Une adolescente placée depuis l’enfance et confiée à sa grand-mère jusqu’à sa majorité n’a eu qu’un seul contact avec son intervenant entre 2019 et son décès. Aucun plan d’intervention n’a été retrouvé au dossier.
Le document public ne révèle pas l’identité de l’adolescente. Il résume une enquête individuelle déclenchée après une série de décès au Nunavik et porte sur la qualité des services qui lui ont été offerts.
Le cœur du constat n’est pas l’absence totale de toute démarche, mais l’écart entre un placement à long terme et l’obligation de maintenir un accompagnement réel, documenté et adapté à l’approche de la majorité.
Deux placements familiaux avant la majorité
En janvier 2013, l’adolescente est placée chez sa grand-mère paternelle à la suite d’un signalement touchant des abus sexuels ou un risque d’abus. En 2015, elle est confiée à sa grand-mère maternelle jusqu’à sa majorité.
Ces milieux familiaux pouvaient favoriser la continuité culturelle et affective. Ils n’abolissaient toutefois pas la responsabilité du réseau de vérifier régulièrement la situation, les besoins de la jeune et la capacité du milieu à y répondre.
Un seul contact en près de deux ans
Entre 2019 et son décès, le dossier ne documente qu’un seul contact avec l’intervenant responsable de l’application des mesures. La Commission ne retrouve par ailleurs aucun plan d’intervention.
Deux ans plus tard, une éducatrice tente des rencontres de transition vers la vie adulte. L’adolescente se montre incertaine devant l’aide proposée pour la recherche d’un emploi. Cette hésitation ne remplace pas une évaluation globale de ses besoins, de son projet de vie et de sa sécurité.
La stabilité apparente devient une faible priorité
La DPJ explique que la situation avait été classée à faible intensité parce que l’adolescente était confiée à sa grand-mère jusqu’à sa majorité. Pour la Commission, cette logique a contribué à une présence insuffisante.
Un placement durable peut réduire les changements de milieu. Il ne garantit pas que les besoins scolaires, psychologiques, sociaux ou identitaires sont satisfaits. Un plan d’intervention et des rencontres régulières sont précisément les outils permettant de le vérifier.
Continuité, personnalisation et diligence
La Commission conclut à une lésion des droits protégés par les articles 8 et 69 de la LPJ ainsi que par l’article 11 de la loi fédérale sur les services aux enfants et aux familles autochtones.
La décision replace le dossier dans les problèmes plus larges de capacité de service au Nunavik, mais formule aussi des obligations très concrètes pour l’équipe responsable : examiner le cas, connaître les ressources de prévention du suicide et effectuer des visites régulières.
Les principaux repères du dossier
Ce que les documents permettent d’établir
La Commission conclut que la stabilité juridique du placement ne dispensait pas la DPJ d’un suivi social réel. Les droits de l’adolescente à des services adéquats et à une intervention diligente ont été lésés.
L’enquête a été ouverte dans le contexte de quatre suicides rapportés la même semaine en septembre 2021. Cette fiche présente un dossier individuel; elle ne permet pas de conclure que les quatre parcours étaient identiques ni d’attribuer une cause unique aux décès.
Recommandations et points de suivi
Voir les mesures à suivre
Cette fiche distingue les faits établis par les documents publics, les déclarations attribuées à une source et les questions encore ouvertes. Elle sera corrigée ou enrichie si un jugement, un rapport de coroner, une réponse institutionnelle ou une nouvelle décision devient public.
La protection de l’identité des enfants et des familles prévaut sur l’ajout de détails sensationnels.

