Au cours des dernières années, j’ai assisté à des dizaines et des dizaines d’audiences, en Cour supérieure, en matière criminelle et en Cour d’appel. D’abord dans mon propre dossier, puis dans plusieurs autres, comme observateur. Et quiconque a déjà attendu son tour sur un banc le sait : avant d’être entendu, on voit défiler des causes, beaucoup de causes. À force, une salle d’audience finit par avoir une odeur. Pas celle du bois verni ou du papier. Une odeur plus subtile, qui imprègne tout. Voici ce que j’y ai senti.
J’ai senti la condescendance
Condescendance : attitude de supériorité qui, sous des airs parfois bienveillants, fait sentir à l’autre qu’il est inférieur.
Je m’attendais à sentir la considération.
Elle circule dans toutes les directions. Du juge envers les avocats. Du juge envers la personne non représentée. De l’avocat de la partie adverse envers cette même personne. Et même des avocats entre eux. Un soupir appuyé, une explication donnée comme à un enfant, un regard échangé au-dessus de la tête de celui qui parle : la condescendance n’a pas besoin de mots pour se faire sentir.
J’ai senti le mépris
Mépris : sentiment qui porte à juger l’autre indigne d’égards, et à le lui faire sentir.
Je m’attendais à sentir la courtoisie.
J’ai vu des juges hausser le ton envers des avocats, parler beaucoup plus fort qu’il n’était nécessaire, manier le sarcasme, lancer des remarques blessantes, parfois carrément des insultes. Je ne parle pas ici de l’autorité du tribunal ni du décorum, qui ont leur place. Je parle de mépris, purement et simplement. Et ce n’est pas rare. C’est, selon ce que j’ai vu, extrêmement fréquent.
J’ai aussi remarqué une chose troublante : plus le juge occupait un poste élevé, juge coordonnateur, juge en chef adjoint, ou cumulait de longues années d’ancienneté sur le banc, plus cette tendance me semblait s’accentuer. Comme si le rang dispensait de la courtoisie.
Et si des avocats, membres de l’ordre, sont traités ainsi, le citoyen, lui, l’est encore plus durement. Et de loin. Je l’ai vu, audience après audience.
« Comme si le rang dispensait de la courtoisie. »
Maxime Gagné · Chronique d’opinionJ’ai senti la partialité
Partialité : fait de pencher d’un côté plutôt que de l’autre, avant même d’avoir tout entendu.
Je m’attendais à sentir l’impartialité.
L’impartialité est censée être la pierre angulaire de la justice. Pourtant, ce que j’ai senti, c’est une balance qui penche. Un net avantage pour les membres de l’ordre, pour ceux qui ont plus d’autorité, pour l’avocat mieux réputé face à celui qui l’est moins. Dans cette salle, tout le monde n’arrive pas avec le même poids.
J’ai senti la précipitation
Précipitation : hâte excessive qui empêche de prendre le temps nécessaire.
Je m’attendais à sentir le temps.
Des gens qui ont attendu des mois, parfois des années, voient leur cause expédiée en quelques minutes. Le rôle est chargé, et c’est le justiciable qui paie la note. Mais le temps n’est pas le même pour tout le monde. J’ai senti que le temps de certains valait plus que celui des autres, selon leur notoriété, leur réputation, leur rang. Aux uns, on accorde la patience ; devant les autres, on regarde l’horloge.
J’ai senti l’intimidation
Intimidation : climat qui inspire la crainte et fait taire.
Je m’attendais à sentir la sérénité.
J’ai vu des justiciables se faire couper la parole, se faire taire. Des gens nerveux, qui tremblent, qui perdent leurs moyens. Et avec raison. Quand on ne se sent pas à sa place dès le départ, à cause de tout le reste, on ne peut pas être serein devant le tribunal, ni même garder son calme dans cet environnement.
J’ai senti l’entre-soi
Entre-soi : fonctionnement en cercle fermé, entre initiés.
Je m’attendais à sentir l’ouverture.
Les blagues entre habitués. Les conversations détendues avant l’audience. Tout semble pris à la légère, alors que pour ceux qui sont en cause, c’est leur vie qui se joue : leur famille, leur argent, leurs économies. Le citoyen devient spectateur de sa propre cause.
« Le citoyen devient spectateur de sa propre cause. »
Maxime Gagné · Chronique d’opinionJ’ai senti la manigance
Manigance : manœuvre discrète, menée à l’insu des personnes concernées.
Je m’attendais à sentir la loyauté.
J’ai vu des juges demander une pause, ou demander à une personne non représentée de sortir de la salle, le temps de discuter de son propre dossier avec les avocats. Et j’ai vu le ton changer dès son retour. J’ai vu des personnes non représentées attendre dehors pendant que les avocats se parlaient entre eux. J’ai vu un avocat aller parler à la greffière pour manipuler les dossiers. Quand une partie doit quitter la pièce pour qu’on discute de sa propre cause, ce n’est plus la justice qu’on sent. C’est l’arrière-boutique.
J’ai senti l’opacité
Opacité : ce qui ne laisse rien voir au travers.
Je m’attendais à sentir la transparence.
Des choses cachées. Des paroles non dites. Des dossiers qui disparaissent. Des témoins qu’on refuse d’entendre. Des preuves qui ne voient jamais la lumière du jour. Dans un lieu où l’on devrait vouloir mettre le plus d’éléments possible sur la table, pour que la vérité ait une chance d’apparaître, j’ai trop souvent senti l’inverse : un effort pour en montrer le moins possible.
J’ai senti le vide
Vide : absence de ce qui devrait s’y trouver.
Je m’attendais à sentir un jugement. Un vrai.
J’ai assisté à des audiences où tout avait été dit, plaidé, déposé. Puis j’ai lu le procès-verbal. Puis le jugement. Et j’ai eu l’impression de lire le compte rendu d’une autre audience. Des faits principaux omis. Des éléments débattus pendant des heures, réduits à rien. Et ce qui disparaît n’est jamais n’importe quoi : c’est, bien souvent, ce qui aurait pu être embarrassant. J’ai vu une quantité astronomique de jugements qui ne reflétaient absolument pas ce qui s’était passé dans la salle.
En entrant pour la première fois dans une salle d’audience, j’aurais cru sentir la considération. La courtoisie. L’impartialité. Le temps. La sérénité. L’ouverture. La loyauté. La transparence. Et des jugements qui disent ce qui s’est réellement passé.
Je ne suis pas avocat. Je suis un citoyen qui a passé des années sur ces bancs, à regarder, à écouter et, oui, à sentir. Les salles d’audience appartiennent aux citoyens. Et j’espère qu’un jour, en y entrant, je sentirai enfin l’odeur de la justice.
Chronique d’opinion. Ce texte exprime le point de vue de son auteur, fondé sur ses propres observations en salle d’audience au cours des dernières années. Maxime Gagné n’est pas avocat, et ce texte ne constitue pas un avis juridique.
Droit de réplique. Toute personne ou institution qui souhaite réagir à cette chronique peut écrire à EnDroit.ca par le formulaire du site.
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Moi,je me retrouve beaucoup dans ce message, dépression sévère, première avocate qui n’a jamais appelée un seule témoin, qui n’a jamais regardé mes preuves, qui ne m’a jamais posée une seule question, mais qui as,pris mon argent environ 25 milles dollars, la dernière fois qu’elle ma demander 1900.00 je l’ai abandonné, j’étais rendue rendue a la quatrième avocate car après ont me lâchait, m’abandonnais dans ma misère, je me présente a la cours et quand ce fût mon tour,c’était ma première avocate qui c’est lever car laitre n’était pas disponible, grosse surprise pour moi,quand ce fût terminé, je vois encore cette avocate ce viré vers moi sans un mot,juste un regard avec un sourire condescendant qui ma figée sur place,ils sont tous ensembles, que peut-on faire, rien,ils sont au dessus de nous,nous nous sommes rien a leurs yeux, 4 ans ,4 longues années a vivre tout ca,a pleurer en cours, chez moi en voiture partout ,voilà ce qu’ils font de nous,la justice n’a pas de coeur, la justice nous brise, la justice nous élimines, nous détruit, nous déteste,a leurs yeux nous sommes rien,la justice elle même n’est que mensonge, nous voles sans vergogne, ect