À l’approche du premier Sommet québécois sur l’État de droit, une avocate en exercice lance un appel à ses consœurs et confrères : que l’intégrité et l’honnêteté redeviennent la règle absolue devant les tribunaux. Un texte de dénonciation, offert à EnDroit.ca, doublé d’un message aux justiciables — vous n’êtes pas seuls.
💬 Tribune signée. Texte de Me Vivan Nguyen, avocate, reproduit intégralement et telle quelle, sans aucune modification de son contenu, à sa demande et avec son consentement écrit. Les opinions exprimées sont celles de l’autrice et n’engagent ni la position éditoriale ni la responsabilité d’EnDroit.ca.
2026 s’annonce comme une année charnière pour la confiance du public envers la justice. Le Barreau du Québec tiendra les 8 et 9 septembre, au Palais des congrès de Montréal, le tout premier Sommet québécois sur l’État de droit, sous le thème « S’unir pour protéger notre État de droit ». Le constat qui le motive est sévère : selon un sondage Léger réalisé pour le Barreau, 43 % des Québécois estiment que leur confiance envers les institutions publiques a diminué ces dernières années.
C’est dans ce contexte qu’une avocate en exercice a choisi de prendre la parole. Me Vivan Nguyen nous a fait parvenir un texte de dénonciation, accompagné d’un courriel de recadrage caviardé, en nous écrivant simplement : « si vous souhaitez partager ce texte et sa pièce jointe, je vous les offre ». Nous avons choisi de le publier. Le voici, dans ses mots, sans une ligne de modifié.
Un frein aux avocats qui mentent : un glissement à freiner sans délai
Cher Monsieur Gagné,
Je vous écris dans le contexte du premier Sommet québécois sur l’état de droit de 2026 et dans un contexte où la confiance du public envers les institutions judiciaires doit être activement préservée, le ministère de la Justice du Québec reconnaissant lui-même l’importance de maintenir un système de justice digne de confiance et intègre.
Dans le même champ lexical, le Barreau du Québec a pour mission d’assurer la protection du public, de surveiller l’exercice de la profession et de promouvoir la primauté du droit. L’intégrité, l’honnêteté et la rigueur des avocats dans leurs représentations devant les tribunaux ne sont aucunement facultatives.
Le 17 juin 2026, le Barreau écrivait :
« 43 % des Québécois estiment que leur confiance envers les institutions publiques a diminué au cours des dernières années. Ces données récentes renforcent les préoccupations du Barreau du Québec qui, après avoir lancé une campagne de sensibilisation l’an dernier, annonce maintenant la tenue du premier Sommet québécois sur l’état de droit, qui se déroulera les 8 et 9 septembre prochains au Palais des congrès de Montréal. »
Cette citation est tirée de la page Web suivante : https://www.barreau.qc.ca/fr/nouvelle/communiques/barreau-lance-sommet-proteger-etat-droit-quebec/.
Nous y retrouvons également la statistique suivante : « À peine 6 personnes sur 10 estiment que les principes de l’état de droit sont bien respectés. ».
En tant que membre du Barreau et officier de justice, j’ai, moi aussi, un rôle important à jouer dans le maintien de la confiance du public envers notre système. Ce rôle implique non seulement de me conformer à des standards de travail élevés dans l’exercice de ma profession, mais encore de freiner tout glissement et tout dérapage susceptibles de miner la confiance du public dans notre système judiciaire.
Je suis avocate. Lorsque l’avocate de la partie adverse ment au Tribunal, sans gêne et avec conviction, je n’ose pas imaginer ce qu’elle fait ou pourrait faire devant un justiciable qui se représente seul. Mon problème est là. Je suis une avocate habituée aux litiges de confrontation extrême. Je distingue le vrai du faux. Je distingue le droit des tactiques malhonnêtes. Aujourd’hui que je fais le choix de prendre la parole publiquement pour inviter les avocats à se conformer à leur devoir d’intégrité et d’honnêteté le plus strict. Je prends la parole publiquement pour indiquer aux justiciables qu’ils ne sont pas seuls. Ce rappel des règles préservant l’honneur et la dignité de la profession n’est surtout pas de trop, dans un contexte où toutes nos institutions travaillent sans relâche pour améliorer la confiance du public.
Je comprends que le gouvernement investit par-ci et par-là afin de favoriser la confiance du public envers une justice meilleure et plus accessible. Cet investissement ne doit toutefois pas exclure le traitement des problèmes directement à la source. Les acteurs du système de justice qui sont en lien direct avec le public et les justiciables ont la responsabilité de porter sur leurs épaules l’honnêteté et l’intégrité du système, afin de donner l’exemple et d’inspirer confiance.
Une situation aujourd’hui m’amène à écrire ce texte de dénonciation intitulé : « Un frein aux avocats qui mentent : un glissement à freiner sans délai ».
L’avocate de la partie adverse a tenté de soumettre au Tribunal que ma procédure judiciaire ne respectait ni les règles ni les délais, ce qui est complètement faux. Son comportement nuit à la saine administration de la justice puisqu’elle fait perdre du temps au Tribunal en ouvrant un débat auquel je dois nécessairement participer. Elle fait perdre mon temps et celui du Tribunal. Ce faisant, elle achète du temps et contribue à une possibilité de report du dossier, ce qui fait l’affaire de sa cliente. Le temps est limité dans les auditions urgentes. Si elle me retire 20 minutes en soulevant un débat sans fondement, ce sont 20 minutes de moins dont je dispose pour me concentrer sur ma véritable cause et sur ma véritable preuve. Une stratégie indigne et malhonnête, qui ne peut que miner la confiance des justiciables envers la profession d’avocat. Elle a demandé 10 minutes pour présenter son stratagème, j’ai donc réservé 10 minutes pour me défendre.
Le problème est précisément quand les professionnels qui se trouvent en première ligne du système de la justice dérapent.
J’ai prêté serment de servir la justice. Je refuse de me taire et de cautionner ce dérapage par mon silence.
Je le répète : Un frein aux avocats qui mentent : un glissement à freiner sans délai.
Il faut se mettre ensemble pour améliorer la confiance du public envers les avocats et le système de justice. Chacun a sa part de responsabilité. La mienne aujourd’hui est de mettre un frein au dérapage de cette avocate. Je vous offre le courriel caviardé dans lequel je la recadre respectueusement, mais sérieusement.
La situation vécue ce jour n’est pas un cas isolé. Cela dit, il faut préciser qu’un nombre important d’avocats travaillent de manière intègre et digne de leur profession de sorte à favoriser la confiance du public envers notre système. À eux, je dis merci.
Monsieur Gagné, si vous souhaitez partager ce texte et sa pièce jointe, je vous les offre.
Ce texte sera éventuellement publié sur mes propres plateformes.
Sincères salutations.
— Me Vivan Nguyen, avocate
Le mot d’EnDroit.caVous n’êtes plus seuls
Nous publions cette tribune parce qu’elle rejoint une conviction que nous défendons depuis les débuts : la confiance du public envers la justice passe par la transparence. On ne restaure pas cette confiance en cachant les dérapages, mais en permettant qu’on en parle.
Me Nguyen n’est pas seule. Depuis des mois, plusieurs avocats nous ont contactés pour partager ce qu’ils observent de l’intérieur. Beaucoup souhaitent l’anonymat, pour des raisons que tout le monde comprend. Aujourd’hui, ils ont un endroit pour parler — dans l’anonymat le plus strict, ou à visage découvert. Le choix leur appartient, entièrement. Mais la porte est ouverte, et nous sommes là.
Ce qu’elle décrit — deux versions d’une même réalité soumises à un tribunal, dont l’une seulement peut être vraie — n’est pas sans rappeler un dossier que nous avons déjà documenté. Dans l’affaire que nous avons intitulée « Où est David ? », l’avocat Jean-François Noiseux, du cabinet CDNP, mandaté par le Fonds d’assurance responsabilité professionnelle du Barreau du Québec, et l’avocate Cynthia Ward, du cabinet Spunt & Carin, ont présenté, dans des documents officiels sous serment, des versions contradictoires d’une même situation. Les deux ne pouvaient pas être vraies en même temps. Les pièces parlent d’elles-mêmes et demeurent téléchargeables : la déclaration sous serment contradictoire, la déclaration de Me Noiseux (« Chun en Chine ») et la déclaration sous serment (« Chun au Québec »). Le témoignage de Me Nguyen n’est donc pas un cas isolé : c’est une pièce de plus dans un tableau que nos lecteurs connaissent déjà.
Aux justiciables qui se sentent écrasés, seuls face à des rapports de force qui les dépassent : des professionnels du droit prennent aujourd’hui la parole pour vous dire que vous n’êtes pas seuls. C’est peut-être le début de quelque chose.
Tribune signée. Ce texte exprime l’opinion personnelle de son autrice, Me Vivan Nguyen, et n’engage ni la position éditoriale ni la responsabilité d’EnDroit.ca. Il est reproduit intégralement, à sa demande et avec sa permission, sans modification de son contenu. Le courriel de recadrage joint est diffusé dans une version caviardée par l’autrice, d’où le nom et les éléments identifiant l’avocate visée ont été retirés.
EnDroit.ca est une plateforme citoyenne indépendante de journalisme juridique. Ce texte ne constitue pas un avis juridique.
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Moi c’est mon avocate de l’aide juridique qui m’a mentie jai été faussement accusé de violence conjugal la dpj on fait une enquête et ont fermé le dossier car la plaignante avait inventée l’histoire jai voulu presenter le rapport de dpj en preuve mais mon avocate m’a dit que ce n’est pas recevable en cour
Tout ceci n’est que de la poudre aux yeux et de faux espoirs pour ceux et celles qui sont confrontés a ce système qui est complétement le contraire a ce qui devrait être le principale problème est le BARREAU qui est le responsable de tout les injustices, car il protège uniquement ses membres au lieu du public tant et aussi longtemps que cette organisation pourras agir en toute impunité et que les avocats ne serons sanctionné a juste valeur pour les fautes et gestes commis envers leurs clients. jamais vous obtiendrez un état de droit