateur du Québec dans Portneuf, où elle a terminé deuxième. Elle a ensuite été analyste et chroniqueuse politique dans les médias.
Dans une publication sur LinkedIn, elle explique rejoindre le Parti québécois pour un Québec souverain et responsable de son avenir, et souhaite un État qui « assume pleinement ses responsabilités ».
Le 30 octobre, Québec solidaire a demandé au premier ministre d’annuler la nomination. Ses porte-parole, Ruba Ghazal et Sol Zanetti, reprochent à Mme Arel des prises de position passées : un appui à Donald Trump et à la Russie de Vladimir Poutine, des propos méprisants envers l’idée d’un sommet national sur l’itinérance, des commentaires sur les personnes qui fréquentent les banques alimentaires, une comparaison des mesures sanitaires au totalitarisme et des propos sur les personnes trans.
« Mme Arel a eu de nombreuses prises de position controversées et inacceptables en appui à Trump et en appui à la Russie de Poutine. » Ruba Ghazal, porte-parole de Québec solidaire
Selon Mme Ghazal, la nomination jette un doute sur les intentions du gouvernement en matière d’itinérance, un engagement phare du Parti québécois. Sol Zanetti qualifie quant à lui Mme Arel d’« admiratrice de Trump et de la droite américaine ».
Le Parti libéral du Québec a demandé au gouvernement d’expliquer en quoi les positions de Mme Arel correspondent aux siennes. Son chef, Charles Milliard, a affirmé ne pas être « compatible » avec elle sur le plan des valeurs.
Le 30 octobre, le compte X de Mme Arel était toujours en ligne, mais ne contenait plus aucune publication.
Ce qu’écrit Éric Duhaime
Le chef conservateur commence par saluer celle qu’il a recrutée comme candidate en 2022.
« J’ai bien connu Jacinthe-Ève comme candidate conservatrice à l’élection de 2022. Une femme brillante et éloquente. » Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec
Il lui souhaite du succès dans son nouveau mandat, en ajoutant que « le Québec a grandement besoin d’un vrai dégraissage ».
Son message contient toutefois une mise en garde. Selon lui, Mme Arel « commet la même erreur qu’en 2018 », lorsqu’elle s’est présentée pour une « coalition » où, écrit-il, la droite a été instrumentalisée pour démontrer une diversité d’opinions, alors que les décisions se prenaient à gauche. « Gare à la droite de service au sein du PQ », écrit-il, avant de dire vouloir laisser « la chance au coureur » au nouveau gouvernement en matière de réduction de la taille de l’État.
La réplique sur le keffieh
La dernière phrase de la publication vise directement la porte-parole de Québec solidaire.
« Quant à Ruba Ghazal, qui réclame le départ de Jacinthe-Ève, je rappelle qu’une femme qui brandit son keffieh pendant son assermentation à l’Assemblée nationale n’a AUCUNE leçon à donner à personne en matière de propos ou de gestes controversés. » Éric Duhaime
Le geste auquel il fait référence remonte au 20 octobre 2026, lors de l’assermentation des députés de Québec solidaire. Mme Ghazal, fille de réfugiés palestiniens, avait alors levé un keffieh, foulard devenu un symbole de la cause palestinienne.
Elle avait expliqué que ce foulard était porté par ses arrière-grands-pères avant 1948 et qu’il faisait partie du patrimoine traditionnel de son peuple, en le comparant à la ceinture fléchée québécoise. Elle avait décrit son geste comme un « message d’amour au Québec ».
Le geste avait suscité de vives réactions. Une pétition réclamant sa démission avait recueilli près de 70 000 signatures en deux jours, tandis qu’une contre-pétition d’appui en comptait un peu plus de 4 000.
Le gouvernement défend sa nomination
Par la voix d’un porte-parole, le gouvernement a d’abord refusé de commenter la nomination. La vice-première ministre Catherine Gentilcore a ensuite défendu Mme Arel en entrevue télévisée, la décrivant comme une personne « compétente » ayant « beaucoup d’expérience en cabinet ». Elle a ajouté qu’on ne commencerait pas à analyser ses anciennes publications.
Au moment d’écrire ces lignes, Jacinthe-Ève Arel demeurait en poste. Le premier ministre Paul St-Pierre Plamondon ne s’était pas prononcé publiquement sur la demande de Québec solidaire.
- Éric Duhaime (@E_Duhaime), publication sur le réseau X, 30 octobre 2026, 12 h 39.
- Québec solidaire demande au premier ministre d’annuler la nomination de Jacinthe-Ève Arel, communiqué de l’Aile parlementaire de Québec solidaire, 30 octobre 2026.
- Jacinthe-Ève Arel, publication sur LinkedIn annonçant sa nomination, octobre 2026.
Les reproches formulés à l’endroit de Mme Arel sont ceux de Québec solidaire ; ils sont rapportés comme tels. Toute personne concernée peut exercer son droit de réplique en écrivant à endroit.ca@outlook.com.
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