EnDroit.ca a été créée pour une seule raison : aider les gens qui se retrouvent devant la justice sans personne pour les représenter. Aujourd’hui, nous revenons à cette raison d’être. Notre section « Se défendre sans avocat » est entièrement refaite et devient un parcours en trois gestes, décliné en six situations — de la mise en demeure jusqu’à la salle d’audience.
Il y a une phrase qu’on nous écrit plus souvent que toutes les autres.
« Je n’ai pas d’avocat et je ne sais pas quoi faire. »
Elle arrive dans nos boîtes de réception sous mille formes : une mise en demeure reçue par courrier recommandé, une convocation au tribunal, une décision de la CNESST, un signalement à la DPJ, un constat d’infraction. Le contexte change, la phrase reste la même. Et elle est la raison pour laquelle cette plateforme existe.
Aujourd’hui, nous y répondons mieux.
I — Ce qui changeUne section refaite de A à Z
Notre page Se défendre sans avocat existait depuis près d’un an. Elle expliquait comment utiliser trois outils d’intelligence artificielle, chacun avec son rôle : un pour analyser, un pour rédiger, un pour corriger.
Cette approche est devenue inutilement compliquée. Les outils ont énormément progressé en un an : n’importe lequel des trois peut aujourd’hui faire l’ensemble du travail. Continuer à demander aux gens de jongler entre trois plateformes, c’était ajouter un obstacle là où il n’y en avait plus.
La nouvelle version dit donc l’inverse. Un seul outil suffit. Nous recommandons Claude d’Anthropic pour les dossiers juridiques — il tient mieux la distance sur les textes longs et la rédaction de procédures complètes — mais Gemini et ChatGPT font le même travail, et le meilleur outil reste celui que vous allez réellement ouvrir.
Surtout, le parcours tient maintenant en trois gestes.
C’est tout. Le reste n’est que l’application de ces trois gestes à votre situation précise.
II — Les six parcoursParce qu’un tribunal n’est pas l’autre
Un dossier aux petites créances n’a rien à voir avec une contestation devant le Tribunal administratif du logement, et encore moins avec une comparution en chambre de la jeunesse. Les délais diffèrent, les documents diffèrent, les pièges diffèrent.
Nous avons donc découpé la section en six parcours, du plus simple au plus complexe. Chacun a sa propre page, avec les phrases exactes à écrire à l’intelligence artificielle, les papiers à rassembler et les erreurs à éviter dans ce forum-là.
Ce dernier parcours mérite une précision, parce qu’il est le seul où nous disons à nos lecteurs de ne pas y aller seuls. Contester un constat d’infraction avec l’aide de l’IA est parfaitement raisonnable. Se défendre seul contre une accusation criminelle ne l’est pas — et la page explique plutôt comment obtenir un avocat rapidement, souvent gratuitement, et comment l’intelligence artificielle peut vous aider à mieux travailler avec lui.
III — Pourquoi maintenantLe milieu juridique s’y est déjà mis
On nous reproche parfois d’encourager les gens à se passer d’avocat. Ce n’est pas ce que nous faisons, et le contexte de 2026 mérite d’être rappelé.
Depuis le 1er avril 2026, tous les avocats et avocates inscrits au Tableau de l’Ordre doivent suivre une formation obligatoire du Barreau du Québec sur l’encadrement de l’IA générative dans la pratique du droit. La magistrature n’est pas en retard : dès l’automne 2025, la Cour supérieure du Québec permettait à une vingtaine de juges d’utiliser l’intelligence artificielle dans le cadre d’un projet pilote, en jugeant de véritables causes.
La juge en chef de la Cour supérieure, Marie-Anne Paquette, a par ailleurs observé publiquement l’effet de ces outils sur les justiciables non représentés : depuis qu’ils sont largement accessibles, bien des documents déposés sont plus clairs, mieux organisés et plus proches de la structure attendue d’une procédure judiciaire. Elle précise que ce n’est un bénéfice négligeable ni pour les justiciables, ni pour les juges.
Autrement dit : les avocats s’y forment, les juges l’expérimentent, et la magistrature constate que ça améliore la qualité des documents que reçoivent les tribunaux. Il n’y a aucune raison que le citoyen soit le dernier à savoir s’en servir.
IV — Ce que nous disons aussiL’avertissement fait partie du guide
La même juge en chef formule un second constat, et nous l’avons repris intégralement dans nos pages : les décisions judiciaires qui relèvent de fausses citations générées par l’intelligence artificielle impliquent en très grande majorité des justiciables non représentés — pas des avocats. Des documents impeccables sur la forme, avec un raisonnement séduisant, mais appuyés sur des jugements qui n’existent pas.
C’est pourquoi chacune des six pages se termine par les mêmes trois consignes, et pourquoi elles ne sont pas décoratives.
- Faites réviser par un avocat si vous en avez la possibilité. De plus en plus d’avocats acceptent des mandats à la pièce — relire une procédure, préparer une audience — plutôt que de prendre tout le dossier. Une heure de révision sur un document déjà préparé coûte une fraction d’un mandat complet, et l’aide juridique couvre plus de gens qu’on le croit.
- Validez vos dates, vos délais et vos frais auprès du greffe ou de l’organisme concerné. Un délai manqué ne se rattrape pratiquement jamais. Le greffe répond gratuitement et c’est la seule source qui fait autorité.
- Vérifiez chaque référence que l’IA vous donne. Elle peut citer un article de loi ou un jugement qui n’existe pas. Faites-lui confirmer ses sources et allez les lire vous-même sur LégisQuébec avant de vous appuyer dessus devant un tribunal.
Nous avons aussi ajouté une limite que nous jugeons essentielle, et qui figure dès l’introduction de la section : tout ce que nous publions sert à défendre son propre dossier. Au Québec, se représenter soi-même est un droit reconnu. Représenter quelqu’un d’autre ou lui donner des avis juridiques est réservé aux avocats et aux notaires, sauf les exceptions prévues par la loi. Aider un proche à comprendre, oui. Rédiger à sa place et plaider pour lui, non.
Elle change qui peut les comprendre.
Ce que ça veut direNous revenons à ce pour quoi nous avons été créés
EnDroit.ca s’est développée dans plusieurs directions depuis sa création : enquêtes, dossiers citoyens, actualités judiciaires, guides pratiques, répertoire de recours, lexique juridique. Ces contenus ont trouvé leur public — le site reçoit désormais des dizaines de milliers de visites chaque mois, dans plus de 90 pays.
Mais l’origine de tout ça, c’est une observation simple : des gens se présentent devant les tribunaux sans personne pour les aider, et personne ne leur explique comment faire. Les institutions expliquent la procédure. Elles n’expliquent pas comment la vivre quand on est seul, sans argent, et qu’on n’a jamais mis les pieds dans un palais de justice.
C’est cette place-là que nous occupons. La refonte de cette section n’est pas un ajout : c’est un retour au centre.
La section continuera d’évoluer. Nous avons déjà prévu d’y ajouter les recours après jugement — l’appel et l’exécution — ainsi que les versions anglaises des six parcours. Et comme toujours, si vous y trouvez une erreur, écrivez-nous : plusieurs de nos corrections les plus utiles nous sont venues de lecteurs qui vivaient la procédure au moment de nous lire.
EnDroit.ca ne fournit aucun conseil juridique, ne représente personne devant aucun tribunal et ne gère aucun dossier judiciaire. Nous ne sommes ni un ordre professionnel, ni un organisme de surveillance, ni un service d’aide juridique. L’auteur n’est pas avocat.
Les guides de la section « Se défendre sans avocat » sont des documents d’information et de vulgarisation. Ils n’analysent pas votre situation, ne remplacent pas un avis juridique et ne garantissent aucun résultat.
Toute personne aux prises avec une situation juridique devrait consulter un avocat, l’aide juridique, une clinique juridique ou l’organisme compétent. Notre section Un problème ? Vos recours au Québec répertorie ces ressources, et notre page de confiance recense des professionnels.
Sur les outils mentionnés. EnDroit.ca n’a aucun lien commercial, aucune entente et aucune affiliation avec Anthropic, Google ou OpenAI. La recommandation de Claude pour les dossiers juridiques repose sur notre usage éditorial et sur des essais comparatifs internes; elle n’engage personne d’autre que nous, et les trois outils mentionnés permettent d’accomplir les démarches décrites. Aucun de ces outils n’est un service juridique.
Sur les montants et les délais. Les seuils de compétence des tribunaux, les frais de dépôt et plusieurs délais sont indexés ou modifiables par règlement. Les guides invitent systématiquement le lecteur à faire confirmer ces informations auprès du greffe ou de l’organisme concerné avant d’agir. Toute personne constatant une information périmée est invitée à nous l’écrire.
Sur les propos cités. Les observations de la juge en chef de la Cour supérieure du Québec rapportées dans cet article proviennent d’une entrevue accordée à un média juridique et sont paraphrasées à partir d’une traduction française; nous n’en reproduisons pas les termes exacts. La mention du projet pilote de la Cour supérieure ne suppose aucune position de la Cour sur le contenu de nos guides.
EnDroit.ca est une plateforme citoyenne indépendante d’information et de vulgarisation juridique, non affiliée à un parti politique, à un ordre professionnel ni à un organisme gouvernemental. Cet article ne constitue pas un avis juridique.
Sources
Barreau du Québec, avis aux membres sur la formation obligatoire « Encadrer l’IA générative dans la pratique du droit », en vigueur le 1er avril 2026 · Barreau du Québec, L’intelligence artificielle générative — Guide pratique pour une utilisation responsable · Projet pilote d’utilisation de l’IA par des juges de la Cour supérieure du Québec, automne 2025 · Entrevue de la juge en chef Marie-Anne Paquette sur l’IA et les justiciables non représentés, reprise en français par la presse juridique québécoise, août 2026 · Statistique Canada, données sur la représentation des parties dans les dossiers de droit familial, 2024-2025 · Code de procédure civile du Québec, art. 35 · Gouvernement du Québec, pages officielles sur la Cour du Québec et la division des petites créances · Tableau de bord du site EnDroit.ca.
En savoir plus sur EnDroit.ca
Subscribe to get the latest posts sent to your email.

