Une pétition réclamant la « légalisation du viol » aurait circulé récemment dans une école secondaire située à la frontière de l’Estrie et de la Montérégie. Selon le directeur général d’Ensemble pour le respect de la diversité, des dizaines de jeunes garçons l’auraient signée avant que le personnel de l’établissement ne communique avec son organisme pour obtenir des outils d’intervention. Le nom de l’école n’a toutefois pas été rendu public.
Une histoire difficile à croire a commencé à circuler dans les médias québécois au cours des derniers jours : des élèves d’une école secondaire auraient fait circuler une pétition réclamant la légalisation du viol.
L’information ne provient pas simplement d’une publication anonyme sur les réseaux sociaux. Rafaël Provost, directeur général de l’organisme Ensemble pour le respect de la diversité, affirme que son équipe a été directement contactée par des membres du personnel de l’école concernée.
Selon les informations rapportées par M105, à Granby, la pétition aurait obtenu des dizaines de signatures de jeunes garçons dans une école secondaire située à la frontière de l’Estrie et de la Montérégie. L’établissement aurait communiqué avec l’organisme afin de l’informer de la situation et de chercher des outils pour intervenir auprès des jeunes.
Une école qui demeure inconnue
À ce jour, le nom de l’établissement n’a pas été dévoilé publiquement.
EnDroit.ca n’a pas non plus été en mesure de consulter une copie authentifiée de la pétition ni d’obtenir une confirmation publique directe de l’école ou du centre de services scolaire concerné.
Cette distinction est importante.
Les informations disponibles reposent principalement sur le témoignage de Rafaël Provost, dont l’organisme affirme avoir été contacté directement par le personnel scolaire. Plusieurs médias ont depuis repris l’affaire, dont Noovo Info, qui rapportait le 2 octobre qu’une pétition réclamant la légalisation du viol avait circulé dans une école secondaire des Cantons-de-l’Est.
Une chronique consacrée à l’affaire a également été publiée dans La Tribune par Léa Clermont-Dion.
Une « blague » ou une conviction réelle?
Une autre question demeure sans réponse : pourquoi des élèves ont-ils signé une telle pétition?
Était-ce une provocation? Une mauvaise blague? Une façon de choquer leurs camarades? Ou certains signataires adhéraient-ils réellement au message?
Les informations actuellement publiques ne permettent pas de le déterminer.
Et cette nuance compte. Une pétition réclamant quelque chose d’aussi grave peut être inquiétante même si ses auteurs prétendent par la suite qu’il s’agissait d’une plaisanterie, mais l’intention des jeunes ne peut pas être déterminée à partir des informations actuellement accessibles.
Ce que l’on sait, selon Rafaël Provost, c’est que la situation a suffisamment préoccupé le personnel de l’établissement pour qu’il demande de l’aide à un organisme spécialisé dans la prévention de la violence et de la discrimination.
Une demande grandissante dans les écoles
L’affaire survient alors qu’Ensemble pour le respect de la diversité constate une importante demande des écoles pour des interventions portant notamment sur le masculinisme, le consentement et les violences sexuelles.
Selon M105, Rafaël Provost affirme que 85 nouvelles écoles, dont plusieurs en Estrie, ont demandé à recevoir l’atelier Salut, ça va?.
Cet atelier est destiné aux élèves du secondaire et aborde notamment les normes de masculinité, les discours masculinistes présents en ligne, les relations intimes et le consentement.
L’organisme explique que l’atelier a été développé à partir de l’essai Salut, ça va? de Léa Clermont-Dion, en collaboration avec l’équipe de la campagne On s’écoute du Center for the Study of Learning and Performance de l’Université Concordia.
L’objectif annoncé est d’amener les jeunes à réfléchir à l’influence que certains discours peuvent avoir sur leurs relations et leurs comportements, mais aussi à développer l’empathie et des relations plus respectueuses.
Une histoire devenue virale
Avant même que plusieurs médias n’en parlent, l’histoire avait commencé à circuler sur les réseaux sociaux.
Le 30 septembre, le site La Clique du Plateau relayait une publication montrant le message « Légalisons le viole????? » et demandait publiquement le nom de l’école concernée.
Depuis, les réactions se multiplient.
Mais l’absence du nom de l’établissement et d’une copie publique de la pétition laisse également place aux interrogations et au scepticisme.
Pour cette raison, il faut distinguer ce qui est actuellement documenté de ce qui ne l’est pas.
Ce qui est rapporté : le directeur d’un organisme québécois affirme avoir reçu un courriel du personnel d’une école secondaire concernant une pétition demandant la légalisation du viol et portant des dizaines de signatures de garçons.
Ce qui demeure à confirmer publiquement : le nom de l’école, le contenu intégral de la pétition, le nombre exact de signatures, l’âge des jeunes concernés, les circonstances dans lesquelles elle a circulé et les mesures prises par l’établissement.
Au-delà du choc
Une formule comme « légaliser le viol » attire immédiatement l’attention. Mais derrière le caractère spectaculaire de l’histoire se trouve une question plus difficile : qu’est-ce qui amène des adolescents, même sous le couvert de la provocation ou de l’humour, à faire circuler et à signer un tel document?
C’est précisément le type de discussion que les organismes de prévention disent vouloir avoir avec les jeunes.
Reste maintenant à savoir ce qui s’est réellement produit à l’intérieur de cette école.
EnDroit.ca tentera d’obtenir davantage d’informations auprès d’Ensemble pour le respect de la diversité afin de documenter les circonstances de cette pétition et l’intervention effectuée auprès des élèves.
Sources. M105, Noovo Info, Ensemble pour le respect de la diversité et revue de presse de l’Université de Sherbrooke.
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