En visite à Rosemont, Paul St-Pierre Plamondon a annoncé l’appui du Parti québécois au projet Agora Déclic, qui veut offrir logement, scolarisation et accompagnement aux jeunes issus de la DPJ. Le chef péquiste lie directement cette transition vers la vie adulte à son objectif de réduire l’itinérance de 50 % au Québec d’ici 2030.
Le sort des jeunes qui quittent la protection de la jeunesse à leur majorité s’est invité dans la campagne électorale. En visite à Rosemont, Paul St-Pierre Plamondon a présenté l’appui du Parti québécois au projet Agora Déclic, en compagnie notamment de Sonia Lombart, directrice générale et cofondatrice de Déclic, et de Benoît Bernier, directeur du développement et cofondateur.
Le chef péquiste a fait le lien entre la sortie de la DPJ et l’itinérance. Selon lui, lorsqu’un jeune atteint 18 ans, la fin de sa prise en charge peut provoquer une rupture importante dans son filet de soutien. « À 18 ans, l’État se retire complètement », a-t-il déclaré pendant son intervention, avant de soutenir qu’environ le tiers des jeunes issus d’un placement connaîtront une situation d’itinérance dans les années suivantes.
La formule employée par PSPP est politique, mais le risque qu’il décrit est documenté. Des travaux québécois sur le devenir des jeunes placés concluent que plus du tiers des jeunes ex-placés ont vécu au moins une expérience d’itinérance après la fin de leur prise en charge. Déclic indique de son côté que plus de 2 000 jeunes quittent chaque année la DPJ lorsqu’ils atteignent 18 ans.
Un toit, une école et de l’accompagnement
Agora Déclic cherche précisément à intervenir pendant cette période de transition. Le projet doit réunir au même endroit du logement, une école et de la formation adaptée, des interventions spécialisées ainsi qu’un accompagnement psychosocial. Déclic évalue actuellement l’ensemble du projet à environ 90 millions de dollars.
PSPP a parlé lors de son point de presse d’un projet de 144 unités et de coûts de fonctionnement d’environ 7 millions de dollars par année. La page officielle actuelle de Déclic présente pour sa part un volet résidentiel de 150 studios individuels avec accompagnement psychosocial. Le chiffre de 144 unités est donc rapporté ici comme celui donné par le chef péquiste lors de son intervention.
« 7 millions de dollars, c’est beaucoup moins que le prix de laisser aller nos enfants devenus majeurs vers l’itinérance. »
Paul St-Pierre Plamondon · 21 septembre 2026Le projet compte également parmi ses ambassadeurs Gabriel Nadeau-Dubois, ancien porte-parole de Québec solidaire, et Véronique Hivon, ancienne ministre péquiste déléguée aux Services sociaux et à la Protection de la jeunesse. Déclic présente l’Agora comme un projet à vocation transpartisane centré sur la prévention de l’itinérance chez les jeunes ex-placés.
Dans la continuité du plan du PQ sur l’itinérance
L’annonce s’inscrit dans le plan présenté le 18 septembre par le Parti québécois. La formation politique promet un investissement d’un milliard de dollars sur quatre ans avec l’objectif déclaré de réduire de moitié l’itinérance d’ici 2030. Le plan prévoit 400 millions de dollars pour le logement adapté et 600 millions pour les programmes sociaux et la prévention.
Pour PSPP, l’appui à Agora Déclic correspond directement à cette approche préventive. Il a affirmé que le financement annoncé pour le projet s’inscrivait déjà dans le cadre financier présenté par son parti.
Son intervention remet surtout en lumière la transition souvent difficile entre la protection de la jeunesse et la vie adulte. La prise en charge en vertu de la protection de la jeunesse prend fin à la majorité, même si certains programmes gouvernementaux peuvent continuer d’accompagner les jeunes après 18 ans. Le Programme qualification des jeunes du gouvernement du Québec s’adresse notamment aux 16 à 25 ans ayant reçu des services de protection de la jeunesse et vise leur transition vers l’autonomie.
L’objectif est d’éviter une rupture brutale à 18 ans en réunissant sous un même toit logement, soutien psychosocial, scolarisation adaptée et préparation à l’autonomie.
Pour le Parti québécois, cette intervention à la sortie de la DPJ constitue aussi une mesure de prévention de l’itinérance.
Repère factuel. Paul St-Pierre Plamondon a parlé de 144 unités pendant son intervention du 21 septembre. La page officielle actuelle d’Agora Déclic indique pour sa part 150 studios individuels. Le coût de fonctionnement de 7 millions de dollars par année est rapporté comme un chiffre donné directement par PSPP lors de cette intervention.
Droit de réponse et corrections. Toute personne ou organisation concernée peut transmettre une précision, une correction documentée ou une réponse à endroit.ca@outlook.com.
Sources
- Point de presse de Paul St-Pierre Plamondon à Rosemont, 21 septembre 2026, transcription fournie à EnDroit.ca.
- Déclic — Agora Déclic, présentation du projet, du volet résidentiel et des ambassadeurs.
- Déclic — À propos, équipe de direction et mission de l’organisme.
- Parti québécois — Plan sur l’itinérance, 18 septembre 2026.
- Gouvernement du Québec — Programme qualification des jeunes.
- Observatoire québécois des inégalités — Portrait des vécus récents de l’itinérance à Laval, section sur les trajectoires institutionnelles et les jeunes ex-placés.
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