Le Sommet québécois pour l’état de droit s’est ouvert ce mardi matin au Palais des congrès de Montréal. Pendant deux jours, des acteurs des milieux juridique, médiatique, politique et économique doivent se succéder afin de réfléchir à l’état de droit, à la solidité des institutions démocratiques et aux risques qui peuvent les fragiliser. Le bâtonnier Marcel-Olivier Nadeau et le juge en chef du Canada Richard Wagner ont donné le coup d’envoi devant une salle loin d’être comble, le juge en chef disant souhaiter voir les syndicats et les gens d’affaires se mobiliser pour défendre l’indépendance judiciaire. EnDroit suivra les principaux développements au fil de ces deux journées.
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Sommet sur l’état de droit : on lui souhaite salle comble
Un événement présenté comme historique, une programmation réunissant Paul Arcand, Chantal Hébert, David Frum, Chris Hadfield et le juge en chef du Canada, et 11 heures de formation continue reconnues pour plus de 31 500 avocates et avocats. À la veille de l’ouverture, on aurait pu s’attendre à lire que le Sommet québécois pour l’état de droit affichait complet. Le dernier message du Barreau du Québec invitait plutôt les intéressés à se procurer leurs billets. Nous espérons sincèrement que la salle sera pleine.
Justiciable non représenté : jusqu’où va l’obligation du juge?
Une personne se présente seule devant un tribunal. Elle ne connaît ni les règles de preuve, ni la procédure, ni le vocabulaire. En face, un avocat les maîtrise tous les trois. La question n’est plus de savoir si elle a le droit d’entrer dans la salle d’audience : elle l’a. La question est de savoir ce que le tribunal lui doit une fois qu’elle y est. La Cour suprême, la Cour d’appel de l’Ontario et la Cour d’appel du Québec y ont répondu, et la réponse n’est pas la passivité. Le dossier Julien montre ce qui se produit quand cette obligation rencontre un handicap documenté.
Le Barreau du Québec et l’IA : une guerre perdue d’avance
Si le Barreau du Québec s’obstine à vouloir bloquer, ralentir ou contenir hermétiquement l’intelligence artificielle pour protéger son modèle traditionnel, c’est une bataille perdue d’avance. La classe moyenne ne peut plus se payer un avocat à 400 $ l’heure, et les avertissements sur l’exercice illégal du droit ne pèsent pas lourd face à quelqu’un qui n’a de toute façon pas les moyens. Les bacs à sable réglementaires tentent d’imposer des frontières locales à une technologie mondiale, et les cabinets déploient déjà l’IA pour rester rentables. Le Barreau ne disparaîtra pas, mais sa survie ne passe plus par la rétention de l’information juridique.
Le 4e pouvoir a-t-il encore les moyens de surveiller les trois autres?
On appelle la presse le quatrième pouvoir parce qu’on lui confie la surveillance des trois autres. Mais Groupe TVA a supprimé 800 postes depuis 2022, l’aide publique compte maintenant pour 26 % des revenus de La Presse, et le ministère de la Justice comme le Barreau du Québec achètent de la publicité dans les médias qui peuvent avoir à enquêter sur eux. Aucun de ces faits ne démontre une complaisance éditoriale. Ensemble, ils posent une question démocratique sérieuse : notre société donne-t-elle encore au quatrième pouvoir les moyens de faire ce qu’elle attend de lui?
Daniel Rochefort restera détenu : la Cour supérieure rejette sa demande de révision
Le 4 septembre 2026, le juge Steve Baribeau de la Cour supérieure a rejeté la demande de l’avocat Daniel Rochefort visant à faire réviser la décision le maintenant en détention jusqu’à son procès. Les motifs, longs de 46 pages, sont frappés d’une ordonnance de non-publication. Depuis le 4 juin, le Conseil de discipline du Barreau du Québec a par ailleurs suspendu provisoirement son droit d’exercice. Il demeure présumé innocent.
Deepfake au Barreau : l’IA, un danger pour le citoyen, un outil pour l’institution
Pour prévenir le public des dangers de l’intelligence artificielle, le Barreau du Québec a fait produire un deepfake de Guy Cormier. Pendant ce temps, il impose une formation obligatoire sur l’IA à ses 31 000 membres, lance un bac à sable réglementaire et la Cour supérieure a testé neuf agents d’IA avec 22 juges. Au citoyen, on dit de se méfier. Aux professionnels, on apprend à s’en servir. Chronique de Maxime Gagné.
Le citoyen au cœur des nouvelles pubs du Barreau : une opération cosmétique
À quelques jours de son Sommet québécois pour l’état de droit, le Barreau du Québec multiplie les messages sur la participation citoyenne et le citoyen engagé. Très bien. Mais il existe un autre citoyen : celui qui dépose une plainte au syndic, conteste ses honoraires, se représente seul ou demande des comptes à l’institution. Chronique sur la différence entre parler du citoyen et parler avec lui.
Trouver un avocat : comprendre les générateurs de leads au Québec
Trouver un avocat au Québec commence presque toujours de la même façon : une recherche Google, un formulaire, un rappel. C’est gratuit pour vous — mais quelqu’un a payé pour que votre demande arrive sur ce bureau-là. Ce dossier explique ce qu’est un générateur de leads juridiques, comment il choisit l’avocat qui vous rappelle, pourquoi le Barreau du Québec dirige lui-même vers trois de ces plateformes, et ce qu’une référence ne prouve pas sur la compétence du professionnel. Avec sept autres façons de trouver un avocat, dont les tarifs des services de référence du Barreau.
Six avocats radiés pour une formation obligatoire non complétée
À sa séance du 20 août 2026, le Conseil d’administration du Barreau du Québec a prononcé la radiation de six avocats du Tableau de l’Ordre. Le motif est le même pour tous : avoir fait défaut de compléter, dans le délai imparti, la formation obligatoire destinée aux signataires de comptes en fidéicommis. La mesure est administrative, prononcée en vertu de l’article 17 du Règlement sur la formation continue obligatoire des avocats. Noms, numéros de membre et sections, avec l’avis officiel en téléchargement.










