Une vidéo de 22 secondes, devenue virale sur les réseaux sociaux, montre un policier du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) lancer à un automobiliste que son auto « n’est pas une extension de [son] pénis », en mimant un geste à caractère sexuel. La Coalition Rouge demande au Commissaire à la déontologie policière d’examiner l’intervention. Son message : le respect va dans les deux sens.
Ce que montre la vidéo
La scène est brève. Un policier du SPVM, dont l’écusson est visible à l’écran, se tient à la portière d’un véhicule. L’automobiliste, qui filme, conteste ce qui se passe et affirme que le policier n’a pas le droit d’accéder à ses effets personnels.
C’est à ce moment que le policier lance sa remarque sur l’auto et le pénis, en accompagnant ses mots d’un geste de la main évoquant la masturbation. L’échange se termine sur une phrase du policier : « Oui, j’ai le droit. »
- Citoyen
- « C’est sûr que je vais contester à 100 %. »
- Policier
- « Tu contestes, mais on va aller en cour. Ça change rien. »
- Citoyen
- « T’as pas le droit de rentrer. »
- Policier
- « C’est pas une extension de ton pénis, ton auto. » (en mimant un geste de masturbation)
- Citoyen
- « On s’en fout, on s’en fout. C’est mes effets personnels, t’as pas le droit. »
- Policier
- « Oui, j’ai le droit. »
Transcription d’EnDroit.ca. Certains propos se chevauchent dans l’enregistrement.
La Coalition Rouge saisit la déontologie policière
Dans un communiqué diffusé le 7 octobre, la Coalition Rouge annonce qu’elle demande au Commissaire à la déontologie policière du Québec d’examiner « une remarque à caractère sexuel et un geste filmés d’un policier du SPVM lors d’une intervention routière à Montréal ». Le communiqué a été relayé par Alain Babineau, sergent d’état-major retraité de la GRC et directeur du profilage racial et de la sécurité publique de l’organisme.
L’organisme s’appuie sur l’article 5 du Code de déontologie des policiers du Québec, et résume sa position en une phrase.
« Le respect va dans les deux sens. »
Coalition Rouge, communiqué du 7 octobre 2026
Ce que dit le Code de déontologie
« Le policier doit se comporter de manière à préserver la confiance et la considération que requiert sa fonction. » Le même article précise notamment que le policier ne doit pas :
- « faire usage d’un langage obscène, blasphématoire ou injurieux »;
- « manquer de respect ou de politesse à l’égard d’une personne ».
La question de la fouille est distincte. Dans certaines circonstances, la loi permet à un policier de fouiller un véhicule ; la légalité d’une fouille dépend du contexte de l’intervention, que la vidéo ne montre pas. Le citoyen affirme qu’il contestera. Le signalement de la Coalition Rouge, lui, vise les propos et le geste du policier.
Il revient maintenant au Commissaire à la déontologie policière de décider de la suite à donner à ce signalement. Notre équipe suivra le dossier.
Précision. Les faits rapportés se limitent à ce que montre l’extrait vidéo de 22 secondes et au communiqué de la Coalition Rouge. Le contexte complet de l’intervention, dont le motif de l’interception, n’est pas connu. Le signalement en déontologie policière ne constitue pas une conclusion de faute.
Transparence. Alain Babineau collabore avec EnDroit.ca.
Droit de réplique. Le Service de police de la Ville de Montréal et toute personne directement concernée peuvent transmettre leurs précisions ou commentaires à EnDroit.ca à l’adresse endroit.ca@outlook.com.
Sources
Coalition Rouge — « Une vidéo virale du SPVM mène à un signalement en déontologie policière », communiqué de presse diffusé par Alain Babineau, 7 octobre 2026.
Vidéo de l’intervention, compte TikTok @mml514.
Code de déontologie des policiers du Québec, RLRQ, c. P-13.1, r. 1, art. 5.
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